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DE LA

SOCIÉTÉ ACADÉMIQUE

DE NANTES

ET DU DÉPARTEMENT DE LA LOIRE-INFÉRIEURE.

TOME XXXIX. .

[graphic]

NANTES

me ve G. MELLINET, IMPRIMEUR DE LA SOCIÉTÉ ACADÉMIQUE,

Place du Pilori, 5.

1 8 6 8

Harvard College Library
AUG 28 1912

Gift of
Prof. A. C. Coolidge

DE L'ALTÉRATION

DES

DOUBLAGES DE NAVIRES

ET DES MOYENS D'EN PRÉJUGER LA NATURE,

PAR M. ADOLPHE BOBIERRE.

Dans ses recherches récentes sur les causes d'altération des doublages (1), M. Becquerel a déterminé avec précision, au moyen de la boussole des sinus, la force électromotrice produite par le contact de l'eau de mer avec différents métaux ou alliages employés par la marine. Ce savant a pu reconnaître, dans le cours de ses expériences, qu'en regard des altérations générales propres à un doublage déterminé, il y a des corrosions résultant du défaut d'homogénéité physique ou chimique de la substance métallique mise en expérience. L'hétérogénéité physique résulte de l'écrouissage souvent très-inégal des plaques à doublage. L'hétérogénéité chimique est la conséquence de l'aigreur des métaux, de leur nature arsenicale sulfureuse ou plombifère, enfin, de la liquation qui s'est opérée pendant le refroidissement des lingots destinés au laminoir.

(1) Comptes-rendus de l'Académie des Sciences, tome xxxv.

Les nombreuses analyses de doublages que j'ai faites depuis près de vingt ans m'ont permis de constater que l'analyse chimique peut, dans des circonstances nombreuses, donner aux armateurs des indications utiles, en établissant, par exemple, que tel laiton a été laminé à chaud ou à froid (1), que le zinc y est mal réparti, que du plomb s'y trouve en proportion anormale; mais, s'il y a des circonstances dans lesquelles l'analyste peut préjuger, avec quelque confiance, le mode d'altération à la mer, il s'en présente,

et elles sont nombreuses, - où la prudence ne lui permet pas de formuler une conclusion.

Depuis la publication de mon travail sur les doublages de navires (2), j'ai été préoccupé de la recherche des moyens propres à renseigner les navigateurs sur la durée probable des doublages, non qu'il soit très-important de déterminer à l'avance si un alliage s'usera rapidement ou lentement, puisque les conditions actuelles de l'assurance maritime ne permettent guère de laisser le même doublage plus de deux ou trois ans en place sans réparer la carène du navire, mais en raison de l'immense utilité pour les armateurs de pouvoir compter sur le bon effet d'un revêtement métallique pendant le cours d'une campagne commerciale laborieusement combinée.

J'ai été plusieurs fois appelé à constater officiellement les déplorables résultats obtenus par l'emploi de laitons laminés à froid contenant des proportions telles de zinc et de cuivre, que la bonne foi des fabricants ne pouvait elre mise en doute, et qui cependant s'étaient usés de manière à rendre les opérations commerciales projetées

(1) Comptes-rendus de l'Académie des Sciences, tome XLVII, p. 357; tome Lix, p. 124.

(2) Thèse présentée à la Faculté des Sciences, août 1858.

complètement impossibles. En pareil cas, l'analyse donnait quelquefois des résultats satisfaisants; mais un examen microscopique de l'alliage faisait reconnaître que, s'il y avait homogénéité dans le sens général et grossier du mot, cette homogénéité n'impliquait pas cependant une union suffisamment intime des métaux alliés. Il est reconnu , d'autre part, que les doublages dont l'analyse révèle quelquefois une très-remarquable purelé, peuvent etre cependant fort inégalement corrodés à la mer en raison des différences physiques qui existent dans leur masse; de telle sorte que si, en definitive, l'analyse chimique donne des renseignements précieux en pareille matière, elle ne permet pas cependant de déterminer sûrement le mode de corrosion qui se manifestera dans un doublage employé.

J'ai eu , en 1864, une occasion nouvelle de reconnaître l'insuffisance des connaissances acquises sur ce sujet. Chargé de l'expertise d'un doublage en laiton très-rapidement et très-irrégulièrement corrodé, je trouvai que cet alliage offrait à l'analyse une composition sensiblement constante. Alors, en effet, que j'opérais sur les plaques neuves encore en magasin, ou sur celles qui avaient navigué, je trouvais, et des experts de la Réunion trouvaient de leur côté :

Laiton restant en magasin. Laiton ayant navigué. Cuivre....

64,80

64,23 Zinc...

32,98

33,52 Plomb.

1,95

2,08 Etain..

0,27

0,17 Arsenic. traces très-sensibles.

id. Per..... traces insignifiantes.

id. Antimoine.

0,00

0,00 Soufre....

0,00

0,00 100,00

100,00

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