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Louis d'Anjou son petit - fils fut adopté par Jeanne II Reine de Sicile (a); mais ce Prince étant mort, cette même Reine fit un autre Testament (6) en faveur de René, Duc d'Anjou , quoiqu'il fût dans ce tems - là prisonnier de Philippe Duc de Bourgogne.

Louis Cardinal & Duc de Bar, adoptant le même René d'Anjou, alors Comte de Guise, lui donna le Duché de Bar & le Marquisat de Pont à Mousson, à la charge de porter son nom & ses armes.

Henri, Duc de Pomeranie, fut adopté par Marguerite Reine de Dannemarck, de Suede, & de Norvège. (c)

François-Marie, de la Rovere, Duc d'Urbin, fils de Jean frere du Pape Jules III, n'avoit succédé (d) au Duché d'Urbin, après la mort de Gui - Balde son oncle maternel, & qui étoit mort fans enfans, qu'en vertu d'une adoption confirmée par le Pape dans le Consistoire (e).

La République de Venise adopta Jacques Roi de Chipre, fils d'un autre Jacques aussi Roi de Chipre, (f) & de Catherine Cornaro, en le faisant Noble Venitien, comme elle avoit adopté Catherine Cornaro en la mariant. Ce Jacques II étant mort, peu de tems après, la République de Venise se fit adopter elle-même par la Reine Christine; pour devenir par là héritiére de l'un & de l'autre ; de l'un comme du fils de St Marc; .& de l'autre comme de la fille & de la mere de la Répu. blique, fille par la naissance, & mere par l'adoption. (8) C'est par cette voie finguliére & assurément peu légitime, que la

(a) En 1425
b) En 1435:
(c) Voyez l'Introduction, Ch. VII. Se&. 22;
(d) En 1508.
(e) Guichardin , Hift. des Guerres d'Italie' liv. 8.

Mort en 1470. (8) Hift. Thuan. lib. 49 ; Etienne de Lusignan dans ses Généalogies ck. 18; Amelot de la Honslaye, dans son histoire du Gouvernement de Venise.

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Seigneurie de Venise avoit acquis le Royaume de Chipre que
depuis le Grand Seigneur lui a enlevé.

Lorsque Louise - Marie de Gonzague de Cléves, fut
mariée (a) à Uladisas IV. Roi de Pogne, elle fut illustrée
d'un titre d'adoption par Louis XIV. Roi de France. Sa
Majesté (dit le Contrat) donnant en, mariage au Roi de
Pologne la susdite Dame Princej , comme si elle étoit fa
fille. (b)

Louise - Elizabeth d'Orléans , fille de Philippe Duc d'Orléans, Régent de France, morte Reine Douairiere d'Efpagne (c) fut mariée (d) comme fille de Louis XV. Roi de France, à Louis premier alors Prince des Afturies & depuis Roi d'Espagne.

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S E C T I O N I V.
Du pouvoir des Maîtres sur leurs Enfans

& sur leurs Domestiques.
Ne famille n'est pas seulement composée du mari qui t. Relation dcs

en est le chef, de la femme qui en est encore le chef Mantes avec leurs sous le mari , & des enfans qui en sont les parties ; elle a des bice paifindinice.com membres moins considérables qu'on appelle Serviteurs, & qui forment avec leurs Maîtres la troisiéme société primitive.

La sujettion de ces serviteurs ordinaires & non esclaves est moindre que celle des enfans, puisqu'elle n'est fondée que sur leur volonté libre, & qu'ils la peuvent faire cesser quand il leur plaît, au lieu que celle des enfans est fondée

(a) En 1645.

(6) Voyez ce Mariage dans le Corps universel Diplomatique du Droit des Gens 6". vol. prem. partie , p. 326.

(c) A Paris le 16 de Join 17420 (d) Le 20 de Janvier 1723

XXXIX.. Trois tems à

XL. L'esclavage étoic

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cat priinitif de natyre,

sur la nature & non sur les conventions ; mais le gouvernement des Maîtres presque toujours durs, est beaucoup plus sévère, tant qu'il subliste, que celui des peres & des meres

, dont la plupart ont beaucoup de tendresse pour leurs enfans.

Quant aux esclaves, trois tems sont à considérer. I. L'état confidérer au sujet primitif de nature. II. L'état dépendant de quelque fait hu

main, antérieur au Christianisme. III. L'état de convention qui a suivi le Christianisme.

Tous les hommes naissent libres; aucun homme , consiinconnu dans l'é- déré dans l'état primitif de nature

indépendamment de tout fait humain, n'est esclave. Ce premier tems ne connoît ni autorité ni dépendance. La condition d'esclave fut inconnue jusqu'à ce que la discorde qui arma les hommes les uns contre les autres, eût faît naître la supériorité & la subordination.

Dans le second tems; c'est-à-dire dans l'état dépendant dan l'état des de quelque fait humain, avant le Christianisme, un homme que fait humain, pouvoit tomber dans l'esclavage, de trois manieres (a). I. Par

quelque convention; tel étoit l'esclavage des serviteurs qui
fe vendoient, ou des débiteurs qui ne pouvoient payer leurs
dettes. II. Par une suite de quelque délit; tel étoit l'escla-
vage des criminels qu'on pouvoit ou tuer ou mettre dans la
servitude. III. Par le droit de la guerre ; tel étoit l'esclavage
des prisonniers qu'on ne faisoit pas mourir, mais qu'on fais
soit esclaves.
A mesure

que

le

genre humain se multiplia, on s'éloigna de la simplicité des premiers siécles. On cherchoit tous les jours quelque moyen d'augmenter les commodités de la vie & d'amaffer des richesses. Il est vraisemblable que les gens un peu riches & qui avoient plus de génie engagérent ceux

XLI. Cominent on devinc esclave

antérieur au ChriNianisme,

(a) Servitus est constitutio juris gentium, quâ quis Domino alieno contra naturam subjicitur. ff. lib. 1. Tit. 4. de staru hominum.

&

qui étoient grossiers & peu accommodés des biens de la fortune, à travailler pour eux, moyennant un certain salaire, que cela ayant

favorisé l'ambition des uns & la paresse des autres, ceux-ci se déterminérent insensiblement à entrer pour toujours dans la famille de ceux-là, à condition qu'on leur fourniroit la nourriture & toutes les choses nécessaires à la vie : ainsi, la servitude fut établie par un libre consentement des parties, & par l'obligation que les uns contractérent de faire afin qu'on fit pour eux ; & comme les personnes qui youloient se débarrasser du soin de leur subsistance, se mettoient sous la puissance d'autrui ; les débiteurs qui ne pouvoient rendre ce qu'ils avoient emprunté, tomboient fous celle de leurs créanciers. Voilà les premières sources de l'esclavage.

Les criminels qui avoient commis quelque délit, pouvoient être punis de mort; mais on trouva plus utile à la fociété, lorsque les crimes n'en avoient pas violé les Loix à un certain point, de ne punir les coupables que de la perte de leur liberté. Ce fut une nouvelle source d'esclavage. Le privilége de tous les citoyens Romains, étoit de ne pouvoir être dépouillés malgré eux de la liberté, non plus que de la vie. Ce privilége produisit bientôt une licence effrénée. Pour l'arrêter, sans paroître détruire le privilége, on eut recours à une fiction. Lorsqu'un citoyen Romain avoit commis quelque crime digne de mort ou de quelque autre peine emportant la privation de la liberté, on annonçoit que celui qui alloit être condamné n'étoit plus citoyen, on le déclaroit esclave de la peine ; & comme tel on le privoit ou de la vie ou de la liberté.

guerre fut enfin une troisiéme fource d'esclavage. Elle n'en a pas été le principe, mais elle en avoit considérablement étendu les liens.. Les vainqueurs exercerent d'abord sur les

La

vaincus le pouvoir de vie & de mort qu'ils tenoient de leur victoire; mais le droit des Gens établit ensuite qu'on ne tueroit point les prisonniers & qu'ils demeureroient esclaves dans la famille des vainqueurs. La victoire est insolente, les victorieux conservoient quelques restes de haine contre ceux que le fort des armes avoit mis dans leurs fers. Ils traitoient d'autant plus rudement les esclaves de cette espèce, qu'ils avoient eux-mêmes couru risque de perdre & leurs biens & la vie. A la moindre faute , ils crurent pouvoir leur ôter la vie qu'ils leur avoient conservée. Accoutumés à regarder leurs esclaves comme leur bien, ils étendirent leurs droits sur les enfans des meres esclaves & sur tous les descendans.

C'est ainsi que les esclaves se multiplierent sous différens titres. Les uns naissoient tels par l'infortune de leurs meres; le malheur de la naissance constituoit indispensablement ceux-ci sous l'empire de leurs maîtres. Les autres s'achetoient ; un ennemi pris en guerre (a) par les Romains étoit ordinairement exposé publiquement en vente, & mis à l'enchère au profit de celui qui s'en étoit saisi. Pour lors, l'acquéreur entroit dans tous les droits du vendeur. (b) Quelques - uns fe vendoient eux-mêmes à prix d'argent, & préféroient un gain sordide à la jouissance de leur liberté, le plus précieux de tous les biens.

Dans l'usage des Romains, les offices domestiques & les travaux de la campagne étoient repartis aux esclaves, à proportion de leur adresse & de leur fidélité. L'affranchissement étoit assez souvent la récompense de leurs services. Quelquefois aussi ils se rachetoient, de l'argent qu'ils avoient amassé de leurs épargnes ou de leur travail. C'est dans cette vue qu'ils se faisoient un pécule à part dont ils avoient la

(a) On l'appelloit proprement Mancipium veluti manu captum,
(b) Cette forte de vente se faifoit à Rome , fub haftâ , sub coronâ, fub pileo.

proprieté

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