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voir des magistratures y dépend' le il avoit été élân, avoit cellé. Plutarque plus souvent des circonstances, & dedit [i] que le dictateur avoit le poula vigueur des personnes qui les exer- voir de faire emprisonner & exécuter cent. Car on lit dans l'histoire Romai. à mort sans forme de procès. Il' étoit ne que la puissance du dictateur étoit nommé par les confulss & proclasouveraine, fans bornes, & indépen- mé par le peuple ,' & it choisirloit dante de l'appel au peuple. Lorsquefon lieutenant , ou le général de la le dictateur Papyrius eut condamiré cavalerie . Sa nomination étoit en quelFabius à mort pour avoir combattu que forte un dédommagement accor. sans ordre, quoiqu'il eût remporté la dé aux confuls, qui de chefs qu'ils victoire, le pére de Fabius interjetta [g] étoient de la république devenoient appel au peuple, & les tribunis in ter- sujets comme les autres à une puiffance vinrent pour faire abfoudre Fabius . fupérieure : L'arméc & fe fénat 'étoient dans les mê. Les confuls parmi les autres marmes sentiments ; mais fe dictateur marques de la puissance rožale avoient qua tant de fermeté,'& imprima tant retenu leslieteurs. Valerius Publicola de resped & de foumillion au peuple, voulant rendre le confufae plus doux que les tribuns craignirent Pen être & plus agréable au peuple, fit ôter abandonnés, & de servir eux-mêmes Ek] les haches des faisceaux : & il or. de victimes & d'exemples de la puissance donna qu'on ne porteroit les haches du dictateur: cette affaire'ne finit que devant les consuls qu’à la campagne. par l'interceffion du peuple, qui obtint Toutes les fois qu'il alloit aux.comipar ses priéres la grace de Fabius. ces li mettoit les faisceaux aux piés

Appius représenta au fénat que les du peuple , comme pour rendre homdésordres venoient de la licence damage a son souverain. Les ticteurs du peuple & du peu de pouvoir des con- dictateur & des décemvirs dontit n'y Tuls. Pour y [b] remédier , ajouta- avoit point d'appel au peuple, por. tit, créons un di&tateur dont il n'y a bient les faisceaux armés He haches. point d'appel au people. La dictature $. - Les comices ou assemblées généra ne duroit que fix mois: Fouvent même les du people se tenoient [/T par trile dictateur fe démettoit dès que le bus, ou par curies , ou par centuries, besoin de la république "pour lequel dans la grande place de Rome au pié

o - [8] Tribunos plebis appello, & provo- fent ad di&to parendum.Neque enim ut in co, ad populum, eumque tibi fugienti confulibus qui pari poteftate eflent, alteexcrcitis tui fugienti fenatûs judicium, rius auxilium , neque provocatio erat', nox judicem fero qui certè unus plus quàm cua que ullum usquàm pili in curâ parendi audictatura potelt polletque. Id.lib.8. xilium.Id. lib.2.

[th] fd adeo malum ex-provocatione. Qwinvins- en opinant fe fonde sur le même natum : quippe minas efle contulum non principe:Opus effe non forti folùm viro , fed imperium,ubi ad eos qui una peccaverint; etiam libero exolucoque legum vinculis. provocare liceat. Agedum,inquit, dictato. Id. lib. 4: rem à quo provocatio non eft, creemus. • ]Καίγας εξαι το δικτάτωes .9αναταTit. Liv. lib. 2. ',!!

fauntó Sixns očisi. Plutarch in Feb, Max, Cetre magiftrature imprima beaucoup de -[k]Platarch in Public.ir Perreur la premiére fois.'

[l]Comitia à cùm eundo dicta, & ut à - Creato di&atore primùm Roina y porta curiis curiata,fic a centuriis.centuriata,& quam præferri secures viderunt, magnus à tribubus tributa nomen açcepere Varr. plebcm metus inceflit, ut intentiores ef- de lign. latin, 'n

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du capitole, ou dans le champ de du nombre entier & une de plus. Des Mars, hors de la ville. Pour entendre fix classes instituées par Servius Tull'ordre qui se tenoit dans les comices, lias's la prémiére étoic composée de il faut distinguer la distribution du ceux qui avoient environ cent mille peuple insticuée par Romulus, & celle livres de bien: elle étoit divisée en qui fut introduite par Servius Tullius dix-huic centuries de chevaliers, & fixiéme roi de Rome - Romulus parta. quatre-vinges centuries de gens de pié. gea la nation en trois tribus & chaque Il faut entendre par [ n' ] centuries , tribu en dix curies. Chaque moribu non pas un nombre de cent citoïens, & chaque curie étoit égale soit par le mais la fousdivision d'une classe qui nombre des citoïens, fans égard aux formoit une voix dans les comis richesses, soit par le droit des fuffragesices. Cette prémiére clase quoique Servius Tullius aïane connu les facul- la moins nombreuse en citoïens écoit tés des citoïens par le dénombrements de beaucoup plus puissante en suffrapartagea la nacion en fix classes, dont ges; elle avoit quatre-vingt-dix-huit jes cinq premiéres étoient divisées en voix . La feconde classe composée de cent- quatre-vingt - douze centuries. ceux dont le bien montoit environ à Dans les comices tenus par tribus ou foixante & quinze mille livres étoit par curies, la pluralité des tribus ou divisée en vingt-deux centuries, & des curies décidoit , & chaque citoien avoic vingt-deux voix . La troisiéme avoit un droic égal de fuifrage dans classe de ceux qui avoient environ fa tribu ou dans la curie, enforte que cinquante mille livres, étoit divisée les plus riches des citoïens n'y 4- en vingt centuries, c'est-à-dire qu'elle voient aucun avantage sur les plus avoit vingt voix. La quacriéme de ceux pauvres. Les comices par curies ne le qui avoient environ vingt cinq mille tenoient que pour élire les Flamines's livres, étoit aussi diviséeen vinge cenc'est-à-dire les prêtres de Jupiter, de turies . La cinquiéme de ceux qui Mars, de Romulus, ou pour lélection avoient environ onze mille livres, étolo de quelque magistrats subalternes. Les partagée en trente deux cencuries, de comices par cribus- étoient moins fou qui composoit en tous les cent quatre. lemnels que ceux qui se tenoient par vingt-douze centuries. In centuries; ils n'étoient pas dirigés par Tout le relte du peuple étoit com. les augures, qui au commencement pris [o] dans la fixiéme classe. Si rouétoient touts tirés du corps des patri tes les centuries de la premiére' clase , ciens. Dans les comices tenus par centu. à la réserve d'und, étoient d'un sena ries les citoïens les plus riches avoient timent uniforme, l'affaire étoit déciun pouvoir entier pour la décision. dée, & les comices étoient finis: Silo

Pour qu'une affaire y paffàe ou y concours des 97. fuffrages ite fe troue fût rejettée, il falloit le concours de voit pas dans la prémiére classe, les 97. centuries, c'est-à-dire , la moitié voix de la seconde étoient comptées,

33 [m] Les tribus n'étoienr distinguées que par [n] Le terme de centurie dans certe signifing les différents quartiers qu'elles habitoient dans cation, n'étoit pas dérivé de nombre cent Rome . Les Curieséroient des sousdivisions des mais du mor cens ou

oufaculés, principaux quartiers. Bude, dans les notes sur [ 0 ] Ces pauvres cirozens érienn nommés, les Pandestesgles.compare Aux paroisses de nos Proletarii,comme ne jervant qu'à donner des villes,

enfants de la république. Ils n'étoient point oblia

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même de la troisiéme, de la quatrié surmonté la résistance que les patrime, & enfin de la cinquiéme , jusqu'à çiens firent pour le maintenir seuls ce qu'il se trovật 97. suffrages réuniș . dans la possession des honneurs & du Mais si les suffrages des 192.centu. commandement : & quoique les comiries se trouvoient partagés, de ma- çes portassent encore differents noms, niére qu'il y en eût 96. à approuver soit par rapport aux cérémonies des & 96,à rejetter, alors la fixiéme classe augures , soit par rapport au lieu où décidoit en se joignant à l'un ou l'au- ils étoient convoqués ; les suffrages se tre parti . Mais ce cas là étoit presque recueillojent dans les cribus également, impossible, & n'eft peut être jamais & le comptoient par têtes. Fabius Rularrivé. Cependant on prenoit les voix lus [9] qui fut cinq fois consul , & de chaque citoien dans toutes les claf- remporta plusieurs victoires sur les ses, de même que si elles euflent dû Samnites, sur les Toscans, & autres contribuer en quelque chose à la dé- ennemis de la république , eue le surcilion . Ainsi Servius Tullius ôta aux nom de très grand, non pour aucune pauvres toute l'autorité: car les riches de les victoires, mais parce que penqui compofoient les classes les moins dant la censure, il sépara toute la po. nombreuses avoient un bien plus grand pulace de Rome en quatre cribus, aunombre de voix, & outre cela la pré- lieu qu'auparavant elle étoit dispersée rogative de donner les prémịers suffra- dans toutes les tribus, & avoit par le ges, qui décidoient le plus souvent, nombre des suffrages cout pouvoir sans qu'il fûc besoin de compter ceux dans les comices, Les suffrages étant des classes suivantes. Mais le citoïen comptés par cribus, & les tribus compauvre qui donnoit son suffrage dans posées des citoiens choisis & renduës fa centurie comme auparavant, ne inégales par le nombre de ceux qui y s'appercevoit pas qu'il n'avoit plus de donnoient leurs voix, ces comices eu. part à la décision , & la multitude se rent quelque ressemblance avec ceux trouva dépouillée de toute - autorité, qui se tenoient par centuries. Le nomfans être mécontente :

bre des tribus. fut augmenté jusqu'à Il étoit juste que les riches qui trente-cinq. Servius Sulpicius tribun fupportoient les dépenses de la guerre du peuple entreprit long-temps après à proportion de leurs biens, eussent de confondre le menu peuple dans plus de part au gouvernement. Car toutes les cribus, mais il fut cué avant jusqu'à l'an 347. de Rome, les trou. que de pouvoir exécuter son dessein. pes Romaines [p] faisoient la guerre Lorsque les peuples d'Italie eurent à leurs dépends, & ne recevoient au. le droit de bourgeoisie & de suffrage cune pare de la république. La distin- par la faveur des Gracques: ce qui fuc ction de suffrages par centuries ne du- confirmé depuis par d'autres magisra pas long-temps . L'égalité fut réta- crats, touts les peuples d'Italie furent blie, lorsque la puissance tribun.ien rangés & distribués [r) en huit tribus ne & l'autorité des plébéiens eurent séparees, de peur qu'une si grande gés d'aller à la guerre , ni de compribuer aux [9] ). Fabius Maximus le temporiseur de. charges publiques

fcendoit de lui au quatrième degré : [p] Anno urbis conditae 347.fenatus de- [r] Ne potentia eorum multitudo ve. crevit ut stipendium miles de publico ac- terum civium dignitatem frangeret ciperet, cùm ante id tempus de fuo quif- plufque poffent recepti in beneficium , que fundus eo manere eflet.Tir. Liv.lib.4. quàm autores beneficii.Vell.Paterc.

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multitude, fi elle étoit confonduë dans les suffrages se donnérent [u] de vivo les tribus, n'ộcât aux anciens citoïens voix: depuis la loi Gabinia, on posta toute autorité dans les comices. Le à la porte de chaque pont des officiers nombre des tribus monta alors à qua. [x] publics, pour diftribuer à ceut rante - crois. Cornelius Cinna consul qui se présentoient, autant des petites voulant gagner l'affection des peuples tablettes qu'il y avoit de candidats, d'Italie , proposa de les incorporer ou de prétendants aux élections, dont dans toutes les tribus indifféremment ; les prénom, nom , & surnom étoient ce qui n'eut pas lieu. Toute l'Italie fut écrits en lettres iniciales. Les fuffrages mise en combustion par la guerre foc étoient recueillis dans des corbeilles ciale ou des alliés, excicée au sujet de ou dans des urnes pas d'autres [y] of-. la prétention qu'avoient touts les peu- ficiers, & par ceux-ci remis encore à ples Latins de partager avec les anciens [z] d'autres. Dans les procès crimi. Romains le droit de bourgeoisic & de nels, on remettoit à chacun de ceux suffrage dans les comices.

qui avoient droit de suffrage, trois taAprès avoir expliqué ce qui regar- blettes ; l'une marquée [a] par A. l'aude le droit des suffrages, examinons tre par C; la troisiéme par N. L.Les quelle en étoit la forme. Les comices comices s'assembloient pour trois cho. par centuries ou par tribus s'alfem-. ses; pour établir une loi, pour juger bloient au champde Mars dans le mês un citoïen accusé d'un crime capital, me ordre que li l'armée eût été ran- & pour élire les magistrats . gée en bataille , avec cette différen- Les Censeurs plaçoient chaque cice seulement que chaque citoïen n'étoit toïen dans la centurie où il devoit être armé que lorsqu'il falloic marcher à proporcion du cens ou de la valeur de contre l'ennemi. Les comices par cu- fon bien. Cette magistrature qui fut un ries s'assembloient dans la grande place démembrement du Consulat, fue établie dans Rome. Le consul monté sur la l'an de Rome 3 10. pour faire le dénomtribune instruisoic le peuple de l'af- brement des citoïens & une évaluation faire. Les centuries étoient introdui- exacte de leurs biens.Ils étendirent leur tes, suivant leur rang, ou les tribus pouvoir à la réforme du luxe & des & lescuries à mesure qu'elles le pré- mours. Les sénateurs & les chevaliers sentoient, dans un enclos [s] faic de étoient soumis à la censure, comme le pienx en forme de ces parcs où l'on simple peuple. Lescenseurs pouvoidet enferme les moutons. Oliy entroit par leur ôter le rang & les prérogatives de un chemin fort étroit, un à un entre sénateurs & de chevaliers, & même les deux barriéres, & ce pasage s'appel- priviléges de cicoïens Romains.Bodin[b] loit [+] le pont. A la porte de l'en- regarde cecte magistrature, comme l'inclos on trouvoit un officier public pour ficution la plus sage & la police la plus recevoir le suffrage: Pendant 614. ans utile qui ait été dans aucun gouverne.

[s] Ce parc s'appelloit Ovile, 'dan leptum.

[1] Il y avoir,se!on les uns, autant de ces ponts que de tribus; dgn selon les autres, il y en azoit autant que de centuries.

(u] Per ces courtes paroles, uti rogas, pour l'affirmative;ou antiquo fous enrendant jure ftandum est pour la négative.

[x]Ces officiers étoient nommés Diribitores.
[y] Nommés Rogacores.
[z] On les appelloie Custodes.

[a] A. marquoir absolvo;C.condemno; NL.non liquet, ce qui revenoit à notre plus amplement informé.

[6] Bodin, de la république,p.640.

ment.Valére Maxime[c]eft d'avis que la tour de Sylla fut encore plus cruel. 11 sévérité des censeurs a été plus utile à la ne respiroit que la fureur [e ] & la venrépublique Romaine que les victoires. geance. Il ft afficher pendant trois + Mais le gouvernement de Rome, jours les funestes tables,où étoient écrits malgré le sage établissement de ses ma- les noms de plus de deux mille sénateurs gistratures,fut livré à des discardes pref- ou chevaliers proscries. Metellus deque continuelles. Pendant que les états manda à Sylla quelles bornes il metroit de la république ne s'étendoient qu'à aux maux publics:Nous ne vous deman. quelque territoire autour de Rome , les dons pas, continua-c-il, de sauver ceux agitations de cette commune inquiéce se que vous avez résolu de faire périr,mais, bornoient à des émeutes, au refus des seulement de cirer d'inquiétude. & de enrôlements , à quitter le séjour de Ro. crainte ceux que vous avez intention de me,à le retirer sur une colline prochai. fauyer. Sylla répondit qu'il ne sçavoit, ne: mais lorsque les Romains furent les pas encore ceux qu'il fauvereit. Si maîtres du monde,leurs discordes inter- quelqu'un donnoit quelque fecours à tines furent bien plus funestes,& décide- un profcrit, la mort

étoit le salaire de rent du fort de l'univers „Dans les com- cette humavité, sans

cette humanité, sans excepter même mencements de la république, Rome fuc celui qui auroit secouru unfrére, un plusieurs fois en danger de périr , parce fils, un pére; au contraire la récompenque les cicoïensétoient fi acharnés aux fe de chaque homicide étoit de deux discordes intestines, qu'ils aimoient talents; fuc ce un esclave qui eût tué mieux demeurer exposés aux invasions fon maître, qu un fils qui eût tué des ennemis, que de se réunir pour leur son pére. La vengeance & la haine imcommune défense.Dans le temps que les molojent moins de victimes, que la conennemisétoient aux portes, les tribuns voitise des richesses. On pouvoit dire: s'opposoient aux enrôlements,& empê. Celuici c'est la belle maison qui l'a choient le peuple de prendre les armes. fait mourir; celui-là ce sont ses beaux Peu s'en fallut que Coriolan ne détruir jardins ; cet autre ce sont les bains masît sa patrie,pour se venger de ce que le gnifiques. Q. Aurelius qui ne se mépeuple prétendoit s'égaler à la noblese: leic d'aucune affaire, & qui croïoit n'a. d'autres en flattant le peuple tâchérent voir d'autre part à ces miséres publide changer le gouvernement,& de s'em. ques, que celle qu'il y prenoit naturelparer de toute l'autorité. Manlius Capi- lement par la compalljon qu'il avoit de

tolinus Spurius Melius, Spurius Cassius ceux qui les souffroient, s'arrêta par les Gracques & Catilina conspirérent curiosité à lire dans l'affiche les noms contre la liberté de leur patrie. Les loix des proscrits, & yažant trouvé le sien agraires [d] servirent de prétexte à il s'écria: Ah! malheureux que je suis, touts les ambitieux qui fondoient leurs c'est ma maison d'Albe qui est cause projets sur l'affection de la commune, de ma perte. A quelque pas de-là, il Lorsque Cinna & Marius entrérent à rencontra les allállins qui le chermain armée dans Rome, les satellites choient, & il fut massacre. Jules Céde Marius poignardoient touts ceux à sar dans la victoire n'usa que de gé. qui il ne rendoit pas le salut. Le re- nérosité & de clémence : mais les hor

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reurs

[c] Val. Max. lib. 2.cap.9.
[d] Il est parlé des loix agraires dans le

chapitre des loix

[e] Plutarch. in Syll,

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