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(7) Les traits suivants , jusqu'à la fin du chapitre , ne , importun est celui qui choisit le moment que son conviennent nullement à ce caractère, et ne sont que des ami est accablé de ses propres affaires, pour lui fragments du Caractère 50, du Gain sordide, transportés ici mal à propos, dans les copies défectueuses et altérées parler des siennes ; qui va souper (1) chez sa maipar lesquelles les quinze premiers chapitres de cet ouvrage tresse le soir même qu'elle a la fièvre; qui, voyant nous ont été transmis

. (Voyez la note 1 du chap. xvi.) que quelqu'un vient d'être condamné en justice On trouvera une traduction plus exacle de ces traits au de payer pour un autre pour qui il s'est obligé, le chap. xxx, où ils se trouvent à leur place naturelle , et

prie néanmoins de répondre pour lui; qui comconsidérablement augmentés.

paroit pour servir de témoin dans un procés que (8) L'architecte qui avoit båti l'amphithéâtre, et à qui l'on vient de juger; qui prend le temps des noces la république donnoit le louage des places en paiement où il est invité, pour se déchaîner contre les (La Bruyère.); ou bien l'entrepreneur du spectacle. Au resto, le grec dit seulement : « Lorsque les entrepreneurs femmes; qui entraîne (2) à la promenade des « laissent entrer gratis. » La paraphrase de La Bruyère gens à peine arrivés d'un long voyage, et qui est une conjecture de Casaubon, que M. Barthélemy pa- n'aspirent qu'à se reposer : fort capable d'aroit n'avoir pas adoptée; car il dit, en citant ce passage, que les entrepreneurs donnoient quelquefois le spectacle plus qu'elle ne vaut (3), après qu'elle est ven

mener des marchands pour offrir d'une chose gratis.

due; de se lever au milieu d'une assemblée, (9) Proverbe grec, qui revient à notre « Je retiens part. » (La Bruyére.) Les mots suivants, que La Bruyère a tra- pour reprendre un fait dès ses commencements, duits par a Il fait pis, » étoient corrompus dans l'ancien et en instruire à fond ceux qui en ont les oreilles texte : dans le manuscrit du Vatican ce n'est qu'une for- rebattues, et qui le savent mieux que lui; soumule qui veut dire, « et autres traits de ce genre. » (Voyez vent empressé pour engager dans une affaire chap. xyl, note 1.)

des personnes qui, ne l'affectionnant point, (10) Le grec dit, « Avec une mesure de Phidon, etc. » n'osent pourtant refuser d'y entrer (4). S'il arPhidon étoit un roi d'Argos qui a vécu du temps d'Homère, rive que quelqu'un dans la ville doive faire un et qui est censé avoir inventé les monnoies, les poids et festin après avoir sacrifié (5), il va lui demander mesures. Voyez les notes de Duport.

une portion des viandes qu'il a préparées. Une (11) Quelque chose manque ici dans le texte. (La autre fois, s'il voit qu’un maître châlie devant Bruyére.) Le manuscrit du Vatican, qui contient ce trait lui son esclave: « J'ai perdu, dit-il, un des miens au chap. Xxx, complète la phrase que La Bruyère n'a point traduite. Il en résulte le sens suivant : « Jl abuse de la com- « dans une pareille occasion; je le fis fouetter, il « plaisance de ses amis pour se faire céder à bon marché « se désespéra, et s'alla pendre. » Enfin il n'est « des objets qu'il revend ensuite avec profit. »

propre qu'à commettre de nouveau deux per(12) Mine se doit prendre ici pour une pièce de mon- sonnes qui veulent s'accommoder, s'ils l'ont fait noie. (La Bruyère.) La mine n'étoit qu'une monnoie arbitre de leur différend (6). C'est encore une fictive : M. Barthélemy l'évalue à 90 livres tournois.

action qui lui convient fort que d'aller prendre, (13) Drachmes, petites pièces de monnoie, dont il fal- au milieu du repas, pour danser (7), un homme loit cent à Athènes pour faire une mine. (La Bruyère.) qui est de sang-froid, et qui n'a bu que modeD'après le calcul de M. Barthélemy, la drachme valoit

rément. 18 sous de France.

NOTES. (14) Athènes étoit partagée en plusieurs tribus. Voyez le chapitre de la Médisance. (La Bruyère.) Le texte dit , (1) Le mot grec signifie proprement porter une sérénade « Sa curie. » Voyez les notes 3 et 7 du caractère pré- bruyante. Voyez les notes de Duport et de Coray. cédent. La Bruyère a omis les mots : « Il demande sur le ser

(2) Théophraste suppose moins de complaisance à ces « vice commun une portion pour ses enfants. »

voyageurs, et ne les fait qu'inviter à la promenade.

(3) Le grec dit, « plus qu'on n'en a donné. » CHAPITRE XII.

(4) On rendroit mieux le sens de cette phrase en traDu contre-temps.

duisant : « Il s'empresse de prendre des soins dont on ne

« se soucie point, mais qu'on est honteux de refuser. » Cette ignorance du temps et de l'occasion est une manière d'aborder les gens, ou d'agir avec soupoient avec leurs amis, ou leur envoyoient à chacuin

(5) Les Grecs, le jour même qu'ils avoient sacrifié, ou eux, toujours incommode et embarrassante. Un / une portion de la victime. C'étoit donc un contre-temps

de demander sa part prématurément et lorsque le festin ranger son armée en bataille, quel jour il fauétoit résolu, anquel mème on pouvoit être invité. (La dra combattre, et s'il n'a point d'ordres à lui Bruyère.) Le texte grec porte : « Il vient chez ceux qui donner pour le lendemain (6) ; une autre fois « sacrifient, et qui consument la victime, pour leur de« mander un morceau ; » et le contre-temps consiste à s'approcher de son père : Ma mère, lui dit-il demander ce présent à des gens qui, au lieu d'envoyer mystérieusement, vient de se coucher, et ne des morceaux, donnent un repas. Le mot employé par commence qu'à s'endormir; s'il entre enfin dars Théophraste pour designer cette portion de la victime pa- la chambre d'un malade à qui son médecin a roit être consacré particulièrement à cet usage, et avoir mėme passé dans le latin, divina tomacula porcæ . dit défendu le vin, dire qu'on peut essayer s'il ne Juvénal, sat. x, v. 355.

lui fera point de mal, et le soutenir doucement

pour lui en faire prendre (7). S'il apprend (6) Littéralement : «S'il assiste à un arbitrage, il brouille qu'une femme soit morte dans la ville, il s'in« des parties qui veulent s'arranger. »

gère de faire son épitaphe; il y fait graver son (7) Cela ne se faisoit chez les Grecs qu'après le repas, nom, celui de son mari, de son père, de sa et lorsque les tables étoient enlevées. (La Bruyère.) Le mère, son pays, son origine, avec cet éloge : grec dit seulement : « Il est capable de provoquer à la « Ils avoient tous de la vertu (8). » S'il est quel« danse un ami qui n'a encore bu que modérément ; » et quefois obligé de jurer devant des juges qui exic'est dans cette circonstance que se trouve l'inconvenance. Cicéron dit (pro Muræna , cap. vi): Nemo ferè saltat so

gent son serment : « Ce n'est pas, dit-il en perbrius, nisi fortè insanit ; neque in solitudine , neque in

<çant la foule pour paroître à l'audience, la conrivio moderato atque honesto : tempestivi convivii , première fois que cela m'est arrivé. ) amani loci, multarum deliciarum comes est extrema saltatio. Mais en Grèce l'usage de la danse étoit plus général;

NOTES. et le poète Alexis, cité par Atbénée, liv. IV, chap. iv, dit que les Athéniens dansoient au milieu de leurs repas , dès (1) « De l’Empressement outré et affecté. » qu'ils commençoient à sentir le vin. Nous verrons, au chap. xv, qu'il étoit peu convenable de se refuser à ce di- (2) Littéralement : « Il se lève pour promettre une chose Fertissement.

« qu'il ne pourra pas tenir. »

CHAPITRE XIII.

(3) Il me semble qu'on rendroit mieux le sens de cette

phrase difficile en traduisant : « Dans une affaire dont tout De l'air empressé (1).

« le monde convient qu'elle est juste, il insiste encore sur

« un point insoutenable et sur lequel il est réfuté. » I semble que le trop grand empressement (4) Le texte porte, « de forcer son valet à mêler avec est une recherche importune, ou une vaine af- « de l'eau plus de vin qu'on n'en pourra boire. » Les fectation de marquer aux autres de la bienveil-Grecs ne buvoient, jusque vers la fin du repas , que du vin lance par ses paroles et par toute sa conduite. mêlé d'eau; les vases qui servoient à ce mélange étoient Les manières d'un homme empressé sont de toit pas bu de suite se trouvoit sans doute gåté par cette

une principale décoration de leurs festins. Le vin qui n'éprendre sur soi l'évènement d'une affaire qui préparation. est au-dessus de ses forces, et dont il ne sauroit sortir avec honneur (2); et, dans une chose que

(5) D'après une autre leçon, « de séparer des gens qui toute une assemblée juge raisonnable, et où il

a se querellent. » ne se trouve pas la moindre difficulté, d'insister

(6) Il y a dans le grec, « pour le surlendemain. » long-lemps sur une légère circonstance, pour ètre ensuite de l'avis des autres (3); de faire (7) La Bruyère a suivi la version de Casaubon; mais beaucoup plus apporter de vin dans un repas M. Coray a prouvé, par d'excellentes autorités, qu'il faut qu'on n'en peut boire (4); d'entrer dans une traduire simplement : « Dire qu'on lui en donne, pour

« essayer de le guérir par ce moyen. » querelle où il se trouve présent, d'une manière à l'échauffer davantage (5). Rien n'est aussi plus (8) Formule d'épitaphe. (La Bruyère.) Par cela même ordinaire que de le voir s'offrir à servir de guide elle n'étoit d'usage que pour les morts, et devoit déplaire dans un chemin détourné qu'il ne connoît pas, même en général comme un mauvais augure d'ètre nommé

aux vivants auxquels elle étoit appliquée. On regardoit et dont il ne peut ensuite trouver l'issue ; venir dans les épitaphes ; de là l'usage de la lettre V, initiale de vers son général, et lui demander quand il doit rivens , qu'on voit souvent sur les inscriptions sépulcrales

des Romains devant les noms des personnes qui étoient en

NOTES. core vivantes quand l'inscription sut faite. ( Visconti.)

(1) Littéralement, « Une lenteur d'esprit. » La plupart

des traits de ce caractère serojent attribués aujourd'hui à CHAPITRE XIV.

la distraction , à laquelle les anciens paroissent ne pas avoir

donné un nom particulier. De la stupidité.

(2) Le traducteur a beaucoup paraphrasé ce passage. Le La stupidité est en nous une pesanteur d'es- gee dit seulement : « 11 s'attriste, il pleure, et dit : A la

« bonne heure. » prit (1) qui accompagne nos actions et nos discours. Un homme stupide, ayant lui-même cal- (5) Les témoins étoient fort en usage chez les Grecs culé avec des jetons une certaine somme, de- dans les paiements et dans tous les actes. (La Bruyère. )

« Tout le monde sait, dit Démosthène, contra Phorm., mande à ceux qui le regardent faire à quoi elle

« qu'on va emprunter de l'argent avec peu de témoins, se monte. S'il est obligé de paroître dans un jour a mais qu’on en amène beaucoup en le rendant, afin de prescrit devant ses juges pour se défendre dans « faire connoître à un grand nombre de personnes comun procés que l'on lui fait, il l'oublie entière- « bien on met de régularité dans ses affaires. » ment et part pour la campagne. Il s'endort à

(6) Le texte grec dit : « Il force ses enfants à lutter et à un spectacle, et ne se réveille que long-temps

a courir, et leur fait contracter des maladies de fatigue, » après qu'il est fini, et que le peuple s'est retiré. Théophraste a fait un ouvrage particulier sur ces maladies, Après s'être rempli de viandes le soir, il se lève occasionées fréquemment en Grèce par l'excès des exerla nuit pour une indigestion , va dans la rue se

cices gymnastiques. Voyez le Traité de Meursius sur les soulager, où il est mordu d'un chien du voisi- ouvrages perdus de Théophraste. nage. Il cherche ce qu'on vient de lui donner,

(5) Le grec dit : « Et s'il se trouve avec eux à la camet qu'il a mis lui-même dans quelque endroit où « pagne, et qu'il leur fasse cuire des lentilles , il ousouvent il ne le peut retrouver. Lorsqu'on l'a

« blie, etc. D vertit de la mort de l'un de ses amis afin qu'il assiste à ses funérailles, il s'attriste, il pleure, La Bruyère n'en a exprimé qu'une partie en la paraphra

(6) Ce passage est évidemment altéré dans le texte , et il se désespère, et prenant une façon de parler sant. Il me semble qu'une correction plus simple que toutes pour une autre : A la bonne heure, ajoute-t-il, celles qui ont été proposées jusqu'à présent seroit de lire ou une pareille sottise (2). Cette précaution to CT povojičelv et de regarder les mots qui suivent comme

le commencement d'une glose, inséré mal-à-propos dans qu'ont les personnes sages de ne pas donner

le texte; car dans le grec il n'est dit nulle part dans ce sans témoins (3) de l'argent à leurs créanciers, chapitre ce que disent ou font les autres. D'après cette il l'a pour en recevoir de ses débiteurs. On le correction, il faudroit traduire : « Quand il pleut, il dit : voit quereller son valet dans le plus grand froid

a Ah! qu'il est agréable de connoître et d'observer les de l'hiver, pour ne lui avoir pas

« astres! » La forme du verbe grec pourroit être rendue acheté des con

littéralement en françois par le mot astronomiser. Il faut combres. S'il s'avise un jour de faire exercer ses convenir cependant que le verbe grec ne se trouve pas enfants à la lutte ou à la course, il ne leur per- plus dans les dictionnaires que le verbe françois, et que la met pas de se retirer qu'ils ne soient tout en forme ordinaire du premier est un peu différente; mais en sueur et hors d'haleine (4). Il va cueillir lui- grec ces fréquentatifs sont très communs, et quelques ma

nuscrits donnent une leçon qui s'approche beaucoup de même des lentilles (5), les fait cuire, et, ou

celte correction. Le glossateur a ajouté, « Lorsque d'aubliant qu'il y a mis du sel, il les sale une seconde « tres disent que le ciel est noir comme de la poir. ) fois, de sorte que personne n'en peut goûter. Dans le temps d'une pluie incommode, et dont (7) Pour être enterrés hors de la ville, suivant la loi de tout le monde se plaint , il lui échappera de dire Solon. La Bruyère.) Du temps de Theophraste , les morts

étoient indifféremment enterrés ou brûlés, et ces deux que

l'eau du ciel est une chose délicieuse (6) ; et cérémonies se faisoient dans les champs céramiques; mais si on lui demande par hasard combien il a vu ce n'étoit pas par la porte Sacrée, ainsi nommée parceemporter de morts par la porte Sacrée (7): Au- qu'elle conduisoit à Eleusis , qu'on se rendoit à ces champs.

Il me paroît donc qu'il faut adopter la correction Erias, tant, répond-il, pensant peut-être à de l'ar

porte des tombeaux. M. Barbié du Bocage croit que ce gent ou à des grains, que je voudrois que vous n'étoit pas une porte particulière qu'on appeloit ainsi , et moi en pussions avoir.

mais que ce nom étoit donné quelquefois à la porte Dips

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lon, qu'il a placée en cet endroit sur son plan d'Athènes

NOTES. dans le Voyage du jeune Anacharsis ; et les recherches aussi savantes qu'étendues qu'il a faites depuis sur ce plan (1) Plusieurs critiques ont prouvé qu'il faut traduire ce n'ont fait que confirmer cette opinion. Peut-être aussi passage : « S'il met un objet en vente, il ne dira point aux cette porte étoit-elle double, ainsi que son nom l'indique, « acheteurs ce qu'il en voudroit avoir, mais il leur demanet l'une des sorties étoit-elle appelée Érie , et particulière- « dera ce qu'il en pourra trouver. » ment destinée aux funérailles.

(2) La Bruyère a paraphrasé ce passage obscur et mu

tilé d'après les idées de Casaubon: selon d'autres critiques, CHAPITRE XV.

il est question d'un présent ou d'une invitation qu'on fait

au brutal, ou bien d'une portion de victime qu'on lui enDe la brutalité.

voie (voyez chap. xii, note 5; et chap. xvii, note 2); et sa réponse est : « Je ne reçois pas de présents, » ou : « Je

« ne voudrois pas mème goûter ce qu'on me donne. » La brutalité est une certaine dureté, et j'ose dire une férocité qui se rencontre dans nos ma- (5) « Qui fait une collecte. » ( Voyez chap. 1, nolc 3.) nières d'agir, et qui passe même jusqu'à nos

(4) Ces mots ne sont point dans le texte. paroles. Si vous demandez à un homme brutal : Qu'est devenu un tel? il vous répond durement :

(5) Les Grecs récitoient à table quelques beaux endroits Ne me rompez point la tête. Si vous le saluez, de leurs poëtes, et dansoient ensemble après le repas. il ne vous fait pas l'honneur de vous rendre le Voyez le chapitre du Contre-Temps. (La Bruyère.) (Chasalut : si quelquefois il met en vente une chose pitre xii, note 7.) qui lui appartient, il est inutile de lui en deman

(6) Le grec dit simplement : « Il est capable aussi de ne der le prix, il ne vous écoute pas; mais il dit

« point prier les dieux. » fièrement à celui qui la marchande : Qu'y trouvez-vous à dire (1)? Il se moque de la piété de

CHAPITRE XVI (1). ceux qui envoient leurs offrandes dans les temples aux jours d'une grande célébrité : Si leurs

De la superstition. prières, dit-il, vont jusqu'aux dieux, et s'ils en obtiennent les biens qu'ils souhaitent , l'on peut La superstition semble n'être autre chose dire qu'ils les ont bien payés, et qu'ils ne leur qu'une crainte mal réglée de la Divinité. Un sont pas donnés pour rien (2). Il est inexorable homme superstitieux , après avoir lavé ses à celui qui, sans dessein , l'aura poussé légère- mains (2), s'ètre purifié avec de l'eau lustrale (5), ment, ou lui aura marché sur le pied; c'est une sort du temple, et se promène une grande partie faute qu'il ne pardonne pas. La première chose du jour avec une feuille de laurier dans sa bouche. qu'il dit à un ami qui lui emprunte quelque ar- S'il voit une belette, il s'arrèle tout court; et il gent (5), c'est qu'il ne lui en prêtera point : il ne continue pas de marcher que quelqu'un n’ait va le trouver ensuite, et le lui donne de mau- passé avant lui par le même endroit que cet anivaise grace, ajoutant qu'il le compte perdu. Il mal a traversé, ou qu'il n'ait jeté lui-même trois ne lui arrive jamais de se heurter à une pierre petites pierres dans le chemin, comme pour qu'il rencontre en son chemin, sans lui donner éloigner de lui ce mauvais présage. En quelque de grandes malédictions. Il ne daigne pas atten- endroit de sa maison qu'il ait aperçu un serpent, dre personne; et, si l'on diffère un moment à il ne diffère pas d'y élever un autel (4); et, dès se rendre au lieu dont l'on est convenu avec lui, qu'il remarque dans les carrefours de ces pieril se retire. Il se distingue toujours par une res que la dévotion du peuple y a consacrées (5), grande singularité (4); ne veut ni chanter à son il s'en approche, verse dessus toute l'huile de tour, ni réciter (5) dans un repas, ni même dan- sa fiole, plie les genoux devant elles, et les ser avec les autres. En un mot, on ne le voit adore. Si un rat lui a rongé un sac de farine, guère dans les temples importuner les dieux, et il court au devin, qui ne manque pas de lui enleur faire des veux ou des sacrifices (6). joindre d'y faire mettre une pièce; mais bien

loin d'être satisfait de sa réponse, effrayé d'une aventure si extraordinaire, il n'ose plus se servir de son sac et s'en défait (6). Son foible en- critique des auteurs anciens savent que ce n'est qu'à force core est de purifier sans fin la maison qu'il ha- d'en comparer les différentes copies qu'on parvient à leur bite (7), d'éviter de s'asseoir sur un tombeau, rendre jusqu'à un certain point leur perfection primitive. comme d'assister à des funérailles, ou d'entrer

(2) D'après une correction ingénieuse de M. Siebenkees, dans la chambre d'une femme qui est en cou- | le manuscrit du Vatican ajoute : « Dans une source. » Cette che (8); et lorsqu'il lui arrive d'avoir, pendant ablution étoit le symbole d'une purification morale; le lauson sommeil, quelque vision, il va trouver les rier dont il est question dans la suite de la phrase passoit

pour écarter tous les malheurs de celui qui portoit sur soi interprètes des songes, les devins et les augu- quelque partie de cet arbuste. (Voyez les notes de Duport, res, pour savoir d'eux à quel dieu ou à quelle et, sur ce caractère en général, le chap. xxı d'Anacharsis.) déesse il doit sacrifier (9). Il est fort exact à vi- J'ai parlé, dans la note 14 du Discours sur Théophraste, siter, sur la fin de chaque mois, les prêtres des opinions religieuses de ce philosophe, et d'un livre

écrit sur le présent chapitre en particulier. Il me paroit d'Orphée, pour se faire initier dans ses mystè

que la religion des Athéniens avoit été surchargée de beaures (10): il y mène sa femme; ou, si elle s'en coup de superstitions nouvelles depuis la décadence des excuse par d'autres soins, il y fait conduire républiques de la Grèce, et sur-tout du temps de Philippe ses enfants par une nourrice (11). Lorsqu'il et d'Alexandre. Voyez chapitre sxv, note 3. marche par la ville, il ne manque guère de se

(3) Une eau où l'on avoit éteint un tison ardent pris sur laver toute la tête avec l'eau des fontaines qui l'autel où l'on brûloit la victime : elle étoit dans une chausont dans les places : quelquefois il a recours à dière à la porte du temple ; l'on s'en lavoit soi-même, ou des prêtresses, qui le purifient d'une autre ma- l'on s'en faisoit laver par les prêtres. (La Bruyère.) 11 falnière, en liant et étendant autour de son corps olivæ, dit Virgile, Æneid., lib. VI, v. 229; et, au lieu

loit dire, asperger. Spargens rore levi et ramo felicis un petit chien, ou de la squille (12). Enfin, s'il d'ajouter « sort du temple, » il falloit traduire simplement, voit un homme frappé d'épilepsie (13), saisi

« Après s'être aspergé d'eau sacrée, etc. » d'horreur, il crache dans son propre sein, comme pour rejeter le malheur de cette rencontre. (4) Le manuscrit du Vatican porte: a Voit-il un serpent

« dans sa maison; si c'est un pareias, il invoque Bacchus; NOTES.

a si c'est un serpent sacré, il lui fait un sacrifice, » OU

bien « il lui båtit une chapelle. » Voyez sur cette variante (1) Ce chapitre est le premier dans lequel on trouvera la savante note de Schneider, comparée avec le passage des additions prises dans les manuscrits de la Bibliothèque de Platon cilé par Duport, où ce philosophe dit que les Palatine du Vatican, qui contient une copie plus complète superstitieux remplissent toutes les maisons et tous les que les autres des quinze derniers chapitres de cet ouvrage. quartiers d'autels et de chapelles. L'espèce de serpent apM. Siebenkees, sur les manuscrits duquel on a publié cette pel pareias , à cause de ses mâchoires très gros es, étoit copie, doutoit de l'authenticité de ces morceaux nouveaux ; consacrée à Bacchus : on portoit de ces animaux dans les mais ses doutes sont sans fondement, et il paroit ne les processions failes en l'honneur de ce dieu , et l'on voit avoir conçus que par la difficulté d'expliquer l'origine de dans Demosthène, pro Corona, page 313, édit. de Reiske, cette différence entre les manuscrits. M. Schneider a levé que les superstitieux les élevoient par-dessus la tèle en cette difficulté, et a démontré toute l'importance de ces poussant des cris bachiques. L'espèce appelée sacrée étoit, additions, lesquelles nous donnent non seulement des lu- selon Aristote, longue d'une coudée, venimeuse et velue; mières nouvelles sur plusieurs points importants des meurs mais peut-être ce mot, qui a empèché les na uralistes de anciennes, mais dont la plupart complètent et expliquent la reconnoître, est-il altéré. Aristole ajoute que les espèces des passages inintelligibles sans ce secours. Ce savant a les plus grandes fuyoient devant celle-ci. observé qu'elles prouvent que nous ne possédions auparavant que des extraits très imparfaits de cet ouvrage. Cette (5) Le grec dit « des pierres ointes; » c'étoit la manière hypothèse explique les transpositions, les obscurités et les de les consacrer, usitée mème parmi les patriarches. Voyez phrases tronquées qui y sont si fréquentes; et celles qui se Genèse , 28. trouvent même dans le manuscrit palatin font soupçonner qu'il n'est lui-même qu'un extrait plus complet. Cette opi- (6) D'après une ingénieuse correction d'Étienne Bernion est en outre confirmée, pour ce manuscrit comme nard, rapportée par Schneider : « Il rend le sac en espour les autres, par une formule usitée spécialement par < piant ce mauvais présage par un sacrifice. » Cicéron dit, les abréviateurs, qui se trouve au chapitre xi et au chapi- de Dir., liv. II, chap. XXVII : Nos autem ita leres atque tre xix. (Voyez la note 9 du premier et la note 2 du se- inconsiderati sumus, ut si mures corroserint aliquid , cond de ces chapitres.) Cependant les difficultés qui se quorum est opus hoc unum , monstrum putemus. rencontrent, particulièrement dans les addilions, viennent sur-tout de ce qu'elles ne nous sont transmises que par une (7) Le manuscrit du Vatican ajoute, « En disant qu'Hé seule copie. Tous ceux qui se sont occupés de l'examen a cate y a exercé une influence maligne; » et continue,

(

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