Cours de philosophie, professé à la faculté des lettres pendant l'année 1818 ...: sur le fondement des idées absolues du vrai, du beau et du bien; publié avec son autorisation et d'après les meilleures rédactions de ce cours

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Hachette, 1836 - Aesthetics - 391 pages
 

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Page 24 - Les lois, dans la signification la plus étendue, sont les rapports nécessaires qui dérivent de la nature des choses ; et, dans ce sens, tous les êtres ont leurs lois : la divinité a ses lois, le monde matériel a ses lois, les intelligences supérieures à l'homme ont leurs lois, les bêtes ont leurs lois, l'homme a ses lois.
Page 210 - Placez-vous devant un objet de la nature, dans lequel tous les hommes reconnaissent de la beauté ; examinez le phénomène total qui se passe en vous à cet aspect, et cherchez à en dégager les éléments : il est certain que vous prononcez que l'objet est beau, et que vous prononcez ce jugement d'une manière absolue ; vous savez que ce n'est pas vous qui faites votre jugement, mais qu'il vous est imposé du dehors ; et si l'on vient vous contredire vous affirmez qu'on se trompe ; qu'il ne s'agit...
Page 220 - ... mais, comme elles, il nous approche de l'infini, dont il nous manifeste une des formes. Dieu est la source de toute beauté, comme de toute vérité, de toute religion, de toute morale. Le but le plus élevé de l'art est donc de réveiller à sa manière le sentiment de l'infini. » L'enseignement de M. Cousin, quoique purement et même sévèrement philosophique, servait donc, par la fécondité de ses principes, à compléter et pour ainsi dire à couronner les spirituelles et éloquentes...
Page 55 - L'être absolu qui, renfermant dans son sein le moi et le non-moi fini et formant, pour ainsi dire, le fond identique de toute chose, un et plusieurs tout à la fois, un par la substance, plusieurs par les phénomènes, s'apparaît à luimême dans la conscience humaine.
Page 217 - J'EXAMINERAI enfin une dernière théorie qui confond le beau avec la religion et la morale, et par conséquent le sentiment du beau avec le sentiment moral et religieux. Dans cette opinion, le but de l'art est de nous rendre meilleurs, et d'élever nos cœurs vers le ciel. Que ce soit là un des résultats de l'art, je ne le conteste pas, puisque le beau est une des formes de l'infini comme le bien; et que nous élever vers l'idéal, c'est nous élever vers l'infini ou vers Dieu. Mais je prétends...
Page 292 - Si le vrai , le beau et le bien nous paraissent distincts , ce n'est pas qu'ils le soient cn effet , mais c'est qu'ils nous sont donnés dans des objets différents. Le vrai existe par soi-même ; réalisé dans les actions humaines, il devient le bien; engagé sous les formes sensibles, il devient le beau. L'unité mystérieuse qui lie ces trois idées , c'est l'absolu , c'est Dieu lui-même.
Page 210 - ... que vous prononcez ce jugement d'une manière absolue ; vous savez que ce n'est pas vous qui faites votre jugement, mais qu'il vous est imposé du dehors ; et si l'on vient vous contredire vous affirmez qu'on se trompe ; qu'il ne s'agit pas ici d'un fait qui vous soit personnel, mais d'une lumière objective qui éclaire tous les esprits. Il est encore certain qu'après avoir jugé que l'objet est beau, vous sentez sa beauté, c'est-à-dire que vous éprouvez une émotion délicieuse, et que...
Page 107 - Entre le moi libre, phénomène individuel et fini, et Dieu, » substance absolue et infinie, existe un intermédiaire qui » nous apparaît sous trois formes : le vrai, le beau...
Page 281 - C'est tuer l'architecture que de la soumettre à la commodité, au comfort. L'architecte est-il obligé de subordonner la coupe générale et les proportions" de son édifice à telle ou telle fin particulière qui lui est prescrite? Il se réfugie dans les détails, dans les frontons, dans les frises, dans toutes les parties qui n'ont pas l'utile pour objet spécial, et là il redevient vraiment artiste.
Page 284 - Quelle est cette déesse énorme , Ou plutôt ce monstre difforme Tout couvert d'oreilles et d'yeux , Dont la voix ressemble au tonnerre , Et qui , des pieds touchant la terre , Cache sa tête dans les cieux? C'est l'inconstante Renommée , Qui , sans cesse les yeux ouverts , Fait sa revue accoutumée Dans tous les coins de l'univers. Toujours vaine , toujours errante , Et messagère indifférente Des vérités et de l'erreur.

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