Journal de marche d'un volontaire de 1792

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Page 185 - Dès ce moment jusqu'à celui où les ennemis auront été chassés du territoire de la République, tous les Français sont en réquisition permanente pour le service des armées. « Les jeunes gens iront au combat ; les hommes mariés forgeront les armes et transporteront les subsistances ; les femmes feront des tentes, des habits et serviront dans les hôpitaux ; les enfants mettront le vieux linge en charpie ; les vieillards se feront porter sur les places publiques pour exciter le courage des...
Page xvi - Hollande traversaient, par dix-sept degrés de froid, les fleuves et les bras de mer gelés, et ils étaient presque nus : cependant ils se trouvaient dans le pays le plus riche de l'Europe ; ils avaient devant les yeux toutes les séductions, mais la discipline ne souffrait pas la plus légère atteinte.
Page 186 - ... la haine des rois et l'unité de la République. « Les maisons nationales seront converties en casernes, les places publiques en ateliers d'armes ; le sol des caves sera lessivé pour en extraire le salpêtre.
Page xvi - Jamais les armées n'ont été plus obéissantes ni animées de plus d'ardeur ; c'est l'époque des guerres où il ya eu le plus de vertu parmi les troupes.
Page xv - Dans les états-majors, c'étaient des travaux incessants embrassant toutes les branches du service, et encore ils ne suffisaient pas ; on voulait prendre part à tout ce qui se faisait. Je puis le dire, c'est l'époque de ma carrière où j'ai le plus travaillé et où les chefs m'ont paru le plus exigeants. Aussi, quoiqu'ils n'aient pas tous mérité d'être pris pour modèle, beaucoup d'officiers généraux, qui plus tard ont pu les surpasser, sont sortis de leur école.
Page 131 - ... constante pour le soldat : il n'en fallait pas tant pour que l'armée aimât en lui un chef qui avait toujours été heureux, et qui avait la gloire d'avoir pacifié la Vendée. On lui a reproché l'ambition. Il n'avait que trente ans, lorsque la mort l'enleva à la France ; à cet âge, à la tête d'une armée, avec la réputation dont il jouissait et le sentiment qu'il avait de sa propre valeur, il était bien difficile de se préserver de l'ambition, surtout lorsqu'il voyait s'élever à...
Page 113 - BUT le sable et nous ne pouvions pas avoir de bois pour faire notre soupe ; nous arrachions quelques petites racines du sol qui nous faisaient plutôt de la fumée que du feu ; vraiment c'était misère et compassion1. Nos prêts 1. Rien n'est exagéré dans ce compte rendu de la situation. « Voulant rester à portée de l'Alsace pour profiter des intrigues que Pichegru continuait à ourdir, et pour lesquelles il était même revenu en personne à Strasbourg, les Autrichiens commencèrent par le...
Page 40 - ... ses caissons faisant explosion à tout moment, des monceaux de cadavres comblant les retranchements, les attaques les plus vives sans cesse renouvelées, rien n'était capable de l'intimider, pas même l'incendie de la campagne qui nous environnait de toutes parts. Les champs couverts de blés en maturité avaient été enflammés par notre feu et par celui de l'ennemi, on ne savait où se placer pour l'éviter; mais nous étions bien déterminés à ne sortir que victorieux de ce volcan.
Page 131 - Hoche possédait les qualités qui constituent le grand capitaine, et il les faisait ressortir par les dons extérieurs les plus séduisants. Son port noble et majestueux, sa physionomie ouverte et prévenante, attiraient la confiance à la première vue, comme sur les champs de bataille, toute son attitude commandait l'admiration. Un coup d'œil prompt et sûr, un caractère entreprenant qu'aucune difficulté n'était capable d'arrêter, des sentiments...
Page xv - Dans tous les rangs, on montrait le même zèle, le même empressement à aller au delà du devoir; si l'un se distinguait, l'autre cherchait à le surpasser par son courage, ses talents; c'était le seul moyen de parvenir; la médiocrité ne trouvait point à se faire recommander. Dans les états-majors, c'étaient des travaux incessants embrassant toutes les branches du service, et encore ils ne suffisaient pas ; on voulait prendre part à tout ce qui se faisait. Je puis le dire, c'est l'époque...

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