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riences inexactes sont plus nuisibles au progrès des sciences que l'ignorance totale d'un certain nombre de faits, je puis affirmer que plusieurs hygromètres, construits par M. Paul à Genève, et réduits de temps en temps au point de l'humidité extrême',

et même long-temps avant le mien , des observations hygrométriques avoient été faites dans l'expédition de Lapérouse, et au Bengal, par M. Deluc, fils.

J'ai fait cette correction chaque fois qu'il me restoit quelque doute sur l'indication de l'hygromètre. J'ai employé l'immersion dans l'eau de pluie, telle que M. Deluc l'esige pour les bandelettes de baleine. On sait que, même pour le cheveu, cette méthode de vérification ne peut causer qu'une légère erreur de 10 à 19,5 (Essai , $. 32, p. 37), tandis que les meilleurs hygromètres diffèrent entre eux souvent de 2o. Je n'ai pu ramener le cheveu ou la bandelette de baleine au degré de sécheresse extrême, faute d'un appareil portatif que j'ai regretté de n'avoir pas fait construire avant mon départ. Je conseille aux voyageurs de se munir d'une cloche étroite contenant de la potasse caustique, de la chaux vive ou du muriate de chaux, et fermée à vis par un plateau sur lequel l'hygromètre soit fixé. Ce petit appareil seroit d'un transport facile, si l'on avoit soin de le tenir toujours dans une position perpendiculaire. Comme sous les tropiques l'hygromètre de Saussure se soutient généralement au-dessus

m'ont fourni des observations très-comparables entre elles. J'ai constamment préféré l'ancien instrument, muni d'un seul cheveu, à celui de Richer, dans lequel plusieurs cheveux agissent à la fois sur le cadran, et avec des tensions inégales. Je puis affirmer aussi que tout ce que M. de Saussure a dit, dans l'Essai sur l'hygrométrie, de la grande durée de ses hygromètres portatifs, est extrêmement exact '. J'en ai conservé sans altération pendant trois années de voyages dans les forêts et les montagnes de l'Amérique méridionale : leur marche avoit été vérifiée, avant mon départ, par M. Pictet, sur celle des hygromètres de l'observatoire de Genève, et je les ai presque toujours trouvés à 99° ou 100°,5 lorsque j'ai pu les exposer à un brouillard très-épais.

Comme le 50.me degré de l'hygromètre à

de 850, une vérification fréquente du seul point de l'humidité extrême suffit le plus souvent pour rassurer l'obseryateur. D'ailleurs, pour reconnoître de quel côté est l'erreur, il faut se rappeler que de vieux hygromètres, si on ne les corrige pas, tendent à indiquer de trop grandes sécheresses.

Ibid., S. 67.

baleine correspond deja au 86.me degré de l'hygromètre à cheveu, je me suis servi du premier sur mer et dans les plaines, tandis que le second a été généralement réservé pour

l'air sec des Cordilleres. Le cheveu audessous du 63."'" degré de l'instrument de Saussure accuse, par de grandes variations, les plus petits changemens de sécheresse. Il a en outre l'avantage de se meitre plus rapidement en état d'équilibre avec l'air ambiant. L'hygromètre de Deluc agit au contraire avec une lenteur extrême; et, sur la cime des montagnes, comme je l'ai éprouvé à mon grand regret, on est souvent incertain si l'on n'a pas cessé d'observer avant que l'instrument ait cesse de marcher. D'un autre coté, cet hygrometre, muni d'un ressort, mérite des éloges par la solidité de sa construction, par la précision avec laquelle il marque, dans un air très-humide, le moindre accroissement de la quantité des vapeurs dissoutes, et surtout parce qu'il agit dans toutes les positions, tandis que l'hygromètre de Saussure doit être suspendu, et se trouve quelquefois dérangé par le vent qui soulève le contre-poids du cadran. J'ai pensé que c'étoit rendre service aux voyageurs que de consigner ici les résultats d'une expérience de plusieurs années.

Pendant toute la traversée, l'humidité apparente de l'atmosphère, celle qu'indique l'hygromètre non corrigé par la température, a augmenté sensiblement, malgré l'accroissement progressif de la chaleur. Au mois de juillet, par les 13 et 14. degrés de latitude, l'hygromètre de Saussure a marqué, sur mer, 88 à 92 degrés' par un temps parfaitement serein, et le thermometre se soutenant à 24 degrés. Sur les bords du lac de Genève? l'humidité moyenne du même mois n'est que

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L'hygromètre à cheveu étant beaucoup plus connu que celui à baleine, on a indiqué, pour conserver une marche uniforme, les résultats hygrométriques d'après l'instrumeat de Saussure, lors même que l'observation a été faite avec celui de Deluc. Ce n'est que dans le journal météorologique que l'on a désigné l'hygromètre employé pour chaque série d'espériences. Les nombres marquent toujours l'humidité apparente, si le contraire n'est pas expressément énoncé.

2 Sous la zone tempérée, sur le continent, les extrêmes sont communément en été 67° et 88o, la température de l'air étant de 26° à i8o centésimaus

non

de 80°, la chaleur moyenne étant de 19o. Or, en réduisant ces indications hygrométriques à une température uniforme, on trouve que l'humidité réelle, dans le bassin de l'Océan Atlantique équinoxial, est à l'humidité des mois d'été, à Genève, dans le rapport de 12 à 7. Cette énorme humidité de l'atmosphère explique, en grande partie, la force de la végétation que l'on admire sur les côtes de l'Amérique méridionale où il ne tombe presque pas de pluie pendant plusieurs années.

La quantité de vapeurs changeant, non avec l'élasticité, mais avec la température, on peut comparer, ou les quantités absolues de vapeurs que contient l'atmosphère en deux endroits, ou les rapports dans lesquels se trouvent ces quantités avec celles qui sont nécessaires à la saturation complète de l'air sous différens climats. On connoît, par des expériences suffisamment exactes, les capacités de saturation de l'air à divers degrés du thermomètre; mais les rapports qui existent entre l’alongement progressif d'un corps hygroscopique et les quantités de vapeurs renfermées dans un espace donné, n'ont

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