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MERCVRE DE FRANCE

TOME SOIXANTE-TREIZIÈME

Mai-Juin 1908

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LE JEU DE MASSACRE

Il serait puéril de philosopher sur l'instinct de cruauté qui sommeille en nous et qu’un incident fortuit suffit à éveiller. Tout homme que ses pareils investissent d'une puissance, à moins qu’un sentiment inusité de justice ne l'anime, a des propensions immédiates à en abuser. Cette règle, constatée dans la société entière, peut être également vérifiée dans la famille. Là, la cruauté s'exerce sur les deux pôles de l'âge ; deux faiblesses la subissent : celle de l'aïeul et celle de l'en

fani.

Nous n'avons point l'intention de développer un paradoxe et de soutenir que toute famille possède en son sein un souffredouleur destiné à endosser les conséquences de la mauvaise fortune ou de la mauvaise humeur. Cependant le cas tend à se généraliser. Peut-être fut-il autrefois moins fréquent ou plus caché. L'extension actuelle du reportage nous le montre quotidien.

Le vieillard battu, séquestré ou simplement abandonné, si des infirmités ou la déperdition de ses facultés mentales ne le lui défendent pas, garde par devers lui la possibilité de réclamer justice et secours. L'enfant, au contraire, reste la victime muette et terrorisée de ses tourmenteurs.

A la vérité, la loi parait être la sauvegarde de ce dernier. Dès la naissance, elle le prend en tutelle et accompagne les étapes de sa vie. Mais les moyens de la détourner pullulent et la

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