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elle a toujours duré; et qu'enfin Jésus-Christ est Les prophéties qui représentent Jésus-Christ venu dans toutes les circonstances prédites. Cela pauvre, le représentent aussi maître des nations. est admirable.

(Is., 55, 2 et suiv. Zach., 9, 9 et 10); Si cela étoit si clairement prédit aux Juifs, Les prophéties qui prédisent le temps, ne le dira-t-on, comment ne l'ont-ils pas cru? ou com- prédisent que maître des Gentils et souffrant, et ment n'ont-ils

pas

été exterminés pour avoir ré- non dans les nues, ni juge; et celles qui le représisté à une chose si claire? Je réponds que l'un sentent ainsi jugeant les nations et glorieux, ne et l'autre a été prédit, et qu'ils ne croiroient marquent point le temps. point une chose si claire, et qu'ils ne seroient Quand il est parlé du Messie, comme grand et point exterminés. Et rien n'est plus glorieux au glorieux, il est visible que c'est pour juger le Messie; car il ne suffisoit pas qu'il y eût des pro- monde, et non pour le racheter. (Is., 66, 15, 16.) phètes ; il falloit que leurs prophéties fussent conservées sans soupçon. Or, etc.

ARTICLE XII.

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V.

Diverses preuves de Jésus-Christ.

.

Les prophètes sont mêlés de prophéties par

1. ticulières, et de celles du Messie, afin que les prophéties du Messie ne fussent pas sans preu

Pour ne pas croire les apôtres, il faut dire ves, et que les prophéties particulières ne fussent qu'ils ont été trompés, ou trompeurs. L'un et

l'autre est difficile. Car, pour le premier, il n'est pas sans fruit.

Non habemus regem nisi Cæsarem, disoient les pas possible de s’abuser à prendre un homme Juifs. (Joan., 19, 15.) Donc Jésus-Christ éloit le pour être ressuscité; et pour l'autre, l'hypothèse Messie, puisqu'ils n'avoient plus de roi qu'un qu'ils aient été fourbes est étrangement absurde. étranger, et qu'ils n'en vouloient point d'autre. Qu'on la suive tout au long ; qu'on s'imagine ces

Les septante semaines de Daniel sont équivo- douze hommes assemblés après la mort de Jésusques pour le terme du commencement, à cause Christ, faisant le complot de dire qu'il est resdes termes de la prophétie; et pour le terme de suscité. Ils attaquent par-là toutes les puissances. la fin, à cause des diversités des chronologistes. Le coeur des hommes est étrangement penchant Mais toute cette différence ne va qu'à deux cents à la légèreté, au changement, aux promesses, ans'.

aux biens. Si peu qu'un d'eux se fùt démenti par.

ils étoient per

tous ces attraits, et, qui plus est, par les prisons, Il y a évidemment faute ici; et il est surprenant que de tous les éditeurs qui m'ont précédé, celui de 1787 soit le seul qui par les tortures et par la mort, l'ait fait observer. Pascal, comme on l'a dit, écrivoit ses pen- dus. Qu'on suive cela. sées à la hâte, sans suite, et comme de simples notes. Il y a tout Tandis que Jésus-Christ étoit avec eux, il poulieu de présuiner qu'en voulant mettre 20 ans, il aura , par voit les soutenir. Mais après cela, s'il ne leur est inadvertance, ajouté un zéro qui a formé deux cents. Pour justifier cette présomption , je ne puis mieux faire que de rap-apparu, qui les a fait agir? porter ici la note de l'éditeur de 1787.

« Avant Jésus-Christ, la différence dont il est ici question ne pouvoit rouler que sur environ quatre-vingts ans, depuis

II. le premier ordre donné par Cyrus pour renvoyer les Juifs à Jérusalem, vers l'an 536 avant notre ère vulgaire, jusqu'au Le style de l'Évangile est admirable en une dernier ordre donné par Artaxerxès-Longue-Main pour le rétablissement des murs de Jérusalem , vers l'an 454. Depuis Jé- la vingtième tomberoit en 447, ce qui donne précisément un sus-Christ, la différence ne roule plus que sur environ vingt intervalle de ringt ans , depuis 467 jusqu'à 447. Les uns pensent ans ; car les chronologistes conviennent assez que les septante que les années dont parle Daniel sont des années lunaires; les semaines ne peuvent commencerque sous le règned'Artaxerxès- autres les prennent pour des années solaires. Enfin tous varient Longue-Main ; mais les uns les prennent de la permission donnée sur l'époque précise de la septième et de la vingtième année; à Esdras par ce prince dans la septième année de son règne, et mais aussi tous s'accordent à mettre ces deux époques dans les autres les prennent de la permission donnée à Néhémias par l'intervalle de ces vingt années, depuis 467 jusqu'à 447. » ce même prince, dans la vingtième année; les uns comptent ces Ces faits et les opinions des chronologistes ne pouvoient être années depuis son association à l'empire par son père Xerxes, ignorés de Pascal : comment pourroit-il donc se faire qu'il eût vers l'an 474 avant notre ère vulgaire, en sorte que la septième mis deux cents ans en connoissance de cause, et, par-là. année tomberoit en 167, qui est l'année de la mort de Xerxès : affoibli volontairement l'autorité des prophetics? On ne pent les autres les comptent depuis la mort de Xerxes, en sorte que raisonnablement le supposer. (Note de l'édit. de 1822.)

infinité de manières, et entre autres en ce qu'il point interrompu par la captivité de Babylone, n'y a aucune invective de la part des historiens à cause que le retour étoit promis et prédit. contre Judas, ou Pilate, ni contre aucun des en- Quand Nabuchodonosor emmena le peuple, de nemis ou des bourreaux de Jésus-Christ. peur qu'on ne crût que le sceptre fût ôté de Ju

Si cette modestie des historiens évangéliques da, il leur fut dit auparavant qu'ils y seroient avoit été affectée, aussi bien que tant d'autres peu, et qu'ils seroient rétablis. Ils furent toutraits d'un si beau caractère, et qu'ils ne l'eus- jours consolés par les prophètes, et leurs rois sent affectée que pour la faire remarquer; s'ils continuèrent. Mais la seconde destruction est n'avoient osé la remarquer eux-mêmes, ils n'au- sans promesse de rétablissement, sans prophè roient pas manqué de se procurer des amis, qui tes, sans rois, sans consolation, sans espérance, eussent fait ces remarques à leur avantage. Mais parceque le sceptre est ôté pour jamais. comme ils ont agi de la sorte sans affectation, et Ce n'est pas avoir été captif que de l'avoir été par un mouvement tout désintéressé, ils ne l'ont avec assurance d'être délivré dans soixante-dix fait remarquer par personne : je ne sais même ans. Mais maintenant ils le sont sans aucun si cela a été remarqué jusques ici; et c'est ce qui espoir. témoigne la naïveté avec laquelle la chose a été Dieu leur a promis, qu'encore qu'il les disfaite.

persåt aux extrémités du monde, néanmoins, III.

s'ils étoient fidèles à sa loi, il les rassembleroit. Jésus-Christ a fait des miracles, et les apôtres més. Il faut donc que le Messie soit venu, et que

Ils y sont donc très fidèles, et demeurent oppriensuite, et les premiers saints en ont fait aussi la loi qui contenoit ces promesses soit finie par beaucoup ; parceque les prophéties n'étant pas l'établissement d'une loi nouvelle. encore accomplies, et s'accomplissant par eux, rien ne rendoit témoignage que les miracles. Il

V. étoit prédit que le Messie convertiroit les nations. Si les Juifs eussent été tous convertis par JésusComment cette prophétie se fût-elle accomplie Christ, nous n'aurions plus que des témoins sussans la conversion des nations? Et comment les

pects; et s'ils avoient été exterminés, nous n'en nations se fussent-elles converties au Messie, ne aurions point du tout. voyant pas ce dernier effet des prophéties qui le

Les Juifs le refusent, non pas tous. Les saints prouvent? Avant donc qu'il fût mort, qu'il fut le reçoivent, et non les charnels. Et tant s'en jessuscité, et que les nations fussent converties, faut que cela soit contre sa gloire, que c'est le tout n'étoit pas accompli; et ainsi il a fallu des dernier trait qui l'achève. La raison qu'ils en miracles pendant tout ce temps-là. Maintenant ont, et la seule qui se trouve dans leurs écrits, il n'en faut plus pour prouver la vérité de la re dans le Talmud et dans les rabbins, n'est que ligion chrétienne; car les prophéties accomplies parceque Jésus-Christ n'a pas dompté les nations sont un miracle subsistant.

à main armée. Jésus-Christ a été tué, disent-ils;

il a succombé; il n'a pas dompté les païens par IV.

sa force; il ne nous a pas donné leurs dépouilles; L'état où l'on voit les Juifs est encore une grande il ne donne point de richesses. N'ont-ils que cela preuve de la religion. Car c'est une chose éton-à dire? C'est en cela qu'il m'est aimable. Je ne nante de voir ce peuple subsister depuis tant voudrois point celui qu'ils se figurent. d'années, et de le voir toujours miserable : étant

VI. nécessaire pour la preuve de Jésus-Christ, et qu'ils subsistent pour le prouver, et qu'ils soient

Qu'il est beau de voir, par les yeux de la foi, miserables puisqu'ils l'ont crucifié : et quoiqu'il Darius, Cyrus, Alexandre, les Romains, Pompée soit contraire d'être miserable et de subsister, il et Hérode, agir, sans le savoir, pour la gloire de subsiste néanmoins toujours malgré sa misère. l'Évangile !

VII. Mais n'ont-ils pas été presque au même état au temps de la captivité? Non. Le sceptre ne fut La religion mahometane a pour fondement l'Alcoran et Mahomet. Mais ce prophète, qui car il n'a point fait de miracles; il n'a point été devoit être la dernière attente du monde, a-t-il prédit, etc. Nul homme ne peut faire ce qu'a fait été prédit? Et quelle marque a-t-il que n'ait aussi Jésus-Christ. tout homme qui voudra se dire prophète ? Quels Mahomet s'est établi en tuant, Jésus-Christ en miracles dit-il lui-même avoir faits ? Quel mys- faisant tuer les siens ; Mahomet en defendant de tère a-t-il enseigné selon sa tradition même? lire, Jésus-Christ en ordonnant de lire. Enfin Quelle morale et quelle félicité ?

cela est si contraire, que si Mahomet a pris la Mahomet est sans autorité. Il faudroit donc voie de réussir humainement, Jésus-Christ a que ses raisons fussent bien puissantes, n'ayant pris celle de périr humainement. Et au lieu de que leur propre force.

conclure que, puisque Mahomet a réussi, Jésus

Christ a bien pu réussir, il faut dire que, puisVIU.

que Mahomet a réussi, le christianisme devoit Si deux hommes disent des choses qui parois- périr s'il n'eût été soutenu par une force toute sent basses, mais que les discours de l'un aient divine. un double sens, entendu par ceux qui le sui

ARTICLE XIII. vent, et que les discours de l'autre n'aient qu'un seul sens : si quelqu'un, n'étant pas du secret,

Dessein de Dieu de se cacher aux uns, entend discourir les deux en cette sorte, il en

et de se découvrir aux autres. fera un même jugement. Mais si ensuite, dans le reste du discours, l'un dit des choses ange

1. liques , et l'autre toujours des choses basses et communes, et même des sottises, il jugera que Dieu a voulu racheter les hommes, et ouvrir l'un parloit avec mystère, et non pas l'autre : le salut à ceux qui le chercheroient. Mais les l'un ayant assez montré qu'il est incapable de hommes s'en rendent si indignes , qu'il est juste telles sotlises , et capable d'être mystérieux; et qu'il refuse à quelques uns, à cause de leur enl'autre, qu'il est incapable de mystères, et ca- durcissement, ce qu'il accorde aux autres par pable de sottises.

une miséricorde qui ne leur est pas due. S'il eût IX.

voulu surmonter l'obstination des plus endur

cis, il l'eût pu, en se découvrant si manifesteCe n'est pas par ce qu'il yad'obscur dans Ma- ment à eux, qu'ils n'eussent pu douter de la homet, et qu'on peut faire passer pour avoir un vérité de son existence ; et c'est ainsi qu'il pasens mystérieux, que je veux qu'on en juge, mais roîtra au dernier jour, avec un tel éclat de foupar ce qu'il y a de clair, par son paradis et par dres et un tel renversement de la nature, que le reste. C'est en cela qu'il est ridicule. Il n'en les plus aveugles le verront. est pas de même de l'Ecriture. Je veux qu'il y ait

Ce n'est pas en cette sorte qu'il a voulu paroides obscurités, mais il y a des clartés admira- tre dans son avènement de douceur, parceque bles et des prophéties manifestes accomplies. La tant d'hommes se rendant indignes de sa clépartie n'est donc pas égale. Il ne faut pas con

mence, il a voulu les laisser dans la privation fondre et égaler les choses qui ne se ressemblent du bien qu'ils ne veulent pas. Il n'étoit donc pas que par l'obscurité, et non pas par les clartés, juste qu'il parût d'une manière manifestement qui méritent, quand elles sont divines, qu'on divine, et absolument capable de convaincre révère les obscurités.

tous les hommes; mais il n'étoit pas juste aussi L'Alcoran dit que saint Matthieu étoit homme qu'il vint d'une manière si cachée, qu'il ne pût de bien. Donc Mahomet étoit faux prophète, ou être reconnu de ceux qui le chercheroient sinen appelant gens de bien des méchants, ou en cèrement. Il a voulu se rendre parfaitement ne les croyant pas sur ce qu'ils ont dit de Jésus- connoissable à ceux-là ; et ainsi, voulant paroiChrist. X.

tre à découvert à ceux qui le cherchent de tout

leur cour, et caché à ceux qui le fuient de lout Tout homme peut faire ce qu'a fait Mahomet : | leur coeur, il tempère sa connoissance en sorte

chent pas.

qu'il a donné des marques de soi, visibles à ceux Dieu se découvre en tout, et il n'est pas vrai qui le cherchent, obscures à ceux qui ne le cher qu'il se cache en tout. Mais il est vrai tout en

semble qu'il se cache à ceux qui le tentent, et II.

qu'il se découvre à ceux qui le cherchent; parIl y a assez de lumière pour ceux qui ne desi- ceque les hommes sont tout ensemble indignes rent que de voir, et assez d'obscurité pour ceux de Dieu, et capables de Dieu ; indignes par leur qui ont une disposition contraire. Il y a assez de corruption, capables par leur première nature. clarté pour éclairer les élus, et assez d'obscurité

V. pour les humilier. Il y a assez d'obscurité pour aveugler les réprouvés, et assez de clarté pour

Il n'y a rien sur la terre qui ne montre, ou la les condamner et les rendre inexcusables.

misère de l'homme, ou la miséricorde de Dieu ; Si le monde subsistoit pour instruire l'homme ou l'impuissance de l'homme sans Dieu, ou la de l'existence de Dieu, sa divinité y reluiroit de puissance de l'homme avec Dieu. Tout l'univers toutes parts d'une manière incontestable ; mais apprend à l'homme, ou qu'il est corrompu, ou comme il ne subsiste que par Jésus-Christ et qu'il est racheté. Tout lui apprend sa grandeur pour Jésus-Christ, et pour instruire les hom- ou sa misère. L'abandon de Dieu paroît dans mes, et de leur corruption, et de la rédemption, les païens ; la protection de Dieu paroit dans tout y éclate des preuves de ces deux vérités. Ce les Juifs.

VI. qui y paroît ne marque ni une exclusion totale, ni une présence manifeste de divinité, mais la

Tout tourne en bien pour les élus , jusqu'aux présence d'un Dieu qui se cache : tout porte ce obscurités de l'Écriture; car ils les honorent, à caractère.

cause des clartés divines qu'ils y voient : et tout S'il n'avoit jamais rien paru de Dieu, cette

tourne en mal aux réprouvés, jusqu'aux clartés; privation éternelle seroit équivoque, et pourroit car ils les blasphèment à cause des obscurités aussi bien se rapporter à l'absence de toute di

qu'ils n'entendent pas. vinité qu'à l'indignité où seroient les hommes de le connoître. Mais de ce qu'il paroît quelque

VII. fois, et non toujours, cela ôte l'équivoque. S'il

Si Jésus-Christ n'étoit venu que pour sanctiparoît une fois, il est toujours; et ainsi on ne

fier, toute l'Écriture et toutes choses y tenpeut en conclure autre chose, sinon qu'il y a un droient , et il seroit bien aisé de convaincre les Dieu, et que les hommes en sont indignes.

infidèles. Mais comme il est venu in sanctificaIII.

tionem et in scandalum, comme dit Isaïe (Is., 8,

14), nous ne pouvons convaincre l'obstination Le dessein de Dieu est plus de perfectionner des infidèles : mais cela ne fait rien contre nous, la volonté que l'esprit. Or, la clarté parfaite ne puisque nous disons qu'il n'y a point de convicserviroit qu'à l'esprit, et nuiroit à la volonté. tion dans toute la conduite de Dieu pour

les S'il n'y avoit point d'obscurité, l'homme ne sen

esprits opiniâtres, et qui ne cherchent pas sintiroit pas sa corruption. S'il n'y avoit point de cèrement la vérité. lumière, l'homme n'espereroit point de remède.

Jésus-Christ est venu afin que ceux qui ne Ainsi il est non seulement juste, mais utile pour voyoient point vissent, et que ceux qui voyoient nous, que Dieu soit caché en partie, et décou- devinssent aveugles : il est venu guérir les mavert en partie, puisqu'il est également dangereux lades , et laisser mourir les sains; appeler les à l'homme de connoître Dieu sans connoitre sa pécheurs à la pénitence et les justifier, et laismisère, et de connoître sa misère sans connoître

ser ceux qui se croyoient justes dans leurs péDieu.

chés ; remplir les indigents, et laisser les riches IV.

vides. Tout instruit l'homme de sa condition; mais Que disent les prophètes de Jésus-Christ? il faut bien l'entendre: car il n'est pas vrai que Qu'il sera évidemment Dieu ? Non : mais qu'il est un Dieu véritablement caché ; qu'il sera mé- | après tout, qui regarde de près voit celle de Jéconnu; qu'on ne pensera point que ce soit lui; sus-Christ bien discernée par Thamar, Ruth, etc. qu'il sera une pierre d'achoppement, à laquelle Les foiblesses les plus apparentes sont des forplusieurs heurteront, etc.

ces à ceux qui prennent bien les choses : par C'est pour rendre le Messie connoissable aux exemple, les deux généalogies de saint Matthieu bons, et méconnoissable aux méchants, que Dieu et de saint Luc; il est visible que cela n'a pas l'a fait prédire de la sorte. Si la manière du Mes- été fait de concert. sie eût été prédite clairement, il n'y eût point eu d'obscurité, même pour les méchants. Si le

X. temps eût été prédit obscurément, il y eût eu

Qu'on ne nous reproche donc plus le manque obscurité, même pour les bons; car la bonté de leur caur ne leur eût pas fait entendre qu'un : Mais que l'on reconnoisse la vérité de la religion

de clarté, puisque nous en faisons profession. par exemple, signifie six cents ans : Mais le temps a été prédit clairement, et la manière dans l'obscurité même de la religion, dans le peu

de lumière que nous en avons, et dans l'indifféen figures.

Par ce moyen les méchants, prenant les biens rence que nous avons de la connoitre. promis pour des biens temporels, s'égarent mal

S'il n'y avoit qu'une religion, Dieu seroit trop gré le temps prédit clairement ; et les bons ne manifeste ; s'il n'y avoit de martyrs qu'en notre s'égarent pas : car l'intelligence des biens pro

religion, de même. mis dépend du caur, qui appelle bien ce qu'il l'aveuglement, ne dit pas qu'il n'est point de

Jésus-Christ, pour laisser les méchants dans aime; mais l'intelligence du temps promis ne dépend point du coeur; et ainsi la prédiction Nazareth, qu'il n'est point fils de Joseph. claire du temps, et obscure des biens, ne trompe

XI. que les méchants.

Comme Jésus-Christ est demeuré inconnu VIII.

parmi les hommes, la vérité demeure aussi parmi Comment falloit-il que fùt le Messie, puisque térieur : ainsi l'Eucharistie parmi le pain com

les opinions communes, sans différence à l'expar lui le sceptre devoit être éternellement en Juda, et qu'à son arrivée le sceptre devoit être

Si la miséricorde de Dieu est si grande, qu'il ôté de Juda? Pour faire qu'en voyant ils ne voient point, cache, quelle lumière ne devons-nous pas en at

nous instruit salutairement, même lorsqu'il se et qu'en entendant ils n'entendent point, rien ne pouvoit être mieux fait.

tendre lorsqu'il se découvre?

On n'entend rien aux ouvrages de Dieu, si on Au lieu de se plaindre de ce que Dieu s'est caché, il faut lui rendre grace de ce qu'il s'est ne prend pour principe qu'il aveugle les uns et

éclaire les autres. tant découvert, et lui rendre grace aussi de ce qu'il ne s'est pas découvert aux sages, ni aux

ARTICLE XIV. superbes, indignes de connoître un Dieu si saint. IX.

Que les vrais Chrétiens et les vrais Juifs

n'ont qu'une même religion. La généalogie de Jésus-Christ dans l'ancien

I. Testament est mélée parmi tant d'autres inutiles, qu'on ne peut presque la discerner. Si La religion des Juifs sembloit consister essenMoise n'eût tenu registre que des ancêtres de tiellement en la paternité d'Abraham, en la cirJésus-Christ, cela eût été trop visible. Mais, concision , aux sacrifices, aux cérémonies, en

l'arche, au temple de Jérusalem, et enfin en la L'auteur fait ici allusion à ce que chez les Hébreux, comme chez les Grecs, toutes les lettres de l'alphabet ont leur valeur

loi et en l'alliance de Moïse. numérale, en sorte qu'elles tiennent lieu de chiffres.

Je dis qu'elle ne consistoit en aucune de ces

mun.

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