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tencieux, ce qui est plus rare que la science, et ce prince n'a pas plus de grace, lorsqu'à la tête peut-être que la probité, je veux dire de la di- de ses camps et de ses armées il foudroie une gnité; il ne la devoit pas à l'éminence de son ville qui lui résiste , ou qu'il dissipe les troupes poste; au contraire, il l'a ennobli : il a été grand ennemies, du seul bruit de son approche. et accrédité sans ministère, et on ne voit pas S'il soutient cette longue guerre, n'en douque ceux qui ont su tout réunir en leur per- tons pas, c'est pour nous donner une paix heusonne l'aient effacé.

reuse ;

c'est pour l'avoir à des conditions qui Vous le perdîtes il y a quelques années, ce soient justes et qui fassent honneur à la nation, grand protecteur : vous jetâtes la vue autour de qui ôtent pour toujours à l'ennemi l'espérance vous, vous promenâtes vos yeux sur tous ceux de nous troubler par de nouvelles hostilités. qui s'offroient et qui se trouvoient honorés de Que d'autres publient, exaltent ce que ce grand vous recevoir; mais le sentiment de votre perte roi a exécuté, ou par lui-même, ou par ses cafut tel, que, dans les efforts que vous files pour pilaines, durant le cours de ces mouvements la réparer, vous osâtes penser à celui qui seul dont toute l'Europe est ébranlée ; ils ont un supouvoit vous la faire oublier et la tourner à jet vaste et qui les exercera long-temps. Que votre gloire. Avec quelle bonté, avec quelle d'autres augurent, 's'ils le peuvent, ce qu'il humanité ce magnanime prince vous a-t-il re veut achever dans cette campagne. Je ne parle çus! n'en soyons pas surpris ; c'est son carac- que de son coeur, que de la pureté et de la droitère, le même, messieurs, que l'on voit éclater ture de ses intentions; elles sont connues, elles dans toutes les actions de sa belle vie , mais que lui échappent; on le félicite sur des titres d'honles surprenantes révolutions arrivées dans un neur dont il vient de gratifier quelques grands royaume voisin et allié de la France ont mis dans de son état : que dit-il? qu'il ne peut être conle plus beau jour qu'il pouvoit jamais recevoir. tent quand tous ne le sont pas, et qu'il lui est

Quelle facilité est la nôtre, pour perdre tout impossible que tous le soient comme il le voud'un couple sentiment et la mémoire des choses droit. Il sait, messieurs, que la fortune d'un dont nous nous sommes vus le plus fortement roi est de prendre des villes, de

gagner

des baimprimés! Souvenons-nous de ces jours tristes tailles , de reculer ses frontières, d'être craint que nous avons passés dans l'agitation et dans de ses ennemis; mais que la gloire du souvele trouble; curieux, incertains quelle fortune rain consiste à être aimé de ses peuples, en auroient courue un grand roi, une grande reine, avoir le coeur, et par le coeur tout ce qu'ils posle prince leur fils, famille auguste, mais mal- sèdent. Provinces éloignées, provinces voisines, heureuse, que la piété et la religion avoient ce prince humain et bienfaisant, que les peinpoussée jusqu'aux dernières épreuves de l'ad-tres et les statuaires nous défigurent, vous versité ! Hélas! avoient-ils péri sur la mer ou tend les bras, vous regarde avec des yeux tenpar les mains de leurs ennemis ? nous ne le sa- dres et pleins de douceur ; c'est là son altitude: vions pas : on s'interrogeoit, on se promettoit il veut voir vos habitants, vos bergers, danser réciproquement les premières nouvelles qui au son d’une flûte champêtre sous les saules et viendroient sur un évènement si lamentable : ce les peupliers, y mêler leurs voix rustiques , et n'étoit plus une affaire publique, mais domes- chanter les louanges de celui qui, avec la paix tique; on n'en dormoit plus, on s'éveilloit les et les fruits de la paix , leur aura rendu la joie uns les autres pour s'annoncer ce qu'on en avoit et la sérénité. appris. Et quand ces personnes royales, à qui

C'est pour

arriver à ce comble de ses soul'on prenoit tant d'intérêt, eussent pu échapper haits , la félicité commune, qu'il se livre aux à la mer ou à leur patrie, étoit-ce assez? Ne iravaux et aux fatigues d'une guerre pénible, falloit-il pas une terre étrangère où ils pussent qu'il essuie l’inclémence du ciel et des saisons , aborder, un roi également bon et puissant qui qu'il expose sa personne, qu'il risque une vie pût et qui voulût les recevoir ? Je l'ai vue, cette heureuse : voilà son secret , et les vues qui le réception, spectacle tendre s'il en fut jamais ! font agir; on les pénètre, on les discerne par On y versoit des larmes d'admiration et de joie: I les seules qualités de ceux qui sont en place, et

qui l'aident de leurs conseils. Je ménage leur pli de vertus, d'esprit et de connoissances, qui modestie : qu'ils me permettent seulement de étoit tel avant le poste de confiance qu'il ocremarquer qu'on ne devine point les projets de cupe, et qui seroit tel encore, s'il ne l'occupoit ce sage prince ; qu'on devine au contraire, plus : je me sens touché, non de sa déférence, qu'on nomme les personnes qu'il va placer, et je sais celle que je lui dois, mais de l'amitié qu'il ne fait que confirmer la voix du peuple qu'il m'a témoignée, jusqu'à s'oublier en ma fadans le choix qu'il fait de ses ministres. Il ne se veur. Un père mène son fils à un spectacle ; la décharge pas entièrement sur eux du poids de foule y est grande, la porte est assiégée ; il est ses affaires : lui-même, si je l'ose dire, il est haut et robuste, il fend la presse ; et, comme il son principal ministre; toujours appliqué à nos est près d'entrer, il pousse son fils devant lui, besoins, il n'y a pour lui ni temps de relâche, qui, sans cette précaution, ou n'entreroit point, ni heures privilégiées : déja la nuit s'avance, les ou entreroit tard. Cette démarche d'avoir supgardes sont relevées aux avenues de son palais, plié quelques uns de vous, comme il a fait, de les astres brillent au ciel et font leur course; détourner vers moi leurs suffrages , qui poutoute la nature repose , privée du jour, enseve- voient si justement aller à lui, elle est rare, lie dans les ombres : nous reposons aussi , tan- puisque dans ces circonstances elle est unique; dis que ce roi, retiré dans son balustre, veille et elle ne diminue rien de ma reconnoissance seul sur nous et sur l'état. Tel est, messieurs, envers vous, puisque vos voix seules , toujours le protecteur que vous vous êtes procuré, celui libres et arbitraires, donnent une place dans l’Ade ses peuples.

cadémie Françoise. Vous m'avez admis dans une compagnie il Vous me l'avez accordée, messieurs, et de si lustrée par une si haute protection : je ne le dis- bonne grace, avec un consentement si unanime, simule pas, j'ai assez estimé cette distinction que je la dois et la veux tenir de votre seule mupour desirer de l'avoir dans toute sa fleur et nificence. Il n'y a ni poste, ni crédit , ni richesdans toute son intégrité , je veux dire de la de- ses, ni titres , vi autorité, ni faveur, qui aient voir à votre seul choix ; et j'ai mis votre choix à pu vous plier à faire ce choix ; je n'ai rien de tel prix que je n'ai pas osé en blesser, pas même toutes ces choses, tout me manque : un ouvrage en effleurer la liberté par une importune solli- qui a eu quelque succès par sa singularité, et citation : j'avois d'ailleurs une juste défiance de dont les fausses , je dis les fausses et malignes moi-même, je sentois de la répugnance à de- applications, pouvoient me nuire auprès des mander d'être préféré à d'autres qui pouvoient personnes moins équitables et moins éclairées être choisis. J'avois cru entrevoir, messieurs, que vous, a été toute la médiation que j'ai emune chose que je ne devois avoir aucune peine à ployée, et que vous avez reçue. Quel moyen de croire, que vos inclinations se tournoient ail-me repentir jamais d'avoir écrit? leurs , sur un sujet digne, sur un homme rem

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LES CARACTÈRES

DE THÉOPHRASTE,

TRADUITS DU GREC

PAR LA BRUYÈRE,

AVEC DES ADDITIONS ET DES NOTES NOUVELLES,

PAR J. G. SCHWEIGHÆUSER.

AVERTISSEMENT

En 1799 (an VII), M. Coray donna une édition

grecque et françoise de l'ouvrage entier, qu'il éclairDE M. SCHWEIGHÆUSER. cit par une traduction nouvelle, et par des notes

aussi intéressantes pour la critique du texte que

pour la connoissance des mœurs de l'antiquité. Ce Depuis la traduction des Caractères de Théo- savant helléniste, presque compatriote du philosophe phraste par La Bruyère, cet ouvrage a reçu des ad- qu'il interprète, a même expliqué quelquefois très ditions importantes, et d'excellents critiques en ont heureusement, par des usages de la Grèce moderne, éclairci beaucoup de passages difficiles.

des particularités de ceux de la Grèce ancienne. En En 1742, Needham publia les leçons de Duport dernier lieu, M. Schneider, l'un des plus savants sur treize de ces Caractères. En 1763, Fischer ré- philologues d'Allemagne, a publié une édition crisuma, dans une édition critique, presque tout ce tique de ces Caractères, en les classant dans un nouqui avoit été fait pour cet ouvrage, et y ajouta des vel ordre, el en y faisant beaucoup de corrections. recherches nouvelles. En 1786, M. Amaduzzi publia Son travail jette une lumière nouvelle sur plusieurs deux nouveaux Caractères, que Prosper Petronius passages obscurs de l'ancien texte et des additions , avoit découverts, et qui se trouvent à la suite des que cet éditeur défend contre les doutes qu’on avoit anciens, dans un manuscrit de la Bibliothèque Pa- élevés sur leur authenticité. Il prouve par plusieurs latine du Vatican. En 1790, M. Belin de Ballu tra- circonstances, auxquelles on n'avoit pas fait attenduisit ces deux Caractères en françois, et les joignit tion avant lui, et par l'existence même d'une copie à une édition de La Bruyère, dans laquelle il ajoula plus complète que les autres, que nous ne possèquelques notes critiques à celles dont Coste avoit ac- dons que des extraits de cet ouvrage. Je traiterai compagné la traduction de Théophraste dans les édi- avec plus de détails de cette hypothèse très protions précédentes.

bable dans la note i du chapitre xvi. En 1798, M. Goetz publia les quinze derniers Ca Les importantes améliorations du texte, les verractères avec des additions considérables sur les pa- sions nouvelles de beaucoup de passages, et les éclairpiers de M. Siebenkees, qui avoit tiré cette copie cissements intéressants sur les meurs, plus complète du même manuscrit où l'on avoit ces savants, rendroient la traduction de La Bruyère trouvé deux derniers chapitres, mais qui malhen- peu digne d'être remise sous les yeux du public, reusement ne contient pas les quinze premiers. si tout ce qui est sorti de la plume d'un écrivain si

fournis par

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distingué n'avoit pas un intérêt particulier, et si l'on Étant ainsi frustré de l'espoir d'expliquer ou de n'avoit pas cherché à suppléer ce qui lui manque. restituer les passages difficiles ou altérés, par le se

C'est là le principal objet des notes que j'ai ajou- cours des manuscrits , j'ai tâché de les éclaircir par tées à celles de ce traducteur, et par lesquelles j'ai de nouvelles recherches sur la langue et sur la phiremplacé les notes de Coste, qui n'éclaircissent losophie de Théophraste, sur l'histoire et sur les presque jamais les questions qu'on y discute. Je les antiquités. ai puisées en grande partie dans les différentes sour J'ose dire que ces recherches m'ont mis à même ces que je viens d'indiquer, ainsi que dans le com de lever une assez grande partie des difficultés qu'on mentaire de Casaubon, et dans les observations de trouvoit dans cet ouvrage, et de m'apercevoir que plusieurs autres savants qui se sont occupés de cet plusieurs passages qu'on croyoit suffisamment enouvrage. J'ai fait usage aussi de l'élégante traduc- tendus admettent une explication plus précise que tion de M. Lévesque , qui a paru en 1782 dans la celle dont on s'étoit contenté jusqu'à présent. collection des Moralistes anciens ; des passages imi- Outre les matériaux rassemblés par les commentatés ou traduits par M. Barthélemy dans son Voyage i teurs plus anciens et par moi-même, M. Visconti, du jeune Anacharsis; et de la traduction allemande dont l'érudition, la sagacité, et la précision critique commencée par M. Hottinger de Zurich, dont je re- qu'il a su porter dans la science des antiquités, sont grette de ne pas avoir pu attendre la publication si connues et si distinguées, a eu la bonté de me complète , ainsi que celle des papiers de Fonteyn fournir quelques notes précieuses sur les passages qui se trouvent entre les mains de l'illustre hellé- parallèles et sur les monuments qui peuvent éclairniste Wyttenbach.

cir des traits de ces Caractères. J'avois espéré que les onze manuscrits de la Bi Pour mieux faire connoître le mérite et l'esprit bliothèque du Roi me fourniroient les moyens d'ex- particulier de l'ouvrage de Théophraste, j'ai joint pliquer ou de corriger quelques passages que les aux caractères tracés par lui quelques autres mornotes de tant de savants commentateurs n'ont pas ceaux du même genre, tirés d'auteurs anciens; et encore suffisamment éclaircis. Mais, excepté la con- j'ai fait précéder le discours de La Bruyère sur ce firmation de quelques corrections déja proposées et philosophe d'un aperçu de l'histoire de la morale en la découverte de quelques scolies peu importantes, Grèce avant lui. l'examen que j'en ai fait n'a servi qu'à m'apprendre. Il eût été assez intéressant de continuer cette colqu'aucune de ces copies ne contient plus que les lection de caractères antiques par des traits recueillis quinze premiers chapitres de l'ouvrage, et qu'ils dans les orateurs, les historiens, et les poëtes cos'y trouvent avec toutes leurs difficultés et leurs la miques et satiriques d'Athènes et de Rome, et ras

semblés en différents tableaux, de manière à former J'ai observé que, dans les trois plus anciens de une peinture complète des mœurs de ces villes. Il ces manuscrits, ces Caractères se trouvent immé seroit utile aussi de comparer en détail les caracdiatement après un morceau inédit de Syrianus sur tères tracés par ces auteurs aux différentes époques l'ouvrage d’Hermogène, de Formis orationis. On de la civilisation , sous le double rapport des progrès sait que la seconde partie de cet ouvrage traite de des mœurs et de ceux de l'art de les peindre. Mais la manière dont on doit peindre les mœurs et les l'objet et la nature de cette édition m'ont prescrit caractères, et qu'elle contient beaucoup d'exemples des bornes plus étroites. tirés des meilleurs auteurs de l'antiquité, mais qui Je regrette que l'éloignement ne m'ait pas permis ne sont ordinairement que des fragments très courts de soumetire à mon père ce premier essai dans une et sans liaison. A la fin du commentaire assez ob- carrière dans laquelle il m'a introduit, et où je scur dont je viens de parler, et que le savant et cé- cherche à marcher sur ses traces. Mais j'ai eu le lèbre conservateur des manuscrits grecs de la Bi- bonheur de pouvoir communiquer mon travail à bliothèque royale, M. La Porte du Theil, a eu la plusieurs savants et lillérateurs du premier ordre, bonté d'examiner avec moi, l'auteur paroit annon et sur-tout à MM. d'Ansse de Villoison, Visconti et cer qu'il va donner des exemples plus étendus que Suard, qui ont bien voulu m'aider de leurs conceux d'Hermogène, en publiant à la suite de ce seils et m'honorer de leurs encouragements. morceau les caractères entiers qui sont venus à sa connoissance. Cet indice sur la manière dont cette partie de l'ouvrage nous a été transmise explique pourquoi on la trouve si souvent, dans les manuscrits, sans la suite, et toujours avec les mêmes imperfections.

cunes.

DE

mystères fondés par Eumolpe, quelques généAPERÇU

rations avant la guerre de Troie, auxquels Ci

céron · attribue la civilisation de l'Europe, et L'HISTOIRE DE LA MORALE EN GRÈCE que la Grèce a regardés pendant une si longue

suite de siècles comme la plus sacrée de ses inAVANT THÉOPHRASTE.

stitutions. Dans les initiations solennelles d'Éleusis, la morale étoit présentée avec la sanction im

posante de peines et de récompenses dans une Malgré les germes de civilisation que des vie à venir, dont les notions, d'abord grossières, colonies orientales avoient portés dans la Grèce et même immorales, s'épurèrent peu à peu. à une époque très reculée , nous trouvons dans Dans cette période, les hommes éclairés l'histoire de ce pays une première période où la jouirent d'une vénération d'autant plus grande, vengeance suspendue sur la tête du criminel, que les lumières étoient plus rares; et les talents le pouvoir arbitraire d'un chef, et l'indignation extraordinaires plaçoient presque toujours celui publique, tenoient lieu de justice et de morale. qui les possédoit à la tête du gouvernement.

Dans ce premier âge de la société, au lieu de L'orateur philosophe que je viens de citer - obphilosophes moralistes, des guerriers généreux serve que parmi les sept sages de la Grèce il parcourent la Grèce pour atteindre et punir les n'y eut que Thalès qui ne fut pas le chef de sa coupables; des oracles et des devins attachent république; et cette exception provint de ce au crime une flétrissure qui nécessite des expia- que ce philosophe se livra presque exclusivetions religieuses, au défaut desquelles le crimi- ment aux sciences physiques. nel est menacé de la colère des dieux et pros Pythagore seul se fraya une carrière diffécrit parmi les hommes.

rente. Exilé de sa patrie par la tyrannie de PoBientôt des poëtes recueillent les faits héroï- lycrate, il demeura sans fonctions civiles, mais ques et les évènements remarquables, et les il fut l'ami et le conseil des chefs des républichantent en mêlant à leurs récits des réflexions ques de la Grande Grèce. En même temps, pour et des sentences qui deviennent des proverbes se créer une sphère d'activité plus vaste et plus et des maximes. Ayant conçu l'idée de donner indépendante, il fonda une école qui embrassoit des formes humaines à ces divinités que les peu-à-la-fois les sciences physiques et les sciences ples de l'Asie représentoient par des allégories morales, et une association secrète qui devoit souvent bizarres , ils furent obligés de chercher réformer peu à peu tous les états de la Grèce, dans la nature humaine ce qu'elle avoit de plus et substituer aux institutions qu'avoient fait élevé, pour composer leurs tableaux des traits naître la violence et les circonstances, des conqui commandoient la plus grande admiration. stitutions fondées sur les véritables bases du Leurs brillantes fictions se ressentent des maurs contrat social 3. Mais cette association n'acquit d'un siècle à demi barbare; mais elles traçoient jamais une influence prépondérante dans la du moins à leurs contemporains des modèles de Grèce proprement dite, et n'y laissa guère grandeur, et même de vertus, plus parfaits que d'autres traces que quelques traités de morale la réalité.

qui préparèrent la forme qu'Aristote donna par Les idées que la tradition avoit fournies à ces la suite à celle science. chantres révérés, ou que leur vive imagination Tant que les républiques de la Grèce étoient leur avoit fait découvrir, furent méditées, réu- florissantes , leur histoire nous offre des actions nies, augmentées par des hommes supérieurs, et des sentiments sublimes; la morale servoit en même temps que tous les membres de la so- de base à la législation, elle présidoit aux séanciété sentirent le besoin de sortir de cet état ces de l'Areopage, elle dictoit des oracles et d'instabilité, de troubles et de malheurs.

Alors les héros furent remplacés par des lé De Legibus, II, XIV. gislateurs, et les idées religieuses se fixèrent;

a De Oratore, III, XXXIV.

3 Voyez Meiners, HISTOIRE DES SCIENCES DANS LA GRÈCE, elles furent enseignées sur-tout dans ces célèbres liv. III; et le VOYAGE DU JEUNE Anacharsis, chap. Lisv,

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