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21.)

choses , mais seulement en l'amour de Dieu, et devant vous la mort et la vie, afin que vous choique Dieu réprouvoit toutes les autres choses. sissiez la vie, et que vous aimiez Dieu, et que vous

Que Dieu n'avoit point d'égard au peuple lui obéissiez , car c'est Dieu qui est votre vie. charnel qui devoit sortir d'Abraham.

(Deut., 30, 19, 20.) Que les Juifs seront punis de Dieu comme les Il est dit que les Juifs, faute de cet amour, étrangers, s'ils l'offensent. Si vous oubliez Dieu, seroient réprouvés pour leurs crimes, et les et que vous suiviez des dieux étrangers, je vous païens élus en leur place. Je me cacherai d'eux prédis que vous périrez de la même manière que dans la vue de leurs derniers crimes ; car c'est une les nations que Dieu a exterminées devant vous. nation méchante et infidèle. (Deut., 32, 20, 21.) (Deut., 8, 19, 20.)

Ils m'ont provoqué à courroux par les choses qui Que les étrangers seront reçus de Dieu comme ne sont point des dieux; et je les provoquerai à les Juifs, s'ils l'aiment.

jalousie par un peuple qui n'est pas mon peuple, Que les vrais Juifs ne considéroient leur mé- el par une nation sans science et sans intelligence. rite que de Dieu, et non d'Abraham. Vous êtes (Is., 65.) véritablement notre Père, et Abraham ne nous a Que les biens temporels sont faux, et que le pas connus , et Israël n'a pas eu connoissance de vrai bien est d'être uni à Dieu. (Ps., 72.) nous; mais c'est vous qui êtes notre Père et notre Que leurs fêtes déplaisent à Dieu. (Amos., 5, Rédempteur. (Is., 63, 16.)

Moise même leur a dit que Dieu n'accepteroit Que les sacrifices des Juifs déplaisent à Dieu, pas les personnes. Dieu, dit-il, n'accepte pas les et non seulement des méchants Juifs, mais qu'il personnes, ni les sacrifices. (Deut., 10, 17.) ne se plaît pas même en ceux des bons, comme

Je dis que la circoncision du coeur est ordon- il paroît par le psaume 49, où, avant que d'anée. Soyez circoncis du cour; retranchez les su- dresser son discours aux méchants par ces paperfluités de votre cour, et ne vous endurcissez roles : Peccatori autem dixit Deus , il dit qu'il ne pas; car votre Dieu est un Dieu grand , puissant veut point des sacrifices des bêtes, ni de leur et terrible, qui n'accepte pas les personnes. (Deut., sang. (Is., 66. JÉRÉM., 6, 20.) 10, 16, 17. JÉRÉM., 4, 4.)

Que les sacrifices des païens seront reçus de Que Dieu dit qu'il le feroit un jour. Dieu te Dieu ; et que Dieu retirera sa volonté des sacricirconcira le coeur et à tes enfants, afin que tu fices des Juifs. (MALACH., 1, 11.) l'aimes de tout ton cour. (Deut., 30, 6.)

Que Dieu fera une nouvelle alliance par le Que les incirconcis de coeur seront jugés. Car Messie , et que l'ancienne sera rejetée. (JÉRÉM., Dieu jugera les peuples incirconcis, et tout le 31, 31.) peuple d'Israël, parcequ'il est incirconcis de coeur. Que les anciennes choses seront oubliées. (Is., (JÉRÉM., 9, 25, 26.)

43, 18, 19.) II.

Qu'on ne se souviendra plus de l'arche. (JÉ

RÉM., 3, 16.) Je dis que la circoncision étoit une figurer Que le peuple seroit rejeté. (JÉRÉM., 7, 12) qui avoit été établie pour distinguer le peuple 13, 14.) juif de toutes les autres nations. (Genèse, 17, 11.) Que les sacrifices seroient rejetés, et d'autres

Et de là vient qu'étant dans le désert, ils ne sacrifices purs établis. (Malach., 1, 10, 11.) furent pas circoncis : parcequ'ils ne pouvoient Que l'ordre de la sacrificature d'Aaron sera se confondre avec les autres peuples, et que, réprouvé, et celle de Melchisedech introduite depuis que Jésus-Christ est venu, cela n'est plus par le Messie. (Ps., 109.) nécessaire.

Que cette sacrificature seroit éternelle. (Ibid) Que l'amour de Dieu est recommandé en tout. Que Jérusalem seroit réprouvée, et un nouJe prends à témoin le ciel et la terre, que j'ai mis veau nom donné. (Is., 65.)

Que ce dernier nom seroit meilleur que celui · Figure n'est pas le mot propre; il falloit dire un signe, une

des Juifs, et éternel. (Is., 56, 5.) marque. La Vulgate porte : Ut signum fæderis inter me

Que les Juifs devoient être sans prophètes,

ct ros.

sans rois, sans princes, sans sacrifices, sans au-Dieu, en parle. Elle nous dit bien que la beauté tel. (OSÉE, 3, 4.)

des créatures fait connoître celui qui en est l'auQue les Juifs subsisteroient toujours néan- teur; mais elle ne nous dit pas qu'elles fassent moins en peuple. (JÉRÉM., 31, 36.)

cet effet dans tout le monde. Elle nous avertit,

au contraire, que, quand elles le font, ce n'est ARTICLE XV.

pas par elles-mêmes, mais par la lumière que Dieu répand en même temps dans l'esprit de

ceux à qui il se découvre par ce moyen : Quod On ne connoît Dieu utilement que par

notum est Dei, manifestum est in illis ; Deus Jésus-Christ.

enim illis manifestavit. (Rom., 1, 19.) Elle nous I.

dit généralement que Dieu est un Dieu caché :

Verè tu es Deus absconditus (Is., 45, 15); et que La plupart de ceux qui entreprennent de depuis la corruption de la nature, il a laissé les prouver la divinité aux impies commencent hommes dans un aveuglement dont ils ne peud'ordinaire par les ouvrages de la nature, et ils vent sortir que par Jésus-Christ , hors duquel réussissent rarement. Je n'attaque pas la soli- toute communication avec Dieu nous est ôtée : dité de ces preuves consacrées par l'Écriture Nemo novit patrem nisi filius, et cui voluerit fisainte : elles sont conformes à la raison ; mais lius revelare. (Matth., 11, 27.) souvent elles ne sont pas assez conformes et C'est encore ce que l'Écriture nous marque, assez proportionnées à la disposition de l'esprit lorsqu'elle nous dit, en tant d'endroits, que de ceux pour qui elles sont destinées. ceux qui cherchent Dieu le trouvent; car on

Car il faut remarquer qu'on n'adresse pas ce ne parle point ainsi d'une lumière claire et évidiscours à ceux qui ont la foi vive dans le coeur, dente: on ne la cherche point; elle se découvre et qui voient incontinent que tout ce qui est et se fait voir d'elle-même. n'est autre chose que l'ouvrage du Dieu qu'ils

II. adorent. C'est à eux que toute la nature parle pour son auteur, et que les cieux annoncent Les preuves de Dieu métaphysiques sont si la gloire de Dieu. Mais pour ceux en qui cette éloignées du raisonnement des hommes, et si lumière est éteinte, et dans lesquels on a dessein impliquées, qu'elles frappent peu; et quand de la faire revivre, ces personnes destituées de cela serviroit à quelques uns, ce ne seroit que foi et de charité , qui ne trouvent que ténèbres pendant l'instant qu'ils voient cette démonstraet obscurité dans toute la nature, il semble que tion; mais, une heure après, ils craignent de ce ne soit pas le moyen de les ramener, que de s'être trompés. Quod curiositate cognoverint , ne leur donner pour preuves de ce grand et superbiâ amiserunt. important sujet que le cours de la lune ou des D'ailleurs ces sortes de preuves ne peuvent planètes, ou des raisonnements communs, et nous conduire qu'à une connoissance speculacontre lesquels ils se sont continuellement roi- live de Dieu : et ne le connoître que

de cette dis. L'endurcissement de leur esprit les a rendus sorte, c'est ne pas le connoître. sourds à cette voix de la nature, qui a retenti con

La Divinité des Chrétiens ne consiste pas en tinuellement à leurs oreilles ; et l'expérience fait un Dieu simplement auteur des vérités géomévoir que, bien loin qu'on les emporte par ce triques et de l'ordre des éléments; c'est la part moyen, rien n'est plus capable au contraire de des païens. Elle ne consiste pas simplement en les rebuter, et de leur ôter l'espérance de trou- un Dieu qui exerce sa providence sur la vie et ver la vérité, que de prétendre les en convain- sur les biens des hommes, pour donner une heucre seulement par ces sortes de raisonnements, reuse suite d'années à ceux qui l'adorent; c'est et de leur dire qu'ils doivent y voir la vérité à le partage des Juifs. Mais le Dieu d’Abraham et découvert.

de Jacob, le Dieu des Chrétiens , est un Dieu Ce n'est pas de cette sorte que l'Écriture, qui d'amour et de consolation : c'est un Dieu qui connoît mieux que nous les choses qui sont de remplit l'ame et le cour qu'il possède : c'est un

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Dieu qui leur fait sentir intérieurement leur qui sont deux choses que la religion chrétienne misère et sa miséricorde infinie ; qui s'unit au abhorre presque également. fond de leur ame; qui la remplit d'humilité, de Il faut donc tendre uniquement à connoître joie, de confiance, d'amour; qui les rend inca- Jésus-Christ, puisque c'est par lui seul que nous pables d'autre fin que de lui-même.

pouvons prétendre connoître Dieu d'une maLe Dieu des Chrétiens est un Dieu qui fait nière qui nous soit utile. sentir à l'ame qu'il est son unique bien ; que tout C'est lui qui est le vrai Dieu des hommes , son repos est en lui, et qu'elle n'aura de joie c'est-à-dire, des misérables et des pécheurs. Il est qu'à l'aimer; et qui lui fait en même temps abhor- le centre de tout et l'objet de tout : et qui ne le rer les obstacles qui la retiennent et l'empêchent connoît pas, ne connoit rien dans l'ordre du de l’aimer de toutes ses forces. L'amour-propre monde, ni dans soi-même. Car non seulement et la concupiscence qui l'arrêtent lui sont in- nous ne connoissons Dieu que par Jésus-Christ, supportables. Ce Dieu lui fait sentir qu'elle a ce mais nous ne nous connoissons nous-mêmes que fonds d'amour-propre, et que lui seul peut l'en par Jésus-Christ. guérir.

Sans Jésus-Christ, il faut que l'homme soit Voilà ce que c'est que de connoître Dieu en dans le vice et dans la misère ; avec Jésus-Christ, chrétien. Mais pour le connoître de cette ma- l'homme est exempt de vice et de misère. En lui nière, il faut connoître en même temps sa mi- est tout notre bonheur, notre vertu, notre vie, sère, son indignité, et le besoin qu'on a d'un notre lumière, notre espérance; et hors de lui, médiateur pour se rapprocher de Dieu, et pour il n'y a que vice, misère, ténèbres, désespoir, et s'unir à lui. Il ne faut point séparer ces connois nous ne voyons qu'obscurité et confusion dans sances, parcequ'étant séparées, elles sont non la nature de Dieu et dans notre propre nature. seulement inutiles , mais nuisibles. La connoissance de Dieu, sans celle de notre misère, fait

ARTICLE XVI. l'orgueil. La connoissance de notre misère, sans celle de Jésus-Christ, fait le désespoir. Mais la

Pensées sur les miracles. connoissance de Jésus-Christ nous exempte, et de l'orgueil, et du désespoir , parce que nous y

I. trouvons Dieu, notre misère, et la voie unique de la réparer.

Il faut juger de la doctrine par les miracles; Nous pouvons connoître Dieu sans connoître

il faut juger des miracles par la doctrine. La doc

trine discerne les miracles, et les miracles disnos misères; ou nos misères, sans connoître

cernent la doctrine. Tout cela est vrai ; mais cela Dieu; ou même Dieu et nos misères, sans connoitre le moyen de nous délivrer des misères

ne se contredit pas. qui nous accablent. Mais nous ne pouvons con

II. noitre Jésus-Christ sans connoître tout ensemble, et Dieu, et nos misères, et le remède de y a des miracles qui sont des preuves cernos misères; parceque Jésus-Christ n'est pas taines de la vérité, et il y en a qui ne sont pas simplement Dieu , mais que c'est un Dieu répa- des preuves certaines de la vérité. Il faut une rateur de nos misères.

marque pour les connoître; autrement ils seAinsi tous ceux qui cherchent Dieu sans Jé- roient inutiles. Or, ils ne sont pas inutiles, et sus-Christ ne trouvent aucune lumière qui les sont au contraire fondements. Il faut donc que satisfasse, ou qui leur soit véritablement utile. la règle qu'on nous donne soit telle, qu'elle ne Car, ou ils n'arrivent pas jusqu'à connoitre qu'il détruise pas la preuve que les vrais miracles ya un Dieu, ou s'ils y arrivent, c'est inutilement donnent de la vérité, qui est la fin principale pour eux; parce qu'ils se forment un moyen de des miracles. communiquer sans médiateur avec ce Dieu qu'ils S'il n'y avoit point de miracles joints à la fausont connu sans médiateur. De sorte qu'ils tom- seté, il y auroit certitude. S'il n'y avoit point de bent ou dans l'athéisme, ou dans le déisme, règle pour les discerner, les miracles seroient

II

-

inutiles, et il n'y auroit pas de raison de croire. . gnoit, et que les Juifs avoient obligation de le

Moïse en a donné une, qui est lorsque le mi- croire. Et, en effet, c'est particulièrement les racle mène à l'idolâtrie ( Deut., 13, 1, 2, 3); et miracles qui rendoient les Juifs coupables dans Jésus-Christ une : Celui, dit-il, qui fait des mi- leur incrédulité. Car les preuves qu’on eût pu tiracles en mon nom, ne peut à l'heure même mal rer de l'Écriture, pendant la vie de Jésus-Christ, parler de moi. (Marc, 9, 38.) D'où il s'ensuit que n'auroient pas été démonstratives. On y voit, par quiconque se déclare ouvertement contre Jésus- exemple, que Moïse a dit qu’un prophète vienChrist ne peut faire de miracles en son nom. droit; mais cela n'auroit pas prouvé que JésusAinsi, s'il en fait, ce n'est point au nom de Jé- Christ fût ce prophète: et c'étoit toute la quessus-Christ, et il ne doit pas être écouté. Voilà lion. Ces passages faisoient voir qu'il pouvoit les occasions d'exclusion à la foi des miracles, être le Messie; et cela, avec ses miracles, demarquées. Il ne faut pas y donner d'autres exclu- voit déterminer à croire qu'il l'étoit effectivesions : dans l'ancien Testament, quand on vous ment. détournera de Dieu; dans le nouveau, quand

IV. on vous détournera de Jésus-Christ.

D'abord donc qu'on voit un miracle, il faut, Les prophéties seules ne pouvoient pas prouou se soumettre, ou avoir d'étranges marques ver Jésus-Christ pendant sa vie. Et ainsi on n'eût du contraire; il faut voir si celui qui le fait nie pas été coupable de ne pas croire en lui avant sa un Dieu, ou Jésus-Christ et l'Église. mort, si les miracles n'eussent pas été décisifs.

Donc les miracles suffisent, quand on ne voit JII.

pas que la doctrine soit contraire ; et on doit y Toute religion est fausse, qui, dans sa foi, croire. n'adore pas un Dieu, comme principe de toutes Jésus-Christ a prouvé qu'il étoit le Messie, choses, et qui, dans sa morale, n'aime pas un en vérifiant plutôt sa doctrine et sa mission par seul Dieu, comme objet de toutes choses. Toute ses miracles que par l'Écriture et par les proreligion qui ne reconnoît pas maintenant Jésus- phéties. Christ est notoirement fausse, et les miracles C'est par les miracles que Nicodême reconne peuvent lui servir de rien.

noît que sa doctrine est de Dieu : Scimus quia à Les Juifs avoient une doctrine de Dieu, comme Deo venisti, magister; nemo enim potest hæc signa nous en avons une de Jésus-Christ, et confirmée facere que tu facis, nisi fuerit Deus cum eo. par miracles; et défense de croire à tous faiseurs (Joan., 3, 2.) Il ne juge pas des miracles par la de miracles qui leur enseigneroient une doctrine doctrine, mais de la doctrine par les miracles. contraire; et, de plus, ordre de recourir aux Ainsi, quand même la doctrine seroit suspecte, grands-prêtres, et de s'en tenir à eux. Et ainsi comme celle de Jésus-Christ pouvoit l'être à Nitoutes les raisons que nous avons pour refu- codême, à cause qu'elle sembloit détruire les ser de croire les faiseurs de miracles, il semble traditions des Pharisiens; s'il y a des miracles qu'ils les avoient à l'égard de Jésus-Christ et des clairs et évidents du même côté, il faut que l'éviapôtres.

dence du miracle l'emporte sur ce qu'il pourroit Cependant il est certain qu'ils étoient très cou- y avoir de difficulté de la part de la doctrine : pables de refuser de les croire, à cause de leurs ce qui est fondé sur ce principe immobile, que miracles, puisque Jésus-Christ dit qu'ils n'eus- Dieu ne peut induire en erreur. sent pas été coupables s'ils n'eussent point vu ses Il y a un devoir réciproque entre Dieu et les miracles : Si opera non fecissem in eis quæ nemo hommes.Accusez-moi, dit Dieu dans Isaïe. (Is., 1, alius fecit, peccatum non haberent. (JOAN., 15, 18.) Et en un autre endroit : Qu'ai-je faire à 24.) Si je n'avois fait parmi eux des cuvres que ma vigne que je ne lui aie fait? (Ibid., 5, 4.) jamais aucun autre n'a faites, ils n'auroient point Les hommes doivent à Dieu de recevoir la rede péché.

ligion qu'il leur envoie; Dieu doit aux hommes Il s'ensuit donc qu'il jugeoit que ses miracles de ne pas les induire en erreur. Or, ils seroient étoient des preuves certaines de ce qu'il ensei- I induits en erreur, si les faiseurs de miracles an

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nonçoient une fausse doctrine qui ne parût pas chrétien ; catholique, hérétique ; calomnies, ca-
visiblement fausse aux lumières du sens com- lomniateurs; entre les trois croix.
mun, et si un plus grand faiseur de miracles n'a C'est ce que l'on a vu dans tous les combats
voit déja averti de ne pas les croire. Ainsi, s'il de la vérité contre l'erreur, d'Abel contre Caïn,
y avoit division dans l'Église , et que les ariens, de Moïse contre les magiciens de Pharaon,
par exemple, qui se disoient fondés sur l'Écri- d'Élie contre les faux prophètes, de Jésus-
ture comme les catholiques, eussent fait des mi-Christ contre les Pharisiens, de saint Paul contre
racles, et non les catholiques, on eût été induit Barjésu, des apôtres contre les exorcistes, des
en erreur. Car, comme un homme qui nous an-chrétiens contre les infidèles, des catholiques
nonce les secrets de Dieu n'est pas digne d'être contre les hérétiques; et c'est ce qui se verra
cru sur son autorité privée, aussi un homme aussi dans le combat d'Élie et d'Énoch contre
qui, pour marque de la communication qu'il a l'Antechrist. Toujours le vrai prévaut en mi-
avec Dieu, ressuscite les morts, prédit l'avenir, racles.
transporte les montagnes, guérit les maladies, Enfin, jamais en la contention du vrai Dieu,
mérite d'être cru; et on est impie si on ne s'y ou de la vérité de la religion, il n'est arrivé de
rend, à moins qu'il ne soit démenti par quelque miracle du côté de l'erreur, qu'il n'en soit aussi
autre qui fasse encore de plus grands miracles, arrivé de plus grand du côté de la vérité.
Mais n'est-il pas

dit

que Dieu nous tente? Et Par cette règle, il est clair que les Juifs étoient ainsi ne peut-il pas nous tenter par des miracles obligés de croire Jésus-Christ. Jésus-Christ leur qui semblent porter à la fausseté?

étoit suspect; mais ses miracles étoient infiniIl y a bien de la différence entre tenter et in- ment plus clairs que

les

soupçons que l'on avoit duire en erreur. Dieu tente; mais il n'induit point contre lui. Il falloit donc le croire. en erreur. Tenter, c'est procurer les occasions Du temps de Jésus-Christ , les uns croyoient qui n'imposent point de nécessité. Induire en er- en lui, les autres n'y croyoient pas, à cause des reur, c'est mettre l'homme dans la nécessité de prophéties qui disoient que le Messie devoit naîconclure et suivre une fausseté : c'est ce que tre en Bethléem, au lieu qu'on croyoit que JéDieu ne peut faire, et ce qu'il feroit néanmoins, sus-Christ étoit né dans Nazareth. Mais ils des'il permettoit que, dans une question obscure, voient mieux prendre garde s'il n'étoit pas né il se fit des miracles du côté de la fausseté. en Bethléem ; car ses miracles étant convain

On doit conclure de là qu'il est impossible cants, ces prétendues contradictions de sa doc-
qu'un homme cachant sa mauvaise doctrine, et trine à l'Écriture, et cette obscurité, ne les
n'en faisant paroitre qu'une bonne, et se disant excusoient pas, mais les aveugloient.
conforme à Dieu et à l'Église, fasse des mira Jésus-Christ guérit l'aveugle-né, et fit quan-
cles pour couler insensiblement une doctrine tité de miracles au jour du sabbat, par où il
fausse et subtile : cela ne se peut. Et encore aveugloit les Pharisiens, qui disoient qu'il falloit
moins, que Dieu, qui connoît les cours, fasse juger des miracles par la doctrine.
des miracles en faveur d'une personne de cette Mais, par la même règle qu'on devoit croire
sorte.

Jésus-Christ, on ne devroit point croire l'Ante-
christ.

Jésus-Christ ne parloit ni contre Dieu , ni con-
Il y a bien de la différence entre n'être pas tre Moise. L'Antechrist et les faux prophètes,
pour Jésus-Christ, et le dire; ou n'être pas pour prédits par l'un et l'autre Testament , parleront
Jésus-Christ , et feindre d'en être. Les premiers ouvertement contre Dieu et contre Jésus-Christ.
pourroient peut-être faire des miracles, non les Qui seroit ennemi couvert, Dieu ne permettroit
autres : car il est clair des uns qu'ils sont contre pas qu'il fit des miracles ouvertement.
la vérité, non des autres ; et ainsi les miracles Moïse a prédit Jésus-Christ , et ordonné de
sont plus clairs.

le suivre. Jésus-Christ a prédit l'Antechrist, et Les miracles discernent donc les choses dou- défendu de le suivre. leuses, entre les peuples juif et païen, juif et

Les miracles de Jésus-Christ ne sont pas pré

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