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multitude des générations, qui rend les choses pendant avec joie , soit dans les biens qu'il lui obscures.

plaît de me donner, soit dans les maux qu'il La vérité ne s'altère que par le changement m'envoie pour mon bien , et qu'il m'a appris à des hommes. Et cependant il met deux choses souffrir par son exemple. les plus mémorables qui se soient jamais imagi- Dès là je réfute toutes les autres religions : nées, savoir, la création et le déluge, si proches, par-là je trouve réponse à toutes les objections. qu'on y touche par le peu qu'il fait de généra- il est juste qu'un Dieu si pur ne se découvre tions. De sorte qu'au temps où il écrivoit ces qu'à ceux dont le coeur est purifié. choses, la mémoire devoit encore en être toute Je trouve d'effectif que depuis que la mémoire récente dans l'esprit de tous les Juifs. des hommes dure, voici un peuple qui subsiste

Sem, qui a vu Lamech, qui a vu Adam, a vu plus ancien que tout autre peuple. Il est annoncé au moins Abraham; et Abraham a vu Jacob, qui constamment aux hommes qu'ils sont dans une a vu ceux qui ont vu Moise. Donc le déluge et la corruption universelle, mais qu'il viendra un création sont vrais. Cela conclut entre de cer- réparateur : ce n'est pas un seul homme qui le taines gens qui l'entendent bien.

dit , mais une infinité, et un peuple entier proLa longueur de la vie des patriarches, au lieu phétisant durant quatre mille ans. de faire que les histoires passées se perdissent , servoit, au contraire, à les conserver. Car ce qui

ARTICLE IX. fait que l'on n'est pas quelquefois assez instruit dans l'histoire de ses ancêtres, c'est qu'on n'a ja- Des figures; que l'ancienne loi étoit figurative. mais guère vécu avec eux, et qu'ils sont morts souvent avant que l'on eût atteint l'âge de rai

I. son. Mais lorsque les hommes vivoient si long

Il y a des figures claires et démonstratives; lemps, les enfants vivoient long-temps avec leurs

mais il pères, et ainsi ils les entretenoient long-temps.

y en a d'autres qui semblent moins naOr, de quoi les eussent-ils entretenus, sinon de turelles, et qui ne prouvent qu'à ceux qui sont l'histoire de leurs ancêtres, puisque toute l'his- persuadés d'ailleurs. Ces figures-là seroient semtoire étoit réduite à celle-là, et qu'ils n'avoient ties sur l'Apocalypse, qu'ils expliquent à leur

blables à celles de ceux qui fondent des propheni les sciences, ni les arts qui occupentunegrande partie des discours de la vie ? Aussi l'on voit fantaisie. Mais la différence qu'il y a, c'est qu'ils qu'en ce temps-là les peuples avoient un soin Tellement qu'il n'y a rien de si injuste que quand

n'en ont point d'indubitables qui les appuient, particulier de conserver leurs généalogies,

ils prétendent que les leurs sont aussi bien fonXIX.

dées que quelques unes des nôtres; car ils n'en Plus j'examine les Juifs, plus j'y trouve de vé- La partie n'est donc pas égale. Il ne faut pas

ont pas de démonstratives comme nous en avons. ni roi, et qu'étant nos ennemis, ils sont d'admi- égaler et confondre ces choses, parcequ'elles rables témoins de la vérité de ces prophéties, où

semblent être semblables par un bout , étant si différentes par

l'autre. leur vie et leur aveuglement même est prédit. Je trouve en cette enchâssure cette religion toute

II. divine dans son autorité, dans sa durée , dans sa perpétuité, dans sa morale, dans sa conduite, Une des principales raisons pour lesquelles dans ses effets. Et ainsi je tends les bras à mon les prophètes ont voilé les biens spirituels qu'ils libérateur, qui, ayant été prédit durant quatre promettoient sous les figures des biens tempomille ans, est venu souffrir et mourir pour moi rels, c'est qu'ils avoient affaire à un peuple charsur la terre dans les temps et dans toutes les cir- nel, qu'il falloit rendre dépositaire du testament constances qui en ont été prédites, et, par sa spirituel. grace , j'attends la mort en paix, dans l'espé- Jésus-Christ, figuré par Joseph, bien-aimé de rance de lui être éternellement uni; et je vis ce son père, envoyé du père pour voir ses frères , est l'innocent vendu par ses frères vingt de deux sens , il est sûr qu'il sera venu en Jésusniers, et par-là devenu leur seigneur, leur sau- Christ. veur, et le sauveur des étrangers, et le sauveur Toute la question est donc de savoir si elles du monde; ce qui n'eût point été sans le dessein ont deux sens, si elles sont figures, ou réalités; de le perdre , sans la vente et la réprobation c'est-à-dire, s'il faut y chercher quelque autre qu'ils en firent.

chose que ce qui paroît d'abord, ou s'il faut s'arDans la prison , Joseph innocent entre deux rèter uniquement à ce premier sens qu'elles précriminels : Jésus en la croix entre deux larrons. sentent. Joseph prédit le salut à l'un, et la mort à l'au- Si la loi et les sacrifices sont la vérité, il faut tre , sur les mêmes apparences : Jésus-Christ qu'ils plaisent à Dieu, et qu'ils ne lui déplaisent sauve l'un, et laisse l'autre, après les mêmes point. S'ils sont figures, il faut qu'ils plaisent et crimes. Joseph ne fait que prédire : Jésus-Christ déplaisent. fait. Joseph demande à celui qui sera sauvé qu'il Or, dans toute l'Écriture ils plaisent, et dése souvienne de lui quand il sera venu en sa plaisent. Donc ils sont figures. gloire; et celui que Jésus-Christ sauve lui demande qu'il se souvienne de lui quand il sera en

VI. son royaume.

Pour voir clairement

que

l'ancien Testament

n'est que figuratif, et que par les biens tempoLa grace est la figure de la gloire; car elle rels les prophètes entendoient d'autres biens, il n'est

pas la dernière fin. Elle a été figurée par ne faut que prendre garde, premièrement , qu'il la loi, et elle figure elle-même la gloire; mais seroit indigne de Dieu de n'appeler les hommes de telle manière, qu'elle est en même temps un qu'à la jouissance des félicités temporelles ; semoyen pour y arriver.

condement, que les discours des prophètes ex

priment clairement la promesse des biens temIV.

porels; et qu'ils disent néanmoins que leurs La synagogue ne périssoit point, parcequ'elle discours sont obscurs, et que leursens n'est pas étoit la figure de l'Église ; mais parcequ'elle n'é celui qu'ils expriment à découvert : qu'on ne toit que la figure, elle est tombée dans la servir l'entendra qu'à la fin des temps. (JÉRÉM., 23, -22, tude. La figure a subsisté jusqu'à la vérité, afin et 30, 24.) Donc ils entendoient parler d'autres que l'Église fût toujours visible, ou dans la sacrifices, d'un autre libérateur, etc. peinture qui la promettoit , ou dans l'effet.

Enfin, il faut remarquer que leurs discours

sont contraires et se détruisent, si l'on pense V.

qu'il n'ait entendu par les mots de loi et de

sacrifice autre chose que la loi de Moïse et ses Pour prouver tout d'un coup les deux Testa- sacrifices ; et il y auroit contradiction manifeste ments, il ne faut que voir si les prophéties de et grossière dans leurs livres, et quelquefois dans l'un sont accomplies en l'autre. Pour examiner un même chapitre. D'où il s'ensuit qu'il faut les prophéties, il faut les entendre; car si l'on qu'ils aient entendu autre chose. croit qu'elles n'ont qu'un sens, il est sûr que le Messie ne sera point venu; mais si elles ont

VII. · Le mot est n'a-t-il point été transporté ici par erreur de co- Il dit que la loi sera changée; que le sacripiste ? Ne faudroit-il pas lire : Jésus-Christ est figuré par Jo

fice sera changé; qu'ils seront sans roi, sans seph, bien-aimé de son père , envoyé du père pour voir ses frères, l'innocent vendu par ses frères ringt deniers, et le princes et sans sacrifices; qu'il sera fait une reste? Car cette circonstance des ringt deniers regarde Joseph, nouvelle alliance; que la loi sera renouvelée ; et non Jésus-Christ, qui fut vendu trente deniers. Tout ce qui suit regarde également Joseph; le nom même de Sauveur

que les préceptes qu'ils ont reçus ne sont pas du monde est celui qui fut donné à Joseph, selon la Vulgate : bons; que leurs sacrifices sont abominables; que Sulvutorem mundi. (Gen., 41, 43.) Tout cela regarde Joseph; Dieu n'en a point demandé. et en tout cela Jésus-Christ est figuré par Joseph. Voilà bien ce que l'auteur a voulu dire. (Note de l'édit, de 1787.) Il est dit, au contraire, que la loi durera éter

nellement;que cette alliance sera éternelle; que les ennemis de l'homme sont ses passions; que le sacrifice sera éternel; que le sceptre ne sor- le Rédempteur seroit spirituel; qu'il y auroit tira jamais d'avec eux, puisqu'il ne doit point deux avènements , l'un de misère, pour abaisen sortir que le roi éternel n'arrive. Tous ces

ser l'homme superbe; l'autre de gloire, pour passages marquent-ils que ce soit réalité ? Non. élever l'homme humilié; que Jésus-Christ sera Marquent-ils aussi que ce soit figure? Non: mais Dieu et homme. que c'est réalité ou figure. Mais les premiers ,

X. excluant la réalité, marquent que ce n'est que figure.

Jésus-Christ n'a fait autre chose qu'apprendre Tous ces passages ensemble ne peuvent être aux hommes qu'ils s'aimoient eux - mèmes , et dits de la réalité : tous peuvent être dits de la qu'ils étoient esclaves, aveugles, malades, malfigure. Donc ils ne sont pas dits de la réalité, heureux et pécheurs ; qu'il falloit qu'il les délimais de la figure.

vråt, éclairât, guérit et béatifiàt; que cela se

feroit en se haïssant soi-même, et en le suivant VIII.

par la misère et la mort de la croix. Pour savoir si la loi et les sacrifices sont réa- La lettre tue ; tout arrivoit en figure : il falloit lité ou figure, il faut voir si les prophètes, en que le Christ souffrit : un Dieu humilié, circonparlant de ces choses, y arrêtoient leur vue et cision du cour, vrai jeûne , vrai sacrifice, vrai leur pensée, en sorte qu'ils ne vissent que cette temple, double loi, double table de la loi , douancienne alliance, ou s'ils y voyoient quelque ble temple , double captivité : voilà le chiffre autre chose dont elles fussent la peinture, car qu'il nous a donné. dans un portrait on voit la chose figurée. Il ne

Il nous a appris enfin que toutes ces choses faut pour cela qu'examiner ce qu'ils disent.

n'étoient que des figures; et ce que c'est que Quand ils disent qu'elle sera éternelle, enten- vraiment libre, vrai Israélite, vraie circoncision, dent-ils parler de l'alliance de laquelle ils disent vrai pain du ciel, etc. qu'elle sera changée? Et de même des sacri

XI. fices, etc. IX.

Dans ces promesses-là chacun trouve ce qu'il

a dans le fond de son coeur; les biens temporels, Les prophètes ont dit clairement qu'Israël seroit toujours aimé de Dieu, et que la loi seroit mais avec cette différence que ceux qui y cher

ou les biens spirituels; Dieu, ou les créatures; éternelle; et ils ont dit que l'on n'entendroit

chent les créatures, les y trouvent, mais avec point leur sens, et qu'il étoit voilé. Le chiffre a deux sens. Quand on surprend plusieurs contradictions, avec la défense de les

aimer, avec ordre de n'adorer que Dieu, et de une lettre importante où l'on trouve un sens

n'aimer que lui; au lieu que ceux qui y cherclair, et où il est dit néanmoins

que
le sens est

chent Dieu le trouvent, et sans aucune contravoilé et obscurci ; qu'il est caché en sorte qu'on diction , et avec commandement de n'aimer que verra cette lettre sans la voir, et qu'on l'enten

lui. dra sans l'entendre; que doit-on penser, sinon

XII. que c'est un chiffre à double sens, et d'autant plus, qu'on y trouve des contrariétés manifestes Les sources des contrariétés de l'Écriture dans le sens littéral ? Combien doit-on donc es- sont un Dieu humilié jusqu'à la mort de la croix, timer ceux qui nous découvrent le chiffre et un Messie triomphant de la mort par sa mort, nous apprennent à connoitre le sens caché , et deux natures en Jésus-Christ, deux avènements, principalement quand les principes qu'ils en pren- | deux états de la nature de l'homme. vent sont tout-à-fait naturels et clairs? C'est ce Comme on ne peut bien faire le caractère qu'ont fait Jésus-Christ et les apôtres. Ils ont d'une personne qu'en accordant toutes les conlevé le sceau, ils ont rompu le voile et décou- trariétés, et qu'il ne suffit pas de suivre une suite vert l'esprit. Ils nous ont appris pour cela que de qualités accordantes, sans concilier les con

ܕ

traires; aussi, pour entendre le sens d'un au-vos parfums, et vous donnera en récompense teur, il faut concilier tous les passages con- une terre fertile et abondante; c'est-à-dire, que traires.

la même intention qu'auroit un homme qui, Ainsi, pour entendre l'Écriture, il faut avoir agréant vos parfums , vous donneroit en récomun sens dans lequel tous les passages contraires pense une terre abondante, Dieu l'aura pour s'accordent. Il ne suffit pas d'en avoir un qui vous, parceque vous avez eu pour lui la même convienne à plusieurs passages accordants, mais intention qu'un homme a pour celui à qui il il faut en avoir un qui concilie les passages même donne des parfums. contraires. Tout auteur a un sens auquel tous les passages

XV. contraires s'accordent, ou il n'a point de sens du tout . On ne peut pas dire cela de l'Ecriture, Tout ce qui ne va point à l'unique but en est la

L'unique objet de l'Écriture est la charité. ni des prophètes. Ils avoient effectivement trop figure : car, puisqu'il n'y a qu’un but, tout ce bon sens. Il faut donc en chercher un qui accorde toutes les contrariétés.

qui n'y va point en mots propres est figure.

Dieu diversifie ainsi cet unique précepte de Le véritable sens n'est donc pas celui des Juifs ; mais en Jésus-Christ toutes les contra- cherche la diversité, par cette diversité qui

charité pour satisfaire notre foiblesse qui redictions sont accordées. Les Juifs ne sauroient accorder la cessation Car une seule chose est nécessaire, et nous ai

nous mène toujours à notre unique nécessaire. de la royauté et principauté, prédite par Osée,

mons la diversité; et Dieu satisfait à l'un et à avec la prophétie de Jacob. Si on prend la loi, les sacrifices et le royaume l'autre par ces diversités, qui mènent à ce seul

nécessaire. pour réalité, on ne peut accorder tous les pas

XVI. sages d'un même auteur, ni d'un même livre, ni quelquefois d'un même chapitre. Ce qui marque Les rabbins prennent pour figures les maassez quel étoit le sens de l'auteur.

melles de l'épouse, et tout ce qui n'exprime pas.

l'unique but qu'ils ont des biens temporels. XIII.

XVII. Il n'étoit point permis de sacrifier hors de Jérusalem, qui étoit le lieu que le Seigneur avoit

Il y en a qui voient bien qu'il n'y a pas d'autre choisi , ni même de manger ailleurs les décimes.

ennemi de l'homme que la concupiscence qui le Osée a prédit qu'ils seroient sans roi, sans

détourne de Dieu, ni d'autre bien que Dieu, et prince, sans sacrifices et sans idoles ; ce qui est

non pas une terre fertile. Ceux qui croient que accompli aujourd'hui, (les Juifs ) ne pouvant le bien de l'homme est en la chair, et le mal en faire de sacrifice légitime hors de Jérusalem.

ce qui le détourne des plaisirs des sens, qu'ils

s'en saoulent, et qu'ils y meurent. Mais ceux XIV.

qui cherchent Dieu de tout leur coeur, qui n'ont

de déplaisir que d'être privés de sa vue, qui n'ont Quand la parole de Dieu , qui est véritable, de desir que pour le posséder, et d'ennemis que est fausse littéralement, elle est vraie spirituel ceux qui les en détournent; qui s'affligent de lement. Sede à dextris meis. Cela est faux, lit- se voir environnés et dominés de tels ennemis, téralement dit; cela est vrai spirituellement. En qu'ils se consolent; il y a un libérateur pour ces expressions, il est parlé de Dieu à la manière eux, il y a un Dieu pour eux. Un Messie a été des hommes ; et cela ne signifie autre chose, promis pour délivrer des ennemis; et il en est sinon que l'intention que les hommes ont en

venu un pour délivrer des iniquités, mais non faisant asseoir à leur droite, Dieu l'aura aussi.

pas des ennemis. C'est donc une marque de l'intention de Dieu ,

XVIII. et non de sa manière de l'exécuter.

Ainsi quand il est dit : Dieu a reçu l'odeur de Quand David prédit que le Messie délivrera

son peuple de ses ennemis, on peut croire char- Tout l'éclat des grandeurs n'a point de lustre nellement que ce sera des Égyptiens ; et alors je pour les gens qui sont dans les recherches de ne saurois montrer que la prophétie soit accom- l'esprit. La grandeur des gens d'esprit est inviplie. Mais on peut bien croire aussi que ce sera sible aux riches , aux rois, aux conquérants, et des iniquités : car, dans la vérité, les Égyptiens à tous ces grands de chair. La grandeur de la sane sont pas des ennemis; mais les iniquités le gesse qui vient de Dieu est invisible aux charsont. Ce mot d'ennemis est donc équivoque. nels et aux gens d'esprit. Ce sont trois ordres

Mais s'il dit à l'homme, comme il fait , qu'il de différents genres. délivrera son peuple de ses péchés, aussi bien Les grands génies ont leur empire, leur éclat, qu'Isaïe et les autres, l'équivoque est ôtée, et le leur grandeur, leurs victoires, et n'ont nul besens double des ennemis réduit au sens simple soin des grandeurs charnelles, qui n'ont nul d'iniquités : car s'il avoit dans l'esprit les péchés, rapport avec celles qu'ils cherchent. Ils sont vus il pouvoit bien les dénoter par ennemis; mais des esprits, non des yeux; mais c'est assez. Les s'il pensoit aux ennemis, il ne pouvoit pas les saints ont leur empire, leur éclat, leurs grandésigner par iniquités.

deurs, leurs victoires, et n'ont nul besoin des Or Moïse, David et Isaïe usoient des mêmes grandeurs charnelles ou spirituelles, qui ne sont termes. Qui dira donc qu'ils n'avoient pas le pas de leur ordre, et qui n'ajoutent ni n'ôtent à même sens, et que le sens de David, qui est la grandeur qu'ils desirent. Ils sont vus de Dieu manifestement d'iniquités lorsqu'il parloit d'en- et des anges, et non des corps ni des esprits cunemis, ne fût pas le même que celui de Moïse rieux : Dieu leur suffit. en parlant d'ennemis?

Archimède, sans aucun éclat de naissance, Daniel, chap. 9, prie pour la délivrance du seroit en même vénération. Il n'a pas donné des peuple de la captivité de leurs ennemis ; mais il batailles ; mais il a laissé à tout l'univers des inpensoit aux péchés : et pour le montrer, il dit ventions admirables. O qu'il est grand et éclaque Gabriel vint lui dire qu'il étoit exaucé, et tant aux yeux de l'esprit! Jésus-Christ, sans bien qu'il n'avoit que septante semaines à attendre; et sans aucune production de science au dehors, après quoi le peuple seroit délivré d'iniquité, le est dans son ordre de sainteté. Il n'a point donné péché prendroit fin; et le libérateur, le saint des d'inventions, il n'a point régné; mais il est humsaints, amèneroit la justice éternelle, non la lé- ble, patient, saint devant Dieu, terrible aux dégale, mais l'éternelle.

mons, sans aucun péché. O qu'il est venu en Dès qu'une fois on a ouvert ce secret, il est grande pompe et en une prodigieuse magnifiimpossible de ne pas le voir. Qu'on lise l'ancien cence aux yeux du coeur, et qui voient la saTestament en cette vue, et qu'on voie si les sa- gesse! crifices étoient vrais, si la parenté d'Abraham Ileût été inutile à Archimède de faire le prince étoit la vraie cause de l'amitié de Dieu, si la dans ses livres de géométrie, quoiqu'il le fût. Il terre promise étoit le véritable lieu de repos. eût été inutile à notre Seigneur Jésus-Christ , Non. Donc c'étoient des figures. Qu'on voie de pour éclater dans son règne de sainteté, de venir même toutes les cérémonies ordonnées et tous en roi : mais qu'il est bien venu avec l'éclat de les commandements qui ne sont pas de la cha- son ordre! rité, on verra que c'en sont les figures.

Il est ridicule de se scandaliser de la bassesse

de Jésus-Christ, comme si cette bassesse étoit du ARTICLE X.

même ordre que la grandeur qu'il venoit faire

paroître. Qu'on considère cette grandeur-là dans De Jésus-Christ.

sa vie, dans sa passion, dans son obscurité, dans

sa mort, dans l'élection des siens, dans leur I.

fuite, dans sa secrète résurrection, et dans le La distance infinie des corps aux esprits figure reste; on la verra si grande, qu'on n'aura pas la distance infiniment plus infinie des esprits à sujet de se scandaliser d'une bassesse qui n'y est la charité, car elle est surnaturelle.

pas. Mais il y en a qui ne peuvent admirer que

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