Madame de La Fayette

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Page 100 - Cette inclination aux fables, qui est commune à tous les hommes, ne leur vient pas par raisonnement, par imitation, ou par coutume; elle leur est naturelle, et a son amorce dans la disposition même de leur esprit et de leur ame ; car le desir d'apprendre et de savoir est particulier à l'homme , et ne le distingue pas moins des autres animaux que sa raison.
Page 17 - ... et de caractères aussi finement imaginés qu'agréablement variés et bien suivis. Il composa ainsi un roman qui lui acquit beaucoup de réputation, et qui fut fort estimé, même des gens du goût le plus exquis ; bien que la morale en fût fort vicieuse, ne prêchant que l'amour et la mollesse, et allant quelquefois jusqu'à blesser un peu la pudeur.
Page 37 - ... société, une pareille douceur, un agrément, une confiance, une considération pour elle et pour son fils? Elle est infirme, elle est toujours dans sa chambre , elle ne court point les rues. M de La Rochefoucauld était sédentaire aussi; cet état les rendait nécessaires l'un à l'autre , et rien ne pouvait être comparé à la confiance et aux charmes de leur amitié.
Page 55 - ... de se charger d'un plus grand nombre de différentes idées ; enfin les poèmes ont pour sujet une action militaire ou politique et ne traitent l'amour que par occasion ; les romans au contraire ont l'amour pour sujet principal et ne traitent la politique et la guerre que par incident. Je parle des romans réguliers, car la plupart des vieux romans français, italiens et espagnols sont bien moins amoureux que militaires...
Page 48 - Fayette , encore plus aimable et plus touchante. Jamais l'amour, combattu par le devoir, n'a été peint avec plus de délicatesse : il n'a été donné qu'à une autre femme de peindre , un siècle après, avec un succès égal, l'amour luttant contre les obstacles et la vertu. Le Comte de Comminges, de madame de Tencin , peut être regardé comme le pendant de la Princesse de Clèves.
Page 106 - Les dames ont été les premières prises à cet appât ; elles ont fait toute leur étude des romans, et ont tellement méprisé celle de l'ancienne fable et de l'histoire , qu'elles n'ont plus entendu des ouvrages qui tiraient de là autrefois leur plus grand ornement. Pour ne rougir plus de cette ignorance, dont elles...
Page 100 - ... cherche dans le passé et dans l'avenir, dans la vérité et dans le mensonge, dans les espaces imaginaires et dans l'impossible même , de quoi les occuper et les exercer.
Page 54 - La fin principale des romans ou du moins celle qui le doit être et que se doivent proposer ceux qui les composent, est l'instruction des lecteurs à qui il faut toujours faire voir la vertu couronnée et le vice puni.
Page 215 - Alphonse, me dit - elle un jour, je vois bien que le caprice que vous avez dans l'esprit va détruire la passion que vous aviez pour moi; mais il faut que vous sachiez aussi qu'elle détruira infailliblement celle que j'ai pour vous. Considérez, je vous en conjure, sur quoi vous me tourmentez, et sur quoi vous vous tourmentez vous-même; sur un homme mort, que vous ne sauriez croire que j'aie aimé, puisque je ne l'ai pas épousé; car, si je l'avais aimé, mes parents voulaient notre mariage, et...
Page 182 - Garcie, vous aviez raison; il n'ya de passions que celles qui nous frappent d'abord et qui nous surprennent; les autres ne sont que des liaisons où nous portons volontairement notre cœur. Les véritables inclinations nous l'arrachent malgré nous et l'amour que j'ai pour Zaïde est un torrent qui m'entraîne sans me laisser un moment le pouvoir d'y résister. Mais, Alphonse, ajouta-t-il, je vous fais passer la nuit à vous entretenir de mes peines, et il est juste de vous laisser en repos. Après...