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s'il me falloit être quaker ou monothélite, j'ai- tien du jargon et des épigrammes du reste des merois presque autant le culte des Chinois ou hommes. Comment se fait-il que l'on perde le celui des anciens Romains.

goût de la simplicité jusqu'à ne pas s'apercevoir Si la barbarie consistoit uniquement dans l'i- qu'on l'a perdu? Il n'y a ni vertus, ni plaisirs gnorance, certainement les nations les plus po- qui n'empruntent d'elle des charmes et leurs lies de l'antiquité seroient extrêmement bar- graces les plus touchantes. Est-il rien de grand bares vis-à-vis de nous. Mais si la corruption de ou d'aimable quand on s'en écarte? Du moment l'art, si l'abus des règles, si les conséquences qu’on la méconnoit, la grandeur n'est-elle pas mal tirées des bons principes, si les fausses ap- fausse, l'esprit méprisable, la raison trompeuse, plications, si l'incertitude des opinions , si l'af- et tous les défauts plus hideux ? fectation, si la vanité, si les moeurs frivoles ne Mais, me dira-t-on, croyez-vous que les temps méritent pas moins ce nom que l'ignorance, les plus reculés aient été tout-à-fait exempts qu'est-ce alors que la politesse dont nous nous d'affectation? Non; je suis bien loin de le croire. vantons ?

Les hommes ont aimé l'art dans tous les temps; Ce n'est pas la pure nature qui est barbare, leur esprit s'est toujours flatté de perfectionner c'est tout ce qui s'éloigne trop de la belle na- la nature : c'est la première prétention de la ture et de la raison. Les cabanes des premiers raison et la plus ancienne chimère de la vanité. hommes ne prouvent pas qu'ils manquassent l'avoue donc qu'il n'y a jamais eu de peuple et de goût; elles témoignent seulement qu'ils man- de siècle sans fard, je vais bien plus loin : je quoient des règles de l'architecture. Mais quand prédis que tant que les hommes naîtront avec on eut connu ces belles règles, et qu'au lieu de peu d'esprit et beaucoup d'envie d'en avoir, ils les suivre exactement on voulut enchérir sur ne pourront jamais s'arrêter dans leur sphère, leur noblesse, charger d'ornements superflus et dans les bornes trop étroites de leur naturel. les bâtiments, et à force d'art faire disparoître Que vous dis-je donc? que le monde n'a jamais la simplicité; alors ce fut, à mon sens, une vé- été aussi simple que nous le peignons, mais ritable barbarie et la preuve du mauvais goût. qu'il me paroît que ce siècle l'est encore beauSuivant ces principes, les dieux et les héros coup moins que tous les autres, parceque, étant d'Homère, peints naïvement par le poëte d'a- plus riche des dons de l'esprit, il semble lui près les hommes de son siècle, ne font pas que appartenir au même titre d'être plus vain et l'Iliade soit un poëme barbare, car elle est un plus ambitieux. tableau très passionné, sinon de la belle nature, Avouez du moins, poursuit-on, que la polidu moins de la nature. Mais un ouvrage véri- tesse a rendu nos mæurs moins féroces. Oui, tablement barbare, c'est un poëme où l'on en apparence, au-dehors; mais dans l'intérieur, n'aperçoit que de l'art, où le vrai ne règne ja- point du tout. On l'a dit peut-être avant moi, mais dans les expressions et les images, où les mais on ne peut trop le redire. La politesse, qui sentiments sont guindés, où les ornements sont adoucit l'esprit, endurcit presque toujours le inutiles et hors de leur place.

cæur, parcequ'elle établit parmi les hommes le Fatigué quelquefois de l'artifice qui domine règne de l'art, qui affoiblit tous les sentiments aujourd'hui dans tous les genres, rebuté de de la nature. Aussi ne connois-je guère d'antraits , de saillies, de plaisanteries et de tout cien peuple qui nous cède en humanité, ni cet esprit que l'on veut mettre dans les moin- mème en aucune vertu qui dépende du sentidres choses, je dis en moi-même, si je pouvois ment. C'est de ce côté-là, je crois, qu'on peut trouver un homme qui n'eût point d'esprit , et bien dire qu'il est presque impossible aux homavec lequel il n'en fallût point avoir, un homme mes de s'élever au-dessus de l'instinct de la naingénu et modeste, qui parlåt seulement pour ture. Elle a fait nos ames aussi grandes qu'elles se faire entendre et pour exprimer les senti- peuvent le devenir, et la hauteur qu'elles emments de son coeur, un homme qui n'eût que pruntent de la réflexion est ordinairement de la raison et un peu de naturel, avec quelle d'autant plus fausse qu'elle est plus guindée. ardeur je courrois me délasser dans son entre- Et parceque le goût tient essentiellement au

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sentiment, je vois qu'on perfectionne en vain cieux du courage, que de l'employer d'une manos connoissances; on instruit notre jugement, nière si cruelle et si violente à la destruction du on n'élève point notre goût. Qu'on joue Pour- genre humain, au péril de sa vie et de sa forceaugnac: à la Comédie, ou toute autre farce tune, et cela pour des bagatelles, pour une paun peu comique, elle n'y attirera pas moins de role trop vive, pour un geste fait en colère. monde qu'Andromaque ?; qu'il y ait des panto- Ainsi le sentiment de la vengeance leur étoit mimes supportables à la Foire, ils feront dé- inspiré par la nature; mais l'excès de la venserter la Comédie. J'ai vu tous les spectateurs geance et la nécessité indispensable de la venmonter sur les bancs pour voir battre deux po- geance furent l'ouvrage de la réflexion. Or, lissons; on ne perd pas un geste d’Arlequin, et combien n'y a-t-il pas encore aujourd'hui d'auPierrot fait rire ce siècle savant qui se pique de tres coutumes que nous honorons du nom de tant de politesse. Et la raison de cela est que la politesse, qui ne sont que des sentiments de la nature n'a point fait les hommes philosophes; nature poussés par l'opinion au-delà de leurs leur temperament les domine, leur goût ne peut bornes, contre toutes les lumières de la raison. suivre les progrès de leur raison. Ils savent ad- En voilà assez ; je finis. Je ne veux point demirer les grandes choses ; mais ils sont idolâtres crier la politesse et la science plus qu'il ne condes petites.

vient. Je n'ajouterai qu'un seul mot : c'est que Aussi quand quelqu’un vient me dire: Croyez- les deux présents du Ciel les plus aimables ont vous que les Anglois, qui ont tant d'esprit, précédé l'art : la vertu et le plaisir sont nés avec s'accommodassent des tragédies de Shakspeare la nature. Qu'est-ce que le reste? si elles étoient aussi monstrueuses qu'elles nous paroissent? je ne suis point la dupe de cette objection. Je sais trop qu'un siècle poli peut

LETTRES aimer de grandes sottises, sur-tout quand elles

DE VOLTAIRE A VAUVENARGUES. sont accompagnées de beautés sublimes qui servent de prétexte au mauvais goût. Détrompons-nous donc de cette grande su

LETTRE I. périorité que nous nous accordons sur tous les siècles ; défions-nous même de cette politesse

Dimanche, 11 février 1743. prétendue de nos usages : il n'y a guère eu de Tout ce que vous aimerez, monsieur, me sera peuple si barbare qui n'ait eu la même préten- cher, et j'aime déja le sieur de Fléchelles. Vos tion. Croyons-nous, par exemple, que nos pères recommandations sont pour moi les ordres les aient regardé le duel comme une coutume bar- plus précis. Dès que je serai un peu débarrassé bare? bien loin de là. Ils pensoient qu'un com- de Mérope ', des imprimeurs, des Goths et l'anbat où l'on pouvoit s'arracher la vie d'un seul dales qui persécutent les lettres, je chercherai coup, auroit certainement plus de noblesse mes consolations dans votre charmante société, qu'une vile lutte où l'on ne pourroit tout au et votre prose éloquente ranimera ma poésie. plus que s'égratigner le visage et s'arracher les J'ai eu le plaisir de dire à M. Amelot' tout ce cheveux avec les mains. Ainsi ils se flattèrent que je pense de vous. Il sait son Demosthènes d'avoir mis dans leurs usages plus de hauteur par coeur, il faudra qu'il sache son Vauvenaret de bienséance que les Romains et les Grecs, gues. Comptez à jamais, monsieur, sur la tendre qui se battoient comme leurs esclaves. Ils sa- estime et sur le dévouement de voient par expérience qu'un homme ne souffre

VOLTAIRE. guère d'injure d'un autre homme que par foi

LETTRE II. blesse. Donc, concluoient-ils, celui qui ne se

Jeudi, 5 avril 1743. venge pas n'a point de coeur. Ils ne faisoient Aimable créature, beau génie, j'ai lu votre pas attention que c'étoit faire un usage perni- premier manuscrit, et j'y ai admiré cette hauComédic de Molière.

• Représentée le 20 février 1743. B. Tragédie de Racine.

» Ministre des Affaires étrangères.

Ce lundi, 7 mai 1743.

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teur d'une grande ame qui s'élève si fort au- leau et sur Molière. Je conviendrois sans doute dessus des petits brillants des Isocrates. Si vous que Molière est inégal dans ses vers; mais je ne étiez né quelques années plus tôt, mes ouvrages conviendrois pas qu'il ait choisi des personnes en vaudroient mieux. Mais, au moins, sur la et des sujets trop bas. Les ridicules fins et défin de ma carrière, vous m'affermissez dans la liés dont vous parlez ne sont agréables que pour route que vous suivez. Le grand, le pathétique, un petit nombre d'esprits déliés. Il faut au pule sentiment, voilà mes premiers maîtres; vous blic des traits plus marqués. De plus, ces ridiêtes le dernier. Je vais vous lire encore. Je cules si délicats ne peuvent guère fournir des vous remercie tendrement. Vous êtes la plus personnages de théâtre. Un défaut presque imdouce de mes consolations dans les maux qui perceptible n'est guère plaisant. Il faut des rim'accablent.

dicules forts, des impertinences dans lesquelles VOLTAIRE.

il entre de la passion, qui soient propres à l'inLETTRE III.

trigue; il faut un joueur, un avare, un jaloux, etc. Je suis d'autant plus frappé de cette vérité, que

je suis actuellement occupé d'une fête pour le En vous remerciant. Mais vous êtes trop mariage de M. le Dauphin, dans laquelle il entre sensible ; vous pardonnez trop aux faux raison- une comédie; et je m'aperçois plus que jamais nements en faveur de quelque éloquence. D'où que ce délié, ce fin, ce délicat, qui font le vient que quelque chose est, et qu'il ne se peut charme de la conversation , ne conviennent pas faire que le rien soit, si ce n'est parceque guère au théâtre. C'est cette fête qui m'empêľ’être vaut mieux

дие
le rien?

che d'entrer avec vous, monsieur, dans un plus Voilà un franc discours de Platon. Le rien long détail, et de vous soumettre mes idées ; n'est pas, parcequ'il est contradictoire que le mais rien ne m'empêche de sentir le plaisir que rien soit ; parcequ'on ne peut admettre la con- me donnent les vôtres.

tradiction dans les termes. Il s'agit bien là du Je ne prêterai à personne le dernier manu* meilleur ! On est toujours dans ces hauteurs à scrit que vous avez eu la bonté de me confier. côté d'un abyme. Je vous embrasse, je vous aime Je ne puis refuser le premier à une personne autant que je vous admire.

digne d'en être touchée. La singularité frapVOLTAIRE.

pante de cet ouvrage, en faisant des admirateurs, LETTRE IV.

a fait nécessairement des indiscrets. L'ouvrage a

couru; il est tombé entre les mains de M. de La A Versailles, le 7 janvier 1745.

Bruère, qui, n'en connoissant pas l'auteur, a Le dernier ouvrage que vous avez bien voulu m'envoyer, monsieur, est une nouvelle monsieur de La Bruère est un homme de mérite

voulu, dit-on , en enrichir son Mercure. Ce preuve de votre grand goût dans un siècle où tout me semble un peu petit, et où le faux bel- Il n'aura pas toujours de pareils présents à faire

et de goût. Il faudra que vous lui pardonniez, esprit s'est mis à la place du génie.

au public. J'ai voulu en arrêter l'impression, Je crois que si on s'est servi du terme d'in- mais on m'a dit qu'il n'en étoit plus temps. stinct pour caractériser La Fontaine, ce mot Avalez , je vous prie , ce petit dégoût, si vous instinct signifioit génie. Le caractère de ce bon haïssez la gloire. homme étoit si simple, que dans la conversa

Votre état me touche à mesure que je vois les tion il n'étoit guère au-dessus des animaux qu'il productions de votre esprit, si vrai, si naturel, faisoit parler ; mais, comme poëte, il avoit un si facile et quelquefois si sublime. Qu'il serve instinct divin, et d'autant plus instinct , qu'il à vous consoler, comme il servira à me charmer. n'avoit que ce talent. L'abeille est admirable, Conservez-moi une amitié que vous devez à celle mais c'est dans sa ruche; hors de là l'abeille

que vous m'avez inspirée. n'est qu'une mouche.

Adieu , monsieur, je vous embrasse tendreJ'aurois bien des choses à vous dire sur Boi

ment. Réflexions critiques sur quelques poëtes.

VOLTAIRE.

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Ce samedi, mai 1746.

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Ce samedi au soir, 12 mai 1746. J'ai apporté à Paris, monsieur, la lettre que Je ne sais où trouver M. de Marmontel et son je vous avois écrite à Versailles. Elle ne vous en Pylade; mais je m'adresse au héros de l'amitié, sera que plus tôt rendue. J'y ajoute que la reine pour faire passer jusqu'à eux le chagrin que veut vous lire, qu'elle en a l'empressement que me cause la petite tribulation arrivée à leurs vous devez inspirer, et que, si vous avez un feuilles , et l'empressement que j'aurai à les serexemplaire que vous vouliez bien m'envoyer, vir. Les recherches qu'on a faites par ordre de il lui sera rendu demain matin de votre part. Je la Cour chez tous les libraires, au sujet du line doute pas qu'ayant lu l'ouvrage , elle n'ait belle de Roy, sont cause de ce malheur. On autant d'envie de connoître l'auteur, que j'en ai cherchoit des poisons, et on a saisi de bons red'être honoré de son amitié.

mèdes. Voilà le train de ce monde. Ce misérable VOLTAIRE.

Roy n'est né que pour faire du mal ; mais je

me flatte que cette aventure pourra servir à LETTRE VI.

faire discerner ceux qui méritent la protection

du Gouvernement et du public : c'est à quoi je Versailles, mat 1746.

vais travailler avec plus de chaleur qu'à mon J'ai usé , mon très aimable philosophe, de discours de l'Académie. la permission que vous m'avez donnée. J'ai J'embrasse tendrement celui dont je voucrayonné un des meilleurs livres ' que nous

que nous drois avoir les pensées et le style, et dont ayons en notre langue, après l'avoir relu avec j'ai les sentiments, et je prie le plus aimable un extrême recueillement. J'y ai admiré de des hommes de m’aimer un peu. nouveau cette belle ame, si sublime, si éloquente et si vraie ; cette foule d'idées neuves ou ren

VOLTAIRE. dues d'une manière si hardie, si précise ; ces coups de pinceau si fiers et si tendres. Il ne

LETTRE VIII. tient qu'à vous de séparer cette profusion de diamants de quelques pierres fausses ou enchâs

Quoi! la maladie m'empêche d'aller voir le sées d'une manière étrangère à notre langue. Il plus aimable de tous les hommes, et ne m'emfaut que ce livre soit excellent d'un bout à l'au- pêche pas d'aller à Versailles ! Je rougis et je tre. Je vous conjure de faire cet honneur à gémis de cette cruelle contradiction, et je ne notre nation et à vous-même, et de rendre ce peux me consoler qu'en me plaignant à vous de service à l'esprit humain. Je me garde bien d'in-moi-même. Vous m'avez laissé des choses adsister sur mes critiques; je les soumets à votre mirables dans lesquelles je vois que vous m'airaison à votre goût, et j'exclus l'amour-propre mez. Je vous jure que je vous le rends bien : je de notre tribunal. J'ai la plus grande impatience sens combien il est doux d'être aimé d'un génie de vous embrasser. Je vous supplie de dire à tel que le vôtre. Je vous supplie, monsieur, si notre ami Marmontel qu'il m'envoie sur-le-vous voyez MM. les observaleurs", de leur dire champ ce qu'il sait bien ; il n'a qu'à l'adresser que je viens de m'apercevoir d'une faute énorme par la poste chez M. d'Argenson, ministre des du copiste dans la petite lettre au roi de Prusse. Affaires-Étrangères , à Versailles. Il faut deux Comme un carré long est une contradiction ; il enveloppes, la première à moi, la dernière à faut : Comme un carré plus long que large est M. d'Argenson.

une contradiction. Adieu, belle ame et beau génie.

Adieu. Que j'ai de choses à vous dire et à

entendre! VOLTAIRE.

VOLTAIRE.

Mai 1746.

1 Introduction à la connoissance de l'esprit humain, im. primé pour la première fois en 1746.

Voltaire désigne l'Observateur littéraire, journal qui parut en 1746, et dont les auteurs étoient Marmontel et Bauvin.

.

LETTRE IX.

gnes de votre ame et du petit nombre d'hom

mes de goût et de génie qui restent encore dans Paris, samedi, 26 mai 1746. Nos amis, monsieur, peuvent continuer leurs j'admire cet esprit de profondeur et de senti

Paris, et qui méritent de vous lire. Mais plus feuilles. M. de Boze fermera les yeux; mais il

ment qui domine en vous, plus je suis affligé faut les fermer aussi avec lui, et ignorer qu'il que vous me refusiez vos lumières. Vous avez veut ignorer cette contrebande de journal

. Le lu superficiellement une tragédie · pleine de chevalier de Quinsonas a abandonné son Specta- fautes de copiste, sans daigner même vous inteur. Il ne s'agit plus pour les observateurs que former de ce qui pouvoit être à la place de vingt de trouver un libraire accommodant et honnête sottises inintelligibles qui étoient dans le manuhomme: ce qui est plus difficile

que
de faire un

scrit. Vous ne m'avez fait aucune critique. J'en bon journal. Qu'ils se conduisent avec prudence, suis d'autant plus fâché contre vous, que je le et tout ira bien. Je vous attends à deux heures suis contre moi-même, et je crains d'avoir fait et demie.

VOLTAIRE.

un ouvrage indigne d'être jugé par vous. Ce

pendant je méritois vos avis, et par le cas infini LETTRE X.

que j'en fais , et par mon amour pour la vérité, Ce lundi, 28 mai 1746. et par une envie de me corriger qui ne craint J'ai peur d'être né dans le temps de la déca- jamais le travail, et enfin par ma tendre amitié dence des lettres et du goût ; mais vous êtes pour vous.

VOLTAIRE. venu empêcher la prescription, et vous me tiendrez lieu du siècle qui me manque. Bonjour,

LETTRE XII. homme aimable et homme de génie. Vous me ranimez, et je vous en ai bien de l'obligation. Je

Je vais lire vos portraits. Si jamais je veux vous soumettrai mes sentiments et mes ouvra

faire celui du génie le plus naturel, de l'homme

du plus grand goût, de l'ame la plus haute et ges. Votre société m'est aussi chère goût m'est précieux.

la plus siinple, je mettrai votre nom au bas. Je VOLTAIRE. vous embrasse tendrement.

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Mai 1746.

que votre

VOLTAIRE. LETTRE XI.

Sémiramis , représentée deux ans plus tard, le 29 septemplupart de vos pensées me paroissent di

1

Mai 1746.

bre 1748.

.

FIN.

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