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zaqué de quelque folie, que nous serions bien ailes qu'il pût guerir avant que de le marier.

L'APOTIQUAIRE, Jesçay će que c'est, je sçay ce que c'est, &j'étois avec lui quand on lui a parlé de cette affaire. Ma foi , ma foi, vous ne pouviez pas vous adresser à un Medecin plus habile;. c'est un homme qui sçait la Medecine à fond , comme je sçay ma Croix dePardieu ; & qui, quand on devroit crever, ne démordroit pas d'uniota des regles des Anciens. Ouy, il suio toûjours le grand chemin, le grand chemin, & ne va poine chercher midi à quatorze heures ; & pour tout l'or du monde, il ne voudroit pas avoir gucri une personne avec d'autres remedes que ceux que la Faculté permet.

E RASTE. Il fait fort bien; uņmalade ne doit point vouloir guerir, que la Faculté n'y consente.

L'APOTIQUAIRE. Ce n'est pas parce que nous sommes grands amis , que j'en parle ; mais il y a plaisir d’êcre son malade, 8c j'aimerois mieux mourir de ses remedes, que de guerir de ceux d'un autre: car quoy. qu'il puisse arriver, on est affûré que les choses sont toûjours dans l'ordre;& quand'on meurt sous sa conduite, vos heritiers n'ont rien à vous reprocher.

ER A S T E.
C'est une grande consolation pour un défunt.

L'APOTIQUAIRE. Affûrement; on est bien-aise au moins d'être more methodiquement. Au reste , il n'est pas de ces Medecins qui marchandent les maladies; c'est un homme expeditif, expeditif, qui aime à depêcher fes, malades; & quand on a à mourir, cela se fait avec luy le plus vîte du monde.

ERAS T E. En effet, il n'est rien tel que de forvir promptement d'affaire.

L'APOTIQUAIRE. Cela est vrai, à quoy bon tant barguigner & ranc courner autour du poc? il faut sçavoir vîtement le court ou le long d'une maladie.

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E RASTE.
Vous avez raison.

L’APOTIQUAIRE.
Voilà déja crois de mes enfans dont il m'a fair
l'honneur de conduire la maladie, qui font morts en
moins de quatre jours, & qui, entre les mains d'un
autre , auroient langui plus de trois mois,

ERA 8 TE
Il est bon d'avoir des amis comme cela.

L'APOTIQUAIRE.
Sans doute. Il ne me reste plus que deux enfars
dont il pren: soin comme des liens ; il les traite &
gouverne à sa fantaisie , sans que je me mele de
rien; & le plus souvent, quand je reviens de la ville,
je suis tout étonné que jelas trouve faignez ou pere
gez par son ordre.

E RASTE.
Voilà des soins fort obligeans.

L’APOTIQUAIRE.
Le voici, le voici qui vient.

SCEN E VI. PREMIER MEDECIN, UN PAYSAN, UNE PAYSANE, ERASTE,

L'APOTIQUAIRE.

LE PAYS A N. 1, Monsieur, il n'en peut plus , & il dit qu'il sent dans la tête les plus grandes douleurs du monde.

1. MEDECIN. Le malade est un sot, d'autant plus que dans la maladie dont il est attaqué, ce n'eft pas la tête, selon Galien, mais la rate, qui luy doit faire mal.

LE PÅ Y SA N. Quoy que c'en soit, Monheur, il a toûjours avec cela son cours de ventre depuis six mois.

M E DECI N. Bon, c'est signe que le dedans se dégage. Te l'irai vifiter dans deux ou trois jours ; mais s'il mouroit avant ce temps-là, ne manquez pas de m'en donner avis, car il n'est pas de la civilicé , qu’un Medecin

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1.

visicc un morta

LA

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Non,

L A PA Y S AN E Mon Pere , Monsieur , est toûjours malade de plus en plus.

1, MÉDECIN. Ce n'est pas ma fauce; je luy donne des remedes, que ne guerit-il? Combien a-t-il été saigné de fois ?

L'A PAYS AN E.
Quinze, Monsieur","depuis vinge jours. .

1. MED E CI N.
Quinze fois saigné?

L A P A Y SAN E.
Qui.

I. MEDECIN.
Et il ne guerit point?

L Å PAYS A N E.'
Monsieur.

1 MEDECIN. Tit it
C'est aigne que la maladie n'est pas dans le sang.
Nousle ferons purger autant de fois, pour voir si elle:
n'est pas dans les humeurs ; & fi rien ne nous reüllit,
nous l'envoyerons aux bains.

L'APÓTIQUAIRE.
Voilà le fin cela', voilà le tin dela Medecine,

ER AS TE.
C'est moy, Monsieur , qui vous ay'envoyé parler
ces jours passez pour un parentun peu troublé d'el-
prit, que je veux vous donner chez vous, afin de
le guerir avec plus de commodité, & qu'il fuit veu,
de moins de monde..

MEDECI N. Ouy, Monsieur, j'ay.déja disposé tout, & prca mers d'en avoir tous les soins imaginables.

Encoposa

S T E.
Le voici fort à

1. MEDECI N. L
La conjonZure est tout à fait heureufe , & j'ayici
un ancien de mes amis, avec lequel je ferai bien-aise
de consulter fa maladie.

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I.

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1.

SCENE VII. M. DE POURCEAUGNAC, ERASTE, 1. MEDECIN, L'APOTIQUAIRE.

E RASTE, à M. de Poserceaugnac. UNe perite affaire m'est survenue , qui m'oblige à

vous quitter ; mais voila une personne entre les mains de qui je vous laisse, qui aura soin pour moi de vous traiter du mieux qu'il lui sera polible.

ME DE CI N. Le devoir de ma profession m'y oblige,& c’eft aflez que vous me chargiez de ce soin.

M. DE POURCEAUGNA C. C'est fon Maître d'hôtel, & il faut que ce soitun homme de qualité.

ME. DECI N. Oui , je vous assure que je traiteray Monsieur méthodiquement, & dans toutes les regularitez de notre art.

M. DE POURCEAUGNAC. Mon Dieu , il ne me faut point tant de ceremonies, & je ne viens pas ici pour incommoder.

I. MEDECI N.
Un tel emploi ne me donne que de la joye.

ER AS TE. Voilà coûjours dix pistoles d'avance,sn attendan: que j'ai promis.

M. DE POURCEAUGNA C. Non, s'il vous plait, je n'entens pas que vous falliez de dépense, & que vous envoyiez rien ache: ter pour moy:

ER Å S T E. Mon Dieu , laissez faire, ce n'est pas pour ce que vous pensez.

M. DE POUR CE AUGNA C. Je vous demande de ne me traitter qu'en ami.

E RASTE. C'est ce que je veux faire.Bas au Medecin. Je vous recommande sur tout de ne le point laisser sortir de Tos mains, car par fois il veut s'échaper.

ce

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1.

MEDECI N.
Ne vous mettez pas en peine.

ERA S T E, à M. de Pourc.
Je vous prie de m'excuser de l'incivilité que je
Com mets.

M. DE POURCEAUGNA C. Vous vous moquez, & c'est crop de grace que vous me faices.

1.

CE

I.

1

vous

SCENE VIII. PREMIER MEDECIN, 2. MEDECIN, M. DE POURCEAUGNAC, L'APOTIQUAIRE.

M E DECI N.
"E m'est beaucoup d'honneur, Monsieur, d'être
Achoisi pour vous rendre service.

M. DE POURCE AUGNA C.
Je suis vôtre serviteur.

MEDECIN. Voici un habile homme mon Confrere , avec lequel je vais consulter la maniere dont nous traicterons.

M. DE POURCEAUGNA C. Il ne faut point tant de façons, vous dis-je , & je fuis homme à me contenter de l'ordinaire.

M EDECI N.
Allons, des sieges.

M. DE POURCEAUGN AC. Voila , pour un jeune homme des domestiques bien lugubres!

M E D ECI N.
Allons , Monficur , prenez votre place, Mon.
ficur.
Lors qu'ils sont affis, les deux Medecins luy prennens

chacun une main , pour luy tâter le poulx.
M. DE POURCE AUGNAC

presentant ses mains. Votre trés-humble valet. Voyant qu'ils luy tåtent in poulx. Que veut dire cela ?

ME DE CI N.
Mangez-vous bien, Monbeur?

M. DE

I

1.

I.

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