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foute la Mésopotamie , la Palestine, la Babylonie, & l'Assyrie , so comme Selden l'a démontré dans son Livre des Dieux Syriens, & fi Cluvier dans son Introduction à la Géographie. C'est pour cela que St. Paul donne le nom de Syrie à la Phénicie. C'est pour cela que 52 Ptolomée & 53 Strabon appellent ainsi la Judée, & que se Ciceron dit de Sardanapale, qui est appellé communément Roi d'Asiyrie, que c'étoit le plus riche des Rois de Syrie, opulentiffimus Syria Rex.

En prenant le mot de Syrie dans sa signification la plus étendue, nous disons que Cybèle étoit une Divinité des Syriens. Quand nous soûtiendrions qu'elle étoit l'Astarté, dont il est si souvent fait mention dans nos Ecritures, nous ne dirions rien qui n'eût été avancé par de grands Hommes. C'est le sentiment de ss Selden, c'est celui de 56 Mr. Huet, c'est celui de

plu$IUS. DE Muis in Pl. CVI. 37. Il semble aussi que VIRGILE parle de ce culte Æneid. XI. verf, 785.

ardor
Pafcitur, e medium freti pietate per ignem

Cultores multa premimus veftigia pruna., LUDOVIC. VIV es in Auguflin. Civit. lib. VII. cap. 19. pag 362 | 49 JOSEPH Antig. lib. VIII. cap. 6. pag. 364.

:50 SELDEN. Prolegomena in Tractatum de Diis Syris pag. 1.

51 CLUVIER. Introductio ad Geogr. lib. II. cap. 20.

52 CLAUD. PTOLU NA US Geogr. lib. V. cap. 16. pag. 161.

53 STRABO lib. XVI. pag. 1086. 54 CICERO in Tusculan. V. pag. 478. de l'édition d'Elzevier 1642. tom. 7.

55 SELDEN. de Diis Syr. Syntagm. 2. cap. 2. pag. 18

56 HUET. Demonfir. Evangel. propos, 6. pag. 119.

Cui pineus

acervo

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mais il y en avoit dans le Paganisme, c'est ce que nous allons établir. Pour cela nous avançons trois propositions:

I. Cybéle étoit adorée dans la Syrie du temps de Jephté.

II. Vesta & Cybèle n'étoit qu'une même Di vinité.

III. Il y avoit dès lors des vierges , qui se vouoient au célibat, pour ne vaquer qu'au fervice de Vesta.

Je dis 1. que Cybèle étoit une des fausses 48 Divinitez,qu’on adoroit dans la Syrie du temps de Jephthé. Je prens ici le mot de Syrie dans la fignification la plus étendue, dont il est fulceptible. Il est bien restreint quelquefois à une partie de la Syrie & de la Mésopotamie : c'est dans ce dernier sens que 49 Joléphe le prend quelqucfois, &. alors Syrien & Aramécn ne font qu'une même chose. Mais il a souvent aussi un fens beaucoup plus étendu , & il designe alors

toute

48 Dans KIRCHER Oedippus Ægypriac. tom. I. fyn tagm. 4. cap. 15. pag. 334. & dans son Traité de um. bra in luce cap. 2. sect. 11. Voi. ŞELDEN. Nota in Syntag. I. pag. 266.

GEUSIUS de victim. hum. part. 2. pag. 128. I JACOB SCHUDT de vita Jephte, &c. lib. 11. pag. 30;. &c.

Voi. aussi touchant les cérémonies , qu'o dans les sacrifices faits à Moloch, Voss lib. II. cap. 5. pag. 123.,

SUIDAs au mot Mithrá tom. II. r
· AMIN' Tudelensis Itiner, pag. 214.
More Neveçkim part. 3. pag. 449. LE
Praceptum 208.
JOH.'Coch. Sanhe Irin

, cap. ; THEODOR E T. quælt 47. in 2 * MAIMON ID'ES Idől. cap. 29:30. L'édition qui eft à la fin

352. 1mi

pour cela

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Foute la Mésopotamie , la Palestine, la Babylonie, & l'Assyrie, so comme Selden l'a démontré dans son Livre des Dieux Syriens, & fi Cluvier dans son Introduction à la Géographie. C'est

que

St. Paul donne le nom de Syrie à la Phénicie. C'est pour cela que 52 Ptolomée & 53 Strabon appellent ainsi la Judée, & que s* Ciceron dit de Sardanapale, qui est appellé communément Roi d'Asiyric, que c'étoit le plus riche des Rois de Syrie, opulentiffimus Syria Rex.

En prenant le mot de Syrie dans sa signification la plus étendue, nous disons que Cybèle étoit une Divinité des Syriens. Quand nous soûtiendrions qu'elle étoit l'Astarté, dont il est si souvent fait mention dans nos Ecritures, nous ne dirions rien qui n'eût été avancé par de grands Hommes. C'est le sentiment de ss Selden, c'est celui de 56 Mr. Huet, c'est celui de

plu$IUS. DE Muis in PT. CVI.

37.

Il semble aussi que
VIRGIL. parle de ce culte Æneid. XI. verf, 785.

ardor
Pafcitur, et medium freti pietate per ignem

Cultores multa premimus vestigia pruna.,
LUDOVIC. VIVES in Auguflin. Civit. lib. VII. cap.
19. pag 362
49 JOSEPH Antiq. lib. VIII. cap. 6. pag. 364.

50 SELD EŃ. Prolegomena in Tractatum de Diis Syris pag. 1.

51 CLUVIE R. Introductio ad Geogr. lib. II. cap. 20. 52 CLAUD. PTOLOMÆUS Geogr. lib. V. cap. 16.

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Cui pineus

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acervo

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pag. 161.

53 STRABO lib. XVI. pag. 1086. 54 CICERO in Tusculan. V. pag. 478. de l'édition d'Elzevier 1642. tom. 7.

55 SELDEN. de Diis Syr. Syntagm. 2. cap. 2. pag. 18

56 HUET. Demonftr. Evangel. propos, 6. pag. 119.

plusieurs 57 Auteurs beaucoup plus anciens encore. Mais nous ne voulons tirer aucun avantage de tant de suffrages, ni de tant de raisons solides, sur lesquelles on peut les appuyer. C'est toûjours un travail dur & ingrat, que de chercher de la précision là où il n'y en a aucune, & où y en a-t-il moins que dans la Théologie des Paiens? Ils n'adoroient aucune Divinité, qui fût pour ainsi dire unique dans ton espèce. & qu'ils n'euflent multipliée en plusieurs Dieux de même nom. Il y avoit plusieurs Bacchus , plusieurs Hercules, &c. Il y avoit aussi plusieurs Aftartés : & peut-être que ceux qui ont crû que c'étoit Venus, ceux qui ont crû que c'éroit Junon, ceux qui ont cru que c'étoit Cybèle, ou quelque autre Divinité, ont été également bien fondez dans leur opinion.

Ne nous engageons pas dans cette discussion: il nous fuffit que Cybèle ait été adorée du temps de Jephthé : c'est ce dont le Traité de Lucien touchant la Déesse de Syrie nous fournit de grandes présomptions. La description, qu'il fait de cette Idole , convient parfaitement à Cybèle. Il ne parle pas du culte, que les Syriens lui rendoient, comme d'une chose nouvelle parmi eux : il le fait aller à peu près de pair, à l'égard de l'ancienneté, avec celui des Egyptiens : 58 Les Egyptiens , dit-il, font ceux de tous les peuples, que nous connoisons les plus anciens qui ayent connu les Dieux, qui leur

ayent

57 Voi. une collection d'autoritez sur ce sujet dans le auditamentum ad Jo H. SELDEN. de Dijs Syr, ad cap, Syntagma 2. pag. 285. &c. 58 LUCIAN. do Deâ Syrà pag. 657,

dyent bâti des temples. Peu de temps après les avoir connus, ils les ont fait connuitre aux Allyriens , qui leur ont offert des sacrifices, qui leur ont élevé des temples, consacré des fimulachres, & dédié des ftatues: il y a aussi en Syrie des temples, qui ne font pas de beaucoup postérieurs à ceux des Egyptiens. Parmi les temples, que cet Auteur décrit, il y en avoit un bâti par Artès , qui fut le premier qui porta les cérémonies de Rhea (ou de Cybèle ) en Syrie. Cet Atrès étoit Lydien. *9 Les Phrygiens , les Lydiens les Samothraces disoient, que c'étoit de lui qu'ils avoient appris tout ce qu'ils savoient. Après que Rhea l'etit fait Eunuque, il cessa de vivre en homme : il prit Pair & Phabit d'une femme. Il parcourut toute la Terre, en racontant ce qui lui étoit arrivé, en célébrant les louanges de Rhea. Il n'est pas possible de mécono noitre dans ces dernières paroles de Lucien' la Fable d'Atis, quoiqu'il y ait une grande diverfité de fentimens sur ce sujet, comme on le voit 6. dans les Acharques de Pausanias. Atis avoit été aimé de Cybéle, qui lui avoit recommandé la chasteté: il viola les ordres de la Déesse, qui le mit hors d'état de les violer dans la suite autrement que par la pensée. Quelques-uns disent qu'il s'infligea lui-même ce châtiment, pour avoir encouru l'indignation de Cybèle,

Mollia qui ruptâ fecuit genitalia teftà.
D'où

que lui soit venu ce supplice, il le subit: Vidimus aliquando caftratum Atin, illiin Déum ex Pellinuxte, 6 dit Tertullien : & c'eft probable

ment 60 PAUSANIAS lib. VII. pag. 566. Edition de Leipfic, 61 JUVENAL, Satyr. VI. vers. 514. 62 TERTULLIAN. Apol. cap. 15. pag. 15. Yoi. CATULL. Carm. 63. vers. 63. Voi, aufli ARNO B: pag. 159. Tom. III,

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