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Ceux qui jugent d'un ouvrage par règle sont,

On se persuade mieux , pour l'ordinaire, par à l'égard des autres, comme ceux qui ont une

les raisons qu'on a trouvées soi-même, que par montre à l'égard de ceux qui n'en ont point. celles qui sont venues dans l'esprit des autres. L'un dit : Il y a deux heures que nous sommes

XI. ici. L'autre dit: 11 n'y a que trois quarts d'heure. Je regarde ma montre ; je dis à l'un : Vous L'esprit croit naturellement, et la volonté vous ennuyez; et à l'autre : Le temps ne vous aime naturellement ; de sorte que, faute de vrais dure guère; car il y a une heure et demie ; et objets, il faut qu'ils s'attachent aux faux. je me moque de ceux qui me disent que le temps

XII. me dure à moi, et que j'en juge par fantaisie : ils ne savent pas que j'en juge par ma montre.

Ces grands efforts d'esprit où l'ame touche VI.

quelquefois, sont choses où elle ne se tient pas.

Elle y saute seulement, mais pour retomber Il y en a qui parlent bien , et qui n'écrivent aussitôt. pas de même. C'est que le lieu, les assistants,

XIII. etc. , les échauffent , et tirent de leur esprit plus qu'ils n'y trouveroient sans cette chaleur.

L'homme n'est ni ange, ni bête ; et le mal

heur veut que qui veut faire l'ange, fait la bête. VII.

XIV. Ce que Montaigne a de bon ne peut être acquis que difficilement. Ce qu'il a de mauvais Pourvu qu'on sache la passion dominante de (j'entends hors les maurs) eût pu être corrigé quelqu'un, on est assuré de lui plaire, et néanen un moment, si on l'eût averti qu'il faisoit moins chacun a ses fantaisies contraires à son trop d'histoires , et qu'il parloit trop de soi. propre bien , dans l'idée même qu'il a du bien ;

et c'est une bizarrerie qui déconcerte ceux qui VIII.

veulent gagner leur affection. C'est un grand mal de suivre l'exception au

XV. lieu de la règle. Il faut être sévère et contraire à l'exception. Mais , néanmoins, comme il est Un cheval ne cherche point à se faire admirer certain qu'il y a des exceptions de la règle, il de son compagnon. On voit bien entre eux faut en juger sévèrement, mais justement. quelque sorte d'émulation à la course; mais

c'est sans conséquence : car, étant à l'étable, IX.

le plus pesant et le plus mal taillé ne cède pas Il y a des gens qui voudroient qu'un auteur de même parmi les hommes : leur vertu ne se

y a des gens qui voudroient qu'un auteur pour cela son avoine à l'autre. Il n'en est pas ne parlàt jamais des choses dont les autres ont satisfait pas d'elle-même, et ils ne sont point conparlé; autrement on l'accuse de ne rien dire de tents s'ils n'en tirent avantage contre les autres. nouveau. Mais si les matières qu'il traite ne sont pas nouvelles, la disposition en est nouvelle.

XVI. Quand on joue à la paume, c'est une même balle dont on joue l'un et l'autre; mais l'un la Comme on se gâte l'esprit, on se gâte aussi place mieux. J'aimerois autant qu'on l'accusât le sentiment. On se forme l'esprit et le sentide se servir des mots anciens : comme si les ment par les conversations. Ainsi les bonnes ou mêmes pensées ne formoient pas un autre corps les mauvaises le forment ou le gâtent. Il importe de discours par une disposition différente, aussi donc de tout bien savoir choisir pour se le forbien que les mêmes mots forment d'autres pen- mer et ne point le gâter; et on ne sauroit faire sées par les différentes dispositions.

ce choix, si on ne l'a déja formé et point gâté.

Ainsi cela fait un cercle, d'où bienheureux sont / trouve si propres, qu'on gâteroit le discours, il ceux qui sortent.

faut les laisser, c'en est la marque, et c'est la

part de l'envie qui est aveugle, et qui ne sait XVII.

pas que cette répétition n'est pas faute en cet Lorsque dans les choses de la nature, dont endroit : car il n'y a point de règle générale. la connoissance ne nous est pas nécessaire, il y

XXII. en a dont on ne sait pas la vérité, il n'est peutètre pas mauvais qu'il y ait une erreur com- Ceux qui font des antithèses en forçant les mune qui fixe l'esprit des hommes, comme, mots sont comme ceux qui font de fausses fepar exemple, la lune, à qui on attribue les nètres pour la symétrie. Leur règle n'est pas de changements de temps, les progrès des mala- parler juste, mais de faire des figures justes. dies, etc. Car c'est une des principales mala

XXIII. dies de l'homme, que d'avoir une curiosité inquiète pour les choses qu'il ne peut savoir ; et Une langue à l'égard d'une autre est un chiffre je ne sais si ce ne lui est point un noindre mal où les mots sont changés en mots , et non les d'être dans l'erreur pour les choses de cette lettres en lettres; ainsi une langue inconnue est nature, que d'être dans cette curiosité inutile. déchiffrable.

XXIV.
XVIII.
Si la foudre tomboit sur les lieux bas , les

Il y a un modèle d'agrément et de beauté, qui

consiste en un certain rapport entre notre napoëtes et ceux qui ne savent raisonner que sur les choses de cette nature, manqueroient de ture foible ou forte, telle qu'elle est, et la chose

qui nous plaît. Tout ce qui est formé sur ce preuves. XIX.

modèle nous agrée: maison, chanson, discours,

vers, prose, femmes, oiseaux , rivières, arbres, L'esprit a son ordre, qui est par principes et chambres, habits. Tout ce qui n'est point sur ce démonstrations ; le cæur en a un autre. On ne modèle déplaît à ceux qui ont le goût bon. prouve pas qu'on doit être aimé, en exposant par ordre les causes de l'amour : cela seroit ri

XXV. dicule. Jésus-Christ et saint Paul ont bien plus suivi dire aussi beauté géométrique, et beauté médi

Comme on dit beauté poétique, on devroit cet ordre du cour, qui est celui de la charité, cinale. Cependant on ne le dit point : et la raique celui de l'esprit; car leur but principal n'étoit pas d'instruire, mais d'échauffer. Saint Au- son en est qu'on sait bien quel est l'objet de la gustin de même. Cet ordre consiste principa- mais on ne sait pas en quoi consiste l'agrément,

géométrie et quel est l'objet de la médecine ; lement à la digression sur chaque point qui a qui est l'objet de la poésie. On ne sait ce que rapport à la fin, pour la montrer toujours.

c'est que ce modèle naturel qu'il faut imiter; et, XX.

faute de cette connoissance, on a inventé de

certains termes bizarres : siècle d'or, merveilles Il y en a qui masquent toute la nature. Il n'y de nos jours, fatal laurier, bel astre, etc.; et on a point de roi parmi eux, mais un auguste mo- appelle ce jargon beauté poétique. Mais qui s'inarque; point de Paris, mais une capitale du maginera une femme vêtue sur ce modèle, verra royaume. Il y a des endroits où il faut appeler une jolie demoiselle toute couverte de miroirs Paris, Paris; et d'autres où il faut l'appeler ca- et de chaînes de laiton ; et au lieu de la trouver pitale du royaume.

agréable, il ne pourra s'empêcher d'en rire, XXI.

parce qu'on sait mieux en quoi consiste l'agré

ment d'une femme que l'agrément des vers. Quand dans un discours on trouve des mots Mais ceux qui ne s'y connoissent pas l'admirerépétés, et qu'essayant de les corriger, on les ront peut-être en cet équipage; et il y a bien des villages où on la prendroit pour la reine; et miration par la ressemblance des choses dont c'est pourquoi il y en a qui appellent des son- on n'admire pas les originaux ! nets faits sur ce modèle, des reines de vil

XXXII. lage. XXVI.

Un même sens change selon les paroles qui Quand un discours naturel peint une passion, l'expriment. Les sens reçoivent des paroles leur ou un effet, on trouve dans soi-même la vérité dignité , au lieu de la leur donner. de ce qu'on entend, qui y étoit sans qu'on le sût,

XXXIII. et on se sent porté à aimer celui qui nous le fait sentir ; car il ne nous fait pas montre de son bien,

Ceux qui sont accoutumés à juger par le senmais du nôtre; et ainsi ce bienfait nous le rend timent ne comprennent rien aux choses de raiaimable : outre que cette communauté d'intelli- sonnement, car ils veulent d'abord pénétrer gence que nous avons avec lui incline nécessai- d'une vue , et ne sont point accoutumés à cherrement le coeur à l'aimer.

cher les principes. Et les autres, au contraire,

qui sont accoutumés à raisonner par principes, XXVII.

ne comprennent rien aux choses de sentiment, Il faut qu'il y ait dans l’éloquence de l'agréa- d'une vue.

y cherchent des principes , et ne pouvant voir ble et du réel; mais il faut que cet agréable soit

XXXIV. réel. XXVIII.

La vraie éloquence se moque de l'éloquence;

la vraie morale se moque de la morale: c'est-àQuand on voit le style naturel, on est tout dire que la morale du jugement se moque de la étonné et ravi; car on s'attendait de voir un au- morale de l'esprit, qui est sans règle, teur, et on trouve un homme. Au lieu

que

ceux qui ont le goût bon, et qui, en voyant un livre,

XXXV. croient trouver un homme, sont tout surpris de

Toutes les fausses beautés que nous blâmons trouver un auteur : plus poetice quam humane dans Cicéron ont des admirateurs en grand locutus est. Ceux-là honorent bien la nature, qui nombre. lui apprennent qu'elle peut parler de tout, et

XXXVI. même de théologie.

Se moquer de la philosophie, c'est vraiment XXIX.

philosopher.

XXXVII. La dernière chose qu'on trouve, en faisant un ouvrage, est de savoir celle qu'il faut mettre Il y a beaucoup de gens qui entendent le la première.

sermon de la même manière qu'ils entendent XXX.

vepres.

XXXVII. Dans le discours, il ne faut point détourner l'esprit d'une chose à une autre, si ce n'est pour

Les rivières sont des chemins qui marchent, le délasser; mais dans le temps où cela est à et qui portent où l'on veut aller. propos, et non autrement: car qui veut délasser

XXXIX. hors de propos, lasse. On se rebute et on quitte tout là : tant il est difficile de rien obtenir de Deux visages semblables, dont aucun ne fait l'homme que par le plaisir, qui est la monnoie rire en particulier, font rire ensemble par leur pour laquelle nous donnons tout ce qu'on veut. ressemblance.

XL.
XXXI.

Les astrologues, les alchimistes, etc., ont Quelle vanité que la peinture, qui attire l'ad- quelques principes ; mais ils en aljuseni. Or, l'abus des vérités doit être autant puni que l'in- « une comédie, tel qu'il plaît au maitre de vous troduction du mensonge.

« le donner. S'il vous le donne court, jouez-le

« court; s'il vous le donne long, jouez-le long: XLI.

« soyez sur le théâtre autant de temps qu'il lui Je ne puis pardonner à Descartes : il auroit « plaît; paroissez-y riche ou pauvre, selon qu'il bien voulu, dans toute sa philosophie , pouvoir « l'a ordonné. C'est votre fait de bien jouer le se passer de Dieu ; mais il n'a pu s'empêcher personnage qui vous est donné; mais de le de lui faire donner une chiquenaude pour met- « choisir, c'est le fait d'un autre. Ayez tous les tre le monde en mouvement; après cela il n'a jours devant les yeux la mort et les maux qui plus que faire de Dieu.

« semblent les plus insupportables ; et jamais « vous ne penserez rien de bas, et ne desirerez

« rien avec excès. » ARTICLE XI.

Il montre en mille manières ce que l'homme Sur Épictète et Montaigne'.

doit faire. Il veut qu'il soit humble ; qu'il cache

ses bonnes résolutions, sur-tout dans les com1.

mencements, et qu'il les accomplisse en secret :

rien ne les ruine davantage que de les produire. Épictète est un des philosophes du monde il ne se lasse point de répéter que toute l'étude qui ait le mieux connu les devoirs de l'homme.

et le desir de l'homme doivent être de connoître Il veut, avant toutes choses, qu'il regarde Dieu la volonté de Dieu, et de la suivre. comme son principal objet ; qu'il soit persuadé

Telles étoient les lumières de ce grand esprit qu'il gouverne tout avec justice; qu'il se sou- qui a si bien connu les devoirs de l'homme : metle à lui de bon cour; et qu'il le suive volon- heureux s'il avoit aussi connu sa foiblesse ! Mais tairement en tout, comme ne faisant rien qu'avec après avoir si bien compris ce qu'on doit faire, une très grande sagesse : qu'ainsi cette disposi- il se perd dans la présomption de ce que l'on tion arrètera toutes les plaintes et tous les mor- peut. « Dieu, dit-il, a donné à tout homme les mures, et préparera son esprit à souffrir paisi

« moyens de s'acquitter de toutes ses obligablement les événements les plus fâcheux. «Ne

«tions; ces moyens sont toujours en sa puis« dites jamais, dit-il, J'ai perdu cela ; dites plu

« sance; il ne faut chercher la félicité que par « tôt, Je l'ai rendu : mon fils est mort, je l'ai

les choses qui sont toujours en notre pouvoir, « rendu : ma femme est morte, je l'ai rendue.

puisque Dieu nous les a données à cette fin : « Ainsi des biens, et de tout le reste. Mais celui

« il faut voir ce qu'il y a en nous de libre. Les qui me l'ôte est un méchant homme, direz

« biens, la vie, l'estime, ne sont pas en notre « vous : pourquoi vous mettez-vous en peine puissance, et ne mènent pas à Dieu; mais « par qui celui qui vous l'a prêté vient le rede

l'esprit ne peut être forcé de croire ce qu'il « mander? Pendant qu'il vous en permet l'usage,

« sait être faux, ni la volonté d'aimer ce qu'elle « ayez-en soin comme d'un bien qui appartient

« sait qui la rend malhenreuse : ces deux puis« à autrui, comme un voyageur fait dans une

« sances sont donc pleinement libres, et par « hôtellerie. Vous ne devez pas, dit-il encore, « elles seules nous pouvons nous rendre par« desirer

que
les choses se fassent comme vous

« faits, connoître Dieu parfaitement, l’aimer, « le voulez ; mais vous devez vouloir qu'elles se

« lui obéir, lui plaire, surmonter tous les vices, « fassent comme elles se font. Souvenez-vous,

« acquérir toutes les vertus, et ainsi nous renajoute-t-il, que vous êtes ici comme un ac

« dre saints et compagnons de Dieu. » Ces or« teur, et que vous jouez votre personnage dans gueilleux principes conduisent Épictète à d'au

tres erreurs, comme, que l'ame est une portion · Tout cet article sur Épictète et Montaigne est extrait d'un

de la substance divine; que la douleur et la dialogue de Pascal avec Sacy, extrait dans lequel on a conservé seulement les pensées de Pascal. Ceux qui voudront lire le dia- mort ne sont pas des maux ; qu'on peut se tuer logue même pourront consulter le pere Desmolets, tome V de quand on est si persécuté qu'on peut croire que la continuation des Mémoires l'histoire et de litterature, ou les Mémoires de Fontaine, tome II.

Dieu nous appelle , ctc.

JI.

de l'état ; il ne prétend pas que son avis soit

meilleur, il n'en croit aucun bon. Il veut seuleMontaigne, né dans un état chrétien, fait ment prouver la vanité des opinions les plus profession de la religion catholique, et en cela reçues : montrant que l'exclusion de toutes lois il n'a rien de particulier; mais comme il a voulu diminueroit plutôt le nombre des différends, chercher une morale fondée sur la raison , sans que cette multitude de lois, qui ne sert qu'à les lumières de la foi, il prend ses principes l'augmenter, parceque les difficultés croissent dans cette supposition, et considère l'homme à mesure qu'on les pèse, les obscurités se muldestitué de toute révélation. Il met donc toutes tiplient par les commentaires ; et que le plus sûr choses dans un doute si universel et si général, moyen d'entendre le sens d'un discours, est de que l'homme doutant même s'il doute, son in- ne pas l'examiner, de le prendre sur la precertitude roule sur elle-même dans un cercle mière apparence : car, si peu qu'on l'observe, perpétuel et sans repos : s'opposant également toute sa clarté se dissipe. Sur ce modèle il juge à ceux qui disent que tout est incertain, et à à l'aventure de toutes les actions des hommes et ceux qui disent que tout ne l'est pas, parcequ'il des points de l'histoire, tantôt d'une manière, ne veut rien assurer. C'est dans ce doute qui tantôt d'une autre; suivant librement sa predoute de soi, et dans cette ignorance qui mière vue, et sans contraindre sa pensée sous s'ignore, que consiste l'essence de son opinion. les règles de la raison, qui n'a , selon lui, que Il ne peut l'exprimer par aucun terme positif : de fausses mesures. Ravi de montrer, par son car s'il dit qu'il doute, il se trahit, en assurant exemple, les contrariétés d'un même esprit au moins qu'il doute ; ce qui étant formellement dans ce génie tout libre, il lui est également contre son intention, il est réduit à s'expliquer bon de s'emporter ou non dans les disputes, par interrogation ; de sorte que ne voulant pas ayant toujours, par l'un ou l'autre exemple, dire, Je ne sais , il dit, Que sais-je? De quoi il un moyen de faire voir la foiblesse des opinions : a fait sa devise, en la mettant sous les bassins étant porté avec tant d'avantage dans ce doule d'une balance, lesquels pesant les contradic- universel, qu'il s'y fortifie également par son toires, se trouvent dans un parfait équilibre. triomphe et par sa défaite. En un mot, il est pur pyrrhonien. Tous ses C'est dans cette assiette, toute flottante et discours, tous ses essais , roulent sur ce prin- toute chancelante qu'elle est, qu'il combat avec cipe; et c'est la seule chose qu'il prétend bien une fermeté invincible les hérétiques de son établir. Il détruit insensiblement tout ce qui temps, sur ce qu'ils assuroient connoître seuls passe pour le plus certain parmi les hommes, le véritable sens de l'Écriture; et c'est de là ennon pas pour établir le contraire, avec une cer- core qu'il foudroie l'impiété horrible de ceux titude de laquelle seule il est ennemi, mais pour qui osent dire que Dieu n'est point. Il les enfaire voir seulement que, les apparences étant treprend particulièrement dans l'apologie de égales de part et d'autre, on ne sait où asseoir Raimond de Sébonde; et, les trouvant dépouilsa croyance.

lés volontairement de toute révélation, et abanDans cet esprit, il se moque de toutes les as- donnés à leur lumière naturelle, toute foi mise surances; il combat, par exemple, ceux qui à part, il les interroge de quelle autorité ils enont pensé établir un grand remède contre les treprennent de juger de cet Être souverain, qui procès, par la multitude et la prétendue jus est infini par sa propre définition : eux qui ne tesse des lois : comme si on pouvoit couper la connoissent véritablement aucune des moindres racine des doutes, d'où naissent les procès ! choses de la nature! Il leur demande sur quels comme s'il y avoit des digues qui pussent arrê- principes ils s'appuient , et il les presse de les ter le torrent de l'incertitude, et captiver les lui montrer. Il examine tous ceux qu'ils peuconjectures ! Il dit , à cette occasion, qu'il vau- vent produire; et il pénètre si avant, par le tadroit autant soumettre sa cause au premier pas- lent où il excelle, qu'il montre la vanité de tous sant qu'à des juges armés de ce nombre d'ordon- ceux qui passent pour les plus éclairés et les nances. Il n'a pas l'ambition de changer l'ordre plus fermes. Il demande si l'ame connoît quel

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