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murs avec seize canons, d'un calibre tel qu'on n'en avait point encore vu en Europe.

Ces mêmes chevaliers à peine échappés à la puissance Ottomane, en devinrent les protecteurs. Un prince Zizim, fils de ce Mahomet II qui naguère foudroyait les remparts de Rhodes, implore le secours des chevaliers contre Bajazet son frère, qui l'avait dépouillé de son héritage. Bajazet , qui craignait une guerre civile, se hâte de faire la paix avec l'Ordre, et consent à lui payer une certaine somme tous les ans, pour la pension de Zizim. On vit alors, par un de ces jeux si communs de la fortune, un puissant empereur des Tures, tributaire de quelques Hospitaliers chrétiens.

Enfin, sous le grand-maître Villiers-del'Ile-Adam, Soliman s'empare de Rhodes, après avoir perdu cent mille hommes devant ses murs. Les chevaliers se retirent à Malte, que leur abandonne Charles-Quint. Ils y sont attaqués de nouveau par les Turcs;

mais leur courage les délivre, et ils restent paisibles possesseurs de l'île sous le nom de laquelle ils sont encore connus aujourdohui.

1. Veri. Hist. des Chev. de Malte; Fleury, Hist. ecclés.; Giustiniani, Ist. cron. dell'or, degli Ord. milit.; Helyot , Hist. des Ordres relig. , tom. III.

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CHAPITRE II.

ORDRE TEUTONIQUE.

A L'AUTRE extrémité de l'Europe, la chevalerie religieuse jetait les fondements de ces États, qui sont devenus de puissants royaumes.

L'ordre Teutonique avait pris naissance pendant le premier siège d'Acre par les chrétiens, vers l'an 1190. Dans la suite, le duc de Masovie et de Pologne l'appela à la défense de ses États contre les incursions des Prussiens. Ceux-ci étaient des peuples barbares, qui sortaient de temps en temps de leurs forêts pour ravager les contrées voisines. Ils avaient réduit la

province de Culm en une affreuse solitude, et n'avaient laissé debout sur la Vistule que le

seul château de Plotzko, Les chevaliers Teutoniques, pénétrant peu à peu dans les bois de la Prusse, y bâtirent des forteresses. Les Warmiens, les Barthes, les Natangues subirent tour à tour le joug, et la navigation des mers du Nord fut assurée.

Les chevaliers de Porte-glaive, qui de leur côté avaient travaillé à la conquête des pays septentrionaux, en se réunissant aux chevaliers Teutoniques, leur donnèrent une puissance vraiment royale. Les progrès de l'Ordre furent cependant retardés par la division qui régna long - temps entre les chevaliers et les évêques de Livonie; mais enfin, tout le nord de l'Europe s'étant soumis, Albert, marquis de Brandebourg, embrassa la doctrine de Luther, chassa les chevaliers de leurs gouvernements, et se rendit seul maître de la Prusse, qui prit alors le nom de Prusse ducale. Ce nouveau duché fut érigé en royaume en 1701, sous l'aïeul du grand Frédéric. Les restes de l'ordre Teutonique subsis

tent encore en Allemagne, et c'est le prince Charles qui en est grand-maître aujourdohui .

1. Shoonbeck, Ord. milit. ; Giustiuiani, Ist, dellor. cronol. degli Ord. milit.; Helyot, Hist. des Ord. relig., tom. III; Fleury, Hist, écclés.

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