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croire que

trer des marques qu'ils sont dans le véritable La véritable piété, qui ne se trouve parfaite chemin. Mais ces peines-là ne sont pas sans que dans le ciel, est si pleine de satisfactions, plaisirs, et ne sont jamais surmontées que par qu'elle en remplit et l'entrée, et le progrès, et le plaisir. Car de même que ceux qui quittent le couronnement. C'est une lumière si éclaDieu pour retourner au monde ne le font que tante, qu'elle rejaillit sur tout ce qui lui parcequ'ils trouvent plus de douceurs dans les appartient. S'il y a quelque tristesse mêlée, et plaisirs de la terre que dans ceux de l'union sur-tout à l'entrée, c'est de nous qu'elle vient, avec Dieu, et que ce charme victorieux les

et non pas de la vertu; car ce n'est pas l'effet entraine, et, les faisant repentir de leur de la piété qui commence d'être en nous, mais premier choix, les rend des pénitents du diable, de l'impiété qui y est encore. Otons l'impiété, selon la parole de Tertullien : de même on ne et la joie sera sans mélange. Ne nous en quitteroit jamais les plaisirs du monde pour prenons donc pas à la dévotion, mais à nousembrasser la croix de Jésus-Christ, si on ne mêmes, et n'y cherchons du soulagement que trouvoit plus de douceur dans le mépris, dans par notre correction. la pauvreté, dans le dénuement et dans le rebut des hommes, que dans les délices du pé

XXIX. ché. Et ainsi, comme dit Tertullien, il ne faut pas la vie des Chrétiens soit une vie

Le passé ne doit point nous embarrasser, de tristesse. On ne quitte les plaisirs que pour fautes ; mais l'avenir doit encore moins nous

puisque nous n'avons qu'à avoir regret de nos d'autres plus grands. Priez toujours, dit saint

toucher, puisqu'il n'est point du tout à notre Paul, rendez graces toujours,' réjouissez-vous toujours. (1 Thess., 5, 16, 17, 18.) C'est la égard, et que nous n'y arriverons peut-être joie d'avoir trouvé Dieu, qui est le principe de jamais. Le présent est le seul temps qui est

véritablement à nous, et dont nous devons la tristesse de l'avoir offensé, et de tout le changement de vie. Celui qui a trouvé un trésor être principalement rapportées. Cependant le

user selon Dieu. C'est là où nos pensées doivent dans un champ en a une telle joie, selon Jésus- monde est si inquiet, qu'on ne pense presque Christ, qu'elle lui fait vendre tout ce qu'il a jamais à la vie présente et à l'instant où l'on pour l'acheter. (Matth., 13, 44.) Les

gens

du monde ont leur tristesse ; mais ils n'ont point est toujours en état de vivre à l'avenir, et

vit, mais à celui où l'on vivra. De sorte qu'on celle joie que le monde ne peut donner, ni jamais de vivre maintenant. Notre Seigneur n'a ôter, dit Jésus-Christ même. (JOAN., 14, 27 et 16, 22.) Les bienheureux ont cette joie sans loin que le jour où nous sommes. Ce sont les

pas voulu que notre prévoyance s'étendit plus aucune tristesse ; et les Chrétiens ont cette joie bornes qu'il nous fait garder, et pour notre mêlée de la tristesse d'avoir suivi d'autres

salut, et pour notre propre repos. plaisirs, et de la crainte de la perdre par l'attrait de ces autres plaisirs qui nous tentent

XXX. sans relâche. Ainsi nous devons travailler sans cesse à nous conserver cette crainte, qui con On se corrige quelquefois mieux par la vue serve et modère notre joie ; et, selon qu'on se du mal que par l'exemple du bien ; et il est bon sent trop emporter vers l'un, se pencher vers de s'accoutumer à profiter du mal, puisqu'il l'autre pour

demeurer debout. Souvenez-vous est si ordinaire, au lieu que le bien est si rare. des biens dans les jours d'affliction, et souvenez

XXXI. vous de l'affliction dans les jours de réjouissance, dit l'Écriture (Eccl., 11, 27.), jusqu'à Dans le treizième chapitre de saint Marc, ce que la promesse que Jésus-Christ nous a Jésus-Christ fait un grand discours à ses faite de rendre sa joie pleine en nous, soit apôtres sur son dernier avènement : et comme accomplie. Ne nous laissons donc pas abattre à tout ce qui arrive à l'Église arrive aussi à la tristesse, et ne croyons pas que la piété ne chaque chrétien en particulier, il est certain consiste qu'en une amertume sans consolation. que tout ce chapitre prédit aussi bien l'état de

chaque personne qui, en se convertissant, rien. Ses sentiments sur l'homicide volontaire
détruit le vieil homme en elle, que l'état de et sur la mort sont horribles. Il inspire une
l'univers entier qui sera détruit pour faire nonchalance du salut, sans crainte et sans re-
place à de nouveaux cieux et à une nouvelle pentir. Son livre n'étant point fait pour porter
terre, comme dit l'Écriture. (II PIER., 3, 13.) à la piété, il n'y étoit pas obligé : mais on est
La prédiction qui y est contenue de la ruine du toujours obligé de ne pas en détourner. Quoi
temple réprouvé, qui figure la · ruine de qu'on puisse dire pour excuser ses sentiments
l'homme réprouvé qui est en chacun de nous, trop libres sur plusieurs choses, on ne sauroit
et dont il est dit qu'il ne sera laissé pierre sur excuser en aucune sorte ses sentiments tout
pierre, marque qu'il ne doit être laissé aucune païens sur la mort; car il faut renoncer à toute
passion du vieil homme; et ces effroyables piété, si on ne veut au moins mourir chrétien-
guerres civiles et domestiques représentent si nement : or, il ne pense qu'à mourir lâchement
bien le trouble intérieur que sentent ceux qui et mollement par tout son livre,
se donnent à Dieu, qu'il n'y a rien de mieux
peint, etc.

XXXV.
XXXII.

Ce qui nous trompe, en comparant ce qui Le Saint-Esprit repose invisiblement dans les s'est passé autrefois dans l'Église à ce qui s'y reliques de ceux qui sont morts dans la

voit maintenant, c'est qu'ordinairement on re

grace de Dieu, jusqu'à ce qu'il y paroisse visiblement garde saint Athanase, sainte Thérèse et les audans la résurrection; et c'est ce qui rend les re

tres saints, comme couronnés de gloire. Présenliques des saints si dignes de vénération. Cartement que le temps a éclairci les choses, cela Dieu n'abandonne jamais les siens, non pas l'on persécutoit ce grand saint, c'étoit un homme

paroît véritablement ainsi. Mais au temps que même dans le sépulcre, où leurs corps, quoique morts aux yeux des hommes, sont plus vivants qui s'appeloit Athanase; et sainte Thérèse, dans devant Diei, à cause que le péché n'y est plus : Élie étoit un homme comme nous , et sujet aux

le sien, étoit une religieuse comme les autres. au lieu qu'il y réside toujours durant cette vie, au moins quant à sa, racine : car les fruits du

mêmes passions que nous , dit l'apôtre saint Jacpéché n'y sont pas toujours; et cette malheu- ques (JACQ., 5, 17), pour désabuser les Chrétiens reuse racine, qui en est inséparable pendant la de cette fausse idée qui nous fait rejeter l'exenvie, fait qu'il n'est pas permis de les honorer ple des saints, comme disproportionné à notre alors, puisqu'ils sont plutôt dignes d'être haïs.

état : c'étoient des saints, disons-nous, ce n'est C'est pour cela que la mort est nécessaire pour

pas comme nous. mortifier entièrement cette malheureuse racine;

XXXVI. et c'est ce qui la rend souhaitable.

A ceux qui ont de la répugnance pour la reXXXII.

ligion, il faut commencer par leur montrer Les élus ignoreront leurs vertus, et les re- qu'elle n'est point contraire à la raison ; ensuite, prouvés leurs crimes. Seigneur, diront les uns

qu'elle est vénérable, et en donner du respect; et les autres, quand vous avons-nous vu avoir après, la rendre aimable, et faire souhaiter faim? etc. (MATTH., 25, 37, 44.)

qu'elle fùt vraie; et puis, montrer par les preliJésus-Christ n'a point voulu du témoignage

ves incontestables qu'elle est vraie; faire voir des démons, ni de ceux qui n'avoient pas voca

son antiquité et sa sainteté par sa grandeur et tion; mais de Dieu et de Jean-Baptiste.

par son élévation, et enfin qu'elle est aimable,

parcequ'elle promet le vrai bien. XXXIV.

Un mot de David , ou de Moïse, comme ce

lui-ci, Dieu circoncira les caurs (Deut., 30, 6), Les défauts de Montaigne sont grands. Il est fait juger de leur esprit. Que tous les autres plein de mots sales et déshonnêtes. Cela ne vaut discours soient équivoques, et qu'il soit incer

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tain s'ils sont de philosophes ou de chrétiens , l'orage, lorsqu'on est assuré qu'il ne périra un mot de cette nature détermine tout le reste. point. Les persécutions qui travaillent l'Église Jusque-là l'ambiguité dure, mais non pas après. sont de cette nature.

De se tromper en croyant vraie la religion L'histoire de l'Église doit être proprement chrétienne , il n'y a pas grand chose à perdre. appelée l'histoire de la vérité. Mais quel malheur de se tromper en la croyant fausse !

XLII.
XXXVII.

Comme les deux sources de nos péchés sont Les conditions les plus aisées à vivre selon le l'orgueil et la paresse, Dieu nous a découvert en monde sont les plus difficiles à vivre selon Dieu: lui deux qualités pour les guérir : sa misériet, au contraire, rien n'est si difficile selon le corde et sa justice. Le propre de la justice est monde que la religieuse; rien n'est plus fa- d'abattre l'orgueil ; et le propre de la miséricile que de la passer selon Dieu : rien n'est plus corde est de combattre la paresse en invitant aisé

que d'être dans une grande charge et dans aux bonnes auvres , selon ce passage : La mide grands biens selon le monde; rien n'est plus séricorde de Dieu invite à la pénitence (Rom., 2, difficile que d'y vivre selon Dieu, et sans y 4); et cet autre des Ninivites : Faisons pénitence prendre de part et de goût.

pour voir s'il n'auroit point pitié de nous. (Jon.,

3,9.) Ainsi, tant s'en faut que la miséricorde XXXVIII.

de Dieu autorise le relâchement, qu'il n'y a

rien, au contraire, qui le combatte davantage; L'ancien Testament contenoit les figures de et qu'au lieu de dire : S'il n'y avoit point en la joie future, et le nouveau contient les moyens Dieu de miséricorde, il faudroit faire toutes d'y arriver. Les figures étoient de joie, les sortes d'efforts pour accomplir ses préceptes ; moyens sont de pénitence; et néanmoins l'a- il faut dire, au contraire, que c'est parcequ'il gneau pascal étoit mangé avec des laitues sau- y a en Dieu de la miséricorde, qu'il faut faire vages, cum amaritudinibus (Exod. , 12, 8, ex

tout ce qu'on peut pour les accomplir.
Hebr.), pour marquer toujours qu'on ne pou-
voit trouver la joie que par l'amertume.

XLIII.
XXXIX.

Tout ce qui est au monde est concupiscence Le mot de Galilée, prononcé comme par ha- de la chair, ou concupiscence des yeux, ou orsard par la foule des Juifs, en accusant Jésus- gueil de la vie (1 Joan., 2, 16), libido sentiendi, Christ devant Pilate (Luc, 23, 5), donna sujet libido sciendi, libido dominandi. Malheureuse la à Pilate d'envoyer Jésus-Christ à Hérode, en

ierre de malédiction que ces trois fleuves de feu quoi fut accompli le mystère , qu'il devoit être embrasent plutôt qu'ils n'arrosent! Heureux jugé par les Juifs et les Gentils. Le hasard en

ceux qui, étant sur ces fleuves , non pas plonapparence fut la cause de l'accomplissement du ges, non pas entrainés, mais immobilement

affermis ; non pas debout, mais assis dans une mystère. XL.

assiette basse et sûre, dont ils ne se relèvent ja

mais avant la lumière, mais, après s'y être reUn homme me disoit un jour qu'il avoit posés en paix , tendent la main à celui qui doit grande joie et confiance en sortant de confes- les relever, pour les faire tenir debout et fernies sion; un autre me disoit qu'il étoit en crainte. dans les porches de la sainte Jérusalem , où ils Je pensai sur cela que de ces deux on en feroit n'auront plus à craindre les attaques de l'orun bon, et que chacun manquoit en ce qu'il gueil; et qui pleurent cependant, non pas de n'avoit pas le sentiment de l'autre.

voir écouler toutes les choses périssables, mais

dans le souvenir de leur chère patrie, de la JéXLI.

rusalem céleste, après laquelle ils soupirent sans Il y a plaisir d'être dans un vaisseau battu de cesse dans la longueur de leur exil !

XLIV.

jamais (car les capitaines et les princes mêmes

sont toujours esclaves et dépendants); mais il On parle ainsi quand on ne le voit pas. Les rai- espère toujours l'indépendance, et travaille tousons qui, étant vues de loin, semblent borner jours à y venir; au lieu que le chartreux fait notre vue, ne la bornent plus quand on y est

veu de ne jamais être indépendant. Ils ne diffèarrivé. On commence à voir an-delà. Rien n'ar- deux ont toujours, mais dans l'espérance que arrivé. On commence à voir an-delà. Rien n'ar rent pas dans la servitude perpétuelle que tous rète la volubilité de notre esprit. Il n'y a point, l'un a toujours, et que l'autre n'a pas. dit-on, de règle qui n'ait quelque exception, ni de vérité si générale qui n'ait quelque face par

XLIX. où elle manque. Il suffit qu'elle ne soit pas ab

La propre volonté ne se satisferoit jamais solument universelle pour nous donner prétexte quand elle auroit tout ce qu'elle souhaite; mais d'appliquer l'exception au sujet présent, et de on est satisfait dès l'instant qu'on y renonce. dire : Cela n'est pas toujours vrai; donc il y a Avec elle, on ne peut être que malcontent; sans des cas où cela n'est pas. Il ne reste plus qu'à elle, on ne peut être que content. montrer que celui-ci en est ; et il faut être bien

La vraie et unique vertu est de se haïr, car maladroit, si on n'y trouve quelque jour.

on est haïssable par sa concupiscence; et de XLV.

chercher un être véritablement aimable, pour

l'aimer. Mais comme nous ne pouvons aimer La charité n'est pas un précepte figuratif. ce qui est hors de nous, il faut aimer un Dire que Jésus-Christ, qui est venu ôter les être qui soit en nous, et qui ne soit pas nous. figures pour mettre la vérité, ne soit venu que Or, il n'y a que l'Être universel qui soit tel. Le pour mettre la figure de la charité, et pour en royaume de Dieu est en nous (Luc, 17, 21); le ôter la réalité qui étoit auparavant : cela est bien universel est en nous, et n'est pas nous. horrible.

Il est injuste qu'on s'attache à nous, quoiqu'on XLVI.

le fasse avec plaisir et volontairement. Nous Combien les lunettes nous ont-elles décou- tromperons ceux à qui nous en ferons naître le vert d'êtres qui n'étoient point pour nos philo-desir; car nous ne sommes la fin de personne, sophes d'auparavant! On attaquoit franchement et nous n'avons pas de quoi les satisfaire. Ne l'Écriture sainte sur le grand nombre des étoiles, sommes-nous pas prêts à mourir? Et ainsi l'oben disant : Il n'y en a que mille vingt-deux ; jet de leur attachement mourroit. Comme nous nous le savons.

serions coupables de faire croire une fausseté, XLVII.

quoique nous la persuadassions doucement , et

qu'on la crût avec plaisir, et qu'en cela on nous L'homme est ainsi fait , qu'à force de lui dire fit plaisir : de même nous sommes coupables, si qu'il est un sot, il le croit; et à force de se le nous nous faisons aimer, et si nous attirons les dire à soi-même, on se le fait croire. Car l'homme gens à s'attacher à nous. Nous devons avertir fait lui seul une conversation intérieure, qu'il ceux qui seroient prêts à consentir au mensonge importe de bien régler : Corrumpunt mores bo- qu'ils ne doivent pas le croire, quelque avantage nos colloquia mala. (I Cor., 15, 33.) Il faut se qui nous en revînt. De même nous devons les tenir en silence autant qu'on peut, et ne s'en- avertir qu'ils ne doivent pas s'attacher à nous ; tretenir que de Dieu ; et ainsi on se le persuade car il faut qu'ils passent leur vie à plaire à Dieu, à soi-même.

ou à le chercher. XLVII.

· Tout en suivant scrupuleusement le texte, je crois devoir Quelle différence entre un soldat et un char- relever cette faute d'expression. Fréts à mourir signifie pré

parés, disposés à la mort. La pensée même de l'auteur indique treux , quant à l'obéissance ? Car ils sont égale- que ce n'est pas là ce qu'il a voulu dire. Il faudroit donc lire ment obéissants et dépendants, et dans des ici : Ne sommes-nous pas prés de mourir? Ce qui signifie, en exercices également pénibles. Mais le soldat es- d'autres termes : Notre vie est si courte, et sujette a tant d'ae

cidents, que nous ne pouvons jamais regarder la mort comme père toujours devenir maître, et ne le devient fort éloignée.

(Note de l'édit. de 1822.)

L.

dans la foiblesse et dans l'agonie, affronter un C'est être superstitieux de mettre son espé

Dieu tout-puissant et éternél? rance dans les formalités et dans les cérémo

LVI. nies; mais c'est être superbe de ne vouloir pas

Je crois volontiers les histoires dont les tés'y soumettre. LI.

moins se font égorger. Toutes les religions et toutes les sectes du

LVII. monde ont eu la raison naturelle pour guide. Les seuls Chrétiens ont été astreints à prendre crainte vient du doute. La bonne crainte porte

La bonne crainte vient de la foi; la fausse leurs règles hors d'eux-mêmes, et à s'informer

à l'espérance, parcequ'elle nait de la foi, et de celles que Jésus-Christ a laissées aux anciens pour nous être transmises. Il y a des gens que vaise porte au désespoir, parcequ'on craint le

qu'on espère au Dieu que l'on croit : la maucette contrainte lasse. Ils veulent avoir, comme Dieu auquel on n'a point de foi. Les uns crailes autres peuples, la liberté de suivre leurs imaginations. C'est en vain que nous leur crions,

gnent de le perdre, et les autres de le trouver. comme les prophètes faisoient autrefois aux

LVIII. Juifs : Allez au milieu de l'Église; informezvous des lois que les anciens lui ont laissées, et sui Salomon et Job ont le mieux connu la misère vez ses sentiers. Ils répondent comme les Juifs : de l'homme, et en ont le mieux parlé : l'un le Nous n'y marcherons pas : nous voulons suivre les plus heureux des hommes, et l'autre le plus pensées de notre cour, et être comme les autres malheureux ; l'un connoissant la vanité des plaipeuples.

sirs par expérience, l'autre la réalité des maux. LII.

LIX. Il y a trois moyens de croire : la raison, la coutume et l'inspiration. La religion chrétienne, Les païens disoient du mal d'Israël, et le proqui seule a la raison, n'admet pas pour ses vrais phète aussi : et lant s'en faut que les Israélites enfants ceux qui croient sans inspiration : ce eussent droit de lui dire : Vous parlez comme n'est pas qu'elle exclue la raison et la coutume; les païens; qu'il fait sa plus grande force sur ce au contraire, il faut ouvrir son esprit aux preu- que les païens parlent comme lui. (ÉzÉCHIEL.) ves par la raison, et s'y conformer par la coutume; mais elle veut qu'on s'offre par l'humi

LX. liation aux inspirations, qui seules peuvent faire le vrai et salutaire effet : Ut non evacuetur

Dieu n'entend pas que nous soumettions notre crux Christi. (I Cor., 1, 17.)

croyance à lui sans raison, ni nous assujettir avec

tyrannie. Mais il ne prétend pas aussi nous renLIII.

dre raison de toutes choses; et pour accorder

ces contrariétés, il entend nous faire voir claiJamais on ne fait le mal si pleinement et si

rement des marques divines en lui, qui nous congaiement que quand on le fait par un faux prin- vainquent de ce qu'il est, et s'attirer autorité cipe de conscience.

par des merveilles et des preuves que nous ne LIV.

puissions refuser ; et qu'ensuite nous croyions

sans hésiter les choses qu'il nous enseigne quand Les Juifs, qui ont été appelés à dompter les nations et les rois, ont été esclaves du péché; et

nous n'y trouverons d'autre raison de les refules Chrétiens, dont la vocation a été à servir et connoître si elles sont ou non.

ser, sinon que nous ne pouvons par nous-mêmes à être sujets, sont les enfants libres. LV.

LXI. Est-ce courage à un homme mourant d'aller, Il n'y a que trois sortes de personnes : les uns

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