Page images
PDF
EPUB
[ocr errors]

De blaron

de, mourut la prémiére année de la chaïnasse de Kolophon, dans les rides de los âgé de 91. ans.

laquelle les amours sont logés. O vous, . Parmi les disciples de Socrate, il y qui avez été à portée d'admirer les attoimees par en cut cinq qui formérent des sectes dif. traits de la plus charmante jeunefle, à ks diciples férentes: Platon, celle des Académi- quelles flammes ne fûtes-vous point ex

ciens ; Aristippe , celle des Cyrénaï- posés ?
ques; Phédon, la fecte Eliaque; Eu Platon voragea en Italie, pour y avoir
clide , celle de Mégare ; & Ancisthene, des conférences avec les disciples de Py-
celle des Cyniques.Commençons par la thagore, il alla en Egypte, pour y ap-
secte Académicienne.

prendre la théologie des prêtres [s], il se
Platon disciple de Socrate & chef transporta en Perse, pour y consulter
des Académiciens, naquit à Athénes, les mages , & son dellein étoit de péné-
en la quatriéme année de la 87, Olym. trer jusq'aux Indes, pour y entendre les
piade. Il descendoit par son pérc Arif. Gymnosophistes; mais les guerres, qui
ton, de Codrus roi d'Athénes, & parfurvinrent en Alie, mirent obstacle à ce
sa mére Perictyone, il descendoit de So- dernier voïage,&l'obligérent de retour.
lon, législateur des Athéniens. L'une ner à Athénes. Il y établit son échole
& l'autre famille rapportoit son origine dans un jardin appartenant à un cicoïes
à Neptune. Speu fippus, & Cléarquc nommé [1] Academus , dont le nom a
ont écrit qu'Apollon fue son pére; ce été immortalisé, pour avoir cédé ce ter-
fut bien moins l'opinion de cette ori- rain à Platon, & à ses disciples, qui pri-
gine , que l'éloquence de ses écrits, qui rent de-là le nom d'Académiciens.
lui acquic le surnom de divin. Son pré Platon composa fa philosophie de cel-
mier nom fut celui d'Aristoclés, qu'il les d'Heraclite, de Pythagore, & de So-
quitta pour prendre celui de Platon, soit crate. Il suivit Héraclite, dans la physi-
à cause de la largucur de ses épaules, ou que , il se conforma dans la métaphysi-
de fonfront, soit à cause du stylcample que à Pythagore , & il emprunta sa mo-
& diffus de ses écrits. Il s'appliqua dans rale de Socrate. Il s'attira une facheuse
la jeunesse aux exercices des athlétes , à affaire en Sicile,aiant offense Denysty-
la poëúe , & à la peinture; mais il les ran de Syracuse par la liberté , avec la-
quitta bientôt pour se donner tout en quelle il parla du gouvernement. Vos
tier à la philosophie, & s'attacher uni. discours, lui dit le tyran , sentent le
quement à Socrate.

veillard oifif; & les vôtres, répondic On peut juger de la galanterie de Pla. Platon, sentent le tyran. Denys vou8011, par cette épigramme qu'il composa loit le faire mourir, mais fléchi par à l'honneur d'une vieille courtisanne, Dion & Aristoméne, il le mit ennommée Archaïnalle[r]

. Je posséde Ar- tre les mains d'un envoié de LaceTom. I

[ocr errors]

[] ApXayvaroa ikw try ix Kerapêros Platon étudia en Egypte sous un sçavant

d'Héliopolis nommé Sechnuphis, S. Clem, H's rei puridiwr i 70 dipuus 1 ms. Alex. Strom. lib. i. Α' δλδι νεότητος απαντήσαντες έχο G] Il y a des auteurs qui prétendent que 5.

cet Acaderons avoir été contemporain de Πρατοσλός, δί όσης ήλθετε πυ, Thésée, do que son nom éroit demeuré av xaits!

jardin Platon établit fon áshole, Os, Clément d'Alexandrie afure que

[ocr errors]
[ocr errors][ocr errors][ocr errors]

6.

de Lacédémone, qui le vendit, com- dans l'anatomie, forsqu'il fait la de. me esclave , à un marchand de Cyréne. scription du corps humain dans le Ce marchand, aïant reconnu Platon, Timée, en termes éloquents & male renvoïa à Athénes, & les Athé- gnifiques. niens, pour témoigner leur joie du Speusippus, successeur de Platon, retour de Platon, & leur reconnois- fit tort à la réputation de l'Académie, Des facefance envers le marchand, firent cou- par l'avarice, qui lui faisoit exiger de Piaton. cher à ce dernier une grosse somme grosses son mes de ses disciples. Xétirée du thrésor public. Platon mourut nocrate de Calcédoine tint l'école aprés subitement, dans un festin , le jour de Speusippus, & méla, dans la doctrifa naissance, étant âgé de 81.ans,dans la ne de Platon, quelques sentiments d'Aprémiére année de la 108.olympiade. ristote. Il mourut la premiére année

Toute fa doctrine est répanduë, de la 116. Olympiade, âgé de 82. ans dans ses dialogues, sans suite, & sans Polémon , Cratés, & Crancor , qui liaison. Il est même difficile de fixer fe fuccederent, ne firent aucun chanun objet principal à chaque dialogue gement à la philosophie de Platon: particulier. Il se contredit [n] en plu- mais Arcéfilas, que Pomponius Mela fieurs endroits de les ouvrages. Les [x] appelle l'illustre prince de l'Aca- D'accébilas expressions de géométrie, & les allé. démie , pousla les doutes, & l'incer- feconde gories forc fréquentes, le rendent tres titude bien plus loin que Socrate,

académis. obscur, & souvent inintelligibile, sur: & que Platon Il avoit été disciple de tout dans sa métaphysique & dans sa Crantor par sa nouvelle doctrine il physique.

fonda la feconde Académie . Il foutint Diogéne le Cynique avoit deman- que tout [y] étoit incompréhensible; dé à Platon deux ou trois bouteilles que l'esprit bumain n'avoit aucune de vin; Platon lui en envoïa trois régle, pour discerner la vérité; que douzaines: Diogéne le rencontrant le nous ne sçavions même pas, fi nous lendemain, lui dit: Quand on vous [z] sçavions rien; qu'aucune demande , Platon, combien font deux chose n'étoit ni vraie, ni vraisemblafois deux, au lieu de répondre qua- ble; qu'il faloit toujours suspendre tre, vous répondez vingt , fe moc- fon confentement. Ainsi bien loin quant ainsi de son style diffus, & de déclarer jamais son sentiment, il souvent peu juste. Platon avoit défini ne vouloit même pas, qu'on eût de senl'homme un animal à deux piés, ciment. n'aïant point de plumes . Diogéne Pour autoriser des propositions se prit un coq, le pluma, & l'appor. insoutenables, il lès rapportoit à Hétant dans l'échole de Platon, dit à raclite, à Parménide, à Socrate, & ses disciples : Voilà l'homme de vo à Platon; mais elles lui avoient été tre maître . Platon paroit peu sçavant inspirées par Pyrrhon, auquel il s'é

ne

läb. l.

[u] Jam de Platonis inconftantia lo [3] Παντα ακαταληπτα. gum eft dicere . Cic. de nat, deor. [2] Itaque Arcesilas negabat effe

quidquam quod sciri poflet; næ illud qui[x] Nihil affirmantis Academiæ dem ipsum quod fibi Socrates reliquis. clariffimum ancistitem . Pomp. Melo set. Cic. Acad. quast, lib. 1, lib, i,

toit attaché, aprés avoir quitté Théo. de les disciples : Cela ne peut êcreauphraste, Crantor, Diodore , & Mé. 'trement, répondit-il; vous ferez bien nédéme. Il fut donc véritablement un chapon d’un coq, mais vous ne fePyrrhonien , quoiqu'il enseignât dans rez pas un coq d'un chapon. Arcésilas l'académie, & qu'il fîc profession de né la prémiére année de la 116.0. reconnoître Socrate, & Platon pour lympiade, mourut âgé de 75. ans, la ses maîtres. C'est pourquoi Cicéron quatrićme année de la 134. Olympiade. le traite de séditieux, & dit[a], qua Quelques efforts que fallent les sec. comme Tiberius Gracchus troubla le tateurs modernes d'Arcesilas & de repos public, dans un gouvernement Pyrrhon [d] , pour prouver que de tranquille, de même Arcéfilas ren toutes les dispositions de l'esprit, la versa touts les principes d'une phi. meilleure pour la religion, est celle de losophie trés-solide.

suspendre son consentement à toutes Ariston lui appliquoit plaisamment les vérités naturelles,qu'un esprit vuide le vers d'Homére, qui signifie, que de toute opinion est plus humble, & la chimére étoit lion par devant, dra- plus propre à recevoir les lumiéres de gon par derriere , & chévre par le la foi; qu'un entendement libre de toute milieu : Arcésilas étant, selon lui, prévention est plus docile, qu'il est Platon par devant, Pyrrhon par der- rempli d'une salutaire défiance de soiriére, & Diodore par le milieu ; car même:il est clair que les doutes outrésin sa philosophie écoic un Pyrrhonisme & cette incertitude générale, qui n'adorné de l'éloquence de Platon, & met aucune vérité naturelle , ferment fortifié de la diale&tique de Diodore. aux verités surnaturelles touts les pal

Arcéfilas varioit continuellement sages pour arriver à notre entendement, dans ses discours, & dans ses enseig- puisque toutes les vérités, même révénements, il n'avoit aucune opinion lées, sont fondées sur la certitude de arrêtéc, & ne [b] soutenoit jamais la quelques faits, & sur l'évidence de même deux fois: il estimoit , que quelques raisonnements. le pour & le contre pouvoit être dé. S.Augustin dit [e] que par la grace,

par des raisons également bon. & la miséricorde de Dieu, il est venu nes, & il regardoit comme un jeu à bout d'ôter de son esprit ces doutes d'esprit, de disputer tantôt pour un académiques, suivant lesquels coutes sentiment, tantôt pour un autre.

choses paroissent également obscures Quelqu'un aïant raillé Arcésilas, dc & incertaines . Tertullien [f] faic ces ce que plusieurs de ses disciples quitcoi- reproches à ces philosophes: Que faisent son échole [c], pour suivre celle tu téméraire académicien? tu renverses d'Epicure, au lieu qu'on ne vożoit tout l'ordre de la vie , tu troubles touré aucun Epicurien se ranger au nombre l'æconomic de la nature; tu dépeins

Q2

fendu

[a] Ut in optimâ republica Tiberius se viri in iisdem permanere . Cic. Gracchus qui otium perturbaret, sic Ar [c) Diog, Laërr. in Arcefil. celilas qui conftitutam philofophiam [d]Oeuvres de la Mothe le Vayer.Traité de la everteret. Cic. Acad. qusst. lib. 4. foiblesse de l'esprit humain. Efais de Montagne.

[6] Nunquam fuit in Arcesulâ , ut unum [c] S. Aug. retrait. lib. 1. c. bis diceret, neque putabat ingeniou ef [f] Tertull, de Animác, 17.

[ocr errors]

8.

comme aveugle la providence de Dicu, lire, aux songes. Il est même à rémar-
qui, selon toi, pour rendre ses ouvrages quer, que ceux qui ont l'esprit enye-
intelligibles, habitables, pour nous loppé des ténébres de quelqu'un de
les dispenser , & nous en faire jouir, les ces accidents , sont ceux qui se persua-
a faic" dépendre des sens enciérement dent , que l'évidence les éclaire davan-
trompeurs, & de leurs rapports pleins tage. Qu’ainfi le véricable philosophe
de mensonges. Il ajoute qu'il ne nous est doit toujours être dans une juste dé.
pas permis de douter de la fidelité des fiance, & dans une suspension conti-
sens,de peur que l'on n'en doute aussi en nuelle, de même que Zeuxis trompé
ce qui regarde le Christ, & que l'on ne par le rideau peint dans le tableau de
dise peut-être qu'il aura yû faussement Parrhafius, après avoir reconnu son er.
Satan précipité du ciel, ou qu'il aura reur,eût doucé en voïant un rideau vé.
entendu faussement la voix du ciel,qui ritable, li ce n'étoit point une peinture.
lui rendoit témoignage.

Carnéade[8]nâquit la premiére an.
Suivant Diogéue de Laërce, Lacydés née de la 162. Olympiade, & mourut
De la troi- a fondé la troisiéme academie: Cicéron, âgé de 85.ans dans la 184.Olympiade.
licenc acade- & S. Clément d'Alexandrie rappor- Cicéron lui donne 90. ans de vie.
mie.

tent son commencement à Carneade: Sextus Empiricusa encore distinguié des quatre
Sextus Empiricus joint Clitomaque à une quatrième, & une cinquiénie aca. & cinquié.
Carnéade dans son institution. La dif- démic. La quatriéme fue fondée par mics.
férence de la seconde & de la troisiéme Philon, & Charmides successeurs de
Académie étoit que la troisiéme avou. Clitomaque. Cette quatrieme acadé-
oit qu'il y avoir des choses vraies , & mic se rapprochoit de plus en plus de
faurres en elles-mêmes, mais que nous

l'ancienne ou des sentiments de Socra-
n'avions pas des régles fûres, pour te , car elle permettoit au philosophe
les discerner, au lieu que la feconde de se déterminer quelquefois par la
s'admettoit rien de vrai. Carneade vraisemblance, à une opinion plûtót,
eftimoit aulli, que quoique nous ne qu'à une autre ; de prendre parti pour
connullions pas le vrai. nous pouvions ou contre ; & d'avoir plus de penchanc
au moins déméler quelque vraisem- pour certains sentiments, que pour les
blance, au lieu qu'Arcesilas rejettoit fenciments opposés.Elle admettoit un
toute vraisemblance, ausi bien que pecit nombre de choses comprélicnlia ·
coute vérité. Cette troisiéme académie bles.
adoucissoit donc un peu le pyrrhonis Enfin Numenius rapporte , qu'An-
me de la seconde.

tioclius, qui fut le troisiéme succes.
Mais elles s'accordoient , en ce qu'els seur de Carneade, fit de grandschan-
les rejetcoient également toute forte gements dans l'échole de l'académie ,
d'évidence: ils alleguoient { toujours en y introduisant la doctrine de plu-
par maniérc de doute ) que l'éviden. Sieurs sectes étrangeres. Cet Antiochus
ce ne pouvoit ücre une regle de verité, fut le chef de la cinquième académic.
puisque touts ceux, qui portent de Il ne paroît pas avoir jamais eu de lys-
faux jugements sont féduits par elle. tc'me bien lie:comme il étoit véhément,
C'er l'évidence, quiguide les insensés, subtile , & éloquent dans la dispute,
qui prêce sa clarté à l’yvresse, au dé. il attira dans son échole un grand 110m-

18] Stanl. hift. philof. in Carneant.

bre de disciples. Il fic toujours profer Toutes les variations survenuës dans fion d'adhérer aux sentiments de So- l'académie , déterminérent les disciples crate , & de Platon, mais il mêla avec de Platon, à prendre le nom de Placola doctrine de l'ancienne académie, & niciens: celui d'Académicien relta aux avec la méthode irresoluë de disputer sectateurs d'Arcéfilas & de Carnéade, plusieurs opinions des dogmatiques, aux disciples de la seconde & de la troj& entr'autres plusieurs décisions des fié.ne académie. Les plus illustres des Stoiciens. Non content de faire passer Platoniciens ont été Apulée,quifut ac, cés dogmes dans l'académie, il les at cusé de magie; Calcidius , qui a fait tribuoit à Platon, soutenant que la doc un commentaire sur le Timée; Alcitrine des Stoiciens étoit émanée de nous , auteur d'un abregé de la philosol'ancienne académie. Antiochus eut phie platonicienne, traduit par Marl'avantage de voir parmi ses auditeurs, cile Ficiu; Maxime de Tyr [m],qui, les plus illustres Romains, dont la mo. suivant quelques uns, à été précepteur de étoit alors de voïager en Gréce, & de l'empereur Marc Auréle; Galien, de séjourner à Athénes, pour s'y for. dont le nom et révéré dans la méde. mer le goût par l'étude de la philo. cine; Philon Juif; Ammonius philosoSophie & de l'éloquince. Ce qui fic phe Chrétien, qui enseigna à Aléxanbeaucoup d'honneur à l'échole d’An- drie,& tacha de concilier les sentiments tiochus, fut d'y avoir instruit,en mê opposés de Platon & d'Aristore. Il euc me temps, Varron le plus savant des pour disciples Origéne , & Plotin qui Romains,Lucullus le plus magnifique, fut le maître du célébre Amelius. L'em& Cicéron le plus éloqueat.

pereor Gallien,& l'impératrice Saloni. Ce dernier [h] avoit une déférence ne sa femme, donnérent à Plotin une fi parfaite pour Platon, qu'il avouë, ville en Italie,pour y établir un gouverque la seule autorité de ce philosophe nement conforme aux livres de Platon suffisoit, sans apporter aucune raison, de la république & des loix, ce quidepour entraîner fon sentiment. Il l'ap- meura fans effec. Plotin mourue l'an de pelle [1] le Dieu de la philosophic. Jésus-Christ 270. âgé de 66.ans. Quintilien [4] préfére Platon à touts Porphyre philosophe platonicien, les philosophes, pour la subtilité, & & disciple d'Anclius, fut forc attaché pour l'éloquence . Cicéron n'est pour- à la doctrine de Plotin, il a vécu jultant pas si prévenu en faveur de Pla- qu'au regne de Dioclétien, & peut être ton, qu'il ne reconnoisse [1] que ce au delà. Jamblique disciple de Por. philosophe se perd souvent dans les phyre a vécu sous Dioclecien, & res idées, au sujet de la géométrie, de la successeurs, jusqu'au régne de Valens. musique, des altres, & des nombres. Proclus, qui écrivic contre la religion

Q 3 [b] Ut enim rationem. Plato nul vinâ. Quintil. lib. 10. 6. 1. lain afferret ( vide quid homini tri Rabelais appe!le Plaron l'animal de roups buam ) iplâ autoritate me frangeret, le plus philosophe, Cic. Tufcul. qual.lib.1.deor. lib.z.

[1] Plato in geometria, musica, [i] Plato quidam quafi Deus philofo- aftris * numeris se contrivit. Cic. de phorum Cic. denar.

finib. lib. 1. [k] Philosophorum quis dubitat Pla [m] Daniel Heinsius a commencé les tonem fuiffe præcipuum, five achining ouvrages du Maxime de Tyr . dicendi , five cloquentiæ facultate di.

1

« PreviousContinue »