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de l'infini . Ce qui existeroit ne pour- fel; mais particulier à la Judée, & que
roit pas être une chose produite, car touts les hommes ne descendent pas de
il faudroit qu'elle eût été produite par Noë; que les Gentils créés dans les diffé-
une cause éternelle, ou par une cause rentes contrées de la terre habitable
qui eût elle même été produite. Elle ne long temps avant Adam mouroient non
peut pas avoir été produite par une cau- pour avoir péché, mais parce qu'ils
se éternelle, puisqu'il vient d'être prou- écoient composés d'une matiére sajéte à
vé que ce qui existe ne peut être éternel; corruption.
clle ne peut pas non plus avoir été pro- Les Orientaux ont ausi leurs vilions
duite par une cause qui eût elle-même sur la création du monde . Thémédi
été produite, parce qu'il seroit impof f) rapporte que Dieu prit plusieurs
fible de trouver une prémiere cause, & fortes de terres pour former le corps
qu'il faudroit remonter à l'infini . Cet d'Adam , qu'elles étoient différentes
argument de Gorgias,par lequel il pré- en couleurs & en qualités ; que c'est
tendoit détruire l'existence de couts les la cause pour laquelle il y a des hom-
êtres, & notre propre existence dont mes blancs & noirs, jaunes ou rouges ;
Bous ne pouvons pas douter , fournit & que c'est aulli par cette raison que
une excellente preuve de la divinité, les humeurs & les complexions des
puisqu'ilen résulte cette vérité éviden- hommes font a différentes . Ebn Ab-
te, qu'il est impossible qu'aucun être bas dic que lors de la création, il fut
existe, à moins qu'il n'y ait une être passé un contrat entre Dieu & les
infini & éternel ; qui remplise toucs hommes, par lequel tout le genre hu-
les lieux de son immenfité, & qui main s'obligea de reconnoître Dieu
foit la cause universelle de touts les pour son souverain Seigneur, que c'est
êtres.

le pacte dont il est parlé dans l'Alco. L'opinion hérétique [ 6 ] d'Ilâc de ran au chapitre inticulé Aaraf. Voici Opinion la Péreyre auteur du système des Pré- de quelle maniére cet aveu fut rendu : mites.

adamites a été, que la création du mon. Dieu tira des reins d'Adam toute sa polde dont il est parlé dans le second chapi- térité sous des figures moindres que cela tre de la genése est différente de celle le des fourmies . Il adresa la parole dunt il est parlé dans le prémier . Que à couts les hommes, leur disant, Ne Moyse dans le prémier chapitre a parlé suis-je pas votre Seigneur ? Les pecies de la création des hommes en général hommes doués d'une intelligence mo. dans toutes les parties du monde , & mentanée pour faire leur hommage ; que dans le second il a’a parlé que de la répondirent , Oüi, & recommurent Dieu création particuliére d’Adam & d'Eve, pour Seigneur. Les uns ont écrit que Il suppose qu'entre ces deux créations, ces écars généraux du genre humain il y a peut être un grand nombre de fié- furent tenus dans la vallée de Nooman cles; que Moyse a distingué Adam des près du mont Arafat ; mais les autres: autres hommes ; pour cette raison feu- foutiennent que ce fut dans la plaine lement qu'il a été la tige de la nation de Dahia aux Indes. Dieu renvoïa en. Juive; que le déluge ne fut pas univer- suite les hommes dans les reins de leur

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[e] La Péreyre publia en 1655.fon livre in contenoient routes ses erreurs qu'il a retraités, situlé Præadamitæ , e il l'accompagna d'un [f] Biblioth. Orient, d'Herbelor sur Adam, autre intitulé : Systema theologicuni ex

P. 54.
Præadamitarum hypoteli. Ces deux livres

-

prémier pére pour germer successive- Placon dji[i]que Dieu en créant l'ame ment,& dans les temps qui leur étoient de l'univers a observé la proportion des marqués jusqu'à la fin du monde. nombres; doublant les uns, triplant les

Bernier (g)rapporte une opinion, de autres, multipliant quelques uns par quelques philosophes Persans , qui pré- sept & dautres par vingt-sept : tendent que Dieu a tiré de la propre

Żćnon se fervoit de cet argument pour substance toutes les ames , & même tout prouver que le monde eft raisonnable. ce qu'il y a de matériel dans l'univers de Ce qui est doué de raison est meileur que la même maniére qu'une araignée pro ce qui en est privé: le monde est ce qu'il duit une coile qu'elle cire de fon nom- y ade meilleur;donc le monde est raison. bril, & qu'elle reprend quelquefois. La nabte. Cicéron[k] se mocque de cet arcréation, fuivant cette extravagante hy- gument. Il n'y a rien dit-il, de meilleur pothése,n'est autre chose qu'une extrac- dans la nature que le monde; aulli n'y cion & une extension que Dieu fait de fa a-t'il rien de meilleur dans le monde que propre fubstance & de ces rets qu'il tire la ville de Rome. Dirons nous pour cela comme de ses entrailles: de même que la qu'ella a en partage la raison & la pen. dettruction n'est autre chose qu'une re- fée ? ou parce qu'elle est privée de fentiprise que Dieu fait de la substance, de ment , serons-nous obligés d'avouer ces divins rets qu'il fait rentrer: de for- qu'une fourmie lui est préférable ? Suite que dans le dernier jour du monde vant le même argument de Zénon, il lorsque tout sera détruit,cette destruc- faut conclure que le monde est lectré : tion sera une reprise générale que Dieu car ce qui est orné des belles lettres , et fera de tout les rets qu'il avoit tirés préférable à ce qui n'en a aucune teinhors de lui-même. Des pensées si absur- ture: or il n'y a rien de meilleur que le des sont précisément les mêmes que cele monde, donc le monde est orné des belles d'un philosophe des plus célébres de les lettres. Sur le même principe , nous l'antiquité ; & Diogéne de Laërce [b] attribuerons au monde l'éloquence, la explique ce sentiment ridicule comme connoissance des mathématiques, la aiant été celui de Zénon chef des Scoï- musique, toute sorte de sciences , & enciens.Toute la secte Stoïque croïoit que fin la philofophie. Dieu est l'ame du monde , & que le L'ame générale & universelle du monde est le corps de Dieu ; qu'ainsi le monde se trouve chez les poëtes [1], monde est animé, & qu'il n'y a qu'unc aussi bien que chez les philosophes;mais ame universelle.

nous aurions beau parcourir touts les

Mm

3

[ ] Voiage de Bernier, l. 2.

micã non modò sensus, sed etiam mens , [] Avarioxwv éis iauró zny GT COXYg- ratio , memoria ? ....jam efficies ut mungidi, interes taurš gervēr. Diog. Laërt.in dus optimè legere librum videatur. ZenoZenon.Cirr.

nis enim vestigiis hoc modo poteris conclua [i] Plat. in Tim.

dere. Quod litterarum est, id melius quàin [k] Nihil eft mundo melius in rerum quod non litterarum . Nihil autem mundo naturâ: næin terris quidem urbe noftra. melius , litteratus ergo eft mundus. Isto Num igitur idcirco in urbe effe rationem, modo etiam difertus, & quidem mathemacogitationem, mentem putas? aut quo- ticus, musicus , omni denique do&trinâ eruniam non fit, num idcirco existimas formi- ditus , poftremò philofophus erit mundus. cam anteponendam efle huic pulcherrimæ Cic.de nat. deor. lib. 3. urbi , quod in urbe fenfus nullus fit, in for- [1] Principio ccelum ac terças, cam& Ligavit eum per annos mille: & mifit Virg Æneid. lib. 6.

Mime.

pais ; toutes les sectes, tous les auteurs L'opinion des Millénaires a été fort en Absurdités nous ne trouverons rien de plus insensé vogue dans les prémicrs siécles de l'Egli

Opinion du spino- que le Spinosisme donc l'opinion fonda. se: ils se fondoient sur un passage[r] du des Milea

mentale est que le monde existe par lui- dernier chapitre d'Isaic, & sur un du naires.
même,& que le monde est Dieu,n'y aïant vingriéme chapitre [s] de l'Apocalypse
qu'une seule & même substance. C'est mal entendus. Papias, S. Jrénée, Nepos
l'assemblage de plusieurs absurdités des évêque d'Egypte, S. Justin, Tertullien,
anciens. Xenophane chef de la secte Elé- Victorin, Lactance, & plusieurs autres
ace avoit enseigné autrefois qu'il n'y a saints & sçavants docteurs de l'Eglise
qu'une seule fubstance.Platon[m]a pour suivirent ce sentiment. Il a été renouvel-
fé si loin l'éloge du monde qu'il l'a ap- lé dans ces derniers temps par Jurieu ,
pellé un Dieu très-bon & crès-grand . qui l'accompagne de plusieurs prophé.
Cléanthe[n] & Pline [0] ont aulli te- ties qu'il interpréte conformément à ses.
nu que le monde est Dieu.

vûës. Les Millénaires crocoient[a]que
Lactance [p]& S. Augustin [g]ont Jésus-Christ viendroit régner mille ans.
réfucé le Spinofisme, environ treize fié sur la terre, entre la résurrection & le
cles avant que Spinosa lui donnât son jugement dernier; que pendant cet espa-
nom.Si tout ce que nous vożons, dit Lac- cede cemps, les jultes s'allembleroient à
tance,est Dieu, la divinité est un compo- Jerusalem, & jouiroient de toute sorte
sé de parties corruptibles & périssables. de délices de l'esprit & du corps.
Les membres de Dieu sont exposés à une Les Chrétiens de la primitive Eglise
cruelle violence ; car lorsque nous cou. n'ont pas l'aillé de faire des conjectures.
pons les montagnes , ou que nous fouil- fur la durée du monde, quoiqu'il soit dit
Ions dans les entrailles de la terre ; lorf- dans l'évangile(u), que le jour & l'heure
que seulement nous labourons, c'est met- de la fin du monde sont ignorés des an-
tre en piéces les membres de Dieu. ges mêmes, & ne font connus que de
posque liquentes,

[0] Mundum numen efle credi pareit;
Lucentemque globum Lunæ, Titania, æternum, immensum , neque genitum,nea

que interiturum unquam. Plin.l.2 6.1.
Spiritus intus alit: totamque infusa per [P ] Lactanr. instit. lib. 7.
artus

[9] S. Aug.de civ.Dei, lib.4.c.12.13.
Mens agitat molem, & magno se cor- ]"] Isaï.c. ult. v. 22..
pore miscet.

[s] Et apprehendit draconem, serpen-
Inde hominum pecudumque genus, via tem antiquuin , qui eft diabolus & fatanas,
tæque volantum , &c.

eum in abyffum,& clausit,& lignavit super Deum namque ire per omnes. illum , ut non leducat amplius gentes, do Terrasque, tractusque inaris, cælumque nec consumentur mille anni ..... Beacus,& profundum

fan&us qui habet partem in resurrectione Hinc pecudes, armenta , viros, genus, primâ : in his secunda mors nou habet poomne ferarum,

teftatem , fed erunt facerdotes Dei & Quemque fibi tenues nascentem arces Chrifti, & regnabunt cum illo mille annis. fere vitas:

Apocal.c.20.0.2.3, 6. Scilicet huc reddi deinde ac refoluta. [1] Exfeb.lib.7.c.24. 5. Ang de herefib. s. referri

Hieron, in Ifai.c. wlt. Baron, annal, ad ann. Omnia. Virg. Georg. lib. 4.,

264. do 373: Im] Plar.in Tim.

[u] De die autem illâ & horâ, nemo in] Cleanthes autem ipsum mundum fèit, neque angeli cælorum , nifi folus Pas deum dicit effe , Cic.de nar, deor.lib.de ter March.c. 24, 2-36a

que aftra

vers.

TO.

Dieu seul. Plusieurs anciens auteursont fortuit des lettres de l'alphabet jettées au
écrit que chaque jour de la création sin hazard: quoiqu'à dire vrai , je ne puisse
gnifie an millier d'années, & que le ju- pas comprendre que ce concours fortuit
gement dernier fera dans le septiéme. de lectres pâc jamais produire un seul
Selon le calcul des Septante, le terme est
pallé; car en suivant leur suputation , Lucréce, qui est entiérement Epicu.
le monde eft dans le huitiéme millier rien, rapporte tout au hazard, comme
d'années.

fi le hazard étoit quelque chose de réel Personne n'ignore que beaucoup de par lui-même, & qui pût être une cause Da fyiême

Philosophes ont attribué la formation efficace.Ce poëte renverse toutes les idées
de l'univers au concours fortuit des ato- naturelles , & prétend que les parties du
mes. C'est sur ce principe traité par les corps humain n'ont pas été disposées [y]
Payenseux-mêmes d'insensé,queDemo- pour les usages que l'homme en fait,mais
crite & Epicure avoient fondé leurs syf- que ces usages font venus de la disposi-
têmes. Cicéron réfute[x]ainų cette opi- tion & de la figure que les hommes ont
nion : Qui ne seroit étonné de trouver trouvées dans les différentes parties de
quelqu'un qui puisse se persuader que leur corps: qu’ainsi nos membres & nos
des corpuscules solides & indivisibles, en organes n'ont pas été faits pour notre
se choquant par leur force & leur pe service; mais que leur construction fai.
fanteur , aïent pû produire ce magnifi- te au hazard, a donné occasion au ser-
que arrangement de l'univers, & que vice que nous en avons tiré.
toutes les beautés qu'il renferme , vien. Galien [z] réfute cette pensée, en die
nent d'un conceurs fortuit de ces atô- fant que chaque animal sent d'avance,&
mes? Celuiqui peut trouver quelque fans qu'il soit besoin de l'en instruire, les
vraisemblance dans un tel sentiment, ne facultés , & les usages ausquels les par-
doit-il pas s'immaginer aussi que les ou- ties de son corps ne sont pas encore for-
vrages des poëtes n'ont aucun auteur , mécs; qu'aiul l'on voit souvent un veau
& que les annales d'Ennius, par exem- faire ses efforts pour frapper de les cor-
ple, ont été produites par le concours nes avant que d'en avoir.

[x] Hic ego non mirer effe quemquam,
qui sibi persuadeat corpora quædam folida
atque individua vi & gravitate ferri, mun-
dumque effici ornatiflinum & pulcherri-
mum,ex eorum corporum concurfione for-
ruitâ ? hoc qui exiftimat fieri pofle, non in-
telligo cur non idem putet, li innumera-
biles unius & viginti formæ litterarum vel
aureæ vel qualeslibet aliquò conjiciantur,
poffe ex his in terram excuffis annales En-
nii ut deinceps legi poffent effici:quod nel-
Icio annæ in uno quidem versu pofsit tan-
tum valere fortuna. Cic de nar. Deor, lib.2.
[y] Lumina ne facias oculorum cla-

[blocks in formation]

Poffimus, sed quod natum est, id pro

ra creata ,
Profpicere ut poflimus; & ut proferre

viai
Proceros paflus, ideo fastigia posle

creat ulum.
Lucret. lib. 5.2. 822.

[z] Galen, de usu partium, lib.1.6.3.

.

TI Rien de

conduit

nature.

Ce même auteur[d], enexaminant la hommes. Je reconnois la main de qucl.

fructure du corps'humain, fait ces bel- que habile sculpteur;j'admire avec quelmieux à la les réflexions, qui prouvent que rien le délicateffe il a sça proportionner les

ce de Dieu ne conduit mieux à la connoissance de membres de ce corps , pour leur donner he lex. Dicu , que l'examen de la nature, En cant de beauté, de grace , de majesté,

même temps que j'écris ces livres, dit-il de vie, de tendresse, de mouvement & je compose un véritable hymne à celui, d'action. Que répondroit un homme , fi qui nous a créés,& j'estime que la solide quelqu'un s'avisoit de lui dire:Non, un piété ne consiste pas tancà lui offrir plu- sculpteur ne fic jamais cette Aacuë : elle sieurs centaines de taureaux, ni à lui elt faite , il est vrai, selon le goût le plus présenter les parfums les plus exquis, exquis , & dans les régles de la perfecqu'à reconnoître , & à faire ensuite re- tion, mais c'est le hazard tout seul qui marquer aux autres hommes quelle est l'a faite. Parmi tant de morceaux de sa sagesse , sa puisance & fa bonté. Car marbre, il y en a un qui s'est formé ain. enfin, d'avoir mis toutes choses dans l'or- fide lui-même: les pluïes & les vents dre & dans la dispofition la plus conve. l'ont détaché de la montagne ; un orage nable pour les faire fubfifter, & d'avoir très violent l'a jetté cout droit sur ce voulu que tout se resentîc de ses bien. pié.d'estal, qui s'étoit préparé lui-même faits, c'est une grande preuve de sa bon- dans cette place . C'est un Apollon par. té, que nous ne pouvons assez célébrer fait , comme celui du Belvédére ; c'est par nos louanges; d'avoir emploïé couts une Venus qui égale celle de Médicis ; les moïens nécessaires pour établir cette c'est un Hercule qui ressemble à celui de belle disposition , marque fa sagesse ; Farnése. Vous croiriez, il est vrai , que comme d'avoir fait tout ce qu'il lui a cette figure marche, qu'elle vit , qu'elplû, marque sa toute puissance : le va parler: mais elle ne doit rien à l'art,

Galien dit ailleurs[b]: Nous admi- & c'est un coup aveugle du hazard, qui rons Polycléte , à cause de la beauté & l'a fi bien finie & placée. des justes proportions qu'il a sçû donner Toutes ces comparaisons ne peu, à toutes les parţies d'une statuë; refuse- vent exprimer entièrement l'absurdité rons-nous, je ne dis pas les louanges duës du système des atomes . Car quelque à la nature, mais même d'y reconnoître impossibilité que nous concevions à aucun art, pendant qu'elle observe les attribuer cette statuë à la pluïe, aux mêmes justelles, non seulement dans les vents, & à un bloc de marbre inforparties extérieures de notre corps, à la me, au moins ces causes existent dans maniére des statuaires, mais auili dans la nature. Mais un mouvement des ales interieures & les plus cachées? tomes en partie direct , & en partie

Un illustre archevêque [c]a donné transversal sans cause , & l'accrocheplus d'étenduë à cette comparaison de mont qui en résulte , sont des choses Galien. Qui trouverait, dit-il, dans une plus ridicules encore, s'il se peut, que isle déserte & inconnuë à coucsics hom- l'effet qui leur est attribué par les efmes, une belle stacuë de marbre, diroic prits forts , d'avoir produit fortuiteaussitôt sans doute, il y a eu ici des ment ces planétes dont le cours est fi

régulier,

[ A ] Galen de usu partium, lib.3.6.10.
[6] Galen.de ufu partium, lib. 17.c.),

[ ] Fénelon Archev. de Cambrai, de l'existence de Diena

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