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peut ajouter de l'eau dans une assez grande proportion à la liqueur sans changer sa teinte.

Les essais pour faire varier le liquide qui tient en suspension le métal, n'ont pas donné de résultat remarquable. Divers agents ont été employés aussi pour réduire l'or de sa dissolution : le prolosulfate de fer, qui donne un mélange d'or et d'oxyde de fer vert par transmission; le prolochlorure d'étain , qui produit le pourpre de Cassius, mélange, suivant M. Faraday, d'or et d'oxyde d'étain. Un grand nombre de corps organiques, l'acide tartrique, l'éther, le sucre, ou simplement certains tissus organiques, la peau en particulier, déterminent la précipitation de l'or. Enfin l'action de la chaleur a été étudiée; en chauffant sur un verre de montre quelques goutles de chlorure d'or, on voit l’or métallique donner une teinte rouge aux parties de la surface sur lesquelles il se dépose.

II

PHÉNOMÈNES RELATIFS A L'ACTION DES MÉTAUX SUR LA

LUMIÈRE POLARISÉE.

Quand un rayon de lumière naturelle passe au travers d'un milieu non cristallisé, il en ressort polarisé en parlie, suivant un certain plan. Si le rayon est déjà polarisé, son plan de polarisation est dévié d'un certain angle. Ces phénomènes accusent une action évidente exercée sur le rayon par le milieu qu'il traverse, el M. Faraday s'en est servi pour constater que l'or et d'autres métaux sont bien réellement transparents, et que

la lumière ne fait pas que passer à travers les ouvertures que pourraient présenter leurs surfaces.

Une feuille d'or baltu polarise un rayon de lumière naturelle, et le polarise à peu près totalement lorsque la feuille fait, avec la direction du rayon, un angle d'environ 15°; le plan de polarisation est le même que serait celui d'un rayon sortant d'une pile de glaces parallèle à la feuille d'or. Il était important de constater ce fait pour les couches et les dépôls métalliques qu'on est forcé d'étendre sur des plaques de verre, et d'un autre côté on ne pouvait distinguer nellement, dans ce cas, les effets dus au métal de ceux qui provenaient de la lame de verre. Pour surmonter celle difficulté, M. Faraday a cherché un liquide Transparent dont les propriétés relatives à cet ordre de phénomènes fussent les mêmes que celles du crownglass; le sulfure de carbone lui a paru satisfaire à celle condition. Il a rempli de ce liquide une petite capsule de verre à faces parallèles, et en y introduisant une lame de crown-glass,

у il s'est assuré qu’un rayon lumineux pénétrant dans le milieu normalement à la surface de la capsule, en ressortait sans altération, au point de vue de sa polarisation, quelle que fùt l'inclinaison de la lame de verre par rapport à sa direction. Il en résulle

que les phénomènes produits par une lame de crownglass, couverte d'un dépôl métallique, plongée dans cette capsule sur le passage du rayon, seront dus uniquement à l'action du métal. Au moyen de cet appareil, on peut constater de nouveau qu'une feuille d'or battu polarise le rayon lumineux, mais l'effet est moins complet que dans l'air. Les feuilles d'or les plus fines, celles qui ont été obtenues par l'action du phosphore, les dépôts obtenus par volatilisation, même après avoir été chauffés, enfin ceux produits par la précipitation de l'or en suspension, onl tous manifesté une polarisation partielle du rayon. Il en est encore de même pour des pellicules de palladium, de rhodium, d'argent, etc.

Une suite d'expériences analogues ont été faites par M. Faraday pour constater la rotation du plan de polarisation, en se servant du même procédé, c'est-à-dire de la plaque de crown-glass immergée dans le sulfure de carbone. On commence par amener l'analyseur à donner une obscurité à peu près complète lorsqu'une portion de la lame de verre, dépourvue de métal, est sur le passage

du

rayon polarisé; en abaissant celle lame, la feuille d'or est amenée sur le trajet du rayon, et l'on voit immédiatement la lumière reparaitre, rouge d'abord, puis bleue et légèrement modifiée par la couleor verle de l'or. Il faut, dans tous les cas, pour retrouver le minimum de lumière, donner à l'analyseur une rolation directe. Une feuille d'or à la

છે quelle la chaleur a fail perdre sa couleur verte par transmission, donne un minimum de lumière moins bien caractérisé, différence

que l'on peut attribuer, en partie, à la teinte verte qui, dans le cas précédent, assombrissait la teinte rouge. Les pellicules obtenues par le phosphore produisent la rotation du plan de polarisation aussi bien dans leurs parties les plus minces que dans les plus épaisses. Les dépôts d'or divisé, produits par volatilisation, modifient aussi le rayon polarisé jusque dans leurs portions les moins apparentes, et partout avec la même intensité. Il n'en est pas de même pour les liquides tenant en suspension des particules d'or; ils sont restés inactifs, mais les dépôts qu'ils donnent, étendus sur des plaques de verre, ont manifesté les mêmes phénomènes que l'or désagrégé par une décharge électrique. Quant aux autres métaux, l'action de leurs dépôts par volatilisation électrique, sur la lumière polarisée, a été aussi constatée ; les essais ont porté sur le platine, le palladium, l'argent, l’étain et le zinc.

Enfin, M. Faraday a fait quelques essais sur le pouvoir rotatoire magnétique de l'or sous ses différentes formes, mais ils n'ont donné que des résultats négatifs.

Conclusion.

Bien que les expériences rapportées dans ce mémoire ne soient pas toutes de nature à comporter des conclusions précises, on peut résumer ici les principaux fails en réunissant les explications qu'en donne M. Faraday et les hypothèses qui lui paraissent plausibles.

Tous les phénomènes qui ont fait l'objet de cette étude sont produits par l'or à l’étal mélallique. En l'employant sous forme de feuille ballue, on ne peut avoir aucun doule à cet

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égard, et l'action de la chaleur étant la même, quel que soit le milieu dans lequel on opère, elle ne peut donner lieu à une combinaison chimique. Les pellicules produites par le phosphore présentent un éclat métallique parfaitement caractérisé et se comportent avec tous les réactifs chimiques comme le métal lui-même. Ces deux caractères manifestent de même l'état métallique dans les dépôts formés par volatilisation, et l'on doit dire que ceux-ci présentent les mêmes propriétés , quel que soit le milieu gazeux et les surfaces transparentes.

En ce qui concerne les liquides lenant en suspension des précipités, quel que fùt le degré de leur dilution, le reflet métallique a pu toujours être constaté. Dans certains cas, ils ont produit des pellicules d'or bien caractérisé, et d'autres fois des dépôts adhérents au verre, qui, soumis à tous les réactifs, ont manifesté les propriétés du métal. Lorsque la réduction est opérée par des agents organiques, l'identité des teintes produites ne peut laisser aucun doute sur la présence, dans ce cas aussi, de l'or à l'état métallique. Quelques expériences sur la réduction de l'or par la gelée animale, ont montré une analogie frappante entre les produits ainsi obtenus et le verre coloré

par

Tor. L'or et d'autres métaux réduits à une très-petite épaisseur, sont transparents, et la meilleure preuve de ce fait parait être la polarisation du rayon qui les a traversés. Celle action est, nous l'avons vu, commune à lous les états sous lesquels l'or a été étudié, sauf au cas de dissemination dans un liquide, el, nous l'ajoutons ici, dans une substance gélatineuse. Cette exception provient, suivant M. Faraday, de ce que les molécules ne sont pas , comme dans d'autres cas, distribuées dans un même plan, mais disséminées irrégulièrement dans tout le milieu. La chaleur augmente toujours la transparence des métaux. Un fait remarquable est que certaines pellicules métalliques non continues, puisqu'on peut faire passer au travers des gaz et des vapeurs, jouissent de la continuité optique, en ce sens qu'elles produisent une polarisation complète du rayon.

La compression donne à l'or la propriété de ne transmettre que la lumière verle, et l'action de la chaleur la lui fait perdre. Nous avons vu que c'est là un phénomène d'une grande genéralité, indépendant de l'épaisseur de la couche, du mode de préparation du métal et des variations dans ses autres propriétés. M. Faraday fut d'abord disposé à croire que cet effet de la compression étail analogue aux autres phénomènes de colorations diverses, qui paraissent avoir pour origine l'état de désagrégation plus ou moins complète du métal; mais plusieurs faits , et, en particulier, la cohésion des feuilles d'or, chez lesquelles la chaleur a détruit la transmission verte, lui ont fait rejeter cette hypothèse. Suivant lui, puisque le phénomène se produit aussi bien dans les parties les plus épaisses du dépôl métallique et où les particules paraissent les plus grosses que dans celles où elles sont le plus rares et le plus lénues, il faut en chercher l'explication dans la variation des dimensions relatives des molécules elles-mêmes dans deux sens différents, variation qui pourrait modifier la nature des vibrations de l'éther.

Tous les autres phénomènes de coloration sont dus probablement à des variations dans l'état de division de la matière, et à l'action de la chaleur; celle-ci ne parait être que l'agent qui détermine celte division. Ainsi, d'après M. Faraday, les molécules d'or peuvent, dans un certain état de structure, donner par transmission la couleur bleue (gris bleu); l'action de la chaleur fait passer le rayon transmis du bleu au rouge, et la compression détermine la teinte verte. On voit, en effet, que ces conclusions générales sont d'accord avec les apparences diverses que présentent soit les dépôts par volatilisation, soit les liquides lenant en suspension des particules d'or. C'est presque toujours l'agrégation qui produit les teintes foncées, et les molécules qui restent le plus longtemps en suspension dans

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