Œuvres complètes de Condillac: Traité des systèmes

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Page 218 - J'entends par substance ce qui est en » soi , et qui est conçu par soi-même, c'est» à-dire, ce dont l'idée n'a pas besoin pour » être formée, de l'idée d'une autre chose » . Puisque Spinosa veut prouver qu'il n'ya qu'une seule substance, il est essentiel qu'il donne une idée exacte de la chose qu'il fait signifier à ce mot : autrement, tout ce qu'il dira de la substance n'en regardera que le nom, et ne répandra aucun jour sur la nature de la chose.
Page 285 - Je remarquerai seulement que , pour expliquer comment toutes choses suivent de la nature divine, il dit qu'elles en suivent par une nécessité pareille à celle par laquelle il suit de toute éternité, et suivra éternellement de la nature du triangle , que ses trois angles sont égaux à deux droits. Cela étant, je ne sais plus ce que c'est qu'être cause; car je ne sache pas qu'on se soit jamais avisé de dire que, la nature du triangle fût cause efficiente par soi-même et première de l'égalité...
Page 352 - Puis donc que l'imagination ne consiste que dans la force qu'a l'âme de se former des images des objets, en les imprimant, pour ainsi dire, dans les fibres de son cerveau, plus les vestiges des esprits animaux, qui sont les traits de ces images, seront grands et distincts, plus l'âme imaginera fortement et distinctement ces objets. Or, de même que la largeur, la profondeur et la...
Page 17 - ... il est impossible qu'une chose soit et ne soit pas en même temps ; le tout est plus grand que sa partie, et autres qu'il combat de bonne foi.
Page 116 - De même que l'Auteur de la nature est la cause universelle de tous les mouvements qui se trouvent dans la matière, c'est aussi lui qui est la cause générale de toutes les inclinations naturelles qui se trouvent dans les esprits, et de même que tous les mouvements se font en ligne droite, s'ils ne trouvent quelques causes...
Page 107 - Il faudra seulement prendre garde que ces rapports de l'esprit et de la matière ne sont pas entièrement justes, et qu'on ne compare ensemble ces deux choses que pour rendre l'esprit plus attentif et faire comme sentir aux autres ce que l'on veut dire. La matière ou l'étendue renferme en elle deux propriétés ou deux facultés.
Page 325 - ... pour être en garde contre ce qu'ils ont de vague et d'équivoque. Voilà la véritable cause des erreurs des philosophes et des préjugés du peuple : d'où l'on peut conclure que la fausseté de l'esprit consiste uniquement dans l'habitude de raisonner sur des principes mal déterminés, c'est-à-dire sur des idées que, dans le vrai, nous n'avons pas, et que nous regardons cependant comme des connaissances premières qui doivent nous conduire à d'autres.
Page 223 - Car, comme j'ai déjà remarqué ailleurs , nous ne connaissons point les substances immédiatement par elles-mêmes ; mais de ce que nous apercevons quelques formes ou attributs qui doivent être attachés à quelque chose pour exister , nous appelons du nom de substance cette chose à laquelle ils sont attachés.
Page 196 - ... comme d'un principe incontestable. Quand je suis bien rempli de ce système, je me fais un vrai plaisir d'ouvrir, de fermer et de rouvrir sans cesse les yeux : d'un clin d'œil je produis, j'anéantis et je reproduis des êtres sans nombre. Il semble encore qu'à tout ce que j'entends, je sente grossir mon être; si j'apprends, par exemple, que dans une bataille il est resté dix mille hommes sur la place, dans le moment mon âme augmente de dix mille degrés...
Page 23 - Malebranche préfère ceux de l'ordre, de la sagesse. Leibnitz croit qu'il ne faut que sa raison suffisante pour expliquer tout. Les théologiens emploient les principes de la liberté, de la providence générale et de la chute d'Adam. Les sociniens nient la prescience divine ; les origénistes, l'éternité des peines ; Spinosa n'admet qu'une aveugle et fatale nécessité ; les philosophes païens ont eu recours à la métempsycose.

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