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La colère est superbe et veut des mots altiers;
L'aballement s'exprime en des termes moins fiers.

BOILEAU.
La honte , la pitié, l'abattement, la crainte,
Étouffent leurs sanglots. • ..

... Un noir abattement
A cette fermeté succède à tout moment.

VOLTAIRE.
On ne trouve aucun exemple de ce mot dans les vers de Racine, de Rousseau,
de Racine fils.

On dit au pluriel les abattemens.
« Cette idée les jette dans des abattemens d'esprit, etc. » BOURDALOUE.

« Ces langueurs, ces abattemens, que Tertullien a si bien appelés des portions. >> de la mort. »

MASSILLON. << Cette langueur, ces abattemens, ces diminutions, que Tertullien appelle » des portions de la mort. »

FLÉCHIER. « Ma santé est assez bonne; mais les chaleurs m'ont jeté dans de grands abat» temens. »

BOILEAU.

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Voyons encore un autre article du Dictionnaire de l'Académie :

CONFORME, adj. des deux genres : qui a la même forme, qui est semblable, qui ressemble. La copie est conforme à l'original. Ces écritures sont conformes. Son humeur est conforme à la vôtre. Mener une vie conforme à sa profession. Son habit n'est pas conforme à sa profession. Ses moeurs ne sont pas conformes à sa doctrine.

Cet article est encore plus défectueux que l'autre. La définition ne contient qu'une des trois significations du mot conforme. Il est vrai que les significations omises se retrouvent implicitement contenues dans les exemples que donne l'Académie; mais elle ne devoit pas mêler ensemble et confondre des exemples où le mot a des acceptions différentes. Il falloit d'abord établir nettement ses trois significations, et ranger séparément chaque exemple sous la signification à laquelle il appartient : c'est ce qu'on a fait dans le nouveau Dictionnaire.

CONFORME, adj. des deux genres : qui a la même forme, qui est semblable, qui ressemble. La copie est conforme à loriginal. Ces écritures sont conformes. Son humeur est conforme à la vôtre.

DICT. DE L'ACAD. ci Şe disant conforme à Dieu et à l'église. »

PASCAL. « État plus rude, mais plus parfait pour des ames fidèles, parce qu'elles » sont plus conformes à Jésus-Christ crucifié. - Celui qui, par sa vie et par ses » moeurs,

s'étoit rendu conforme à Jésus-Christ même. » FLÉCHIER,
Conforme à son aïeul, à son père semblable.
Vos désirs sont toujours si conformes aux siens.

Vos intérêts ici sont conformes aux nôtres.
CONFORME, qui s'accorde avec, qui n'est pas contraire à.

« Un homme cachant sa mauvaise doctrine, et se disant conforme à Dieu et » à l'église. — Jansenius est contraire aux Thomistes, et conforme à Calvin. >> Une confession de foi conforme aux sentimens de l'église. - Vous ne ferez » rien en cela que de conforme à votre maxime et à votre pratique ordinaire. ») Décisions conformes à l'esprit et aux canons de l'église. — Sentimens con» formes aux décisions des papes. -Une vie conforme à la volonté de Dieu.

RACINE.

» Ces preuves sont conformes à la raison, mais souvent elles ne sont pas assez » corformes et assez proportionnées à la disposition de ceux , ete. »

PASCAL. « L'histoire de Xénophon est plus conforme à l'Écriture. Les annales de » Perse sont conformes à ces deux auteurs. - Tradition si conforme aux lumières » de la raison. »

BOSSUET. CONFORME, qui convient à. « La nature donne alors des passions et des désirs conformes à l'état présent. »

PASCAL. « Les lois d'Athènes plus conformes à l'état de la république romaine. »

BOSSUET. « Le caractère le plus conforme aux vues qu'il a. » (Voyez róle.)

LA BRUYÈRE, « Elle se reprocha cette foiblesse comme peu conforme à l'humanité et à la » constance chrétienne. »

FLÉCHIER.
Chaque peuple a le sien conforme à sa nature.

CORNEILLE,
(Chaque peuple a son gouvernement, etc.)

Revêtons-nous d'habillemens
Conformes à l'horrible fète

Que l'impie Aman nous apprête..
(Tl) s'est fait une vertu conforme à son malheur.

RACINZ.
Dans un habit conforme à sa vraie origine.

BOILEAU. Je ne pousserai pas plus loin cette comparaison. On voit aisément qu'un jeune homme auquel on expliqueroit chaque jour un passage d'un auteur françois, suivant la méthode de M. Rollin, et avec le secours de ce nouveau Dictionnaire aquerroit en peu de temps une connoissance très-étendue de sa langue. On voit aussi que cet ouvrage n'est pas uniquement destiné à l'instruction de la jeunesse. Je l'aurois composé sur un plan beaucoup moins vaste, si son utilité avoit dû être renfermée dans l'enceinte de nos écoles.

« Je trouve au coin d'un bois le mot qui m'avoit fui, » disoit Boileau. Nos auteurs en tout genre, orateurs, historiens, traducteurs, poëtes comiques et tragiques, trouveront dans ce Dictionnaire , non-seulement le mot qui les fuyoit, mais souvent même une métaphore plus élégante, une image plus gracieuse ou plus forte que celle qui s'étoit d'abord présentée à leur esprit.

Afin de rendre ce Dictionnaire d'une utilité plus générale, on a imprimé à la fin un Vocabulaire de tous les mots qui appartiennent au langage vulgaire; ce qui fait de cet ouyruge un Dictionnaire complet de la langue françoise.

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Page 476, 2e colonne, à l'article da mot COLOSSE, lisez les vers de Voltaire, ainsi qu'il suit :

Ce colosse effrayant dont le monde est foulé,
En pressant l'univers est lui-même ébranlé;
Il penche vers sa chute, et contre la tempête,

Il demande mon bras pour soutenir sa tête. Page 489, 2° colonne, ligne 17, au lieu de aimer le commerce, lisez animer le commerce.

· Page 896, 2° colonne , ligne 17, à l'article du mot ÉVÉNEMENT, au lieu de bonne impulsion, lisez douce impulsion.

DICTIONNAIRE FRANÇOIS

DE

LA LANGUE ORATOIRE

ET POÉTIQUE.

А

RAC
RAC.

A, lettre voyelle qui forme à elle seule un mot Qu'aux accens de ma voix la terre se réveille. présentant plusieurs acceptions. Nous nous bor A l'aspect d'un bois vil , le Parthe s'humilie. nerons à celles qui entrent particulièrement A la voix des chrétiens, abandonne sa proie. L RAC. tlans le plan de cet ouvrage , et qui, d'ailleurs, A cet air vénérable, à cet augaste aspect, sont omises dans le Dictionnaire de l'Académie Les meurtriers surpris sont saisis de respect. VOL.

A suivi d'un nom avec lequel il forme une A. Au servant à marquer le temps, le lieu, phrase incidente, et servant à marquer la si-| la situation , ou tenanula place des prépositions inultanéité de deux actions, se met plus sou uvec, après , dans, etc. se met ordinairement vent et plus élégamment au commencement de au commencement de la phrase. la phrase.

» Ala facile audience de ce magistrat, une ame «A l'arrivée de la reine , la persécutiou se » agitée se calmoit. — A la veille d'un si grand » rallentit. – A ce fatal avertissement, Anne » jour, et dès la première bataille, il est tran» ramasse toutes ses forces. - A ce spectacle, le

» quille. - A l'âge de quatorze ans , on leur » peuple s'émeut. »

Boss. » donnoit pour leur instruction , etc. - A la a A ces cris, Jérusalem redoubla ses pleurs. - » réserve de certains coups extraordinaires où » A ce nom, les troupes l'interrompirent. » » Dieu vouloit que sa main parût toute seule

Fléch.

» il n'est point arrivé de grand changement qui A cette demande de son anneau , Acante » n'ait eu ses causes dans les siècles précédens.» » pålit.— A ces paroles, Télémaque laisse relever

Boss. » Adraste. »

FÉN.

«A la cour, à la ville, mêmes passions , (A cette raison, les droits les plus sacrés » mêmes foiblesses. »

LA BRUY. » s'évanouissent. »

Mass.

(A la porte du temple est sans cesse une « Au premier bruit de cette mort, les préjugés » foule de peuple , etc. — A la lueur des éclairs, » qnianimoient tant de nations, commencérent » nous aperçûmes d'autres vaisseaux. – A ses » à se dissiper. » Volt. (Au est une contraction » pieds étoit tombé Eutiphron, plus beau pour à le.)

» qu'Hylas. »

FÉN. Au seul nom de César, d’Angaste et d'empereur ,

A la naissance de l'Évangile , les maisons des Vous eussiez va leurs yeux s'enflammer de fureur. C. » fidèles furent d'abord des églises domestiques. Au spectacle iusolent de ce pompenx outrage, » — A l'entrée même de la vie, tout est déjà use Ses farouches regards étincelent de rage. COR. » pour eux. Au sortir du berceau, vous m'avez Au seul son de sa voix, la mer fuit, le ciel tremble. R. » placé sur le trône, »

Mass. A l'aspect du péril , si ma foi s'intimide, R.

« Au commencement de 1696, le Czar Jean A cet affront, l'auteur se levant de la table. Boil. » mourut. - A l'embrasement des chantiers de A ce triste récit, tremblante , désolée.

v la porte St.-Bernard, il falloit, pour préElle accourt.....

BOIL. » venir un embrasement général, traverser, Aux élaus redoublés de sa voix douloureuse,

» etc. »

Font. Tous les valets tremblans quittent la plame oiseuse. B. A la faveur d'une lumière assez sombre, il Aux accords d’Amphion les pierres se mouvoient. B. » aperçut son parent. »

VERTOT. A cette image sanglante

( A la mort du roi, elle se retira entièrement Je soupire nuit et juus. Rouss. » à Saint-Cyr:-Au printemps de 1711, Marlbo

RAC.

» roi,

etc.? »

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» roug, pressoit encore la France. - » A l'em- » dans le jeu, où le plus habile l'emporte & lat » bouchure de ce fleuve est Dantzick. – A la » longue.' – Polybe et Tite-Live ont démontré » porte de la chambre du roi, il rencontra le » qu'à considérer seulement la nature des ar» comte Piper.- A ces conditions, le Czar eut la » mées romaines et de celles des Macédoniens, w liberté de se retirer. »

VOLT. » les dernières ne pouvoient manquer d'être Aus yeux de tout son peuple, il faut que je l'opprime.

» battues à la longue.- A le prendre dans les

» bons temps de la république , il n'y eut jaA la face des dieux, l'accepter pour époux. Rac.

» mais d'assemblée où les affaires fussent traiAux pieds de son amant, elle tombe påmée. Rac.

» tées plus mûrement, ni avec plus de secret, A l'abri de ce tróne , attendez mon retour. RAC.

» etc. - A u'entendre que ces paroles de Daniel,

» qui croiriez-vous voir sous cette figure? A lour réveil , ,0 ! réveil plein d'horreur ! Ils boiront dans la coupe.....

» À voir la sérénité qui reluisoit sur ce front l'ombre de ton nom, ils trouvent leur asile. Boil. » auguste , eût-on soupçonné que ce grand

BOSSUET. Au midi de mes années Je toucbois à mon couchant.

il y a

Rouss.

« A l'entendre, ce n'étoit pas qu'il fût habile, Jo songe , & cbaque trait que ma plane basarde,

» mais l'ennemi s'étoit trompé. »

FLÉCH. Que d'un cil dangereux leur troupe me regarde. B.

« A juger de cette femme par sa beauté, sa vos propres périls, enrichir le libraire. B.

» jeunesse , sa fierté et ses dédains , personne

» ne doute que ce ne soit un héros qui doive Les exemples de semblables locutions se rencontrent presque à chaque page dans les prosa

» un jour la charmer. » - A voir comme les teurs et dans les poëtes. Voici les plus communs,

» hommes aiment la vie , pourroit-on soupçonen suivant l'ordre alphabétique des noms :

» ner qu'ils, etc. ? »

LA BRUY. ' « A l'abri de , à son abord, aux accens de, aux

« A proprement parler, il n'est que le défen » acclamations de , à l'âge de, à l'aide de,

» seur des lois pour les faire régner. » FÉN. à

« A nous voir pousser nos désirs si loin , qui » l'approche de, aux approches de, à l'arrivée »de, l'aspect de, à l'avénement de, à cet

» ne diroit que nous croyons être immortels ? »

FLÉCH. » avertissement. » Au bord de , au bout de, au bruit de.

« A commencer depuis les dernières années » A la clarté de , au commencement de, au

» du cardinal de Richelieu jusqu'à celles qui ont » contraire, à ce coup, à ce cri, aux cris de.

» suivi la mort de Louis XIV, il s'est fait dans » Au défaut de, aux dépens de, à ce discours,

» nos arts, dans, etc., une révolution géné» rale. »

Volt. » A l'égal de, à l'égard de , à l'entrée de, à » l'exemple de.

« A prendre les hommes en général , ».4 la face de , à la faveur de, à force de, à

» beaucoup plus de figures défectueuses et de » la fin de, au fort de.

» laids visages que de , etc. »

BUFF. » A son gré, au gré de.

A me défendre mal , je les aurois trabis. COR. » A la honte de, à l'heure marquée, à

A voir de tels amis , des personnes si proches, » l'heure de.

Venir pour leur patrie aux mortelles approches,
L'on s'ément de pitié.

COR. a A l'image de , à l'instant, au même ins» tant.

A raconter ses maux, souvent on les soulage. COR. » Au jour de, à grandes journées.

A voir quelle froideur, à tant d'amour sucoede , » A la lueur de, à la lumière de.

Rome ne m'aime pas , elle hait Nicomede. Соқ. » A cette menace, à la menace de , à la merci

Ses rois, à vous ouir , m'ont paré d'un vain titre. R. de, à mesure que, au milieu de', au mois Je tremble qu'Athalie , d ne vous rien cacher, » de, à la mort de, à ces mots.

Vous-même de l'autel , vous faisant arracher.... R. » A la naissance de, à ce nom, au nom de ,

On croiroit , d yons voir dans vos doctes caprices , » à la nouvelle de.

Discourir en Caton des vertus et des vices, » A l'ombre de, à l'occasion de.

Que...... « A ces paroles , à peine, au péril de. A, Au, servant à marquer le régime indirect

» A ce prix, au prix de , au profit doo, à la des verbes ajouter, appartenir, devoir, joindre, » prière de.

.nanquer, méconnoître, montrer, opposer, parof » A la réserve de, au retour de, au risque de, tre, présider, reconnoltre, répondre, réserver » à ce récit , au récit de.

réunir , lenir, etc. , se met plus élegamment » Au signal de , au son de , au sortir de , au avant le verbé. » spectacle de , au sujet de.

« A cela s'opposent tous les hommes, – Aux ? Au même temps, au temps de, à ce titre, » grandeurs d'établissement, nous leur devons » à la tête de.

» des respects d'établissement. (Aux est une » A la veille de, à la voix de, à la vue de. » contraction pour à les. ) – A ceux qui ont de « Aux yeux de. »

» la répugnance pour la religion, il faut comA , suivi d'un verbe a l'infinitif au commen » mencer par leur montrer que, etc, » Pasc. cement d'une phrase , et tenant la place du gé « A des temps si avantageux pour la républis rondif du même verbe ( comme à voir, pour en » que succédèrent ceux d'Adrien.- A ce Christ voyant), se met plus souvent au commencement » à cet homme-Dieu , etc. , à lui, dis-je, étoit de la phrase.

» réservé de nous montrer toute vérité. — Aus À ne regarder que les rencontres particu » patriciens appartenoient les emplois, les com. » lières, la fortune semble seule décider de l'éta- » mandemens, les dignités. » BOSSUET. » blissement et de la ruine des empires; mais à « A ces reproches, ils ajoutoient les plus > lout prendre, il en arrive à peu près comme » affreuses malédictious, – Å tout ce qu'on pou

BOIL .

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