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sanias nous apprend, liv. I, chap. II, que dans le temple se réduire à un ton de voix modéré; ne se pas de Cérès à Athènes il y avoit une statue de Bacchus por- fier à leurs amis sur les moindres affaires, pentant une torche ; et l'on voit souvent des torches représ dant qu'ils s'en entretiennent avec leurs domessentées dans les bas-reliefs ou autres monuments anciens qui retracent des cérémonies religieuses. (Voyez le Musée liques, jusqu'à rendre compte à leurs moindres du Capitole, tome IV, planc. 57, et le Musée Pio Clem., valets (2) de ce qui aura été dit dans une astome V, planche 80.) Dans les grandes Dionysiaques d'A- semblée publique. On les voit assis, leur robe thènes, on en plaçoit sur les toits ; et, dans les Saturnales relevée jusqu'aux genoux et d'une manière inde Rome, on en érigeoit devant les maisons : il en étoit peut-être de même dans les mystères de Cérès ; car les décente. Il ne leur arrive pas en toute leur vie mots devant l'autel ne sont point dans le texte.

de rien admirer, ni de paroître surpris des

choses les plus extraordinaires que l'on rencon(5) L'Odéon. Il avoit été bâti par Périclės, sur le mo tre sur les chemins (3); mais si c'est un bauf, dèle de la tente de Xerxès : son comble, terminé en pointe, étoit fait des antennes et des mâts enlevés aux vaisseaux

un âne ou un vieux bouc, alors ils s'arrêtent des Perses : il fut brûlé au siége d'Athènes par Sylla. et ne se lassent point de les contempler. Si quel

quefois ils entrent dans leur cuisine, ils man(6) Fête de Cérès. Voyez ci-dessus. (La Bruyère.)

gent avidement tout ce qu'ils y trouvent, boivent (7) En françois, la fête des Tromperies : son origine tout d'une haleine une grande tasse de vin pur; ne fait rien aux mæurs de ce chapitre. (La Bruyére.) Elle ils se cachent pour cela de leurs servantes, fut instituée et prit le nom que La Bruyère vient d'expli- qui d'ailleurs ils vont au moulin, et entrent dans quer, parceque, dans le combat singulier que Mélanthus les plus petits détails du domestique (4). Ils livra, au nom des Athéniens, à Xanthus, chef des Béotiens , Bacchus vint au secours du premier en trompant donner une poignée d'herbes aux bêtes de char

interrompent leur souper, et se lèvent pour Xanthus. On trouvera quelques détails sur les usages de cette fête dans le chap. xxvi d'Anacharsis.

rue (5) qu'ils ont dans leurs étables. Heurte

t-on à leur porte pendant qu'ils dînent, ils sont (8) 1 auroit mieux valu traduire, « Et les Bacchanales attentifs et curieux. Vous remarquez toujours « de la campagne dans le mois de décembre. » (Voyez ci-dessus, note 3.) Elles se célébroient près d'un temple proche de leur table un gros chien de cour appelé Lenown, ou le temple du pressoir.

qu'ils appellent à eux, qu'ils empoignent par la On peut consulter, sur les fêtes d'Athènes en général, gueule, en disant (6): Voilà celui qui garde la et sur les mois dans lesquels elles étoient célébrées , la place, qui prend soin de la maison et de ceux deuxième table ajoutée à l'ouvrage de l'abbé Barthélemy qui sont dedans. Ces gens, épineux dans les par son savant et modeste ami M. de Sainte-Croix, qui a éclairci l'histoire et les usages de la Grèce par tant de re- paiements qu'on leur fait, rebutent un grand cherches profondes et utiles.

nombre de pièces qu'ils croient légères, ou qui

ne brillent pas assez à leurs yeux, et qu'on est Littéralement : « Il faut se débarrasser de telles gens, obligé de leur changer. Ils sont occupés pendant « et les fuir à toutes jambes. » Aristote dit un jour à un tel causeur : « Ce qui m'étonne, c'est qu'on ait des oreilles la nuit d'une charrue, d'un sac, d'une faux, « pour t'entendre, quand on a des jambes pour t'é- d'une corbeille, et ils rêvent à qui ils ont prêté < chapper, D.

ees ustensiles. Et lorsqu'ils marchent par la

ville : Combien vaut, demandent-ils aux preCHAPITRE IV.

miers qu'ils rencontrent, le poisson sale? Les De la rusticité.

fourrures se vendent-elles bien (7)? N'est-ce

pas aujourd'hui que les jeux nous ramènent une Il semble que la rusticité n'est autre chose nouvelle lune (8)? D'autres fois, ne sachant qu'une ignorance grossière des bienséances. que dire, ils vous apprennent qu'ils vont se L'on voit en effet des gens rustiques et sans faire raser, et qu'ils ne sortent que pour cela (9). réflexion sortir un jour de médecine (1), et se Ce sont ces mêmes personnes que l'on entend trouver en cet état dans un lieu public parmi le chanter dans le bain , qui mettent des clous à monde; ne pas faire la différence de l'odeur leurs souliers, et qui, se trouvant tout portés forte du thym ou de la marjolaine d'avec les devant la boutique d'Archias (10), achètent parfums les plus délicieux ; être chaussés large eux-mêmes des viandes salées et les rapportent et grossièrement; parler haut, et ne pouvoir / à la main en pleine rue.

:

:

mesure.

chose dont il doit être sûr avant de se mettre en route, et NOTES.

sur-tout dans ce qui suit. (1) Le texte grec nomme une certaine drogue qui rendoit l'haleine fort mauvaise le jour qu'on l'avoit prise.

(9) Au lieu de, « D'autres fois, etc., o le texte porte, (La Bruyère.) La traduction est plus juste que la note.

« Et il dit sur-le-champ qu'il va en ville pour se faire ra(Voyez la note de M. Coray sur ce passage.)

« ser. » Il ne fait donc cette toilette que le premier jour

de chaque mois, en se rendant au marché. Il y a un trait (2) Le grec dit : « Aux journaliers qui travaillent dans semblable dans les Acharnéens d'Aristophane, v. 998; et « leur champ. »

Suidas le cite et l'explique en parlant de la néoménie. Du

temps de Théophraste, les Athéniens élégants paroissent (3) Il paroît qu'il y a ici une transposition dans le grec, avoir porté les cheveux et la barbe d'une longueur moyenet qu'il faut traduire : « Ni de paroitre surpris des choses ne, qui devoit être toujours la même, et on les faisoit par « les plus extraordinaires; mais s'ils rencontrent dans leur conséquent couper très souvent. (Voyez chap. xsvi, note 6; a chemin un bouf, etc. »

et le chap. v, ci-après.) C'étoit donc une rusticité de laisser

croître les cheveux et la barbe pendant un mois : et cette (4) Le grec dit seulement : « A laquelle ils aident à malpropreté suppose de plus le ridicule , reproché dans le « moudre les provisions pour leurs gens et pour eux-mê, chap. x à l'avare, de se faire raser ensuite jusqu'à la peau, « mes. » L'expression de La Bruyère, « Ils vont au mou afin que les cheveux ne dépassent pas de sitôt la juste « lin, » est un anachronisme. Du temps de Théophraste, on n'avoit pas encore des moulins communs; mais on faisoit broyer ou moudre le blé que l'on consommoit dans (10) Fameux marchand de chairs salées, nourriture chaque maison, par un esclave, au moyen d'un pilon ou ordinaire du peuple. (La Bruyère.) Il falloit dire, de poisd'une espèce de moulin à bras. (Voyez Pollux, livre I, son sale. segm. 78, et liv. VII, segm. 180.) Les moulins à eau n'ont été inventés que du temps d'Auguste, et l'usage du

CHAPITRE V. pilon étoit encore assez général du temps de Pline.

Du complaisant, ou de l'envie de plaire. (5) Des bæufs. (La Bruyère.) Le grec dit en général, des bêtes de trait.

Pour faire une définition un peu exacte de (6) Au lieu de, « Heurte-t-on, etc., » le grec dit simple- cette affectation que quelques uns ont de plaire ment : « Si quelqu'un frappe à sa porte , il répond lui- à tout le monde, il faut dire que c'est une ma« même, appelle son chien , et lui prend la gueule, en nière de vivre où l'on cherche beaucoup moins « disant : Voilà , etc. »

ce qui est vertueux et honnête, que ce qui est (7) Le grec porte : « Lorsqu'il se rend en ville , il de- agréable (1). Celui qui a cette passion, d'aussi « mande au premier qu'il rencontre : Combien vaut le loin qu'il aperçoit un homme dans la place, le « poisson salé? et quel est le prix des habits de peaux ? » salue, en s'écriant : Voilà ce qu'on appelle un Ces habits étoient le vetement ordinaire des påtres, et homme de bien ; l'aborde, l'admire sur les peut-être des pauvres et des campagnards en général. moindres choses, le retient avec ses deux mains, (8) Cela est dit rustiquement; un autre diroit que la nou

de peur qu'il ne lui échappe; et après avoir fait velle lune ramène les jeux ; et d'ailleurs c'est comme si, le quelques pas avec lui, il lui demande avec emjour de Pâques , quelqu'un disoit : N'est-ce pas aujourd'hui pressement quel jour on pourra le voir, et enfin Påques ? (La Bruyère.) Quoique la version adoptée par

ne s'en sépare qu'en lui donnant mille éloges. La Bruyère soit celle de Casaubon, j'observerai que le Si quelqu'un le choisit pour arbitre dans un mot la néoménie , que ce savant critique traduit par nouvelle lune , n'est que le simple nom du premier jour procès, il ne doit pas attendre de lui qu'il lui du mois , où il y avoit un grand marché à Athènes, et où soit plus favorable qu’à son adversaire (2): l'on payoit les intérêts de l'argent. (Voyez Aristoph., comme il veut plaire à tous deux, il les ménaVesp., 171, et Schol. et Nub., acte IV, scène m.) Il ne s'agit pas non plus de jeux, puisqu'il n'y en avoit pas tous gera également. C'est dans cette vue que, pour les premiers du mois. Selon plusieurs gloses anciennes se concilier tous les étrangers qui sont dans la rapportées par Henri Estienne, le même mot a aussi toutes ville, il leur dit quelquefois qu'il leur trouve les significations du mot latin forum. Cette phrase peut plus de raison et d'équité que dans ses concidonc être traduite ainsi : « Le forum célèbre-t-il aujour-toyens. S'il est prié d'un repas, il demande en a d'hui la néoménie ? » c'est-à-dire : « Est-ce aujourd'hui entrant à celui qui l'a convié où sont ses enfants; « le premier du mois et le jour du marché? » Le ridicule n'est pas dans l'expression, mais en partie dans ce que le et, dès qu'ils paroissent, il se récrie sur la campagnard demande à un homme qu'il rencontre une ressemblance qu'ils ont avec leur père, et que

deux figues ne se 'ressemblent pas mieux : il le simple plaisir de louer, et ne demande que d'être agréales fait approcher de lui, il les baise; et les ble à ceux avec lesquels il vit. Caractère auquel on ne peut ayant fait asseoir à ses deux côtés, il badine faire d'autre reproche que ce que Théophraste a dit quel

que part des honneurs et des places, qu'il ne faut point avec eux : A qui est, dit-il, la petite bouteille ? les briguer par un commerce agréable, mais par une à qui est la jolie cognée (3)? Il les prend ensuite conduite vertueuse. Il en est de même de la véritable sur lui et les laisse dormir sur son estomac,

amitié. quoiqu'il en soit incommodé. Celui enfin qui chapitre appartenoit à un autre caractère; mais il ne s'y

Quelques critiques ont cru que la seconde moitié de ce veut plaire se fait raser souvent, a un fort grand trouve aucun trait qui ne convienne parfaitement à un soin de ses dents, change tous les jours d'ha- homme qui veut plaire à tout le monde, en tout et parbils et les quitte presque tout neufs : il ne sort tout : autre définition de l'envie de plaire, selon Aristote. point en public qu'il ne soit parfumé (4). On ne le voit guère dans les salles publiques qu'au- arbitre : ceux-ci s'adjoignoient un arbitre commun : le

(2) Chaque partie étoit représentée ou assistée par un près des comptoirs des banquiers (5); et, dans complaisant, étant au nombre des premiers, se conduit les écoles, qu'aux endroits seulement où s'exer comme s'il étoit l'arbitre commun. (Voyez Dém. c. Necr., cent les jeunes gens (6); ainsi qu'au théâtre, édit. R., tom. II, pag. 1560, et Anach., chap. XV.) les jours de spectacle, que dans les meilleures

(3) Petits jouets que les Grecs pendoient au cou de leurs places et tout proche des préteurs (7). Ces gens enfants. (La Bruyère.) M. Visconti a expliqué, dans le encore n’achètent jamais rien pour eux; mais volume III de son Museo Pio Clementino , planche 22, ilsenvoient à Byzance toute sorte de bijoux pré- une statue antique d'un petit enfant qui porte une écharpe cieux, des chiens de Sparte à Cyzique (8), et

toute composée de jouets de ce genre, qui paroissent être

en partie symboliques. La bache s'y trouve très distincteà Rhodes l'excellent miel du mont Hymette; et ment, et l'éditeur croit qu'elle est relative au culte des ils prennent soin que

toute la ville soit informée Cabires. Le même savant pense que l'outre dont il est qu'ils font ces emplettes. Leur maison est tou- question ici peut être un symbole bachique. Cependant, jours remplie de mille choses curieuses qui font

comme le grec dit seulement, il joue avec eux, en disant

outre , hache , il est possible aussi que ce fussent des mots plaisir à voir, ou que l'on peut donner, comme

usités dans quelque jeu, dont cependant je ne trouve audes singes et des satyres (9) qu'ils savent nour cune trace dans les savants traités sur cette matière rasrir, des pigeons de Sicile, des dés qu'ils font semblés dans le septième volume du Trésor de Gronovius. faire d'os de chèvre (10), des fioles pour des parfums (11), des cannes torses que l'on fait à

(4) Le grec porte : « Il s'oint avec des parfums pré

« cieux. » Il paroit qu'on ne se servoit ordinairement que Sparte, et des tapis de Perse à personnages. Ils d'huile pure, ou plus légèrement parfumée que l'espèce ont chez eux jusqu'à un jeu de paume et une dont il est question ici. Cette opération avoit lieu sur-tout arène propre

à s'exercer à la lutte (12); et s'ils au sortir du bain, dont les anciens faisoient, comme on se promènent par la ville, et qu'ils rencontrent sait, un usage extrêmement fréquent; elle consistoit à se

faire frotter tout le corps avec ces matières grasses, en leur chemin des philosophes, des sophis-servoit, selon l'expression du scoliaste d'Aristophane,

et les (13), des escrimeurs ou des musiciens, ils Plut., 616, à fermer à l'entrée de l'air les pores ouverts leur offrent leur maison (14) pour s'y exercer par la chaleur. chacun dans son art indifféremment : ils se trou

(5) C'étoit l'endroit où s'assembloient les plus honnêtes vent présents à ces exercices; et se mélant avec

gens de la ville. (La Bruyère.) Le grec porte : « Dans la ceux qui viennent là pour regarder: A qui croyez- & place publique , etc. » Les Athéniens faisoient faire presvous qu'appartiennent une si belle maison et que toutes leurs affaires par leurs banquiers. (Voyez Saucette arène si commode ? Vous voyez, ajoutent- maise, de Usuris , et Boettiger, dans le Mercure allemand ils en leur montrant quelque homme puissant du mois de janvier 1802.) de la ville, celui qui en est le maître, et qui en (6) Pour être connu d'eux et en être regardé, ainsi que peut disposer (15).

de tous ceux qui s'y trouvoient. (La Bruyère.) Théophraste

parle des gymnases, qui étoient de vastes édifices entourés NOTES.

de jardins et de bois sacrés, et dont la première cour étoit

entourée de portiques et de salles garnies de siéges où les (1) D'après Aristote, le complaisant se distingue du flat- philosophes, les rhéteurs et les sophistes rassembloient teur en ce que le premier a un but intéressé, tandis que leurs disciples. Il paroit que tous les gens bien élevés ne le second vit entièrement pour les autres, loue tout pour cessoient de fréquenter ces établissements , dont les plus

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importants étoient l'Académie, le Lycée et le Cynosarge. (Voyez chap. vil du Voyage du jeune Anacharsis.)

CHAPITRE VI.

(7) Le texte grec dit : « Des stratéges, » ou généraux.

De l'image d'un coquin (1). C'étoient dix magistrats, dont l'un devoit commander les armées en temps de guerre ; mais il paroit que deja , du Un coquin est celui à qui les choses les plus temps de Demosthène, ils n'avoient presque plus d'autres honteuses ne coûtent rien à dire ou à faire, qui fonctions que de représenter dans les cérémonies publiques. (Voyez l'ouvrage que je viens de citer, chap. x.)

jure volontiers et fait des serments en justice

autant qu'on lui en demande : qui est perdu de (8) D'après Aristote, cette race des meilleurs chiens de réputation ; que l'on outrage impunément, qui chasse de la Grèce provenoit de l'accouplement de cet est un chicaneur (2) de profession, un effronté, animal et du renard. Byzance, devenue depuis Constantinople, étoit déja une ville importante du temps de Théo

et qui se mêle de toutes sortes d'affaires. Un phraste. Cyzique étoit un port de la Mysie, sur la Pro homme de ce caractère entre sans masque dans pontide.

une danse comique (3), et même sans être ivre;

mais de sang-froid il se distingue dans la danse (9) Une espèce de singes. (La Bruyère.) Des singes a la plus obscène (4) par les postures les plus incourte queue , disent les scoliastes de ce passage.

décentes : c'est lui qui, dans ces lieux où l'on (10) Vraisemblablement d'os de gazelles de Libye, comme voit des prestiges (5), s'ingère de recueillir l'arceux dont parle Lucien. ( In amorib., lib. I.) Des des d'os gent de chacun des spectateurs, et qui fait quede chèvre ne vaudroient pas la peine d'être cités.

relle à ceux qui , étant entrés par billets, croient (11) Littéralement: « Des flacons bombés de Thurium,»

ne devoir rien payer (6). Il est d'ailleurs de tous ou d'après une autre leçon, « de Tyr, » ou plutôt a de métiers; tantôt il tient une taverne, tantôt il est « sable tyrien, » c'est-à-dire de verre, pour la fabrication suppôt de quelque lieu infame, une autre fois duquel on se servoit alors de ce sable exclusivement, ce partisan (7): il n'y a point de si sale commerce qui donnoit une très grande valeur à cette matière. On ne connoit aucune fabrique célèbre de vases dans les diffé

où il ne soit capable d'entrer. Vous le verrez rentes villes qui portèrent le nom de Thurium. Ce ne fut aujourd'hui crieur public, demain cuisinier ou que du temps des Romains que les ustensiles de verre ces- brelandier (8) : tout lui est propre. S'il a une sèrent d'être chers, et qu'on put les avoir à un prix très mère, il la laisse mourir de faim (9): il est sujet bas. (Voyez Strab., liv. XVI, suivant la correction cer

au larcin, et à se voir traîner par la ville dans taine de Casaubon. Cette note m'a été communiquée par M. Visconti.)

une prison, sa demeure ordinaire, et où il passe

une partie de sa vie. Ce sont ces sortes de (12) Le grec dit : « Ils ont chez eux une petite cour en que l'on voit se faire entourer du peuple, appe« forme de palestre, renfermant une arène et un jeu de ler ceux qui passent , et se plaindre à eux avec « paume. » Les palestres étoient en petit ce que les gym

une voix forte et enrouée , insulter ceux qui les nases étoient en grand.

contredisent. Les uns fendent la presse pour (13) Une sorte de philosophes vains et intéressés. (La les voir, pendant que les autres, contents de Bruyère.) A la fois philosophes et rheteurs, ils instruisoient les avoir vus, se dégagent et poursuivent leur les jeunes gens par leurs leçons chèrement payées, et amu-chemin sans vouloir les écouter; mais ces efsoient le public par des déclamations et des dissertations frontés continuent de parler : ils disent à celuisolennelles.

ci le commencement d'un fait, quelque mot à (14) Leur palestre.

cet autre; à peine peut-on tirer d'eux la moin

dre partie de ce dont il s'agit (10); et vous re(15) Chaque interprète a sa conjecture particulière sur ce passage altéré ou elliptique. Je propose de mettre sim

marquerez qu'ils choisissent pour cela des jours plement le dernier pronom au pluriel, et de traduire, au

d'assemblée publique, où il y a un grand conHeu de « ils se trouvent présents, etc., a ensuite dans les cours de monde, qui se trouve le témoin de « représentations ils disent à leur voisin, en parlant des leur insolence. Toujours accablés de procès que a spectateurs , la palestre est à eux. » De cette manière, l'on intente contre eux, ou qu'ils ont intentés à ce trait rentre entièrement dans le caractère du complai- d'autres , de ceux dont ils se délivrent par de sant, tel qu'il est défini par Aristote.

faux serments, comme de ceux qui les obligent de comparoître, ils n'oublient jamais de porter

gens

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con

leur boîte (11) dans leur sein , et une liasse de et dont, par conséquent, sans la précaution de distribuer papiers entre leurs mains ; vous les voyez do- des billets à ceux qui ont payé, et d'employer quelqu'un à miner parmi les vils praticiens (12), à qui ils quereller ceux qui n'en ont pas , tout le monde peut jouir.

Cette observation, qui n'avoit pas encore été faite, prêtent à usure, retirant chaque jour une obole tredit l'induction que le savant auteur du Voyage du jeune et demie de chaque drachme (13); ensuite fré- Anacharsis a tirée de ce passage dans le chapitre Lux de quenter les tavernes, parcourir les lieux où l'on cet ouvrage. débite le poisson frais ou salé, et consumer

(7) La Bruyère désigne ordinairement par ce mot les ainsi en bonne chère tout le profit qu'ils tirent riches financiers; ici il n'est question que d'un simple comde cette espèce de trafic. En un mot, ils sont mis au port, ou de quelque autre employé subalterne de querelleurs et difficiles , ont sans cesse la bou- la ferme d'Athènes. che ouverte à la calomnie, ont une voix étour

(8) Joueur de dés. Aristote donne une raison assez dédissante, et qu'ils font retentir dans les mar- licate du mal qu'il trouve dans un jeu intéressé : « On y chés et dans les boutiques.

« gagne, dit-il, l'argent de ses amis, envers lesquels on

« doit au contraire se conduire avec générosité. » NOTES.

(9) La loi de Solon, qui n'étoit en cela que la sanction (1) De l'Effronterie.

de la loi de la nature et du serment, ordonnoit de nourrir

ses parents , sous peine d'infamie. (2) Le mot grec employé ici, et qui se retrouve encore à la fin du chapitre, signifie un homme qui se tient tou (10) Cette circonstance est ajoutée par La Bruyère ; jours sur le marché, et qui cherche à gagner de l'argent, | Théophraste ne parle que de l'impudence qu'il y a á consoit par des dénonciations ou de faux témoignages dans des tinuer une harangue dans les rues , quoique personne n'y tribunaux, soit en achetant des denrées pour les revendre; fasse attention, et que chaque phrase s'adresse à un public métier odieux chez les anciens. (Voyez les notes de Du- différent. port sur ce passage.)

(11) Une petite boîte de cuivre fort légère, où les plai(3) Sur le théâtre avec des farceurs. (La Bruyère.) deurs mettoient leurs titres et les pièces de leurs procès.

(La Bruyère.) C'étoit au contraire un grand vase de cui(4) Cette danse, la plus déréglée de toutes, s'appeloit vre ou de terre cuite, placé sur la table des juges pour y en grec cordax , parceque l'on s'y servoit d'une corde pour déposer les pièces qu'on leur soumettoit; et Théophraste faire des postures. (La Bruyère.) Cette étymologie est ne se sert ici de ce terme que pour plaisanter sur l'énorme inadmissible, car le terme grec d'où nous vient le mot de quantité de papiers dont se chargent ces chicaneurs. corde commence par une autre lettre que le mot cordax, (Voyez le scol. d'Aristophane, Vesp., 1427, et la scolie et ne s'emploie que pour des cordes de boyau, telles que sur ce passage de Théophraste donnée par Fischer.) celles de la lyre et de l'arc. Casaubon n'a cru que le cordax se dansoit avec une corde, que parceque Aristophane (12) Ici le mot grec dont j'ai parlé dans la note 2 ne dit quelque part cordacem trahere, et peut-être parcequ'il peut avoir d'autre signification que celle des petits marse rappeloit que, dans les Adelphes de Térence, acte IV, chands de comestibles auxquels l'effronté prête de l'argent, scène vii, Demea demande : Tu inter eas restim ductans et chez lesquels il va ensuite en retirer les intérêts, en saltabis ? Mais, quoique dans cette phrase la corde soit mettant cet argent dans la bouche, comme c'étoit l'usage expressément nommée, Donatus pense qu'il n'y est ques- parmi le bas peuple d'Athènes. Casaubon avoit fait sur ce tion que de se donner la main; et c'est aussi tout ce qu'on dernier point une note aussi juste qu'érudile, et La peat conclure de l'expression d’Aristophane au sujet du Bruyère n'auroit pas dû s'éc ler de l'explication de ce cordax. M. Visconti, auquel je dois cette observation, s'en savant. sert dans un Mémoire inédit sur le bas-relief des danseuses de la villa Borghèse pour éclaircir le passage célèbre de (13) Une obole étoit la sixième partie d'une drachme. Tite-Live, liv. XVII, chap. XXXVII, où, en parlant d'une (La Bruyère.) L'effronté prend donc un quart du capital danse sacrée, cet auteur se sert de l'expression restim par jour. (Voyez sur l'usure d'Athènes le Voyage du jeune dare.

Anacharsis, chap. lv.)

(5) Choses fort extraordinaires, telles qu'on en voit dans

CHAPITRE VII. nos foires. (La Bruyère.) (6) Le savant Coray a observé avec raison qu'il faut

Du grand parleur (1). ajouter une négation à cette phrase. Je traduis : « A ceux « qui n'ont point de billet, et veulent jouir du spectacle

Ce que quelques uns appellent babil est pro« gratis. » Il est question ici de farces jouées en pleine rue, prement une intempérance de langue qui ne

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