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fion.

sels conte

lair.

fculement au corps, mais à l'entende Les autres font dépendre toute l'aco.
ment. Pétrarque [d] prétend que l'air nonie animale du ressort des solides, qui
le plus serein, n'est pas le plus salutaire, sont les nerfs, les artéres, les viscéres,
& que les climats nébuleux de l'Occi- les muscles; & ils soutiennent que le
dent font préférables pour la santé. sang, le chyle, la bile , & toutes les

Il y a des températures d'air plus fa- humeurs ne reçoivent leur mouvement
vorables les unes que les autres, ou con & leur qualité, que de l'action & da
traires à certaines parties du corps.L'air ressort des solides.
de l'Atrique [6] étoit mauvais pour les Les médecins ne s'accordent pas mieux
jambes,celui de l'Achaïe pour les yeux. sur les principes de la digestion, l'objet

opinions Un auteur moderne a expliqué de. le plus important à connoître, puisque sur la digs Chryftalli

, puis peu dans une lettre [f] la nature l'origine principale des maladies est un

des sels contenus dans l'air, & la mé- chyle aigre, maldigéré, crud & gros. nus dans thode de découvrir leurs figures & fier. Hippocrate , Galien & Avicen.

leurs qualités. Il indique la maniére ne sont d'avis, que la digestion des
dont il a chrystallisé ces sels, & la for- aliments se fait par la chaleur de
me des microscopes, dont il s'est servi l'estomac & par la co&tion; mais les os
ensuite pour examiner leurs figures, se digérent en trois heures dans l'esto.
& l'arrangement de leurs parties. Ces mac d'un chien , & l'eau bouillante
observations peuvent conduire à une dont la chaleur est beaucoup plus gran-
connoissance très utile de la qualité de de, ne peut les dissoudre dans le mê-
l'air, & des maladies qui en dépendent. me temps. Ceux qui boivent à la gla-

Plus on s'efforce de pénétrer dans la ce, ou qui prennent des liqueurs gla.
De la cir- connoissance de la nature, plus on rene cées, prétendent même que leur dige-

contre de doutes. Les uns s'attachent fion en est aidée:
neurs. aux faveurs & aux propriétés des ali Erafiltrate esime [h] que l'estomac

ments & des remédes ; ceux qui font se resserre pour embrasser plus étroite-
cette étude, emploient les termes ini ment les aliments & pour les broier.
posants, d'amers, d'acides, d'alkali, il fait confifter la digestion dans la
de sulphureux, de falins, sans connoî- trituration ou le fassement qui attenuë
tre ni où résident ces qualités, ni quel les parties des aliments, en les frottant
le eft leur puissance. Ces termes réuffit. les unes contre les autres à diverses
fent fort, les hommes étant encore très reprises long - temps réitérées . Mais
disposés, comme ils l'étoient du temps l'estomac de plusieurs animaux digére
de Pline [8], à donner leur confiance les os. Le mouvement de l'eftomac qui
à ce qu'ils n'entendent pas, & à mépris n'est qu'un tissu de membranes mol.
ser ce qu'ils comprennent .

les , pourroit-il briser des os pointus ?

Ces

culation des hu

[d] Non serenum omne ftatim opti Partibus ac membris, varius concin-
mum, immo verò provincias nebulosas le-

nat id aër. Lucrer. lib. 6.
renis efle falubriores , & in hoc Occiden If] Second vol. du Mercure de Fr. .
tem prælatum Orienti legimus. Petrarch. cembr. 1729.
le) Attide tentantur greflus, oculi [8] Minus credunt quæ ad falutem
que in Achæis

suam pertinent, si intelligunt. Plin. lib.
Finibus ; inde aliis alius locus eft ini-

29.6. 1. micus

[b] Cell. prafat, 1.b. 1,

Ces membranes n'en seroient-elles pas tre l'assaisonnement, la mixtion & la
plûtôt percées & déchirées: On a trou- température, que demande cette fer-
vé dans les ventricules de quelques ani- mentation ? Comment pourra-t-elle
maux, des os amollis par le milieu, tan- persuader que les principes qu'elle pres-
dis qu'ils étoient encore très durs par criroit à cet égard, convinssent à cha-
lesextrémités , qui devoient néanmoins que estomac en particulier ?
avoir été bien plus exposées au frotte Les sentiment de Plistonicus allez
ment que le milieu. On voit les enfants semblable à celui de la dissolution, ex-
digérer des viandes , qui ne pourroient plique la faculté de digérer par la[i]
être digérées par les hommes faits . putréfaction. Toutes ces opinions sont.
Est-il possible que ces enfants aïent les également fausses suivant Asclepiade ,
membranes de l'estomac plus dures, ou dont le sentiment étoit qu'il ne se fait
qu'ils aient plus de force dans les mus- poine de digestion, & que les aliments
cles qui doivent servir à la trituration ? se portent & se distribuënt par tout le
Enfin on voit quelquefois que les mê- corps, cruds & comme on les a pris.
mes personnes , qui digérent les vian Erasistrate & ses sectateurs par une
des les plus solides, ne sçauroient man, opinion assez semblable à celle d'Asclé-
ger de certains fruits, sans en souffrir piade , doutoient si la bile se produit
des indigestions . Le broïement de ces dans le corps, ou si elle est contenuë
fruits, qui sont fort tendres, se feroit-il dans les aliments.
plus difficilement que celui des viandes On ne trouve dans la médecine qu'-
Jes plus dures?

incertitudes & contrariétes , sur la ma- des fut Untroisiéme avis rejectant la coction niére dont le fait la génération. Plu- génération. & la trituration , attribuë la digestion fieurs modernes[le]ont adopté le systé. des aliments à la fermentation & à la me général des aufs, beaucoup d'audissolution. Ces derniers médecins pré. tres l'ont rejetté. Les Egyptiens croñotendent que les acidesémanés des glan- ient [1] que la mére ne contribuoit en des de la bouche & de l'estomac, & les rien à la génération de l'enfant, & ne sucs bilieux & pancréatiques mêlés en- lui fournisloit que la nourriture. Sensemble alcérent&changent tout ce qui timent suivi par [m] Aristote & par descend dans l'estomac, done la digel. plusieurs autres [n] philosophes. Lu. tion s'achéve dans les inteltins. Le levain créce[o] dit que c'est tantôt le pére, & de ces parties hétérogénes s'insinuë dans tantôt la mére, qui contribuë le plus à les aliments, les dissout & les sépare. la génération : ce qui se connoît à la Mais si cela se passe ainsi, quand est-ce resemblance plus marquée, que l'en, que la médecine parviendra à connoî- fant tient de l'un ou de l'autre. Tom. I.

Hhhh

Incertitu

[i] Cell prafar. lib. s.

[k] Bayle républ.des lettr.Juin 1684.arf, 2. Septemb. 1684. art, 1. Décemb. 1694. art. 13. O&tob. 168 5. arr. 6.

Harvé a mis à la tête de son livre de la . mération : Ex ovo omnia .

[1] Diod. Sis lib. 1.

[m] Aristot, ap.Jul. Scalig, adverf. Car. dan, de subrilir, exercit. 268.

[n] Plutarch.de platit.philos. lib. 5.c. 5:
[0] Semper enim partus duplici de fe-

mine conftat;
Atque utri simile est magis id, quodcun.

que creatur,
Ejus habet plus parte æ juâ : quod cer-

nere pofsis,
Sive virûm foboles , five cft niuliebris

inago. Lucrer.

71. Sentiments

tes.

72.

Dans la médecine , comme dans la vaisseaux qui portoient & rapportoient renouvel, phyfique, on a qualifié de nouvelles dé. le sang , du centre à la circonférence, & les donnés couvertes, plusieurs sentiments renou

& de la circonférence au centre, par une découvervellés des anciens. Les plus sçavants maniére de flux & reflux, & suivant le

médecins ont été en dispute , si la cir- besoin & l'attraction de la nature : & culation du sang a été connuë d'Hippo. quant à ce qui échapoit aux vaisseaux crate , ou si elle a été une découverte connus, il passoit [x], selon lui, par des d'Harvé en 1628. Almélovéen [p]cite canaux insensibles , & par des voies

plusieurs passages d'Hippocrate, pour qu'on ne peut découvrir. Les anciens De la circu. a tion du prouver que cet ancien médecin a con connoisloient li peu la vraie circulation lang · nu la circulation. Comme dans des pe- du sang , qu'ils étoient dans l'opinion

lotons, dit Hippocrate, [g] les fils re- que les artéres ne devoient contenir au-
viennent les uns sur les autres , de mê cun sang, mais seulement servir de par.
me dans le corps, il se fait un circuit, fage aux esprits animaux.
qui se termine , où il a commencé. Hip Lecour, dic Platon[y], qui esten
pocratedit[r] que les veines portent même-temps la source des veines, & de
dans tout le corps les esprits , lc cours ce sang qui tournoie rapidement dans
du sang , & le mouvement ; qu'il en toutes les parties, a été établi comme
part plusieurs d'une seule, dont il ne un commandant, afin que quand laco-
connoit ni le commencement ni la fin, lére s'allume, tout ce qu'il y a de sensi-
parce qu'un cercle n'a ni fin ni com ble dans le corps, le dispose par l'ouver-
mencement. Quand la bile entre dans ture de touts les pores,à écouter ses me.
le sang , dit-il , [f] elle dérange naces , & à obéïr à ses commandements,
la consistence du fang , & trouble Aristote[z]regarde le cerveau com,
fon cours.

me une maffe froide composée de terre Almeloveen [1 ]cite plusieurs autres & d'eau, qui ne contient aucun fang, passages d'Hippocrate, & des passages qui est privée de sentiment , & de toute de Galien , pour prouver qu'ilsont con- liaison avec les autres parties du corps, nu la circulation du sang.On trouve en Il dit [a ] dans le même traité , quc le plusieurs endroits des ouvrages d'Hip- sang passe du cæur dans les veines, mais pocrate[w], les termes de circulations, qu'il n'en vient d'aucun endroit dans le de tournoïer, de tournoiment. D'au. caur. Comment ceux qui trouvent la tres auteurs pour ne pas attribuer à circulation du sang dans Aristote , s'acHippocrate une découverte qu'ils ont commodent-ils de ces passages ? prétendu réservée au fiécle précédent , Il semble donc qu'il y ait une espéce ont expliqué cette circulation d'Hippo. de compensation, & que si les modercrace, comme se faisant

par les mêmes nes ont donné pour des découvertes

[p] Theodor.J anffon, ab Almelov, invent. nov-antiq.5.28.

[9] Hippocr. de diera, lib, 1.6, 15. ap. Almelov, loc. citar.

[r] Hippocr. de venis , c. 17. ap. Almelov. loc citat.

[s ] Hippocr de morbis , lib. 1. c. 28. ap. Almelov. loc.citar.

[r) Almeloveen, .cirar.

[1] TIspiodo, circulations . IIepipepeolai, tournoïer. TIepipopi, tournciment. Iepimepris , qui rournoïe. [ x] Hippocr. de morbis , lib. 4. [y] Plar. in Tim. [2] Ariftot. de partib. animal, lib. 2. c.7. [a] Id. loc. citar. lib. 3.6.4.

73.

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nouvelles, des sentiments renouvelles Nos modernes ont prétendu con.

La vitesse des anciens, on a aussi en plusieurs oc noître la vitesse du sang dans la circu- du lang. cafions fait honneur aux anciens , de lation . Suivant le calcul [d] de Ro. calculés. bien des choses, ausquelles ils n'ont ja. hault, il se faic crois circulations de mais pensé, & dont l'invention a été le tout le sang dans l'espace d'une heure. fruit des recherches laborieuses, ou des Quelques physiciens ont donné depuis pensées heureuses des modernes, soit Rohaule une bien plus grande rapidité que la jalousie, ou que la vénération au cours du sang : Je suppose, dit le pour l'antiquité ait fait naîcre cecte pére Regnault [e], que la cavité gauderniére prévention.

che du cæur contient deux onces de Cependant Harvé, auquel on attri- fang. Selon les observations de Lower ., buë la découverte de la circulation du elle peut en contenir davantage. Jesup. sang , a reconnu [b] qu'elle se trouve pose que cette cavité se vuide à chaque dans Ariftote. Mais cet aveu d'Harvé battement du cœur. Une raison entre n'a t-il point été un artifice, pour enga- plusieurs autres, pour le croire ainsi , ger à recevoir le sentiment qu'il propo- c'es qu'on voit le cæur d'une grenouil . foit, en l'autorisant d'un suffrage, qui le blanchir dans la systole, ou dans la étoit, surtout alors, d'un sigrand poids? contraction. Listher prétend que le

L'honneur de cette découverte n'est caur bat 75. fois dans une minute : je pas atcribué à Harvé, d'un cousente- suppose que dans une minute , il bat ment unanime . Almeloveen cite un précisément 60. fois, c'est-à dire , une paslage d'André Celalpinus, qui con fois chaque seconde . Cela supposé, le cient fort clairement la doctrine de la cæur battra trois mille six cents fois circulation du lang. Jean Leonicenus par heure: car 60. fois 60. ou le quardit que le pére Paul Sarpi auteur de la réde 60, est :600.Par conséquent dans fameuse histoire du concile de Trente, une heure il pallera par le coeur & qu'on appelle communément Fra 7200,onces de sang , puisque chaque Paola , découvrit la circulation du battemen: du cæur en poussera deux Tang ; & lesvalvules des veines , qu'il ne onces dans l'aorte; sepc mille deux communiqua fon secret, qu'au seul cents onces de sang feront fix cents fuis Aquapendente, qui ne fit

I 2. ( nces, ou 600, livres de sang. Il de s'ouvrir à un jeune Anglois , nommé passera donc au cravers du caur la Harvé, qui étudioit fous lui à Padouë, valeur de lix cents livres de sang en & qui s'étant assuré de la circulacion du une heure, ou ce qui revient au mê. sang par plusieurs expériences, s'en at me, 25. livres de sang passeront par le tribua la découverte. On trouve [C] caur 24. fois en une heure, ou 576. que cette connoillance de la circulacion fais chaque jour. Si la mare du sang, du sang est fort ancienne parmi les més comme le suppose Lower, monte à decins Chinois.

25. livres, tout le sang passera par le

Hhhh

pas difficulté

[b] Rapin, compar. de Plat. do d' Arit. [C] Hf, du monde de Chevrean, 1.7.live
part, 3.ch: 6.Janus Leonicenus in metamorph. 9.2-379.

Æscular do Apollin. Theod. Janson, ab Ala [d] Physiq.de Rohault,part.4. C.14.
meloveen, in wint, nov.antiq. 9. 28.

[6] Lep. Regnault, entrer.physiq.enrrer. 8.

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des 2

cæur 14. fois en une heure, ou 576.fois leur procuroit toute leur agitation.
chaque jour.

Ariftote a pensé des prémiers que sentiasa Les modernes prétendent aussi dé- le sang se faisoit au cæur; ce qui avoit tencere a Figure des couvrir la figure des parties intégran- été rejetté comme une erreur; & qui grantes dutes du sang. Ils assurent qu'ils les voient enfin s'est trouvé véritable par les ex. lang avec le microscope ; qu'on voit le sang, périences. Le canal chorachique , dont

par exemple, couler dans les artéres & on a attribué la découverte à Pecquet
dans les veines des nageoires d'un poil- en 1651. se trouve dans un livre im-
son, comme de petitsgrains d'un rou- primé à Venise en 1561. composé par
ge noirâtre, qui sont emportés dans un médecin de Rome, nommé Bar-
une liqueur claire & transparente. thélemi Eustache, Almeloveen pré-

Leeuwenoek [f]a même discerné la tend prouver qu'Hippocrate & Galien
figure de cesgrains, en a déterminéla ont connu les voies lactées, dont on
grosseur , & une des plus célébres aca a attribué la découverte à un médecin
démies de l'Europe admira son adresse, Italien nommé Afellius ; & que ces
sa pénétration & la constance dans ces deux anciens médecins ont connu pa-
recherches. Suivant les découvertes ou reillement le canal pancréatique , dont
les conje&tures de cet auteur , les par- la découverte a été attribuée à Virsun-
ties du sang humain sont autant de gus anatomiste de Padouë en 1642.
globules, qui ne sont que vingt-cinq Almeloveen montre encore que
mille fois plus petits qu'un grain de l'opinion qui a fait tant de bruit
sable; chacun d'eux est composé de six depuis quelque temps , que la géné -
avires; chacun tourne sur son centre; ration de l'homme se fait dans l'æuf,
ils font molets , flexibles & pesants ; se trouve dans Hippocrate & dans A-
& de là vient que dès que le sang est ristote.
hors des veines, & que la sérosité Qu'importe après tout, que certai.
dans laquelle nagent ses globules, s'est nes connoissances aïent été découvertes

refroidie, & a perdu son mou. par les anciens ou par les modernes ?
vement, ils tombent au fond du vais. L'honneur du médecin consiste bien
seau, ils s'affaillent , ils s'applatissent moins dans des inventions nouvelles ,
Jes uns sur les autres , & laissent au- qu'à conduire avec sagesse ceux qui
dessus d'eux ce fluide plus subtil, qui ont recours à ses conseils

un peu

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