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DISTRICT DE
MONTRÉAL. } BUREAU DES PROTONOTAIRES.

Le vingt-unième jour de Mars 1840. Qu'il soit notoire que le vingt-unième jour de Mars, dans l'année mil-huit-cent-quarante, Messire JOSEPH VINCENT QUIBLIER, Prêtre et Supérieur de MM. les Ecclésiastiques du Séminaire de Montréal, a déposé dans ce Bureau le titre d'un livre dans les mots suivants, savoir : “ Cours abrégé de Belles Lettres, à l'usage du Collége de Montréal.Au sujet du quel il reclame le droit de propriéié. Enregistré conformément à l'Acte Provincial, intitulé,

“ Acte pour protéger la propriété littéraire." L. S.

MONK ET MORROGH, P. B. R.

Guolen
. 47
s 94414
AVERTISSEMENT.

PLUSIEURS auteurs ont écrit sur les BELLES LETTRES, et leurs ouvrages ont mérité plus ou moins l'approbation et les éloges des personnes employées à l'éducation de la jeunesse, ou qui s'intéressent à ses progrés dans l'étude des Beaux Arts. Le meilleur et le plus complet des ouvrages, qui ait paru jusqu'à présent sur les belles lettres, est celui de le BATTEUX, ouvrage aussi recommandable par la sagesse et le développement des préceptes, que par le choix des exemples, et la pureté du style. Mais le cours de littérature de le Batteux est beaucoup trop long et trop volumineux pour être mis entre les mains des élèves, , qui auraient à peine le temps de le parcourir dans leur année de seconde, et encore moins d'en charger leur mémoire. C'est pourquoi nous en avons fait un abrégé, et comme une analyse, sans nous astreindre toutefois à ce seul ouvrage, et prenant dans les autres ce qui nous a paru le plus propre à remplir le but que nous nous sommes proposé. En tête de notre travail est une introduction dans laquelle nous donnons la définition, l'origine et la division des Arts. Vient ensuite l'ouvrage lui-même, qui se partage en poésie et en prose, avec leurs différentes espèces. Enfin pour la plus grande commodité des Professeurs et des interrogateurs, nous avons mis à la fin une table générale des matières par ordre et par questions, avec l'indication de la page à la quelle les questions se rap

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portent ; et en même temps, pour faciliter les réponses, nous avons eu l'attention, autant qu'il a été possible, d'en faire entrer le commencement dans la question même qui est proposée.

Voilà le travail que nous offrons aux amis de l’éducation, à Messieurs les Professeurs, et aux jeunes gens qui se livrent à l'étude des lettres, et dont le suffrage sera la plus digne récompense et le plus précieux dédommagement des efforts que nous avons faits pour leur être utiles.

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INTRODUCTION

AUX

BELLES LETTRES.

PAR BELLES LETTRES, on entend ordinairement l'Eloquence et la Poésie. Comme les Belles Lettres font partie des beaux Arts, il est à propos de faire voir la liaison qu'elles ont avec eux, en donnant une idée des arts en général, et plus en particulier des beaux Arts,

Définition, origine, et division des arts.

Un art est un recueil de préceptes tirés d'observations particulières, et plusieurs fois répétées, pour bien faire un ouvrage.

C'est le besoin, le plus ingénieux de tous les maîtres, joint à la réflexion, qui est le premier inventeur des arts. Jeté nu dès sa naissance sur la terre nue, éprouvant toutes sortes de besoins, exposé à mille dangers, et à mille maux, l'homme se vit forcé de chercher les moyens de s'en garantir ; et il les trouva bientôt.

Ces arts, comme il est naturel de le penser, furent d'abord informes et grossiers : mais à mesure que l'industrie donna lieu de multiplier les observations, l'homme les perfectionna. Ainsi quand il eu

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nii wance fuel senti, par exemple, l'incommodité de la pluie, il cher

cha un abri. Si ce fut quelque arbre touffu; il s'avisa bientôt, pour mieux assurer le couvert, d'en resserrer les branches, de les entrelacer, de joindre ensemble celles de plusieurs arbres, afin de se procurer un toit plus étendu, plus sûr, plus commode, pour sa famille, pour ses provisions, pour quelques troupeaux. Telle est l'origine des arts de première nécessité.

1 Les observations s'étant multipliées, le génie et le goût ayant ajouté de jour en jour aux premiers essais quelque chose de nouveau, soit pour consolider l'édifice que l'on s'était construit, soit pour l'embellir, il s'est formé, avec le temps, cette suite de préceptes qu'on appelle Architecture, qui est l'art de faire des demeures solides, commodes et agréables. Les mêmes observations furent faites sur toutes les autres parties de la nature qui ont rapport au 'moyen de conserver la vie, ou de la rendre plus aisée et plus douce; et c'est ce qui donna naissance aux arts de commodité.

L'abondance et la tranquillité, dont les hommes jouissaient lorsqu'ils se virent pourvus du nécessaire et du commode, firent naître en eux le désir de se dédommager, par de nouveaux plaisirs, de la jouissance trop uniforme des objets que leur offrait la nature dans sa modeste simplicité. Ils eurent recours à leur génie pour se procurer un nouvel ordre d'idées et de sentiments, qui réveillât leur esprit et ranimât leur goût. Comme ils ne pouvaient créer la nature, et qu'ils ne la trouvaient nulle part aussi agréable qu'ils l'auraient désiree, ils se virent réduits faire un choix de ses

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