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vable que ces espéces visibles se ces corpuscules lumineux ont-ils groNissent ou se diminuent

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une roideur fi inflexible , qu'ils ne Ic proportionner à chaque point de reçoivent aucune alcération de l'air vision plus proche ou plus éloigné ? le plus agité, & présentent à la Si l'on regarde cet objet avec un mi vuë les objets immobiles , en nacroscope , comment l'espéce visible 'geant d'une maniére tranquille au devient-elle tout d'un coup cinq ou milieu des vents ? fix cents fois plus grande ? Où prend. L'expérience à laquelle on a donc'ello de quoi s'accroître @ fort en né le nom de chambre obscure [c], un instant : D'ailleurs , suivant les a quelque chose de merveilleux , & ségles de la perspective , l'objet doit qui tient de l'enchantement. On fait être réellement différent pour qu'il un trou dans une muraille qui aic puisse êcre apperçu , tel qu'on veut yû ë sur un jardin , sur un marché , qu'il apparoisle : les objets ne pro ou sur un autre lieu, fort diverfiduisent donc pas des espéces qui fié par le nombre & la couleur des leur ressemblent . N'est-il pas in- objets . On met dans ce trou une comprehensible qu'un corps envoie lentille de verre : on peut se condes espéces visibles hors de soi de tenter d'un des verres d'une lunet: touts côtés , qu'il en remplisse con te : ensuite on obfcurcit la chamtinuellement de fort grands espaces bre , & on approche du trou où tout à l'entour, & avec une vitesse est le verre une grande feuille de inexprimable , sans que ce corps soit papier blanc . On voit couts les obentièrement dissipé , fans qu'il soit jets, qui font dans ce jardin ou dans même diminué fenfiblement ?

ce marché , verrir fe peindre, & le Pourquoi certains corps qui ont placer sur ce papier blanc ; & ces beaucoup d'action comme l'air , ne petits phantomes imitent touts les poussent-ils au-dehors aucone de ces mouvements qui sont dans les obimages qui leur ressemblent ? Ou jets . On voit les oiseaux voler , les pourquoi n'ont-ils pas la force de hommes marcher , les fleurs avec les pousser fort loin comme le vif- tout l'émail de leurs couleurs ; & argent? Au lieu que certains corps tout cela est fi bien repréfenté, que les plus durs & les plus refer- Ä l'on avoit le temps de desfiner ct rés , & qui ont le moins d'a&ion, qu'on apperçoit , on auroit les cocomme les diamants, poussent leurs pies d'après nature , tracées én micfpéces vifibles à une extrême disa niature par la nature même. Cepentance?

dant tours ces raïons lumineux 6 dif Le physicica viendra-t-il à bout, tincts sur le papier , fe font réuniss je ne dis pas d'expliquer , mais de coupés , croisés & traversés en concevoir comment cette infinité une infinire de maniéres en passant d'espéces visibles peut frapper l'ail, au foñer du verre , ce qui ne leur fans confondre leur grandeor , leur a point fait perdre leur couleur , ni couleur, leur diftance ? Comment la détermination du mouvement

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l'æil . Platon , pour former la vi morceau de papier allez mince pour fion , faisoit concourir ensemble l'é. être transparent, & placez cet eil mission des ražons visuels , la rencon au trou d'une fenêtre cre des images ou espéces visibles , que la prunelle soit à l'air , & que & la transparence lumineuse de l'air le derrière de l'ail soit dans la intermédiaire • Hipparque représen. chambre , qu'il faut bien fermer ; toit les yeux embrassants les objets par alors on verra toutes les couleurs Jeurs ražons visuels, comme les mains des objets qui sont hors de la chams'étendent vers les objets . Les Géo- bre, répanduës sur le fond de l'ail; métres se trouvant bien dépourvus de & ces objets paroissent peints à la leur certitude ordinaire, ont imaginé renverse : ce qui est vraisemblabledes pyramides ou des cones doubles . ment commun aux yeux de l'hom. La pyramide extérieure, qui vient de me & de touts les animaux . Cetl'objet, a la base dans la prunelle ; te expérience , en faisant connoître & des raïons de cette pyramide il s'en que l'objet extérieur qui occafionforme une seconde , opposée par la ne la sensacion de la vûë , vient base à la prémiére , & dont le som- fe peindre au fond de l'ail , conmet aboutic à un point de la rétine. firme l'opinion Péripatéticienne de Ainsi le jugement que nous faisons de la récepcion des espéccs visibles au la distance des objets est tiré par une dedans des yeux. Mais la maniére espéce de Géométrie naturelle , du dont la faculté de ce sens peut plus ou du moins d'étenduë qu'ont être exercée n'en devient pas plus les angles des raïons visuels.

intelligible. Il semble que nous aïons une preu. Quel Physicien pourroit expliquer ve sensible que la vision s'opérc en nous comment une infinité de raions & par la réception des espéces visibles de couleurs différentes, qui se croiau dedans de nos yeux , & non par fent en un point , transmettent par l'émission des raïons visuels . Fermez ce même point toutes leurs différenles yeux après avoir regardé le soleil, tes impressions sans sc confondre ? vous voiez une lumiére dont l'éclat De quelle maniére comprendre que s'efface peu à peu , prenant fuccelli. toutes les espéces de ce grand nom. vement différentes couleurs , comme bre d'objets qui sont dans le ciel & le rouge, le verd, le bleu , le vio. sur la terre , se puissent réduire à lec . N'est-ce pas une marque qui ap- un point d'où elles sont apperçuës , proche de l'évidence, que la violence puisque ces especes visibles étant des raïons solaires s'insinuant dans l'or. matérielles sont impénétrables, touts gane de la vûë avec une force qui le les Physiciens convenant que l'imbleffe , y fait des impressions , dont pénétrabilité est de l'elence de la l'effet dure long-temps après avoir matiére ? N'el-il pas contre toute même fermé le passage de la lumié- apparence de vérité , que les espére? Prenez un cil de bæuf nou ces visibles de touts les objets qui vellement cuć , dont on ait ôté les peuvent être apperçus ,

apperçus , sc renconpeaux qui sont à l'opposite de la pru- trent dans chaque point des espanelle , à l'endroit où est le nerf opti- ces immenses ; d'où l'on peut apquc : mettez à leur placc quelque . percevoir ces objets ? Ef-il conce

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485 vable que ces espéces visibles se ces corpuscules lumineux ont-ils grosilent ou se diminuent , pour une roideur si inflexible , qu'ils ne le proportionner à chaque point de reçoivent aucune altération de l'air vision plus proche ou plus éloigné ? le plus agité, & présentent à la Si l'on regarde cet objet avec un mi. vuë les objets immobiles croscopc, comment l'espéce visible 'geant d'une maniére tranquille au devient-elle tout d'un coup cing ou

milieu des vents ? fix cents fois plus grande ? Où prend. L'expérience à laquelle on a dons c'ello de quoi s'accroître îi fort en né le nom de chambre obscure [c], un instant ? D'ailleurs , suivant les a quelque chose de merveilleux , & régles de la perspective , l'objet doit qui tient de l'enchantement. On fait être réellement différent pour qu'il un trou dans une muraille qui ait puisse être apperçu , tel qu'on veut vûë sur un jardin , sur un marché qu'il apparoisse

biste : les objets ne pro- ou sur un autre lieu, fort diverfiduisent donc pas des espéces qui fié par le nombre & la couleur des leur ressemblent . N'est-il pas in- objets . On met dans ce trou une comprehensible qu'un corps envoie lentille de verre : on peut se cons des espéces visibles hors de soi de tenter d'un des verres d'une lunet: touts côtés , qu'il en remplisse con te : ensuite on obfcurcit la cham. tinuellement de fort grands espaces bre , & on approche du trou où tout à l'entour , & avec une vitesse est le verre une grande feuille de inexprimable , fans que ce corps soit papier blanc . On voit touts les obentièrement dislipé, sans qu'il soit jers, qui font dans ce jardin ou dans même diminué fenfiblement ?

ce marché, venir fe peindre , & se Pourquoi certains corps qai ont placer sur ce papier blanc ; & ces beaucoup d'action comme l'air , ne petite phantomes imitent touts les poussent-ils au-dehors aucone de ces mouvements qui sont dans les obimages qui leur ressemblent ? Oa jets. On voit les oiseaux voler , les pourquoi n'ont-ils pas la force de hommes marcher , les fleurs avec Jes pousser fort loir comme le vif tout l'émail de leurs couleurs ; & argent? Au lieu que certains corps tout cela est fi bien représenté, que les plus durs & les plus resser. l'on avoit le temps de desfiner cs rés , & qui ont le moins d'action, qu'on apperçoit , on auroit les cocomme les diamants, poussent leurs pies d'après nature , tracées én mis cspéces visibles à une extrême dis- niature par la nature même. Cepentance?

dant touts ces raïons lumineux f difLe physicica viendra-t-il à bout, tincts sur le papier , fe font réuniss je uc dis pas d'expliquer , mais de coupés , croisés & traversés en concevoir comment cette infinité une infinité de maniéres en passant d'espéces visibles peut frapper l'ail, au foier du verre ce qui ne leur fans confondre leur grandeor , leur a point faic perdre leur couleur ni couleur, leur diftance ? Comment la détermination du mouvement

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66. Phénome

ordiaajoo's du 104.

Ja vitesse du fon

selon que le cremblent sensiblement , toutes lesfois venc cst favorable qu contraire. Le qu'on bat la garde avec un cercain camson n'est pasi produit [i] par les Mis bour, & ne eremble point, quand on brations totales du corps sanore, la bat avec d'autres qui fonc plus de mais par les vibrations particuliéres bruit. de ses petites parties d'ou naîe le fré Un certain treffaillement dans l'air mificment.

fait plus d'effet que les vents impéSi deux chordes d'un même luch: tueux. Le bruit d'un caroffe semble [k] ou de deux luths différents , mais quelquefois faire trembler les murs. voisins l'un de l'autre , font à l'unif. Los piliersi dk: l'église Cachédrale de fon, on n'en sçauroic toucher l'une Reims branlent, dit-on, au fon des que

l'autre ne raisonne , ou du moins claches. ne tremble en même temps : au lieu Croirons-nous que la Physique refqu'elle ne branle point , quand on te en défaut sur l'explicacion de cer- nes extratouche une autre chorde voiline, qui tains phénoménes du fon fort excran'est point d'accord avec elle. Dire ordinaires , ou qu'ils font beaucoup comme l'ancienne Phylique , qu'il y exagérés au-delà de leurs véritables a de la sympachie cnere ces deux chor- circonstances? Onlit dans [2] S. Cle. des, c'est ne rien dire. L'explication ment d'Alexandrie, qu'il se trouve en de cetce expérience eft que les chor- Perle: trois montagnes situées au mides , qui font à l'unisson fost capa- lieu d'une grande plaine ; qu'en apbles des mêmes vibracions, de force prochant de la prémiére on entend un que l'air qui eß remué par l'une , bruio confus de combattants ; que imprime fort à propos ses mêmes le près de la seconde , ce bruit paroîc coufles à l'autre : ce qui ne sçauroit plos distinet & plus proche ; & qu'aaarriver quand deux chordes n'étant prés de la troisiéme, les-cris des compas à l'uniflon ne font pas d'accord battanos fechangent en cris de victoire ensemble , parceque l'air qui eft & d'allégresse. ébranlé par Pane , ne trouve point Olaiis Magnus [m] décrit une caFautre dispofée à suivre son mouve vernc de Finlande près de Vibourg, ment , & qu'à fon égard les secoufs dans laquelle lorfqu'on jeete un chien, fes de l'air sont comme des contre. ou quelques autre animal en vie , il temps qui ruinent Veffet les uns des en fort un bruit fi terrible & fi vicautrcs,

lenc, qu'il penwerfe par terre touts Geroe disposition d'un corps à fe ceux qui en approchent : enforte que mouvoir quand un autre ébranle fa les ennemis font quelque irruption lair, fe rencontre en plusieurs autresi dans le païs, le gouverneur fait bouexemples. Les vitres d'une mailowy eber les oreilles des habicants ; &

[•] #f. de l'Acad. des scienc. ann. 1709. P. 93. His de la même ann 1716.p. 66. moir. de la méme ann. 1716.p.262.6 264.

[l]. Physiquede Rohanlı , part. 1. ch. 26

[1] S. Clem. Alex. ftromat. lib. 6.

[m] olaž Magni hiftor. Jeprente, lib. 11. 6. 4.

par le bruit horrible qu'il excice, Syracuse il y a un bâciment creux en faisant joccer dans la caverne un fort ancien , nommé la prisan de Deanimal vivant, il renvers les en nys, conseruit de maniére que ceux nemis, & il est facile de les tuer & qu'on y enfermoit , ne pouvaient fai. de les dépouiller.

re le moindre bruit ni reprendre Pline ( * ) parle d'une autre caver. leur haleine, sans être entendas . Le pe en Dalmacie , dont il obferve un bâciment étoit en forme d'oreille , & phénoméne assez femblable. Lorlu on y avoit imité la nature . Aujourqu'on y jette quelque pierre ou au- d'hui qu'on a muré la principale entre mariére perante , il s'excite aufli. trée , fi quelqu'un fait dy bruit dans tôc des courbillons & des tempêtes, cerce cave qui va en serpentalit , 8C quoique le ciel fût caime & serein au- qui se termine en slétrécissant on paravanti

éprouve deux effets: le prémier , que Caffiodore observe que lorsqu'on la voix sera tellement grabicis qu'une parle à haute voix [], ou qu'on tous. fimple toux le fera entendre comme le sur les bords de la fontaine d'Arécku- w coup de tonnerre ; le second , que se en Calabre, les eaux murmurent de fon s'y redouble en foret , que li & bouillonnent,

deux personnes y chantantØn enSolin[p] rapporte qu'une faucaipe tend diftinctement un concert de quade Sicile étoit émuë pas le fon des tre voix C'est ce que le pére. Kirflutes', au point de se déborder. chor a éprouvé , dit-il in 1638.

Il y a un lac [g] proche de Béja & huit ans après le pére Schoc fit en Portugal , dans lequel on pêche lui-même l'épreuve du prémier' efa des poissons noirâtres . Lorsque l'air fet ; quant au second le pére. Schoc eft fort chargé d'eau , & qu'il doic observe qu'il n'entendit rien de femtomber beaucoup de pluïc , ou faire blable i, peut-être parceque la place quelque orage, il fore de ce lac (au étoic on peu changée, car il de la rapport de Robbe ) un bruic pareil au trouva pas entiérement conforme à la mugissement d'un caureau , que l'on description du pére Kircher. entend quelquefois de cinq à fix Les aqueducs de Claude [s] realieuës.

voïoient la voix , jusqu'à une distan- de exemples Le même Auteur dit qu'il y a pres et de seize milles , ou de plus de cinq fort lointai

nes du foa. du Mont d'or en Auvergne [r], un licuës. lac très profond, dans lequel fi l'on La cloche d'Erfurc [ ] en Allema. jette une pierre, elle excite des éclairs, gne s'entend , dit-on, à vingt-quacre de la grêle & du connere,

milles ou à huit lieuës à la ronde. Le pére Gaspard Schot rapporto

Le bombardement de Génes [ #] après le pérc Kircher, que près de fue entendu près de Livourne éloi .

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[n) Specus in Dalmaciæ ora, vastoin lin.c.s. præceps hiatu , in quem , dejecto levi [9] Geogr.de Robbe, liv. 7.ch. 8.p.443. pondere , quamvis tranquillo die, tur Er] La même , liv. 1. ch. 2.p. 142. bini fimilis emicat procella . Plin. lib. 2. c. [s] Théolog. Physiq. de M. Derham, 45

Part. 1. liv. 4. ch.3.p.170. [O] Caffiodor. variar, leEtion. lib. 8.c.32. [1 ] La même , part.i. liv.4.ch.3.pag.185.

[p] Et quafi miretur vocis dulcedi. [-] Théol. Physiq. de M. Darbam , pari, nein, ultra margines intumelcat . $0. I liv. 4.ch. 3. pag, 1920

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