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te détestent, et moi, ils m'aiment, , stano, ed io sono amato, invocato ils m'appellent par les noms les còi più graziosi nòmi; io li ristòro plus gracieux ; je les soulage nelle loro fatiche ; vengono ogni dans leurs peines et dans leurs fa- notte a gettársi nelle mie braccia: tigues, ils viennent toutes les e con un piacevole incànto, càlmo nuits se jeter entre mes bras; et, le loro inquietudini , suspèndo le par un agréable enchantcment, lòro cùre, rèndo loro le forze perje calme leurs inquiétudes, jé dùte; fo spesso gustàre ad essi suspends leurs ennuis, je répare piacèri ancor più dolci di quelli leurs forces, je leur fais même che gòdono quando son dèsti. parfois éprouver des plaisirs plus Insomma tu sèi lo spavento dell' doux que ceux qu'ils goûtent étantumàn gènere, io ne son la delizia. éveillés. Enfin tu es l'effroi du genre humain, tandis que j'en suis les délices.

M. Les hommes me détestent, M. Tu dici che gli uomini midedis-tu? cela ne me paraît point tèstano? tàl non mi sembra il fatto, ainsi ; ils me cherchent au con- quando li vèggo anzi corrèrmi intraire. Ne se tuent-ils pas les uns contro. Non si ammazzano èssi l' les autres pour une bagatelle ? ne un l'altro per un nonnulla ? non si donnent-ils pas dans tous les abbandònano ad ogni intempeexcès pour me rendre plus pré-ranza per raggiungermi più précoce? Que je me plais à voir toutes sto? Quanto mi compiaccio nel ve

machines qu'ils préparent dère tutte quelle macchine che pour un siége ou pour une ba- apprestano per un assédio, o per taille! ils tNavaillent pour moi una battaglia! Per me lavorano; seule; et quel que soit le parti e qualunque siasi il vinto, io son vaincu, je suis toujours sûre de sèmpre cèrta della vittoria. Chehài triompher. Qu'as-tu à répondre ? tu da rispondere? Chi son quelli qui sont ceux qui travaillent pour che lavorano per te, se non forse toi? si ce n'est les pharmaciens gli speziali, ed i freddi oratòri? et les froids orateurs.

S. J'avoue que tout ce que tu S. Confèsso, che quanto hài di as d'épouvantable ne suffit pas spaventoso non basta a distörre gli pour empêcher les hommes de uomini dal seguire le loro insane s'abandonner à leurs folles pas-passiòni; ma tranne in questo caso sions; mais ces occasions à part, di acciecamento, sempre ti sfugils t'évitent avec soin, ils te crai-gono a lor potère, ti pavèntano, gent, et ils tremblent quand on e trèmano, quando altri li minacles menace de toi.

cia in tùo nome. M. Les hommes me craignent ? M. Mi témono? io ne conosco j'en connais beaucoup, qui ont mòlti che han dimostrato il conprouvé tout le contraire. Mais trário. Ma se te non témono, gli I'habitude seule fait qu'ils ne te è per forza di consuetudine : se craignent point. Peut-être que, non si addormentàssero che dùe, s'ils ne s'endormaient que deux o tre volte in vita lòro, forse ou trois fois dans leur vie, ils au- avrebbero così di te còme di me raient également peur de toi. paùra.

ces

S. Quoi! nierais-tu que tes ap- S. E che? negherai tu che il proches ne fassent souffrir aux tùo avvicinarti non faccia agli uòhommes les plus cruelles dou- mini soffrire crudèli dolori ? leurs ?

M. L'homme ne souffre pres- M. L'uomo quasi nulla sòffre que pas quand il quitte la vie quando lascia la vita naturalnaturellement. Son corps est af- mènte. Il corpo sào è indebolito, faibli, son imagination est éteinte, estinta la sua immaginaziòne, é et il manque de sentiment pour mancagli il sentimento per proéprouver les peines du corps et vàre le pène del corpo e dello de l'esprit avec cette vivacité spirito con quella forza a lùi naqui lui est naturelle, lorsqu'il turàle, quando trovàsi in perfetta jouit d'une santé parfaite.

salùte. S. Les hommes te craignent en- S. Gli uomini in oltre ti témocore, parce qu'ils savent que tu no, perché sanno che tu li privi les prives de tous leurs plaisirs d'ogni loro piacere , e di quanto et de ce qu'ils ont de plus cher hànno di più càro al mondo. au monde.

Me Voilà comme ils se laissent M. Ve'come si lasciano sedurre surprendre par leur imagination! dalla loro immaginazidne! CrèIls croient qu'après leur mort ils dono che serberànno ancora, dopo conserveront encore les mêmes il loro transito, gli stessi desidésirs, même les attachements dérj e le stesse affezioni che aveà qu'ils avaient lorsqu'ils étaient no quand'èrano sulla tèrra. Per sur la terre. Au reste , la diffé- altro, la differenza fra nòi dùe rence entre nous deux n'est pas non è sì grande : chiamano te si grande: on t'appelle une courte una mòrte brève, e me un sonno mort, et moi un sommeil éter- eterno ; sicchè non ci distinguono nel : on ne nous distingue done che per la durata. que par la durée.

S. C'est précisément cette du- S. Quèsta durata appunto è rée qui fait frémir; ne revenir quella che fa tremare: è un orrijamais plus est une pensée in- bile pensiero, quello di non torsupportable.

ndre mài più. M. Que l'homme est injuste et M. Quanto è ingiùsto, e bizzarbizarre ! se plaint-il de ce que sa ro l'uomo ! si lagna ègli fòrse naissance ne date pas de l'ori- | perchè la sua nascita non sia gine du monde? non, sans doute : dell'origine del mòndo? no certo: pourquoi donc se plaint-il de ce e perchè dunque si querela di qu'il n'existera pas durant tous non esistere i secoli che verranno les siècles qui doivent venir après dòpo di lùi ? lui ?

S. C'est qu'il sent qu'il existe, S. La ragiòne è questa ; sènte et qu'étant une fois, il ne peut di essere : quindi lo sgomènta il supporter l'idée que bientôt il ne pensàre che ben presto non sarà sera plus.

più. M. Il doit savoir que la vie est M. Saper dèbbe che la vita è pour lui un don du Ciel; que le un dòno del Cielo, che la sua ori

néant est son origine , et que la gine è il nulla, ed il sùo appanmort est son apanage. Apprends nàggio la morte, Sappi che nulla que rien n'est un mal de ce qui è male di quel che è necessário est nécessité dans la nature. in natura.

S. Je vois qu'il faut t'aban- S. Véggo che conviène lasciarti donner la victoire. Je te cède, car la vittoria. Ti cedo, giacchè chi qui pourrait résister à la mort ? potrebbe mài resistere alla morte?

DIALOGUE CXXII.
L’Or et l'Eloquence.

L’Oro, e l'Eloquenza. E. A vous voir, à vous enten- E. A vedèrvi, ad udìrvi, non dre, les hommes n'ont d'autre hanno gli uòmini altro Dio che Dieu que vous ; il ne reste donc vòi; dùnque non tarderànno ad plus qu'à vous bâtir un temple. edifícarvi un tèmpio.

0. Peu m'importe d'avoir un 0. Poco m'importa di avere temple de pierre ou de bois , un tèmpio di pietra, o di lègno, pourvu que j'aie pour autel le ove io abbia per altare il cuore ceur de l'homme, et qu'il me dell'uomo, e se l'uòmo mi conconsacre tous ses travaux et tous sàcri tutti i suoi lavòri, e tutte le ses soins.

cùre sùe. E. Vous criez bien fort, pour

E. Paròle sòno cotèste troppo un fils de la terre.

a chi è pur fìglio della tèrra. 0. Je ne suis pas plus fils de 0. Sòno figlio della terra la terre que du soleil et des ugualmente che del sòle e degli astres.

àstri. E. Quant à moi, je suis fille E. Io non mi vànto che d'èsser de l'entendement et du cæur figlia dell'intelletto, e del cuère humain.

umano. 0. J'ai été conçu, il est vrai, 0. Sono stato , è vero , concedans un lieu très obscur, mais pito in luogo molto oscuro, ma aussi la nature m'a doué d'un je però la natùra m’ha dotato di ne sais quoi, qui éblouit et sé- non so che, di tanta potènza che duit inévitablement.

abbaglia , ed inevitabilmente se

dùce. E. Je sais que vous plaisez aux E. So che piacète agli uomini, hommes, mais seulement à ceux ma a que’solamente che si làqui se laissent éblouir par les sciano sedurre dalla vàna appavaines apparences:

rènza. 0.On ne peut faire fortune sans 0. Non si può far fortuna, senz' se donner des airs d'importance: assùmere grandiosa apparènza; c'est ce que nous faisons tous così facciàmo amendùe , benchè deux, mais d'une manière bien in modo assài differente; vòi vi différente; vous vous faites valoir mettete in crèdito colla pompa par vos paroles, et moi par ma delle paròle , ed io còlla mia sosolidité.

lidità. E. Si vous parlez de mérite, E. Dacchè parlate di merito ,

c'est moi qui ai réuni les peuples, ch' io fùi quella che raccòlsi i pòerrants dans les déserts.

poli vagabòndi ne' desèrti. 0. Moi, je suis le nerf et le 0. Ed io sono il sostegno degli soutien des états, les délices des stati, la delizia de' giovani, la jeunes gens, et la pensée la plus cùra più dilettèvole de' vecchi. agréable des vieillards. E. Je suis fêtée partout.

E. Io sono da

рег

tutto festeg

giàta. 0. Surtout quand je vous ac- 0. Specialmente quando siète compagne.

da me accompagnata. E. Je suis reçue dans les palais E. Sòno introdotta ne' palagi des rois.

de're. 0. J'y entre avec plus de faci- 0. Vi entrò più agevolmente che lité encore.

vòi non fàte. E. J'ai beaucoup de pouvoir E. Ho molto potère sul cuor sur le cœur de l'homme.

dell'uomo. 0. Sans aucun artifice, je pos- 0. Io, senz'alcun'artifizio, possède le don de me faire écouter, sièdo il dono di fàrmi ascoltare, et de me rendre maître desceurs.

e d'impadronirmi de' cuori. E. Je rends encore à l'homme E. Réndo pure all'uomo mòlti beaucoup d'autres services. altri servigi.

0. Oui, mais je ne sais s'ils 0. Ne rendète ; ma non so se valent les miens; car mon secours vàgliono i miči , poichè se vàdo suffit pour transformer un fripon da un birbante, ne fo un galanen honnête homme, un ignare en tudmo; se da un ignorante, un savant, un homme vicieux en un dòtto; da un uomo corròtto, un être vertueux: enfin, si vous ins- virtuoso : insomma, se vòi amtruisez les hommes, moi seul je maestrate gli uomini, e io li rènles rends heureux.

do felici. E. Vous errez dans le monde, E. Vdi andate vagabòndo sulla comme un misérable qui n'a tèrra come un miserabile, che aucun gîte.

non ha ricovero. 0. Il est vrai que je n'ai point 0. E vero, non ho un paese de patrie , mais l'homme trouve fisso; ma dovùnque l'uomo vàda, la sienne partout où je suis. ivi è la pàtria sùa.

E. Il a donc très grand tort de E. Ha dunque grandissimo torto vous maltraiter, comme le fit, il di trattárvi male, come fèce, non n'y a pas longtemps, un avare ha guàri, un avaro, il quale dopo qui, après vous avoir enfermé avèrvi rinchiùso in un forzière, dans un coffre, vous ensevelit sous vi sotterrò. terre.

0. Quand je suis dans quelque 0. Quando sono in qualche priprison, il n'y a personne qui ne giòne, niùno è che non si crese crût heureux de pouvoir me

dèsse fortunatissimo di potèrmi délivrer.

liberare. E. Que faites-vous ainsi em- E. Che fàte vòi così imprigioprisonné ?

nato ? 0. Précisément ce

que vous 0. Precisamente quello che vòi faites dans vos écrits cachés dans fàte ne'vòstri scritti nascosti nella la boutique d'un libraire.

bottega d'un libràjo. E. J'y suis, comme un monu- E. Sòno là come un monumento ment des orateurs, dans lequel dègli oratòri, in cùi riposa lo spirepose leur esprit.

rito loro. 0. Et moi, je suis enfermé dans 0. Ed io sono in quel luogo sece réduit comme le monument pòlto, come il monumento d'un d'un riche, où repose son âme. ricco, dove l'ànima sùa riposa.

E. Beaucoup de gens déclament E. Moltissimi inveiscono giorjournellement contre vous. nalmente contra di vòi.

0. Ils ne déclameraient pas avec 0. Non inveirebbero con tànta tant de force, s'ils n'espéraient de forza , se non isperàssero d’otm'obtenir pour prix de leurs soins. tenèrmi in premio delle lòro cùre.

E. Les philosophes vous con- E. 1 filòsofi vi condannano pubdamnent publiquement.

blicamente. 0. Il n'y en a pas un seul qui 0. Non ne ha pùr uno, che non ne me donne raison en particulier, mi dùa ragione a quattr’occhi, o quand je suis dans sa poche. quando è nella sua tàsca.

DIALOGUE CXXIII.
La Gráce et la Beauté.

La Gràzia, e la Beltà. G. ( De loin.) Voilà une belle G. (Da lùngi.) Ecco una bella statue ! quelles formes ! quelles stàtua! che forme! che proporproportions! quels contours ! se- zioni e che contorni ! è forse un rait-ce un autre chef-d'oeuvre de altro càpo d'òpera di Pigmalióne, Pygmalion, une nouvelle Galatée? una nuova Galatèa ? O Prometeo! O Prométhée ! il ne lui manque altro non gli manca che il fuoco que le feu du ciel.

del cielo. B.(A voix basse et faisant quel- B. (Con vòce bàssa, e facendo ques pas en avant.) Quelle est quàlche pàsso avanti.)' Chi è cette jeune divinité, vers laquelle questa giovine divinità, versò la m'entraîne un penchant irrésis- quàle mi porta un mòto irresistitible ?

bile ? G. O prodige ! la statue se G. O prodigio! la stàtua si meut: si la souplesse de ses mou- muove; se la leggiadria de' suði vements répond à la perfection movimenti corrisponde alla perde l'extérieur, l'art n'a rien à en- fezione dell'esteriore , l'àrte non vier à la nature.

ha da invidiàr nulla alla natura. B. (S'avançant toujours.) Elle B. (Avvicinandosi sèmpre.) Mi me plaît et me déplaît en même piace mi dispiace ad un tèmpo temps; je croyais pourtant n'a- Pure ìo mi crédei, che non avessi voir rien à désirer.

nulla da bramàre. G. (Qui fait aussi quelques pas.) G. (Che fa eziandio alcuni Elle a parlé. O Vénus! qui ne s'y pàssi.) Ha parlato. O Vènere ! serait trompé ?.... Mais oui.... chi non avrebbe prèso un grànc'est bien un être vivant, qui se chio?... Si, è un essere vivente :

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