Faust, tragédie de Goethe

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C. Delagrave, 1884 - 261 pages
 

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Page 190 - Nous connaissons donc l'existence et la nature du fini parce que nous sommes finis, et étendus comme lui. Nous connaissons l'existence de l'infini et ignorons sa nature, parce qu'il a étendue comme nous, mais non pas des bornes comme nous. Mais nous ne connaissons ni l'existence ni la nature de Dieu, parce qu'il n'a ni étendue, ni bornes.
Page 231 - Excite une frayeur mortelle. Je porte l'épouvante et la mort en tous lieux; Tout se change en rocher à mon aspect horrible; Les traits que Jupiter lance du haut des Cieux N'ont rien de si terrible Qu'un regard de mes yeux. Les plus grands Dieux du Ciel, de la Terre...
Page 190 - Parlons maintenant selon les lumières naturelles. S'il ya un Dieu, il est infiniment incompréhensible, puisque, n'ayant ni parties ni bornes, il n'a nul rapport avec nous. Nous sommes donc incapables de connaître ni ce qu'il est, ni s'il est.
Page 44 - II ya des esprits, si je l'ose dire, inférieurs et subalternes, qui ne semblent faits que pour être le recueil, le registre, ou le magasin de toutes les productions des autres génies : ils sont plagiaires, traducteurs, compilateurs ; ils ne pensent point, ils disent ce que les auteurs ont pensé; et comme le choix des pensées est invention, ils l'ont mauvais, peu juste, et qui les détermine plutôt à rapporter beaucoup de choses, que d'excellentes...
Page 110 - Mais les lois ont été établies dans presque tous les États par l'Intérêt du législateur, par le besoin du moment, par l'ignorance, par la superstition. On les a faites à mesure, au hasard, irrégulièrement, comme on bâtissait les villes.
Page 135 - Toute votre félicité, Sujette à l'instabilité, En moins de rien tombe par terre; Et comme elle a l'éclat du verre, Elle en a la fragilité.
Page 225 - J'ai vu ce passage imité ainsi en vers familiers : Rendons toujours justice au beau. Est-il laid pour être nouveau? Pourquoi donner la préférence Aux méchants vers du temps jadis? C'est en vain qu'ils sont applaudis; Ils n'ont droit qu'à notre indulgence. Les vieux livres sont des trésors, Dit la sotte et maligne envie. Ce n'est pas qu'elle aime les morts : Elle hait ceux qui sont en vie.
Page 32 - Tout ce fatras fut du chanvre en son temps; Linge il devint par l'art des tisserands, Puis en lambeaux des pilons le pressèrent : II fut papier ; cent cerveaux à l'envers De visions à l'envi le chargèrent ; Puis on le brûle, il vole dans les airs, II est fumée, aussi bien que la gloire. De nos travaux voilà quelle est l'histoire ; Tout est fumée, et tout nous fait sentir Ce grand néant qui doit nous engloutir.
Page 149 - C'est un secret d'amour et bien grand et bien rare; Mais il faut de l'adresse à le bien débiter, Autrement on s'y perd au lieu d'en profiter. Tel donne à pleines mains qui n'oblige personne : La façon de donner vaut mieux que ce qu'on donne.
Page 40 - ... qu'ils s'y sentent intéressés , en sorte que l'amour-propre les porte plus volontiers à y faire réflexion. Elle consiste donc dans une correspondance qu'on tâche d'établir entre l'esprit et le cœur de ceux à qui l'on parle d'un côté , et de l'autre les pensées et les expressions dont on se sert; ce qui suppose qu'on aura bien étudié le cœur de l'homme pour en savoir tous les ressorts , et pour trouver ensuite les justes proportions du discours qu'on veut y assortir.

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