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M. Le Tellier a revu sa Grammaire française; et la 43c édit. contient les améliorations qu'il y a faites. Jusqu'à présent, il avait employé les o dans ''imparfait et au 'onditionnel; il y a substitué les a pour se trouver d'accord avec les belles éditions des grands ouvrages qui paraissent touts les jours.

Ces améliorations feront ressortir davantage la défectuosité des contrefaçons; car, nous sommes assurés qu'il en existe, quoique cette Grammaire ait été reconnue pour être notre propriété , par un jugement du Tribunal correctionnel de la Seine, du 5 mai 1818, confirmé par arrêt de la Cour royale, du 2 mars 1819, et tout récemment par un jugement du tribunal correctionnel de Limoges. Voici ce dernier jugement : TRIBUNAL DE POLICE CORRECTIONNELLE DE LIMOGES,

Audience du 4 avril 1832. Entre le sieur BELIN-LE PRIEUR , libraire , demeurant à Paris, éditeur et propriétaire de la Cacographie et de la Graminaire française de C. C. Le Tellier, et le sieur BARBOU, imprimeur-libraire à Limoges, inculpé de contrefaçon en matière de librairie.

Le Tribunal, considér unt qu'il est constaté que le sieur BARBOU a débité des exemplaires d'une édition contrefaite de la Cacographie et de la Grammaire française de C.C. Le Tellier; qu'application doit donc lui être faite des dispositions de l'art. 427 du Code pénal ; considérant que le sieur BARBOU, qui succombe, doit être condamné aux dépens, en exécution de l'art. 194 (lu Code d'instruction criminelle ; par ces motifs, le Tribunal déclare le sieur BARBOU coupable d'avoir débité des exemplaircs d'une édition contrefaite de la Cacographic et de la Grammaire française de C. C. Le Tellier, lui faisant application des dispositions des art. 427 et 429 du Code pénal, dont lecture a été publiquement faite par M. le Président, etc., etc.;

Condamne le sieur BARBOU à l'amende, à des dommages au profit du sieur BELIN-LE PRIEUR et iux dépens; ordonne que les exemplaires saisis seront remis au sieur BELIN-LE PRIEUR. TALABOT, Président, DESISLES, BRUCHARD et LAPOUYADE, Juges. Les exemplaires exigés par la loi ont été déposés.

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12-11-1931

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LEGE DE C. C. LE TELLIER.

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NOTIONS PRÉLIMINAIRES. La Grammaire est l'art de parler et d'écrire at correctement.

Parler, écrire, c'est exprimer sa pensée par des mots.

Les mots sont donc des signes de nos idées. Ce sont, ou des sons formés par la bouche, ou des caractères tracés par la main.

Les mots se composent de lettres, qui , seules , ou jointes ensemble, forment des syllabes.

L'alphabet français comprend vingt-cinq lettres ou caractères. Ces lettres se diviseni en voyelles et en consonnes. Les voyelles sont celles qui forment seules une voix, un son. L'Académie en compte cinq, qui sont a, e, i, o, et u. On y ajoute l'y, employé comme i simple ou conime deux i i.

Les consonnes sont les lettres qui ne forment un son plein qu'avec le secours des voyelles. Consonne veut dire qui sonne avec... Ny a dix-neuf consonnes; savoir : b,c,d,f; 8, h, j,k,l,m,n,P,9,,S, t, v, x, et z.

D'après l'appellation-moderne, toutes les lettres sont du genre masculin. Ainsi l'on

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و

و

doit dire un f, un h , un l, un , un n, un ", un s, un x.

On appelle syllabe une ou plusicurs lettres qui forment un son, et se prononcent par une seule émission de voix. Lois et traits sont des mots d'une syllabe. Dans le mot abandon, a fait une syllabe, ban en fait une autre, ct don en forme une troisième. Les mots qui ne sont que d'une syllabe s'appellent monosyllabes ; ceux qui sont de plusieurs syilabes se nomment polysyllabes.

Les voyelles sont longues ou brèves.

Les voyelles longues sont celles sur lesquelles on appuie plus long-temps que sur les autres en les prononçant.

Les voyelles brèves sont celles sur lesquelles on'appuie moins long-temps.

Par exemple, a est long dans páte pour faire du pain, et il est bref dans frégate.

E est long dans fête, et bref dans diète.
I est long dans gíte , et bref dans visile.
O est long dans impót, et bref dans parot.
U cst long dans flûte , et bref dans dispute.

On distingue trois sortes d'e: l’e muet, l'é fermé, et l'é ouvert.

L'e muet est celui qui ne se prononce point, ou dont le son se fait

peu sentir, comme à la in dle ces mots , homme, monde; ou comme le prenier e de chemise, acheter, carreler, etc.

L'é fermé est celui qui se prononce la bouche presque fermée, comme dans ces mots, café, été, vérité.

L'é ouvert est celui qu'on prononce en

و

tel

appuyant dessus, et en desserrant les dents. On distingue deux e ouverts ; l’e grave, qu'il est dans succès , procès ; et l'e aigu , tel qu'il est dans la seconde syllabe de trompette, sonnette, etc.

Pour marquer les différentes sortes d'e, et les voyelles longues, on emploie trois petits signes que l'on nomme accents ; savoir : l'accent aigų (), qui se met sur la plupart des é fermés, bonté, vérité, marée , etc. ; l'accent grave (), qui se met sur les é ouverts, accès; et l'accent circonsexe (1), qui se met sur la plupart des voyelles longues, apôtre.... L'accent aigu va de droite à gauche ; l'accent grave, de gauche à droite; l'accent circonilexe se forme de la réunion des deux autres, et a la figure d'un v renversé.

L'y grec s'emploie le plus souvent pour deux i i, comme dans pars, moyen, joyeux, qui se prononcent comme s'il

у

avait pai-is, moi-ien , joi-ieux. Mais l'y n'a que la valeur de l’i simple, lorsqu'il est entre deux consondans ces mots dérivés du

grec, hymen, étymologie, hypocrisie , abyme; prononcez himen , etimologie , hipocrisic , abime (comme si y était un i simple).

La lettre h est muette ou aspirée.

Elle est muette , lorsqu'elle ne se prononce pas, comme dans ces mots, l'homme, l'honneur', l'histoire , qu'on prononce comme s'il y avait l'omme , l'onneur, l'istoire (sans li).

Elle est aspirée, lorsqu'elle fait prononcer du gosier la voyelle qui la suit, comme dans

nes

comme

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ces mots, qu'on écrit et qu'on prononce séparément, le héros, et non pas l'héros ; la haine , et non pas l'haine. Ces mots, au pluriel, se prononcent sans aucune liaison avec la consonne précédente; ainsi , prononcez les héros, comme s'il

у

avait le héros, et non pas les zhéros.

.

DIVISION La langue française emploie dix sortes de mots, que l'on appelle les parties du discours. Ce sont : le substantif, l'article , l'adjectif, le pronom, le verbe , le participe, la préposition , l'adverbe , la conjonction , et l'interjection.

Ces mots peuvent être considérés seuls et en eux-mêmes, ou rassemblés et mis en rapport les uns avec les autres ; ce qui partage naturellement l'art de parler en deux parties : la lexicologie et la syntaxe.

La manière d'écrire les mots forme une troisième partie, celle de la lexicographie ou de l'orthographe. Nous allons suivre cette division. Ainsi, notre grammaire comprendra trois parties : la lexicologie, la syntaxe, et l'orthographe ou la lexicographie.

PREMIÈRE PARTIE.

LA LEXICOLOGIE.

La Lexicologie consiste à expliquer tout ce qui concerne la connaissance des mots.

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