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119.

par Pythagore ( s), & plusieurs siécles prouver par de fort mauvaises raisons , après Pythagore par Pline[ 1 ] le natu- que le soleil surpasse huit fois en grofsaliste

feur le globe terrestre. Anaximéne paa. Ona cru pendant long-temps , que rut avancer le paradoxe le plus étranl'opinion des Antipodes avoit été cone ge , en disant que le globe du soleil damnée comme hérétique , par le pape n'étoit pas moins grand que le Pélow S. Zacharie: mais les derniers critiques ponnése,& c'est long-temps depuis A: ont fait voir [ u), que l'évêque Virgile naximéne,qu'Epicure a soutenu que les ne fut pas repris par Boniface archevê. disques du soleil & de la lune n'étoient que de Maïence & légat du pape , pour pas plus grands que leurs apparenavoir soutenu qu'il y eut des Antipodes, ces. Thalésavanc Anaximéne a louces mais un autre soleil & une autre lune nu que le globe du soleil étoit plus

qui éclairoic l'autre hémisphére. grand sept cents vingt fois que celui de Opinions

Les Epicuriens ne crosojent pas que la lune, mais sans rien déterminer par anciennes les disques du soleil & de la lune fuf- rapport à la terre. Héraclite[ a[com. - lar de folcil. sent plus grands qu'ils parviffent à nos paroît la mesure du disque solaire à cel

yeux. Ils se fondoient ( x ), sur ce que le du pié de l'homme.
les objets qui paroissent plus petits à Chryfippe & Cléanthés regardoient
cause de leur distance , sont aussi ap- le soleil comme un amas de feu doué
perçus moins distinctement , au lieu d'intelligence , & produit par les ex-
que nous trouvons dans le soleil & dans halaisons de la mer.
la lune plus de clarté & de lumiére,que : Epicure avoit pour principe que le
dans les objets les plus proches , d'où foleil s'allumoit tous les marins de nou.
ils concluoient que puisque la chaleur veaux feux, & s'éteignoic touts les soirs
du soleil n'est pas éteinte, ni la clarté dans les eaux de l'Océan : Florus [b]
des deux luminaires affoiblie par l'éloi. rapportant l'expédition de Decimus
gnement, la grandeur apparente n'est Brutus le long des côtesd'Efpagne [c],
pas non plus diminuée.

? assure que Brutus ne voulue arrêter les Xénophane croïoit[y] qu'il y avoit conquêtes, qu'après avoir été témoin plusieurs soleils pour les zones différen- de la chute du soleil dans l'Océan, & tes,& même pour les différents climats. avoir encendu avec une espéce d'hor

Eratosthéne a enseigné que le soleil reur le bruit terrible que cause l'extincécoic vingt-sept fois plus grand que la tion de cet aftré dans les eaux de la terre ; & Macrobe [2] a taché de mer. Les anciens croïoient ausi [d]que

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[s] Diog. Laërr. in Phythag.

tre monde, d'une autre espéce d'hommes, d'un [:] Plin. lib.2.c.65.

autre soleil , dgn d'une autre lune ; opinion -- [uVoici les termes de la tettre du pape S. TORTT ATT à ce queta genéfenous apprend dela Zacharie à Boniface fon Légar , au sujer de création cetre erreur de l'évêque Virgile, qui depuis a [x] Lucrer, lib.s. été mis ay nombre des faisrs

' : Si clarifica -] Xenophan. np. Sroboclog. phyfic.6.25 tum fuerit, itaçum confiteri, quod alius [z] Macrob. in fomn. Scip. lib. lc 20. mundus, & alii hominessüb cerrà fint, - PA] Plutarch. de placit philos. 1. 2.6.21. seu fol , & luna , hunc habito conlilio; Tbi Florus, lib. 2.6.17. ab ecclefis repelle. Cogui s'entend nasu Tc] Tarteffos ftabulanti conscia Phoes reliement, non des antipodes, mais d'un au bo, Sil. It al. lib.3.

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12.

Sur la rue

lactée,

Sur la line

le soleil & les autres altres se nourris Diocime de Tyront soutenu que la lu-
soient les uns des eaux douces des fleu- miére des étoiles étoit empruntée du so.
yes , & les autres des caux falées de la leil,& refléchie,comme celle de la lune,
mer: Cléanthés donnoit pour raison du Quelques Pythagoriciens [8] ont
Tetour du soleil, lorsqu'il étoit arrivé expliqué la voie lactée par un grand ré.
aux solstices , que cet aftre ne vouloit fervoir de lait, pour la nourriture des
pas s'éloigner de la nourriture. ames, qui attendent que la mécempfy-

Pythéas disoit [e ]qu'à l'isle Thulé, cose les falle passer dans d'autres corps.
à fix jours de la grande Bretagne versle Anaximandre, Xenophane,les Stoi- 122.
Nord, & dans touts ces quartiers là, il ciens croioient que la lune éclairoit de
n'y avoit ni terre, ni mer, ni air, mais sa propre lumiére. Les Epicuriens ne
un composé des trois, sur lequel la ter- sçavoient li la lumiérelui écoic propre
re & la mer étoient suspenduës, & qui ou étrangere.
servoit comme de lien à toutes les

par Zénon.[tb] défivifloit la lune , un ties de l'univers, fans qu'il fût possible aftre doué d'intelligence & de prudend'aller dans ces espaces , ni à pić, ni çe, & composé d'un feu artiste. sur des vaisseaux. Pychéas en parloit ; La plậpart de ces opinions ne sont 123 comme d'une chose qu'il avoit vûë, guéres plus subtiles, que celle des Ca- des sapka

Le Vayer[f]raconte qu’un bon ana- raibes [i], qui croient sérieusement , ges. choréte se vantoit d'avoir été jusqu'au que la ļupefut créée avant le soleil, & bout du monde , & de s'être vû con

& de s'être vû con- qu'aïąnt vû la beauté du soleil ,elle altraint d'y plier les épaules , à cause de la se cacher de lìonte, pour ne se plus l'union du ciel & de la terre dans cette montrer que la nuit ; ou que l'hypoextrémité.

théledes Hurons de la nouvelle France, Cléop accufa Anaxagore d'impiété, qui s'imaginent que la terre étant perpour avoir ayancé que le soleil n'étoit cée de part en part, le soleil passe touts pas un dieu, mais une grosse meule em les jours par ce trou, & retourne aingi brasée: Anaxagore attribuoit la lumié d'une des extrémités de l'hémisphére à re du soleil a la refra&tion de l'æther l'autre jou enfin que le fyfteme dụ ou du feu élémentaire.

in philosophe Indien, quienseignoit que Xénophave a cru que les étoiles s'écei la terre étoit porcée par un grand elé. des anciens gnoient touts les jours & se ralumoient phant, qui étoit foutenu par une granfut les étoi- toutes les nuits par l'embrasement de tortuë, appïée sur quelque chose

des nuées. Métrodore , Şcraton , & d'inconnu;

120,

.

CHA.

is.
[d] Ali autem folem , lunam , reli 3. [f] LeVayer lerrr. 89.
gua altra, aquis alia dulcibus, alia mari-

Is Huer. Alrer, quaft. lib.2.48;
nis. Eamgue caufam Cleanthes affert, [+] Ζήνων δε την σελήνην άφισει έντρου νοε-
cur le sol referat, nec longius progredia- pór, val opónipov, Tupaver di aure; mixuxs.
tur folftitaliorbe, itemque brumali, ne Stob.eclog, phyfic.
longius discedat à cibo.Cic.de nat. deor, 1.3. [i]Le monde enchanté de Bekker,l.1.ch, 10.

[] Bayle, dift. critiq. arr. Pytheas,

empiriques.3 1.Raison des empiriqaes. CHAPITRE QUATRIE’ME.

32. Réponses des dogmatiques. 33. Sentiment de Celfe sur cette dispute.

34. des remédes de précaution . 35. De la Médecine.

Sentiments contraires dans la méde

cine.36. Quatre périodes dans les maSOMMAIRE.

ladies. 37. Loi d'Egypte. 38. de Ix

Sage de l'eau de vie. 39. Sentiment 1. La médecine est un art conjectural. de Pline sur les médicaments. 40.

2. Confiance inconsiderée des hommes. Plusieurs Remedes composés par les 3. Danger des remédes. 4. La théorie médecins Arabes. 41. Découverte de des tempéraments fort incertaine .s. l'antimoine. 42. Histoire de l'antiDivisions des humeurs en quatre espé moine . 43. Le succés des remédes ces. 6. Trois fortes d'esprits, naturels, dépend beaucoup de l'imagination. vitaux , animaux .7. Différentes 44. Dureté du médecin Callianax , opinions sur la circulation dr sang. 8. 45. Guérisons des maladies par les Systéme d'Asclepiade différent de ce amusements agréable's. 46. Guérison Ini de Galien. 9. Les maladies sont de la piquure de la Tarentule. 47.Re. peu connuës des médecins 10. Diétes medes pour provoquer les éternuëextraordinaires. 11. Contradictions ments .48. Bains froids ordonnés par sur l'origine des maladies. 1 2.Certai. Clarmis. 49. Cauteres ufite's par nes maladies for trépanduës dans cer Hippocrate. so. Aiguilles enfoncées tains temps e ignorées dans d'autres. par les médecins Japonois . s 1. diffé13. Maladies inconnuës aux Grecs, rentes opinions sur les saignées. 52. décrites par les Arabes . 14. Opinions Des saignées dans la petite vérole. diverses sur l'origine des maladies 53. Les médecins devenus plus entrenériennes. 15. Remédes de ses mala prenants. 34. Différents raisonnedies. 16. Incertitude des médecins sur ments sur la petite vérole. 5 5. Hifles remédes qu'ils emploient. 17. Syfté toire singuliére de Galien. 56. Les me des insectes. 18. Touts les grands grands plus exposés au danger des médecins ont été fort reservés sur l'usa, remédes. 57. Incertitudes de la ge des médicaments. 19. Ancien usa decine sur le régime. 58. Il faut être ge des eaux minérales . 20. Médeci. vieux de bonne heure , pour l'être ne réglée sur l'astrologie. 21. Les an. longtemps. 59. De l'usage de l'eau. ciens médecins attribuoient beaucoup 60. Des boissons chaudes. 61. Diéte de vertus aux nombres . 22. Paracel de Vespasien. 62. Conseil de Celfe. feéroit fore entêté de l'astrologie. 2 3. 63.Triple précepte d'échole de Saler. Purgatifs copiques.24. Obfervations ne. 64. De l'exercice. 65. Danger sur la transpiration. 25. Avantures d'une santé d'ashlére. 66. Il est sain d' Adrien aux bains publics.26.Tranf.

de renouveller l'air. 67. Chrystalliplantation des maladies. 27. Inock sation des sels contenus dans l'air .68. lacion de la perite vérole. 28. Remé De la circulation des humeurs. 69. des inhumains superstitieux . 29. Diverses opinions sur la digestion.70. Tous les anciens médecins étoient Incertitudes sur la génération. 71. empiriques. 30. Trois principes des Sentiments renouvelles, donnés pour Tom. I.

Сccc

La médeci. ac eft unart

L

découvertes. 72. De la circulation il y a plus de danger aux remédes [d], du sang : 73. Calcul de la vitesse du qu'aux maux mêmes. Pétrarque [c] Sang. 74. Figure des parties integrandit que non-seulement il n'y a rien à tes du sang -75. Plusieurs sentiments espérer,mais qu'il y a beaucoup à crain. renouvelles des anciens .

dre des médecins. J'ai plusieurs amis

parmi eux, ajoute-t-il, ils sont remplis A niédecine est une véritable Phy de probité & de sçavoir. Ils n'ignorent

fique remplie, comme la Physique rien,excepté l'art de guérir les hommes. conjectural. elle-même, d'opinions purement con. Cette opinion de Pétrarque est outrée;

jecturales. Platon & Galjen ont nommé le Pyrrhonisme raisonnable sur la méla médecine [*] un art de conjectures. decine peut tout au plus aller , jusqu'à Hippocrate [b] commence les aphoris. dire que s'il y beaucoup à espérer des mes par ces belles paroles: La vie est médecins, il y a encore plus à craindre courte, l'art est long, l'occasion rapi- d'eux. Ec l'on doit diltinguer ce qui de, l'expérience dangereuse, le juge regarde l'art en général, de ce qui re-ment difficile.

garde la prudence particuliere du méComment croirons-nous les méde- decin: puisque ceux qui ont le moins cins d'accord avec la nature ; s'ils ne de confiance en la médecine, ne peupeuvent s'accorder entr'eux, s'ils n'ont vent disconvenir avec justice, qu'il n'y ni principes, ni conséquences, qui ne ait de grands avantages à espérer de la soient des sujets de disputes & de con- prudence du médecin. traditions ?

Pour le succès des remédes, il faut L'art de tous le plus important a que deux choses concourent, qui font .confidence seul ce privilege [c ) d'attirer la con- presque également difficiles & hazarrée des hon-fiance à quiconque en prend le titre. Il deuses. La premiére de rencontrer pré

suffit de fe dire médecin pour avoir cisément l'opération &, pour ainsi dire,
droit & jurisdiction sur la vie des hom- le dessein de la nature; la seconde de
mcs; car, quoique la sagesse du gou trouver le véricable moïen de coopérer
vernement prenne des mesures pour & d'aider à la nature. Pour peu qu'il y
arrêter les suites dangereuses d'une ait d'erreur du médecin en l'un ou l'au-
confiance si inconsidérée, le particu- tre de ces objets, quelle surchage de
lier n'en est guéres moins disposé à se maux & de dangers en recevra le mala.
livrer au prémier charlatan , qui se de, dont la santé troublée & affoiblie,
vante d'avoir quelque reméde. La foi. fi elle ne peut être secourüe, a au moins
blesse & l'impatience de guérir, sont les besoin de repos!
causes de cette excessive crédulité. Ilarrive donc le plus souvent, qu'au

Mais à ne consulter que les médecins lieu de soulager la nature, le médecin Dangers des

formés & avoués par la faculté, souvent ne pouvant conjecturer assez juste, dans

2.

mics.

3.

rejnedes.

[ ] Στο αστική τέχνη.

afferat Plin. lib, 21. 31. [6] Oʻbios Bpake's , Si' zikin flampn', [c] De medicis non modò nihil speο δε καιρός οξυς sidiyipa oaspri, ń randum , fed valde & metuendum ..... Si' xpiois :7. Hipp. Aphor. in inir. bonos & noftri amantiflimos multos novi,

[c] In hâc artium folâ evenit, ut uni & facundos, multarum artium doctos, cuique fe medicum profitenti credatur, fed folius indociles medicinæ, Petrarch. Plin. lib. 29.6.1,

lib. 5. epift. 4. [*] Medicina majoris mali periculum

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quel genre de combat elle est engagée, Asclepiade a avancé [i] que los E. dhe

augmente les forces de son ennemi. Le thiopiens fout vieux à trente ans, & péril n'est pas grand pour le médecin, qu'en Angleterre la vie se prolonge qui est bien païé en tout événement[f], jusqu'à lix-vingts ans; & il a donné tandis que le misérable malade donne pour raison que le climat brûlant de par sa mort un sujet de chanter aux l'Ethiopie dillout les corps des habiprêtres & aux moines.

tants. Aristote contraire dans le fait Tout homme apporte en sa naissance & dans le raisonnement, dit que dans Je levain de toutes fes maladies, & par les païs chauds , les hommes vivent conséquent le principe fondamental de plus long-temps, parceque la séche. sa destruction. Voilà ce que le médecin resle du climat est propre à entretenir devroit prémiérement connoître , pour la chaleur, & cette espéce d'humidité détourner , ou au moins pour suspen- radicale qui conserve la vie. dre & éloigner l'effet de la malignité de Galien [k]avance que le tempérament cette cause. Oril est très rare que les est plus chaud dans les païs chauds; médecins aïent fait une étude suivie l'opinion d'Aristote [?] est que le temdes tempéraments des malades, au se- pérament est plus chaud dans les païs cours desquels ils sont appellés : & il est froids, même fort vraisemblable que l'étude la Galien [m] établit huit tempéraplus suivie du tempérament n'en done ments principaux , qui déclinent touts

neroit au médecin qu'une connoissance à quelque égard de celui qui est supve très imparfaite.

posé si parfait , qu'il s'y rencontre un Car li l'on examine les écrits des aú- égal degré de chaleur, de froid , d'huLa théorie des temļé teurs les plus célébres, il parôit bien midité, & de sécheresse , sans qu'aucu

les médecins ne voient pas clair que

ne de ces qualités prédomine sur l'aufort incer,

dans toute cette théorie des cempera- tre. Un tel tempérament ne se trouve ments. Parménide [g] & plusieurs au- peut-être jamais, & il n'est supposé que tres ont été d'avis que le tempérament comme un modéle. Les quatre premiers des femmes est plus chaud que celui tempéraments sont ceux où l'une des des hommes; Empédocle a enseigné le quatre qualités indiquées l'emporte sur contraire; Macrobe a soutenu [b] le les autres, en sorte que chacun eft nompour & le contre,

mé, ou chaud, ou froid, ou sec, ou

Сccc [f] Clinicus ipfe autem, qui nunc phy Causatur fuperos , & fatis impus sicus quoque fertur,

tat ipfis ; Dum lotium infelix spectans, inde Si quis obit, lætufque implet mula omnia carpit,

to are crumenam, Dum tentat pulfum venæ , dum fter Marcell, Paling, zodiac. lib. s. cora versat,

[] Ariftor. de partib. animal. lib. 2, Fallitur , & fallit. Sed non discrimi. Joann. Franc, Pic Mirandul. de exam. nis æqua

vanit, doar. gent, lib. 1. c.13. Conditio, ille miser moritur, cau [5] Macrob. Saturnal. lib. 7. 6.7. samque canendi

[i] Arift. probl. S. 14. Joann, Franc, Linigeris calvis præbet , caldisque Pic, Mirandui. de exam, vanit, deftr.genr, cucullis .

lib. 1. c.16.
Hic alius contra, sceleris merce [k ] Galen, de caufis pulfuum, lib. 3.
de receptâ,

[1] Aristot, problem. 1 5. 5. 14.
im] Galen. de temperam,

saments

Maine.

2

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