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2.

M. DE POURCEAUGNAC. Je vous rens grace.

SUISSE L'est un Gentilhomme Limossin qui fera penca chantiment à un grand potence.

M. DE POURCEAUGNAC. Je n'ay pas de curiosité.

1. SUISSE. Ly est là un petit teton qui l'est trole.

M DE POURCE AUGNAC. Tout beau.

1. SUISSE. Mon foy, moy couchair pien afec fous.

M. DE POURCEA UGN AC. Ah c'en est trop, & ces fortes d'ordures-là ne se disent point à une femme de ma condition.

2. SUISSE Laisse, toy, l'est moy qui le veut couchair afec clle pour mon pistolle.

1. SUISSE. Moy ne fouloir pas laisser.

2. SUISSE. Moy ly fouloir, moy.

SUISSE.

Ils le tirent avec violence.
Moy ne faire rien.

SUISSE
Toy l'afoir menti.

SUISSE.
Parti, toy l'afoir menti toy-même.

M. DE POURCEAUGN AC.
Au secours , à la force.

2

1

2.

I.

SCENE IV. UN EXEMPT, 2. ARCHERS, L'E 1. & 2. SUISSES,M. DE POURC. L'E X EMPT.

-& lez-vous faire à Madame? Allons, que l'on forte de là, G vous ne voulez que je vous mette en prison.

I. SUISSE

2.

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I SUISSE
Party pon, toy ne l'afvir point.

SUISSE.
Parcy pon aussi, toy ne l'afoir point encore. ,

M. DE POURCEAUGN AC.
Je vous suis bien obligée, Monsieur , de m'avoir
delivrée de ces infolens.

LE X E M P T.
Ouay, voilà un visage qui ressemble bien à celuy
que l'on m'a dépeint.

M. DE POURCE AUGN A C.
Ce n'est pas moy, je vous aflure.

L'E X EMPT.
Ah, ah , qu'est-ce que je veux dire?

M. DE POURCE AUGNA C.
Je ne sçay pas.

L'E X E M P T.
Pourquoy donc dites-vous cela ?

M. DE POURCEAUGNA C.
Pour rien,

L’E X E M P T.
Voilà un discours qui marque quelque chose, &
je vous arrête prisonnier.

M. DE POURCEAUGNA C.
Eh, Monsieur, de grace.

L’E XE M P T.
Non, non, à vôtre mine, & à vos discours, il
faut que vous soyez ce Monsieur de Pourceaugnac
que nous cherchons, qui se soit déguisé de la sorte ;
& vous viendrez en prison tout-à-l'heure.

M. DE POURCEAUGNAC.
Helas!

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T

SCENE V. I L'EXEMPT, ARCHERS, SPRIGANI,

M. DE POURCEAUGNAC.

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S BRIGAN I.
H Ciel! que veut dire cela ?

M. DE. POURCEAUGNAC.
Ils m'ont reconnu.

L'EXEMPT

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L'EXE M P T.
Ouy, ouy, c'est dequoi je suis ravi.

SB RIG AN I. Eh, Monsieur, pour l'amour de moi ; vous fçavez que nous fommes amis il y a long-temps ; je vous conjure de ne le point mener en prison.

L'E X EM PT.
Non, il m'est impoffible.

SB RIG A N I. Vous éreshomme d'accommodement, n'y --pas moyen d'ajuster cela avec quelques pittoles ?

L’EXEMPT à fes Archers.
Retirez-vous un peu.

SBRIGANI à M. de Pourceaugnac. Il faur luy donner de l'argent pour vous lai[et aller. Faites vîre.

M. DE POURCEAUGNA C.
Ah maudite ville!

SBRIGA NI.
Tenez, Monsieur.

L'E X EMPT.
Combien y a-t-il?

SBRIGAN I. Un, deux, trois , quatre , cing, ax, rept, huic, neuf, dix.

L'E X EMPT. Non, mon ordre est trop exprés.

SBRIGAN I. Mon Dieu attendez. A Monsieur de l'Oullillgnac. Dépêchez, donnez luy-en encore aujant.

M. DE POURCE AUGNAC. Mais...

SBRIGAN I. Dépêchez-vous, vous dis-je , & ne perdez point de temps. Vous auriez un grand plaisir,quand vous feriez pendu.

M. DE POUR CEAUGN AC. Ah!

SB RIGA NL Tenez, Monsieur.

L’E X EMPT. Il faut donc que je m'enfuye avec lui, car il n'y

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auroit point ici de sûreté pour moi. Laissez-le moy conduire, & ne bougez d'ici.

SB RIGA NI.
Je vous pric donc d'en avoir un grand soin.

L' EX EMPT. Je vous promets de ne le point quitter , que je ac l'aye mis en lieu de sûreté.

M. DE POURCEAUGNAC à Strigani.. Adieu. Voilà le seul honnête homme que j'aye trouvé en cette ville.

SBRIGA NI. Ne perdez point de temps ; je vous aime tant, que je voudrois que vous fuffiez déja bien loin. Que le Ciel ce conduise! Par ma foy, voilà une grande dupe Mais voici ...

SCENE VI. ORON TE, S BRIGA NI.

A

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SB RIGA N I.
H quelle étrange avanture! quelle fâcheuse nou-
plains ! Que diras-tu ? & de quelle façon pourras-
Tu supporter cette douleur mortelle?

OR ON TE.
Qu'est-ce? quel malheur me presages-tu ?

SBRIGANI.
Ah, Monsieur, ce perfide de Limosin, ce traître
de Monsieur de Pourceaugnac , vous enleve vôtre
Fille.

ORO N T E.
I m'enleve ma Fille?

SBRI Ġ A N 1. Ouy ; elle en est devenuë (i folle , qu'elle vous quitte pour le suivre ; & l'on dit qu'il a un caractere pour se faire aimer de toutes les femmes.

OR ON TE.
Allons vite à la Justice. Des Archers aprés eux.

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SCENE VII. ERASTE, JULIE, SBRIGANI,

ORONTE,

ERAST E. Llons , vous viendrez malgré vous, & je veux nez, Monsieur , voila vôtre Fille que j'ay tirée de force d'entre les mains de l'homme avec qui elle s'enfuyoit; non pas pour l'amour d'elle, mais pour vôire seule congderation : car aprés l'action qu'elle a faite, je dois la mépriser , & me guerir absolumen de l'amour que j'avois pour elle.

ORONT E. 2 Ab infame quc cu es !

ERA STE. Comment? me traiter de la sorte aprés toutes les marques d'amitié que je vous ay doanées! Je ne vous blâme point de vous être soumise aux volonçez de Monsieur vôtre Pere, il est fage & judicieux dans les choses qu'il fait, & je ne me plains point de luy de m'avoir rejette pour un autre. Sila manqué à la parole qu'il m'avoit donnée , il a ses raisons pour cela. On lui a fait croire que cet autre est plus riche que moi de quatre ou cinq mille écus; & quatre ou cing mille écus est un denier considerable, & qui vaui bicn la peine qu’un homme manque à la parole : Mais oublier en un moment toute l'ardeur que je vous ay montrée, vous laisser d'abord enflamer d'amour pour un nouveau venu ; & le suivre honteusement fans le consentement de Monscur votre Pere, après les crimes qu'on lui impuce, c'est une chose condamnée de tout le monde, & dont mon cæur ne peut vous faire d'affcz fanglans reproches.

JULIE Hé bien quy, j'ay conceu de l'amour pour lui , & je l'ay voulu suivre, puisque mon Pere me l'avoit choisi pour époux. Quoi que vous me disez, c'est un fort honnête homme ; & tous les crimes dont OR l'accuse, sont fauffecez épouvantables.

ORON

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