Page images
PDF
EPUB

fleur de chaque système, M. Cousin ne consacre à ces sublimes pensées que quelques phrases dans lesquelles il montre la plus profonde ignorance de l'auteur qu'il veut faire connaître.

NOTE 73, P. 372.

A quelle époque naquit , selon M. Cousin, la philosophie

moderne.

L'amour de la vérité me fait un devoir de reconnaitre que M. Cousin admel la préexistence d'une philosophie au moins en enfance. « Comme nous savons, Messieurs, le jour, le mois, o l'annéc dans laquelle la philosophie grecque a été mise dans o le monde, de même nous savons avec la même certitude et Davec beaucoup plus de détails encore, le jour et l'année où o la philosophie moderne est née..... Le père d'un de vos o pères aurait pu voir celui qui a inis dans le monde la philo

sophie moderne..... Cet homme, c'est un Français, c'est » Descartes. Son premier ouvrage écrit en français est de 1637. » C'est donc de 1637 que date la philosophic moderne 1. D M. Cousin a pris l'acte mortuaire pour celui du baptême, et un fantôme pour la réalité; car la véritable philosophie est perpé. tuelle, comme la réflexion de l'homme; elle n'aura point de tombe, et n'a point eu de berceau.

NOTE 74, p. 388.

De l'ontologisme chrétien.

La méthode fondamentale du christianisme est ontologique et non psychologique.

Le christianisme ne dit point avec Descartes : l'homme est, donc Dieu existe; mais bien : Dieu est, donc l'homme existe,

1 COUSIN , Introd. a l'hist. de la phil., leçon 2.

c'est-à-dire, l'homme est en Dieu et son existence vient de eu. I ne dit point avec les psychologistes de notre temps : l'es

de l'homme lire de ses facultés l'idée de l'Etre nécessaire, i crée Dieu à son image, pour ainsi dire; il enseigne au contraire que Dieu a créé l'homme à son image et à sa ressemblance.

Il ne dit point : l'homme porte en lui-même une loi morale, loi de bonté et de justice, donc Dieu est juste et bon; mais il dit : Dieu est juste et bon, donc l'homme est tenu de se rendre juste et bon en l'imitant.

Il ne dit point : l'homme est libre, donc il est soumis à la loi du devoir; mais il dit : le devoir, la loi morale existent, donc l'homme est libre. Il ne dit point : l'homme est vicieux, donc il faut admettre un péché originel; il dit : une faute primitive, le péché originel est un fait révélé, donc l'homme est vicieux.

Il ne dit point : l'homme est de lui-même impuissant pour le bien, donc la grâce et la rédemption sont nécessaires; il dit : la nécessité de la grâce et de la rédemption est une vérité révélée, donc l'homme abandonné à lui-même est impuissant.

De la nécessité et de l'efficacité de la grâce il ne conclut point à la gratuite prédestination; mais bien de la gratuite prédestination à la nécessité et à l'efficacité de la grâce. Cette méthode se montre clairement dans les cuvres de saint Augustin.

Il ne dit point: raisonne, examine et crois; mais bien : crois, examine et raisonne.

Il ne dit pas : cherche la vérité au moyen du doute; mais, cherche la vérité dans l'enseignement.

Il ne dit pas : enseigne l'Eglise; mais, apprends de l'Eglise.

Il ne dit pas : pars de toi pour arriver à Dieu; mais, pars de Dieu pour arriver à toi : ne commence point par la philosophie pour arriver à la religion, fais le contraire.

Il ne faut pas néanmoins conclure que le christianisme rejette la méthode psychologique: il l'admet au contraire, et pres

crit l'emploi de quelques-uns des principes ci-dessus; mais il la regarde comme une méthode secondaire qui doit venir après la méthode ontologique, et ne jamais la précéder.

M. de Lamennais, dans sa théorie sur la certitude 1, confond les deux méthodes ontologique et psychologique; il les rejette toutes les deux et leur substitue la seule méthode d'autorité. Mais la méthode d'autorité est impossible sans un fondement ontologique, et c'est une manifeste pétition de principe, que d'établir l'ontologie sur l'autorité.

1 Voyez le tom. 11 de l'Essai sur l'indiff. en matière de rel., et la Defense de l'Essai.

TABLE DES MATIÈRES.

Avertissement des traducteurs.
Aperçu du système de M. Gioberti.

Pages.

j xxj

PRÉFACE de l'auteur.

1

[merged small][merged small][ocr errors][merged small][merged small]

Idée générale de l'ouvrage, et sa division en deux livres.
L'histoire des religions appartient à celle de la philosophie.
Solution de quelques objections.
Perpétuité de la philosophie.

De la méthode critique employée par l'auteur dans ses recherches historiques.

Réponse aux ennemis des compilations.

De la méthode doctrinale suivie par l'auteur; pourquoi il préfère la synthèse à l'analyse.

Observations sur un ouvrage antérieur,
Profession catholique de l'auteur.
Réponse à ceux qui l'accusent d'être trop catholique.
La modération dans les doctrines n'est pas de mode aujourd'hui.
Chemin facile et abrégé pour arriver à la gloire.
En quel sens l'auteur est ami du progrès.

17

19

21

22

24

26

27

[merged small][merged small][merged small][merged small][ocr errors][merged small][merged small][merged small][ocr errors][ocr errors][merged small]

Ses protestations relativement aux personnes en général et en par-
ticulier touchant les écrivains vivants ou morts.

De Georges Byron.

Des sentiments qui déterminèrent l'auteur à écrire.

Contre la secte des Gallomanes; funeste influence de la France.

De l'hétérodoxie moderne en général, et de la philosophie alle-
mande en particulier.

Que les Italiens doivent avoir une philosophie à eux.

Du style philosophique. — Des mots et des choses ; importance de

la langue.

Eloge d'Antonio Cesari.

Contre les mauvais amateurs d'idées. — Des parleurs.

Contre le style barbare qui domine en Italie.

De la clarté, de la brièveté, de la simplicité, de la précision , de la

pureté du style.

Modèles italiens d'une élocution philosophique parfaite.

De la manière dont on peut innover dans les langues.

L'auteur s'excuse sur la langue et sur le style qu'il a adoptés.

Le sort futur de l'Italie dépend de la génération nouvelle.-Exhor-

tation à la jeunesse italienne.

Utilité de la vraie philosophie. Elle ne doit effrayer ni les bons

gouvernements ni les bons princes.

Son utilité actuelle pour faire refleurir la religion.

· La philosophie doit élre cultivée spécialement par les ecclésias-
tiques. — Eloge du clergé italien.

Du clergé français : de sa science dans les temps antérieurs, et de

sa vertu dans tous les temps.

De la manière dont la littérature est cultivée par quelques ecclé-

siastiques en France.

De la part que doivent prendre les clercs à la vie sociale.

De la liberté catholique dans la culture des sciences.

Le clergé catholique doit être éminent même dans les sciences

profanes, pour obtenir complètement la fin de son ministère.

De certaines sectes politiques qui nuisent à la religion.

Des théologiens laiques qui inoodent la Frauce; leur insolence.

[merged small][merged small][merged small][ocr errors][merged small][merged small][merged small][merged small]
[merged small][ocr errors][merged small]
« PreviousContinue »