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14.

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à ce détail d'événements, qu'ils entre. sont imprimées. Ptolemée [1] tient les
prennent de prédire, les régles des pré, influences des corps célestes si nécessai-
dictions ne pourroient leur être con- res, que sans elles toute fécondité dans
nuës: car ils ne les peuvent attribuer la nature cesseroit, & le monde péri-
qu'à l'expérience; c'est leur dernier re- roit. Paracelse avance une opinion Gin-
tranchement; mais qu'elle peut être guliérement ridicule,que chaque liom-

Opinion
l'expérience des astrologues ? La neu- me a deux corps , l'un physique & de Paracel-
viéme sphére suivant Prolémée , n'a- élementaire, visible & palpable, & fe,que cha
chéve sa révolution qu'en 36000. ans, qui tire son origine d’Adam ; l'autre me a deas
la huitiéme en 7000. ans, Saturne en invisible & céleste, qui tire son ori- corps.
30. l'état du ciel n'a pas encore été gine des altres. Quelques-uns de ses
semblable en deux nativités: & cepen. disciples disent , que ce corps astral
dant la moindre différence , selon eux, est le génie de l'homme, son lare do-
cause dans les destinées des révolutions mestique , son esprit familier.
toutes contraires ; comme il arriva à Les qualités des influences se rédui.
Jacob & à Esaii, qui en naissant dans sent aux combinaisons différentes du
deux moments li proches l'un de l'au- chaud, du froid, du sec , & de l'hu-
tre, avoient des horoscopes très op- mide, qui sont les quatre qualités pri-
posés,& eurent en conséquence de leurs mitives. On peut croire que les qua.
nativités, des fortunes fort différentes. lités de l'air, les vents, le pluies,

Comme les mélanges des raions se le chaud, le froid, la fécherelle de
Il n'y eut
Jamais d'in- font d'une infinité de maniére, sui- pendent des influences des Planétes.
fluences

vant les bons ou mauvais aspects , & Nous ne pouvons douter que ces quaparfaiteinent sem. fuivant l'angle que le raïon du soleil lités de l'air ne soient causées princiblables. fait sur les planétes, il ne peut arriver palement par le soleil & par la lune : tés de l'air

Lesquali un même mélange de tant d'influen- mais il faut convenir que dans ces sont mieur

connues des ces qui partent de cant de globes si choses-là mêmes, les conjectures des

paylans, mobiles, & qui sont traversées & re- astrologues sont fort trompeuses, & quedes.al

trologues féchies en tant de maniéres , quand que les prédictions des gens grossiers le monde dureroit un million de fié de la campagne sont ordinairement plus cles. Il s'ensuit donc qu'il n'y eut ja- justes que les leurs. mais d'influences parfaicement sembla- Suivant Ptolémée, les influences bles , & que l'astrologie ne peut avoir déterminent le tempérament , non pas aucune expérience.

en agisant immédiatement sur le corps Si l'on raisonne physiquement sur les de l'enfant, mais par la qualité qu'elde l'influen. influences , les promesses des astrolo- les donnent à l'air [u], que cet enfant

gue's ne paroîtront-elles pas les visions respire au moment de la naissance.
les plus extravagantes ? L'influence est Les astrologues devroient être les
l'émanation d'une vercu invisible, qui plus sçavants médecins du monde ,
fort des corps célestes, & qui s'insi- par la connoissance qu'ils se vantent Les aftr-
nuant dans les corps sublunaires,les dé- d'avoir du tempéramemt. Car celui croientetz
termine à de certaines qualités qui leur qui peut discerner la température des les mci :

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Définition

decinsiu

nond's. (t) Prolem. quadripartit. lib. 1.6, 2.

incipientem
(H) ... diftar enim , quæ

Edere vagitus, & adhuc à matreru-
Sidera te excipiant, modo primos

bentem. Juven,

Ee.

js.

17.

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20.

me

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quatre qualités primitives , & leur mé- plus malfaisante des planétes . Il deflé- .
lange, dans la constitution du corps, che, refroidit, & envenime les rajons
sçait l'essentiel de la médecine, & il en du soleil. Sa couleur est sombre , &

posséderoit la partie la plus utile, comme plombée, par où l'on peut jua 3

quand il ne feroit qu'indiquer les vé- ger que la matiére dont il elt com.
ritables degrés de cette température , poré, est non-feulement très opaque,
à celui qui connoîtroit l'usage, & l'ap- mais extrémément poreuse. Dans le
plication des remédes.

chapitre de la phylique , nous avons
Je reprends les principes des astro , observé, que c'est cette disposition
Des qualités
des influen- logues. On ne peut douter des influenporsuse de la matière dont faturncelt

ces du soleil [x]; sources de la fécon: composé, qui lui fait occa per la rét
dité de toute la nature. Cette influen- gion du tourbillon, la plus éloignée da
ce est toujours favorable par elle-mé- centre.

mais cette vertu féconde étant La blancheur de la lumiére , qui De Jupiter.
reçûë , & renvoïée par un altre trop sec nouselt refléchie par Jupiter, eft un
& crop froid, ou crop sec & trop chaud, témoignage que la matiére, dont il est
ce qui étoit un principe de vie, devient composé, est blanche, plus solide, &
par la corruption un principe malfai. plus polie que celle de saturne; aus
Janc [y]. Comme un bon vin filtré est-il d'une nature très benigne, étant
au travers d'un linge empoisoné; de modérément chaud & humide , en
même l'influence, qui sort du soleil, forte que recevant les ražons du soleil,
écant portée par le raïon de la lumiére il leur ajoute une température falutai.
sur le corps de Mars, la chaleur excel. re, & les refléchit tant sur les autres
sive & trop séche de cette planéte cor. planétes que sur nous avec des influen:
rompt ce principe de vie. Au contraire; ces trés favorables.),
lorsque le raion du soleil porte par un

Mars augmente la chaleur des raïons De Mars. bon alpea son influence sur une plané- du soleil, qu'il renvoie aux autres plate, dont la chaleur & l'humidité font nétes & fur la terre, avec des influenztempérées, telle qu'est Jupiter , la ces arides, malignes, & brûlantes. Sa bonté de cette planéte fortifie encore couleur paroît ardente & rougcâtre, la bénignité de l'influence du soleil, ce qui porte à croire que

à croire que la matiére & la rend plus heureuse. ... dont il est composé, est comme une 1 Qualités de

Le globe de la lune a beaucoup d'hu- espéce d'argile sulphurée, ou comme
midité [ 2 ], soit qu'il y ait quantité de ces sables rouges, qu'on trouve encer.
mers sur la surface, soit que dans la taines contrées, & que la surface n'est
matiére dont il a été formé, il soit en- arrosée d'aucunes eaux.
tré plus de corpufcules humides. La planéte de Venus'a moins de

Saturpe par ses deux qualités de chaleur, & plus d'humiditéque Mars;
De Saturne. froid & de lec, el reconnu pour la elle refléchit les 'raions du soleil plus

L111

21.

18.

la lune.

22. De Venus.

19.

3

[x] Necefle est solem , qui modera- tes, après que la sainte écriture a dir, que tur nostra moderantes omnium quæ Dieu considera tours les ouvrages qu'il #circa nos geruntur, fateamur autorem. voir faits , digo qu'il les trouva fort bons. Macrob. saturnah los. 6.17.

Vidit Deus cuncta quæ fes erat, & erant
[y] Les astrolog nes sone téméraires d'on valde bona. Gen 6.1.

,
vancer, qu'il y a des planétes malfaisan- [2] Le Nobl. tall, des philof liv, 6.

24.

netes.

féconds qu'elle ne les a reçus. Elle est sément la nature des autres planétes ,
communément moins bienfaisante que avec lesquelles il a des familiarités ou
Jupiter; sur quoi il y a une distinction des configurations. Il est de lui-même
à faire: forsque la conjonæion se fait sec & chaud , en forte que s'il v'elt hu.
dans son apogée, elle eft cricore plus meeté par l'afpect de Venus, de Jupi-
bienfaisante que Jupiter,parce qu'alors ter ou de la lune , il renvoie les ražons
elle nous renvoie les rajons du soleil du soleil.defléchés, & les influences ne
heureusement cémperés, & par une peuvent être que nuisibles, lorsque sa
réfraction moins éloignée que celle de chaleur est augmentée par un rajon
Jupiter: mais lorsqu'elle est jointe au malin de Mars, ou par les influences
foleil dans le périgée, elle a très peu séches de Saturne.
de pouvoir, parceque le foleil d'illu- - L'humité des.planétesest fondée par de rhumi
minant alors que la partie, qui n'eft les astrologues, sur deux partages de la dité des pla-
pas vûë de la terre, elle ne peut ren. Génese: il est dit dans le prémier [a],
voier que les rajons déja rompus, qu'el- que Dieu sépara les eaux , quiétoient
Je reçoic des autres altres. Sa puissance dans le ciel, de celles qui étoient au-
fe récablit peu à peu , & fa bénignité dellous: or ces eaux du ciel ne peuvent
augmente par les quadrats. La vivacité être dans des réservoirs plus naturels,
dont elle renvoie la lumiére da soleil, & plus probables, que dans les plané-
jusqu'à peciller comme les étoiles fixes, tes. Le second passage [ b) porce, que
& produire de l'ombre, fait connoître dans le temps du déluge universel, tou-
qu'elle doit être forc solide , unie, avec tes les cacaractes du ciel furent ouver-
quantité d'eaux sur la surface ; & que ces; ce qui s'entend vraisemblablement
la superficie eft d'un blanc mélé de cou. des amas d'eaux contenus dans les pla-

leur d'or: ce qui opere de petillement nétes, & d'autant plus que la colonne
I du ražon: 1;;'

d'air, suivant plufieurs physiciens, ne osjestica De Mercure

Mercure est d'une nature fort va- contrepefant que 3.1. piés & demi d'eau contre les riable, parceque faisant en très peu de toute cette colonne d'air convertie en vertel. temps fa révolution autour du foleil, eau ne pouvoit couvrir la terre, que dont il n'est éloigné que d'environ jufqu'à la hauteur de trente & un piés vingt-huit degrés, & les forces chan- & demi dans toute fa surface, ce qui geant suivant la maniére dont il reçoit n'eût fait quebaigner le pié des monta. & refléchit les ražons du foleil, il fe gnes & eût été bien différent de cette fait en lui un changement continuel hauteur des eaux du déluge , qui fur. de paillance & d'action ; car quand pasférent les plus hautes montagnes de il est en conjonction dans son périgée, quinze coudées. il ne peut nous renvorer que les rajons, Cetce objection est d'une petite imqu'il reçoit des autres planétes , dont portance dans une occasion miracuil n'a pas la force de changer les inflaen Teufe; qui a été, non un effet naturel, ces ; & c'est par cette raison, que les af- mais un effet de la toute puissance de trologues conviennent, qu'il prendai- Dieu. Cependant le Pelletier voulant

23.

[*] Divisitque aquas quæ erant fub [6] Et cataractæ coeli apertæ funt. firmamento ab his, quæ erant fuper Gen. c.7.0.11. firmamentum, Gen. c. 1, v.7.

26,

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10)

y répondre d'une maniére physique fons, des morts violentes, des emplois,
[c], & n'aïant pas imaginé, commé du bonheur dans le commerce, à la
les astrologues, de faire venir au le- guerre, dans le mariage , & toutes
cours de la colonne d'air convercie en autres choses que les astrologues se
cau, toutes les eaux contenuës dans mêlent de prédire.
les réservoirs des autres planétes, il Continuons d'expliquer les précep-, Le corps
a nié la pesanteur de l'air, suivant l'o. tes de l'astrologie judiciaire, avant que foumis aux
pinion d'un grande nombre de phy. de rapporter les objections qu'on leur dominations
ficiens modernes, & il a soutenu que oppose. Le corps humain, disent-ils , des planétes,
les expériences, par lesquelles on a prén est soumis à différentes dominations.
tendu prouver que la colonne d'air ne Suivant la tradicion des Arabes [c],
contrepése que 31. piés & demi d'eau, le soleil préside au cerveau & au cæur,
ne doivent pas s'expliquer par la pe- à la mouelle des os, à l'ail droit; Mer.
santeur de l'air, mais par l'action de cure à la langue, à la bouche, aux
la matiére subcile , qui étend ou resserre mains, aux jambes, aux nerfs, à l'i- ,
l'air plus ou moins épais & grossier; maginations Saturne à la rates au foie,
que c'est donc le ressort de l'air & sa à l'oreille droite ; Jupiter au nombril,
force élastique , qui produit les effets à la poitrine, aux intestins ; Mars au
attribués à fa pesanteur, que par con- fang; aux reins, au chyle, aux nari-
conséquent on ignore quelle est la pe- nes , aux passions; Venus à la généra-
santeur de la colonne d'air, & quel vo- tion, à la chair, à l'embonpoint. Quoi-
lume d'eau lui est équivalent.

que la lune s'attribui tous les membres,
Jean François Pic [d] comte de la elle domine principalement sur le cer-
Mirandole se mocque de ces préten- veau, le poulmon , l'estomac , l'ail *
duës propriétés, & de cette humidité gauche., & la force de croître."

des planétes. Toute cette hypothéfe Hermés remarque, qu'il y a lept
de Prolémée, dit-il, qui fert de fonde- trous dans la tête, distribués aux sept
ment à l'astrologie judiciaire, eft plus planétes; l'oreille droite à Saturne, la
digne des railleries , que des réfutations gauche à Jupiter, la narine droite à
sérieuses des philosophes.

Mars, la gauche à Venus, l'ail droic
Mais accordous aux astrologues, que au Soleil, le gauche à la Lune, & la
les planétus & leurs influences aïent les bouche à Mercure. Chaque signe du

qualités qu'ils leur attribuënt, comme zodiaque a soin aussi des membres qui
ces influences ne confiftent en autre lui sont subordonnés. Pafons ce dé-
chole , que dans les altérations diffé- tail, pour venir à quelque chose de
rentes, & les divers mélanges du chaud plus important; c'est que Sacurije a
-& du froid, du sec & de l'humide..il fous son empire la melancholie, Ju-
est inconcevable que ces qualités ma- piter les bonneurs „Marsla, colere, le
atérielles, qui ne peuvent qu'échauffer, Soleil la gloire, Venus l'amour, Mer-

refroidir., dessécher, ou humecter, cure l'éloquence, la lune les choses qui
- unii - puissent coopérer à la fortune , ou à font d'un usage commun dans la vie.
"** l'infortune, causer des.exils, des pri. Buxtorf (f 1 prétend que le naturel

In main
[<] Le Pelletier Sur l'arche, ch.36.

[e] Agripp. philol. occult, liv., 1. ch.22.
[ ] Joann. Franc. Mirandul, dererum [f] Buxtorf, lexic. Talmud.
pranorione , lib. 5.6.6.

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.).

7

27 Les roiau.

de chaque homme suit la planéte sous crit, dans toutes sortes de posicions de
laquelle il est né. Celui dont la nativité la sphére.
a été dominée par le soleil, est beau, Prolémée a divisé les maisons,non par
franc , génereux; par. Venus, riche égales portions du zodiaque , mais par
& lascif;

par Mercure, adroit & doué les arcs diurnes & nocturnes, suivant
d'une excellente mémoire; par la Lu- l'obliquité de la sphére,& suivant la de-
ne, valétudinaire & inconitant; par meure réelle du soleil delius & deflous
Sacurne, infortuné; par Jupiter équi- la terre ce que les aitrologues Coperni-
table. & illu.tre; par Mars, heureux ciens encendent par le plus ou moins
& brave. C'est donc à tort que les in- d'espace de temps, pendant lequel later.
fluences des Mars sont traitées de mali. représente aux raions du soleil l'hémis-
gnes & de contraires,

phére que l'astrologue a en vûe , ou ce
Les provinces & les roïaumes sont qui revient au même, suivant la plus
nes , & les aussi distribués aux influences célestes grande ou la moindre étenduë des arcs
couleurs part8]; & suivant ce partage Mars avec diurnes & nocturnes que décrit dans
les différen- le bélier gouverne la France . Les l'écliptique, le point du globe terrel
tes influen-couleurs même [b] appartiennent à tre, que l'astrologue conlidére, ,
ces des corps
célettes. différentes planétes. Le noir est alligné Mais pour expliquer plus clairement

à Saturne, le bleu à Jupiter , le rouge ce qui concerne ces douze maisons, je
à Mars, la couleur d'or au Soleil, le me conformerai à la prévention des
verd à Venus, le blanc à la Lune , les sens , & je supposerai que c'est le soleil
couleurs mêlées à Mercure :

qui parcourt l'écliptique.
La vertu des maisons du Soleil, est :: Le commencement de la premiére
un des principaux mystéres de l'altro. maison est établi au point du lever du
logie. Les astrologues ont fait une pré. soleil; de-là, suivant le mouvement
miére division du jour en quatre par- qu'ont les planétes , pour accomplir
ties, par les quatre points angulaires les révolutions de leurs orbices ; en
de l'ascendant du soleil, du milieu allant du Couchant à l'Orient, la se-
du ciel, de l'Occident, & du bas du conde maison est établie dans l'espace
ciel. Ils ont sousdivisé ces quatre par- qui suit l'ascendant au-dessous de l'ho.
ties en douze autres, & ces douze rizon ; & ainsi de suite, en sorte que
portions du cercle décrit par le soleil, la quatriéme maison commence au bas
fuivant Prolémée & Tycho-Brahé, ou du ciel, au point de Nadir[i], ou au
par la terre, suivant Copernic , sont point précis de minuit ; la septiéme
les douze maisons.

maison commence à l'horizon Occi- Les astrologues sont en dispute sur dental, & la dixiéme au point de Zédes maisons le terrein de ces maisons. Quelques- nich, ou au point coupé par le mériréglés diffé- uns en ont fait un partage égal, leur dien dans le milieu du ciel.

assignant à chacune la douziéme partie Les quatre maisons angulaires, dont des quatre de l'orbite que le soleil ou la terre dé- les pointes font coupées par l'horizon maidors a

28. Des douze maisons,

29. Les espaces

reminent.

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& le jubiéquet [g] Agripp. philof. occult. lib. 1. ch. 31.

l'univers , répond aux piés d'un homme . [b] Agripp: philof, occult. liv. 1, ch.49. -- Zénit est le point qui répond à sa réte. . de vanit: fcientiar, c.81.3

Nadir do Zénith Jont dis termes tirés des [1] Nadir eft le point qui dans la con- Arabes. cavité de la route céleste, qui embras

tes & to.

bantes.

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