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Ces exemples, que nous aurions pu multiplier, condamnent également ceux qui disent : ,

Les père et mère, ou les pères et mères,
Les préfet et maires de Paris,
Les président et juges du tribunal,
A MM. les président et membres de telle ou telle société,
Les première , seconde et troisième divisions,
Les premier et second étage, ou étages.
CE, CET, C, CETTE, CES.

Ce s'emploie devant les substantifs et
Mais je parle à Brutus, o ca puissant génio,
A ce héros armé contre la tyranuie. a

les a jectifs commençant par une con

sonne ou par une H aspirée. Vert-Vert n'est plus cet oiseau révérent,

Cet s'emploie devant les substantils Ce coeur si pur , cet oiseau si fervent. b

et les adjectifs commençant par une Mais cet onfant fatal, Abner , vous Paver vu. 6 voyelle ou par une H non aspirée. Ah! si tes chants heureus, toujours pleins de clialeur,

C s'emploje devant les verbes comDe l'âge qui t'atteint échappent à l'outrage, C'est que le cæeur n'eut jamais d'àge,

mençant par une voyelle. B:

que tout beau vers part du cæur. d

et sur-tout d'amatrices qui font leurs ? Cette est la seule forme da singulier

ouvrages, comme M. Guillaume fesait (féminin. ses couleurs. e

Le pluriel n'a aussi qu'une forme, elle sert pour les deut gentes et pour toutes les rencontres.

J'estime plus ces honnêtes enfants,

Je n'aime point Thalio , alors que sur la sine Qui de Savoie arrivent tous les ans, Elle prend gauchement l'habit de Melpomene. Et dont la main légèrement essuie

Ces deux charmantes saurs ont bien change de Ces longs canaux engorgés par la suio,

ton. Que le métier do tes obscurs Frérous. f Hors de son caractère on ne fait rien de bon..

DIFFÉRENCE de ce et de de ces et de ses
Laharpe a dit quelque part :

Mon commis sur ma table écrivant de travers,
Ne sait pas l'orthographe et sait faire des vers.

se,

« Volt. Mort de César. 3, a.
b GARSSET. Vert. Vert.
6 Rac. Ashal. 2 , 5.

a Ducis neveu. Eptire a

Ducis.
J.J. R. Emil,

1

Volt. Paugre Diable. g VOLT. Sar,

C'est en faveur de semblables versificateurs et de ceux qui ne savent ni versifier, ni orthographier, que nous fesons cet article. Nous ne prétendons point qu'il arrive à d'autres adresses.

Ce et Se.

Je ze mie pas de ceux qui disent : ce n'est rien ; Ce n'est pas le mot d'inquisition qui C'est une femme qui se noie,

nous fait peur, mais la chose même. f Je dis que c'est beaucoup; car ce sose vaut bien (2 noas le regrettions. . ...a

Do Milton, de Virgile être à-la-fois l'émule,

C'était un vrai prodigo, et tu fus incrédule. g Chu:! de votre innocence, Agnès, c'est un effet. de ne vous en dis mot. Ce qui s'est fait est fait. B

Long-temps dans notre sang Sylla s'était noyé; Heureux qui se plait à Vétude,

Il rendit Rome libre , et tout fut oublié. h
Qui s'en est fait une heureuse habitude !
Qui peut-te étre.... qu'est-il devenu? où est-il? c

Dans son état heureux qui peut se plaire,

Vivre à sa place et garder ce qu'il a! i Comment se peut-il faire que per. senne depuis Racine n'ait approché de

C'en est fait, le voilà menteur, il s'en ce style enchanteur ? d

est fait une habitude. Ab! ne le quittons point dans ses cruels desseins, Laisser le crime en pais, c'est s'en rendre complice. wate20 , s'il se peut, César et les Romains.o

k

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Ces et ses.

Qui Peazait dit en ces jours pleins de charmes, Disant ces mots, ses sanglots s'arrêtèrent.'
Qe'en pute perte on cultivait ses maurs? I. Elle se tut, mais ses larmes parlèrent. o
Elle n'a que vous veul. Vous êtes en ces lieux

Je n'admirai jamais la gloire de l'impie,
Ses père, son époux, son asyle, ses dieus. m

Tous ses jours paraissent charmants, Quelle aveugle fureur pousse les mal. L'or éclato en ses vêtements. ....p heureux mortels ! Ils ont si peu de jours Par ma foi! ces gens-là sont vraiment malheure'ls: vivre sur la terre, ces jours sont si Chaque fois qu'on leur parle, on a donc besoin niserables ! pourquoi précipiter une

d'eux ! LOTT déjà si prochaine , etc.? n

Mais peut-être déjà cet article a trop d'étendue pour ceux-là même à qui il est adressé.

lo

9

No. 3. Ce pris substantivement. On a déjà vu plusieurs exemples de ce employé sans substantif :

L. F. 3, 16.
MOL Érole des Femm. 2, 6.
Mol. Leare , 4, 6.
dToLs. dur la Béréa, de Ra.

cine.
Verz, Mort de Cése

s Pascal, 15. Let.

prov.
g Jourz Mons. Epttre a

Palissot.
h Volt. Mort de César. 3, 4.
i Volt. La Bégueule.
k CRÍBILL.

I GRESSKT. Vert. Vert. 1.
m Rac, Iphig. 3, 5.
n Fås, Télém. 1, 19.
o VOLT. Cont, en vers.
P

Rac. Ath. 2,9 9

ETIENNI. Los Deux Gond.

c'est une femme, pour cet objet est une femme. C'est dans cet emploi que ce peut être regardé comme l'un des cinq ou six mots qui concourent le plus à caractériser le génie de notre langue. Nous allons le considérer uniquement sous ce point de vue.

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C'est moi qui suis Guillot, berger de ce troupeau. C'est nous, braves amis, que l'univers contemple.

ģ Homme! ne cherche plus l'auteur du

C'est vous qui seriez trompées si je mal: cet auteur, c'est toi. b

voulais suivre les conseils que me donne

le grand eunuque. & C'est Hector, disait-ello, en l'embrassant toujours; Ce n'est pas les Troyens, c'est Hector qu'on pour. C'est lui-même, c'est toi, cher époux, que j'em

suit. h brasse : Voilà ses yeux, sa bouche, et déjà son audace. c Il faut toujours que la femme commande,

C'est-là sun godit ; si j'ai tost, qu'on me pende. i Ce fut depuis chose à Rome ordinaire,

C'est donc les dieur et non pas la mer Que l'on baisât la mule du Saint-Père. d!

qu'il faut craindre : fussiez-vous au fond C'était tous les jours de nouvelles des abîmes, la main de Jupiter pouraccusations, e

rait vous en tirer, k On voit que dans toutes ces phrases ce fait les fonctions du mot primordial ou sujet, et que c'est à lui que se rapporte le verbe est, était, fut;

Que moi, toi, lui, Hector, chose, nous, vous, eum, quoiqu'ils paraissent remplir le rôle principal, ne sont que des appositions. Car le verbe qui est à la troisième personne du singulier ne peut avoir pour sujet moi, toi, nous, vous, qui ne sont pas de la même personne; nous, vous, eux, qui ne sont pas du même nombre. Quant à lui, Hector, chose, ce sont bien des mots de la troisième personne du singulier; mais l'analogie porte à les regarder aussi comme apposés, et la construction le montre. Quand on dit : César fut un traitre , ce fut un traître, César et ce remplissent la même fonction et sont également le sujet du verbe.

Nous ne connaissons aucune langue où le même adjectif joue un grand rôle. En latin, le verbe aurait six formes différentes, où une nous suffit. C'est moi s'exprimerait par EGO SUM , c'est toi par tu Es, etc.

a LA F. 3, 3.
b J.J. R. Emil. 4.
¢ Rac. Androm. 2, S.

Vost. Mula du Pape.

• VOLT, Zadig.
f Volt, Mort de César.
& MONTESQ. 65e. Let.pers.

h Rac. Andr. 1, 2.
i VOLT. Contes en sers.
k FéxL. Télén. 6

Anomalie. Lorsque ce a pour apposés des substantifs pluriels de troisième personne, tantôt les auteurs l'emploient dans l'analogie précédente en le fesant suivre d'un verbe singulier; tantôt, et cet usage est le plus fréquent, ils s'écartent de cette analogie et mettent le verbe au pluriel.

Ali se nous formons point ces indignes obstacles. chrétiens ? Sont-ce des Turcs ? Sont-ce L'hasseur parle, il suffit, ce sont-nos oracles, a des hommes ? Sont-ce des démons? d Et ce ne sont point les louanges,

Un homme inégal, ce n'est pas un Cest la verta que tu chéris. 6

seul homme, ce sont plusieurs, e Tous les discours sont des sottises, Partant d'un homme sans éclat:

Ce ne sont point les médecins qu'il Curaient pareles exquises

joue, c'est la médecine. f Si c'était un grand qui parlåt. c

Ce ne furent plus les soldats de la Sotit-ce des religieux et des prêtres république , mais de Sylla, de Marius, qui parlent de cette sorte ? Soni-ce des de Pompée, de César. g.

Quoique le singulier fat davantage dans l'analogie, le pluriel n'est pas difficile à expliquer. Ce est considéré dans ces phrases comme un substantif collectif; alors il se fait une syllepse comme dans la plupart vont, etc.

Les auteurs se sont crus si peu obligés par la règle des grammaitiens qui exigent dans cette dernière circonstance le verbe au pluriel, qu'ils fournissent un assez grand nombre de phrases où le verbe est teployé dans les deux nombres.

D'aillents ce n'est pas eur qu'il faut! Dans cent ans le monde subsistera pais, ce sont les barbares sédentaires encore en son entier. Ce sera le même fai, du fond de leurcabinet, ordonnent théatre et les mêmes décorations , ce ne dans le temps de leur digestion le mas- seront plus les mêmes acteurs. i Sacre d'un million d'hommes, et qui ensuite en font remercier Dieu solenDellement. h

. &c. Pedre.

B. R. Ode an Prince
Lagene.
illos. Amphe ,

d PASCAL. 14e. Let. pror
« LA BRUr. 11.
f Mol. Mal. imag. 3, 3.

& MONTESQ. Grand. et Decad,

des Rom. 9.
h Volt. Micromégas.
i La Butr.8.

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Ce employé substantivement devant quelques autres verbes que verbe être.

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Doux trésors! ce dit-il, chers gages, qui jamais " Figurez-vous quelle joie ce peut êtr
N'attirates sur vous l'envie et le mensonge! de relever la fortune d'une personn
Je vous reprende. Sortons de ces riches palais
Comme l'on sortirait d'un songe. a

qu'on aime. f Il lui fallait quelque simple bourgeoise ,

C'est un défaut capital qu'il faut évi Ce disait-elle. Un petit trafiquant Traiter ainsi les filles de mon rang? b

ter dans quelque sujet que ce puis Je vous ai démontré, ce me semble, qu'un homme de courage dédaigne le Il emprunta. Quand co vint à payer , duel, et que l'homme de bien l'abhorre. Et qu'à sa porte il vit le créancier,

Force lui fut d'esquiver par la fuite. k

être. 8

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Sottes de ne pas voir que le plus grand des soins Ces larmes qui coulaient de mes yeu Ce doit être celui d'éviter la famine. d

à terre, comme si e'edt été de l'ea Qu'edt-il fait? C'eût-été lion contre lion. qu'on et répandue... i

L'énumération est à-peu-près complète. C'est le verbe avoir qu se reproduit le plus souvent : c'a été, c'eût été , ç'aurait été, si ç'avai été moi, etc. Mais le grand usage de ce pris substantivement, c'e! d'être placé devant les temps personnels du verbe être.

TROISIÈME ANALOGIE.

Mais se gener pour nous mettre à la gêne : Des travers de son siècle implacable adversaire Mais s'imposer le fardeau détesté

Les signaler aux yeux du public qu'on éclaire; D'une inutile et triste fausseté,

Dun esprit généreux c'est le noble devoir , Cest être dupe encor plus qu'hypocrite. k C'est d'un beau ministère exercer le pouvoir. Est-ce donc être père? ah! toute ma raison Cède à la cruauté de cette trahison. 1

Voyager à pied , c'est voyager com Aimez donc ses écrits (d'Homère ), mais d'un

Thales, Platon, Pythagore. o amour sincere ; C'est avoir profité que de savoir s'y plaire. m

Cet emploi de ce est imité de la langue latine. Est-ce donc êr

a La F, 10, 10.
& Id. Belph.
«J. J R, Nouv. Hél.
d L F. 3, 6,
. Id. 4, 12.

Mol. L'Avare. 1, 2.
g VOLT. Sur Oth.
h Le F. Belph.
i Mad. Dx Sév. 3 mars 1671.
k Vols. Hypocrisie.

Rac. Iphog. 4,4.
m Boil. Art poet. 3.
11 Josez. Épitre d Palissot.
o J.J. R. Emil. 5.

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