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Liv. IV

. IV. 433 touts, it répand fes richesses sur touts le malheur d'un homme courant vers ; ceux qui l'invoquent. Le même apôtre un précipice, contient ces conditions," ,, [e] dit ailleurs : Où eft l'esprit de Dieu, au cas qu'il ne s'arrête ou ne se détour. là est la liberté.

ne pas . Cette similitude n'accribuë à Cicéron (f) embarrassé d'accorder Dicu qu'une connoissance hypothéti. » bience de ensemble la prescience de Dieu , & lali. que que personne ne conteste , & qui »

berté de l'homme a pris le parti de nier n'est pas même disputée aux hommes.
la prescience de Dieu: sur quoi S. Au- L'exception des ations contingentes »
gustin (g ) dic que Cicéron pour faire les mise à la science divine, ne marque douc »
hommes libres, les a fait facrileges. nul défaut en elle, puisqu'elle demeu- »

Un philosophe moderne [b]ellaic de re infinie, & qu'elle embrasse tout ce »
soutenir le sentiment de Cicéron, sans qui peut être connu .',
» néanmoins le suivre. „Ce n'est pas un

Ce raisonnement roule sur un faux » défaut de puissance en Dieu , dit-il, principe , que la prescience de Dieu , j, de ne pas prévoir l'avenir contingent , & la liberté de l'homme font deux » comme ce n'est pas un défaut de puif. contradictoires. Nous devons nous » sance en Dieu , de ne pouvoir pas em- soumettre au sentiment de l'église, que

pêcher que le passé n'ait été. Toute la prescience de Dieu s'étend sur tou. ” l'impuissance est dans le sujet qui en tes les choses futures. Il n'est

pas per ,

veloppe une répugnance de contradic- mis de douter que Dieu ne prévoie les » tion. Il n'y a pas plus d'impiété à sous choses nécessaires comme nécessaires, » tenir que Dieu ne sçait pas déterminé- & les choses contingentes comme con.

ment quelles seront les actions d'un tingentes. Il faut humilier son esprit » homme considéré comme agent libre, en l'arrêtant sur la conclusion[i] de

qu'à dire que Dieu ne peut pas les cho- S. Justin , que la prescience divine n'est » ses qui font contre la nature, comme pas la cause des choses futures , mais ” de pécher, de s'anéantir soi-même. La que ce sont elles qui font la prescience

prescience de Dieu , ajoute-c-il, ren en Dicu , sans préjudicier à notre li» ferme deux propositions contradictoi. berté.

res, l'une assurant la nécessité de l'o Parmi les Juifs , les Eléens [k]

pération future , l'autre soutenant la mettoient tout sous le pouvoir de la » franchise de la volonté. Il est imposfi- destinée : les Saducéens donnoient tout " ble de comprendre ce que c'est qu'une au franc arbitre: les Pharisiens [?] ta. » certitude contingente, & qu'une cho- choient de concilier ces deux sentia » se soit infallible & non pas nécessaire. ments opposés. La comparaison de ceux qui prévoient Chrysippe, comme un gracieux (12Tom. I.

Kkk

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[e] Ubiautem spiritus Domnini ibili. præsentio. Cic. de divinar,lib.z. bertas . Corinth. 11.6.3.

[9] S Aug.de civit. Dei , lib.5.c.g. [f] Nihil eft tam contrarium rationi [h] La Morre le Vayer lesere 99. La derniére & conftantiæ, quàin fortuna , ut mihi næ des lettres Perfanes roule sur le même sujet. in Deum quidem cadere videatur,ut fciat [i] S.Juftin. quafl.58. ad Orthod. quid cafu & fortuitò futurum fit.Si enim [k] Joseph.antiq.liv.13.6 9.6 liv. 18,6. 2. ego scit, certe illud eveniet : fin certè eve. de la guerr.conrr.ler Rom.liv.5 p.67. niet, nulla fortuna est; elt autem tortu [1] Prideaux. hift, des) wifs, part. 2.1.4. na; rerum igitur fortuitarum nulla eft liv. 5 p. 67.

tremetteur, prit la voie moïenne d'un contribuë en rien aux choses futures arbitre, dit Cicéron [m], conservant qu'elle prévoit. Nous ne voulons la liberté de l'homme , sans ôcer la pas les choses , parce que Dieu les prescience de Dieu. Proclus avoit fait a prévûës de toute éternité, mais un livre pour accorder la prescien. Dieu les a prévûës, parce que nous ce de Dieu avec notre liberté. Am. devions avoir cette volonté. monius a enseigné que les événe

Le Cardinal Cajetan dit que cette ments n'arrivent pas , parce que question est une de celles que nous de. Dieu les a prévûs ; mais que Dieu vons examiner avec le plus de modelles a prévûs", parce qu'il est nécel- tic & de retenuë. Les disputes sur le faire que ces événements arrivent defin & sur la liberté ont été de touts d'une maniére ou d'une autre, sen- les temps, de touts les pais & de to:3riment qui revient à celui que nous tes les sectes. Cette question a été apvenons de rapporter de S. Justin. pellée l'éponge de toutes les religions.

La prescience de Dieu quoiqu'in.. L'espric humain qui ne connoît pas les faillible , n'impose pas plus de nécef-' choses naturelles, & qui sont à la por. fité à nos actions , que nos prévoïan- tée des sens , veut pénétrer dans la ces ordinaires aux choses futures prescience de Dieu, en expliquer les sur lesquelles nous faisons des con- propriétés & l'étenduë, & dévoiler jectures . La différence est, que ce le mystére dont Dieu a enveloppé l'uqui est en nous une conjecture , est nion & l'accord de cette pre cience en Dieu une prescience . De même avec la liberté de l'homme. Toute que notre mémoire n'a aucune part. l'histoire de l'esprit humain nous prouaux choses passées qu'elle se repré- ve que son plus grand écueil est la présente , la prescience de Dieu ne somption & fa témérité.

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D E S S C I E N C E S

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SOMMAIRE

ETTE partie de l'Hi

stoire de l'Esprit Hudu Chapitre premier

main , renferme prin

cipalement les contra1. L'opinion a peu de prise sur les

dictions des sçavants, Mathématiques . 2. Différence de sur la Physique, sur l'Aftronomie la Science de l'Art. 3. Le & sur la Médecine ; les impostures titre de Science refusé par quels des Chimistes , & des Astrologues ; ques-uns aux Mathématiques. 4. les opinions outrées des Naturalistes, Objections contre la Géométrie. s. plus éloignées de la vérité , que les Application excessive des Mathé- fi&tions des Poëtes ; & en même tems maticiens. 6. Vrilisé des Mathéa les progrés de l'esprit humain, & les matiques . 7. Autres objections con. nouvelles découvertes dans les scientre la Géometric . 8. Paradoxes ces , qui ont des objets corporels. Les de la Géométrie . g. L'esprit ne Mathématiques tiennent parmi elles doit pas s'accoutumer à des certi. un rang fi considérable, que je ne indes géométriques i 10. Progrés de dois pas les paffer sous filence.

théinatia

qucs.

l'Art.

L'opinion trouve peu de prise sur leur ont été refusés par ceux qui ont pen de prise les Machématiques: fiéres de leurs de soutenu, qu'elles étoient les clefs des fur les Ma- monftrations , 'elles se vantent d'être sciences, mais non pas des sciences ,

les seules Sciences humaines , qui arent elles-mêmes.
la certitude en partage : & c'est, à ce En effet la Géométrie speculative &
qu'elles prétendent, la raison pour la pratique, le calcul par les chiffres &
quelie elles portent un nom , qui figni- par les lettres, font des principes né.
fie fimplement la Science [a], comme cessaires, pour acquérir plusieurs con-
qui diroit la Science par excellence. noissances; mais aullicôt que vous pal.

Saint Augustin[ b) appelle Science fez à l'application de ces principes Différence

, dela Scien- une discipline, qui a des principes cer vous fortez des Mathématiques , e & de tains , & dont les consequences con. ou leur certitude vous abandonne: car

duisent infailliblement à la vérité la Musique, la Peinture, l'Optique, Suivant Galien, [c]la Science est une l’Astronomie, la Géographie, la Naconnoissance assurée & immuable, en vigation, l'Architecture civile & miforte qu'il rejette la Philosophie , & la licaire, joignent aux principes certains Médecine du nombre des Sciences. qu'elles cirent des Machématiques, ce

Platon , & Aristote, au rapport [d] que l'opinion a de douteux, & ce que de faint Isidore , mettent cette diffé- le goût a d'arbitraire: ainsi il faut conrence, entre l'art , & la science, que venir, que les Mathématiques, ou l'art conliste dans les choses vraisem ne font que les clefs des sciences , & blables , & problématiques : au lieu une simple introduction à la science que le terme de science ne convient, qui n'est pas la science même; ou si l'on. qu'à celles qui ne sont pas suscepti- veut les étendre plus loin, qu'elles bles de sentimens opposés.

ne sont pas des sciences , en prenant Malgré les prétentions des Mathé ce terme dans son sens étroit; puisscience re- matiques, de jouir seules du nom , & que la certitude ne les accompagne

du titre de sciences, ce nom &ce titre plus. tiques,

fi Le titre de

fusé aux Mathénia

[a] Mempeso, en grec signifie Science. SATEX fizótwas äv rezorov ietprxń. Galen.

[6] Primò egò fcientiam non appello, iufrodu&t.c.6. in quâ ille, qui cam profitetur, aliquan [] Inter artem & disciplinam Plado fallitur ; fcientia enim non folum to & Ariftoteles hanc differentiain efcomprehentis , fed ita comprehenfis le voluerunt , dicentes artem effe in rebus constat , ut neque in eâ quisquam iis , quæ se & aliter habere poflunt : arrare , nec quibuslibet adversantibus', disciplina verò eft quæ de his agit quæ intare debeat. S. Ang.contra Accademia a!iter evenire non poffunt. Nam quancos, lib.1.6.7.

do veris difputationibus aliquid afleri[<] ['eiwengapisegršreç ipapū 2,6 Be- tur , disciplina erit ; quando aliquid keβαία, αμιτατιτωτος υιόλογα αυτή δε δε risimile atque opinabile tractatur, noπαρά τις φιλοσόφους εί μάλισα έν τως men artis habebit . S. Isidor, origin, lika φυσιολογείν. πολύ δε δή μάλλου και αν είη εν Κατρική. αλλαδίλας εις ανθρωπος έρχεται .

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peuvent exister.

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Le fruit des autres sciences , dic François Pic comte de la MirandoQuintilien, [e] se perçoit , quand on le [3], ils l'ont traitée de vaine , les posséde ; mais les Mathématiques illusoire , fondée sur des chiméres , ne font que disposer l'esprit , & le telles que des points , des lignes, & rendre plus capable de ce qu'il ap- des superficies , qui n'existent, ni ne prend par la suite.

Sénéque [ f fait peu de cas des Hobbes [ h] a écrit un traité, conMathématiques , parce qu'elles sont tre le falte des Géométres. Il soutient fuperficielles, pour ainfi dire ; bà. que les livres des Mathématiciens ne tillant sur le fond d'autrui , & ne sont pas moins sujets à l'erreur , que pouvant conduire par elles-mêmes des ouvrages de Physique, ou de Moà la vérité. Cec Auceur entend par rale. Il critique les definitions du préla vérité , des connoillances de prac mier livre des Eléments d'Euclide tique & d'usage ; car il est incon & il prétend que la plûpart de ces testable que des démonstrations de définitions vicieuses sont des obstaGéométrie , d'Algébre , ou d'Arith- cles , à trouver les plus beaux prométique sont des vérités . Mais on blénies de Géométrie. ne peut faire aucune application de Sextus Empiricus [i la opposé plu-ces principes , sans alcerer & cor fieurs objections contre la Géomérompre leur certicude , ou par l'in. tric. Je les rapporte ici

non pas capacité de celui qui les emploie, ou comme des motifs de douter des vépar le défaut de l'objet auquel on les rités géométriques , mais comme les applique , ou par l'imperfection des exemples d'une vaine subtilicé, qu'il instruments dont on fe fert. n'est pas inutile de connoître, pour

Quelques sçavants ont donné plus ne pas s'y lailler surprendre dans Obiections

d'ellor à leur critique ; 1100 con des lujets, dont la certitude est moins contre la Gisométrie. cents de nier la certitude dans l'ap- généralement connuë . Puisque le

plication , & l'usage des Mathémati corps est composé , dit-il, de lonques, ils ont attaqué la Géométric

gueur , largeur , & profondeur elle-même ; & au rapport de Jean- suivant le langage des Géométres

Kkk 3

[•] In Geometriâ partem fatentur ef exorsi .tollere illam de medio procura- . se utilem teneris ætatibus : agitari nam runt, sublatis omnibus , quæ ipfi suppoque animos, atque acui ingenia, & cele nunt nec probant ; principiaque omnia ritatem percipiendi venire inde conce unicâ negatione , tamquam falcis tradu dunt: sed prodeffe eam, non ut cæteras difiecuere , ac definitionem puncti artes, cum perceptæ iint , fed cùın di lineæ , superficiei corporis , non magno icatur, existimant . Quintil. inftir. oreto ( ut ipli putant) labore fuffulere. Joan. riar. lib.1.0.10.

Francisc. Pic, Mirandul in exam. vanit. do.. [f] Mathematica, ut ita dicam , super- dr.gent. lib 1. c.7. ficiaria eft, in alieno ædificat, aliena ac [6] Non minorem effe dubitandi caucipit principia, quorum beneficio ad ul. lain in scriptis Mathematicorum, quàm teriora perveniat:fi perieiret ad verum, in scriptis Phyficorum, Ethicorum &c. fi totius orbis naturam poflet comprehen- Hobb.de faftu Geometrarum. dere, dicere:n multum collaturam men [i] Sexr. Empiric, advers, Mashematico tibus noftris, &e.Sen.epift. 88.

lib.3. lib.8. c, de corpore.. Ls 1 As multi quidem a Geometria

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