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KOUTOUSOFF KRASNOI

5 mettre à la tête de l'armée, quoiqu'il eût alors plus de jeune kraken échoua sur la plage de Stronsa , l'une des soixante-dix ans. L'empereur céda enfin à cette opinion, qui Orcades : les magistrats dressèrent acte de cet événement n'était pas la sienne; et le début du nouveau général de dont le savant Barclay fut témoin ; l'animal mesurait l'armée fut cette horrible boucherie de Borodino, qui 55 pieds ; il avait le dos couvert d'une crinière dont les livra Moscou à Napoléon. En mémoire de la victoire qu'il soies brillaient dans l'obscurité. Le kraken doit-il etre assiremporta à Smolensk sur Davout et sur Ney, l'empereur milé au fameux serpent de mer oud un poulpe gigantesque? Alexandre lui décerna le titre de prince Smolenskoi. Sa Plusieurs naturalistes sont d'avis qu'on ne doit pas absochant bien quel était le sort réservé à l'ennemi sur les bords lument en nier l'existence et qu'on peut le rattacher avec de la Bérézina, il ne le poursuivit quc lentement; et la cam. quelque vraisemblance à l'espèce si dangereuse des grands pagne était terminée quand il arriva à Vilna , où il reçut poulpes. l'empereur. Mais cette campagne avait épuisé ses forces. Il KRANTZ (JULES-FRANÇOIS-Émile), marin français, né n'était pas d'avis que les Russes franchissent l'Oder; et le 21 décembre 1821 , fut admis à seize ans à l'École navale. après avoir publié à Kalisch cette fameuse proclamation, Il était lieutenant de vaisseau lorsqu'il prit part à l'expéen date du 25 mars 1813, dans laquelle il plaidait si élo dition de Crimée, où les services qu'il rendit lui valurent quemment la cause de l'Europe, de l'Allemagne et de l'hu la croix d'officier de la Légion d'honnenr. Capitaine de manité en général, il mourut, le 28 avril, à Bunzlau, où un vaisseau le 6 avril 1867, il fut appelé dans la dernière guerre monument a été érigé à sa mémoire.

à concourir à la défense de Paris et fut promu en 1871 au KOWNO, gouvernement de l'ouest de la Russie, formé grade de contre-amiral. M. Krantz est un des plus savants en 1843 avec la plus grande partie des cercles septentrio- | officiers de la marine; parmi les publications qui ont fait naux du gouvernement de Wilna, compte, sur une su sa réputation, nous indiquerons les Éléments de la théoric perficie d'environ 430 myriamètres carrés, une population du navire (Toulon, 1852, in-8°). de 988,287 habitants, dont très-peu de Russes.

KRASICKI (IGNACE), poëte polonais, né en 1734 , à Kowno, chef-lieu du gouvernement, sur le chemin de fer Dubiecko, d'une famille célèbre dans les armes et dans les de Saint-Pétersbourg à Berlin, compte une population de lettres, se destina a la carrière ecclésiastique, et après avoir plus de 26,000 habitants; et sa situation au confluent du séjourné pendant quelque temps à Rome, fut nommé chaNiémen et de la Willia la rend le centre d'un commerce noine à Lemberg, puis, en 1767, évêque d'Ermeland. important. Elle possède un bel hôtel de ville et dix églises, Quand son évêché passa sous la souveraineté de la Prusse, dont une luthérienne. Plus de la moitié des habitants sont Frédéric, qui se plaisait dans sa conversation, conçut pour juifs ou Allemands ; ils se livrent avec succès à la fabrica lui une vive estime. « J'espère bien, monsieur l'évêque, tion de la bière et de l'hydromel. Un incendie a détruit en lui dit-il un jour, que vous m'emmènerez avec vous dans partie Kowno en avril 1865.

le paradis, sous votre manteau épiscopal? Impossible, KOZLOF, ville de Russie, dans le gouvernement de sire, répondit le prélat; Votre Majesté l'a trop rogné pour Tambor, sur le Voronetz, avec 25,000 ames, a été fondée que je puisse faire de la contrebande. » par le tsar Michel pour arrêter les incursions des Tatars. En 1795, Krasicki fut nommé archevêque de Gnesne; il Il y a de nombreuses fabriques.

mourut en 1801, à Berlin. Parmi ses ouvrages, on doit citer KRABS ou CREPS, partie de dés qui se joue avec deux en première ligne son poëme héroï-comique Myszeis, tradés et un cornet. Le joueur que le sort a désigné pour tenir duit en français par Lavoisier (Wilna , 1817), dont il emles dés annonce le point qu'il veut prendre : ce point doit prunta le sujet à la chronique de Kadlubeck, suivant laélre au moins cinq, au plus neuf. Si du premier coup ilquelle le roi de Pologne Papiel aurait été dévoré par des amènc le point voulu, il a gagné, et l'on dit qu'il a eu le rats et des souris; puis sa Monomachia, ou la Guerre des point de chance ; s'il amène un krabs , il a perdu. Si la moines. Son Antimonomachia est moins estimée. Ses Fa. chance donnée est cinq ou neuf, les krabs sont deux, trois, bles offrent quelque analogie avec celles de Gellert pour la onze et douze. Si la chance donnée est six ou huit, les krabs naïveté et la simplicité. Il règne dans ses satires une douce sont deux, trois, onze. Les krabs n'ont d'effet que pour le et innocente plaisanterie, mais tournant souvent à la fadeur. premier coup. On conçoit en effet que si, au lieu d'amener KRASINSKI (ADAN-Corvin), évêque de Kaminiec, né la chance donnée un krabs, le joueur amène un autre en 1714, s'attacha, dans sa jeunesse, à la fortune de Stanombre, ce nombre est la chance contraire à la chance nislas Leczinski. Lors de l'avènement de Poniatowski au donnée ; et l'on jette les dés jusqu'à ce que l'on ait amené trône de Pologne , il occupait depuis 1759 son siége épisune de ces chances. On connait encore deux manières de copal, ce qui lui donnait rang de sénateur. Il travailla jouer le krabs, l'une dite à la table ronde, l'autre de la sourdement à la ruine de la domination russe. De concert banque portugaise.

avec Soltyk, évêque de Cracovie, il organisa avec un adKRAFT (ADAM), célèbre sculpteur de Nuremberg, né mirable dévoûment l'insurrection formidable qui devait dans cette ville, vers 1429, et mort à Schwabach, en 1507. éclater à un moment donné sur tous les points du territoire A Nuremberg, où existent encore beaucoup de ses œuvres, à la fois; on sait que Pulawski précipita le dénouement de ilexécuta entre autres le fronton du couvent de Saint-Michel, la conjuration en formant la fameuse confédération de Bar. vers 1462, l'ensevelissement du Christ sur le côté extérieur | Lorsque la cause des patriotes succomba, Krasinski fut de l'église Saint-Sébald, vers 1492; le tabernacle de l'église livré aux Russes par les Prussiens; mais Catherine lui acSaint-Laurent, de 1496 à 1500, où il a trouvé moyen de corda sa grâce. En 1788, il reprit sa place à la Constituante placer son propre portrait ; de même, à Schwabach, le polonaise. Il mourut en 1805, laissant un neveu, Vincent tabernacle de l'église Saint-Martin, vers 1505. Il est aussi | KRASINSKI, général russe, mort en 1858, et fameux dans l'auteur des tabernacles de Kalcreuth, Kattzwang et Furth, les annales de la trahison. du merveilleux ciboire de la cathédrale d'Ulm, et d'un KRASNOI OU KRASNOÉ, pelite ville du gouvernement grand nombre de reliefs. Son style, quoique dur et anguleux, russe de Smolensk, sur le Dnieper, avec environ 16,000 hase distingue par des caractères riches et pleins de vie; el la bitants, est célèbre dans l'histoire des guerres modernes partie décorative de ses travaux nous montre le plus bril par la bataille que les Français, commandés par Murat et lant développement de la dernière période du style gothique. Ney, y gagnèrent, le 12 août 1812, sur les Russes aux ordres

KRAKEN, animal fabuleux décrit pour la première de Rajewski. Dans celle qui s'y livra du 16 au 19 novembre fois par Pontoppidan et qui se voit de temps à autre dans de la même année, l'armée française fut complétement Jes mers du Nord. On lui donna 600 pieds de long, une mise en déroute par les généraux russes Koutousoff et lète de cheval et une longue crinière blanche. Le géographe | Miloradowitsch ; et indépendamment d'un grand nombre Buræus, qui en aperçut un, le prit pour une terre nouvelle de morts, de blessés et de canons, elle y laissa aux mains et il en fixa la position sur une de ses carles. En 1808, un de l'ennemi 23,000 prisonniers.

KRASSOVA KREMNICZ KRASSOVA, comitat de Hongrie, dans le cercle de la quientourent Krefeld, dans un rayon de trois à quatre myria Theiss ultérieure, formant avec les comitats de Témes et de mètres, et on en envoie des quantités considérables même Torontal le Banat hongrois, est borné au nord par le comi- en France. L'industrieuse population de cette ville ne se borne tat d'Arad, à l'est par la Transylvanie, au sud par le Régi- pas à la fabrication des soieries et des velours ; elle a aussi ment de frontières de Valachie, et à l'ouest par le codes manufactures de lainage, d'articles de bonneterie en laino mitat de Témes. C'est l'un des comitats de Hongrie les plus et en coton, de draps , de toiles, et des ateliers pour la consétendus; sa superficie est de 76 myriamètres carrés. A l'ex- truction des machines. On y trouve aussi des mégisseries, ception des contrées riveraines du Témes et du Krasso, il des distilleries, des brasseries, des savonneries, des fabriques est partout montagneux. Quoique moins fécond que les deux de produits chimiques; et le commerce de denrées coloautres comitats du Banat, il n'en est pas moins l'une des niales y est fort important. Krefeld a un tribunal de comrégions les plus fertiles de la Hongrie et même de l'Europe ; merce et une justice de paix , un college et divers autres car le sol y donne à peu près sans travail et sans engrais établissements d'instruction publique. Un chemin de fer la les plus riches produits. Mais sa population, presque com- relie au Rhin, au chemin de fer de Cologne à Minden, et à plétement valaque, ne sait pas tirer partie de tels avan- ceux de Belgique et de France. tages ; et on y trouve souvent de vastes parties de sol, d'une KREML ou KREMLIN. Les Russes donnent le nom de richesse extreme, laissées absolument sans culture. Le pro- kreml à une forteresse, ou encore à un quartier, le plus souduit principal est le maïs, que la population préfère au fro- vent situé au milieu d'une ville, entouré d'un rempart et d'un meut. On y cultive aussi beaucoup de fruits, de prunes mur. C'est dans ce sens qu'on dit le kreml de Smolensk , surtout, qui servent à fabriquer une espèce d'eau-de-vie. Les de la Grande-Novogorod, de Wladimir, de Nischni-Novoproduits des mines sont aussi fort importants; elles done gorod, de Kasan, etc.; mais c'est celui de Moscou qu'on renent en moyenne chaque année 20 marcs d'or, 11,000 marcs garde comme le kreml par excellence.

de fer, etc., etc. Le marbre qu'on tire des carrières de Szaszklade cette vieille capitale de l'empire, quoiqu'il ne soit pas le dispute pour la blancheur et la pureté au marbre de dans l'endroit le plus élevé de la ville, est cependant encore Carrare. Mais la principale richesse de ce comitat consiste à plus de 33 mètres au-dessus de la Moskowa, qui coule dans ses inépuisables gisements houillers, dont le produit à ses pieds ; il a plus d'une demi-lieue de circuit et est enannuel s'élève maintenant en moyenne à 500,000 quin- touré d'un mur épais, Nanqué d'un grand nombre de vieilles taux.

tours. Depuis 1830 on en a transformé en promenades et La population, divisée en 17 bourgs à marché et 219 vil- en boulevards les environs immédiats. Il ne renferme que lages, se compose (1857) de 234,180 ames, et pour la na- des bâtiments appartenant à la couronne, entre autres le tionalitéest ainsi répartie: 15,000 Allemands, 10,140 Croates; nouveau château impérial, construit en 1849, l'arsenal, con. 3,300 Hongrois; tout le reste est d'origine valaque. On y tenant une collection d'armes précieuses, beaucoup de cacompte 40,000 catholiques, 1,500 juifs, 600 luthériens, nons enlevés à l'ennemi et qui sont rangés tout autour de 450 calvinistes : le reste se compose de grecs non-unis. Le ses murailles, le trésor, l'ancien palais du patriarche de commerce et l'industrie, qui pourraient etre si florissants, Moscou, servant aujourd'hui aux réunions des synodes, entin y sont encore extrêmement négligés. Les exportations con- deux monastères et plusieurs cathédrales et églises. Au sistent, sans parler des produits des mines, en bois à brû- nombre de ces églises on distingne la cathédrale du Couler et à construire, en eau-de-vie de prunes, en fruits, ronnement, la cathédrale des Sépultures, où se trouvent cuirs, etc.; elles se font, pour la plus grande partie , par le réunis les tombeaux de tous les grands-princes et czars jus. canal de Béga. Le chef-lieu du comitat est Lugos, bourg à 1 qu'à Pierre le Grand , et l'église où on prépare les saintes marché, sur les rives du Tèmes ; il est peuplé de 10,385 ha- huiles. Il faut aussi citer le clocher, haut de 90 inètres et bitants, la plus grande partie Valaques.

doré en véritable or au titre des ducats, l'Iwan-Weliki, KRASZNA , comitat situé sur les frontières de la Hon- c'est-à-dire le grand Iwan, avec sa cloche gigantesque, peo grie et de la Transylvanie, qui fut longtemps compris dans sant 400 milliers, et une autre cloche colossale, du poids de la circonscription de la Transylvanie, mais qui depuis 1836 120 milliers. a été réincorporé à la Hongrie, est borné au nord et à l'est Dès lan 1280 il est question d'un palais construit dans par le comitat de Szolnok, au sud par celui de Kolos et à ce Kreml par le fils cadet du grand-prince Alexandre l'ouest par celui de Bihar. Sa superficie est de 14 myria- Newsky, Daniel Alexandrowitsch. Mais il ne devint celebre mètres carrés, et sa population de 59,435 habitants, dont qu'à partir de l'époque où , en 1328 , le grand-prince Daun tiers Magyares et le reste valaques. Il est presque par- nilowitsch transféra sa résidence souveraine de Wladimir à tout montagneux et couvert de forêts, de sorte que la seule Moscou ; ce fut lui qui entoura le Kreml, d'un mur d'en. parlie qui en soit susceptible de culture, ce sont ses nom- ceinte. Quarante ans plus tard le grand-prince Iwan Danibreuses vallées, parfois aussi assez larges; mais la culture lowitsch Kalita agrandit considérablement le Kreml et l'endu sol ne produit pas assez pour suffire aux besoins de la toura de fortes murailles flanquées de tours en pierre. En consommation locale. Le chef-lieu est le bourg à marché 1355 un incendie dévora le Kreml; mais le grand-prince du même nom, situé sur la Kraszna, avec 4,000 ames. Dmitri Iwanowitsch Donskoï le reconstruisit, sur un plak KRAYER. Voyez CRAYER.

encore plus grandiose. KREFELD, ville de commerce et de fabriques, située

Lors de la retraite de Moscou , le 23 octobre 1812, Napo. dans l'arrondissement de Dusseldorf, province du Rhin léon essaya de faire sauter le Kreml; cette tentalive ne (Prusse), est régulièrement construite, avec des rues larges réussit que partiellement, et déjà, sous le règne d'Alexanet propres, et compte 52,000 habitants, dont 800 menno- dre jer, toute trace de cet essai de destruction avait dis. nites, 28,000 catholiques, 13,000 protestants et 600 juifs. paru. Krefeld est le grand centre de la fabrication des étoffes de KREMNICZ (en hongrois Kærmærcz), dans une prosoie et des velours dans la monarchie prussienne, et ses pro

fonde vallée du comitat de Bars, et ancienne ville libre duits s'exportent dans tous les paysdu monde. Depuis qu'aux royale. La ville intérieure, entourée d'une vieille muraille xvir et xviiio siècles, des réformés et des inennonites, per- en pierre, ne se compose en tout, avec la forteresse, que sécutés pour leurs opinions religieuses, y ont transporté de 39 maisons, tandis qu'on en compte 582 dans les faucette industrie toute spéciale, elle y a pris les plus magni

bourgs. Une fontaine jaillissante, alimentée par un grand fiques développements, et occupe aujourd'hui au delà de canal, fournit d'eau potable toutes les habitations. La po20,000 ouvriers, qui fabriquent chaque année pour plus de pulation, forte en 1857 de 8,603 ames, et complétement 40 millions de francs de produits. Les velours et les rubans de allemande d'origine, a pour principale ressource l'exploitavclours sont fabriqués plus particulièrement dans les villages

tion des mines importantes voisines de la ville. Autrefois

KREMNICZ KREUZNACH on frappait chaque année à Kremnicz pour 3 à 4 millions Lors de la création du Conservatoire, il y fut tout aussitôt de pièces d'or et d'argent provenant de ces mines; mais le appelé comme professeur de violon. En 1801, Rode étant produit en a beaucoup diminué dans ces derniers temps, parti pour la Russie, Kreutzer lui succéda comme violon et n'est plus guère en moyenne que de deux quintaux d'or, solo de l'Opéra. En 1816 il fut nommé chef d'orchestre de quatorze quintaux d'argent et quatre cents quintaux d'au, notre première scène lyrique. En 1824 il quitta la direction tres métaux, moins précieux. Toutes les machines servant à de l'orchestre de l'Opéra pour prendre celle de toute la l'exploitation des mines sont mises en mouvement par la musique de ce théatre. Mais il ne conserva ces fonctions que chute d'eau du canal.

peu de temps, et dès 1826 il fut admis à faire valoir ses Des données historiques dignes de foi établissent que droits à la retraite. Le refus fait par l'Opéra de recevoir l'oKremnicz fut fondée au commencement du douzième siècle, péra de Mathilde, qu'il présenta l'année suivante, lui causa par le roi Geysa II, au moyen de colons allemands, qu'il at un vis chagrin. Il mourut le 6 janvier 1831, à Genève, où tira dans le pays pour en exploiter les richesses métalliques. | l'avait conduit le délabrement de sa santé.

KREMSIER (en slave Kromierziz), chef-lieu d'une Voici la liste de ses principaux ouvrages : Jeanne d'Arc capitainerie du cerle d'Olmütz en Moravie (Autriche), dans à Orléans (1790); Paul et Virginie (1791); Charlotte et la fertile plaine d'Hanna, sur les rives de la March, qu'on y Werther (1792); Le Siège de Lille (1793); La Journée de passe sur un pont en chaines de 23 mètres de développe- Marathon (1793); Astyanax (1801); Aristippe (1808); ment, résidence d'été de l'archeveque d'Olmütz et siège d'un Jadis et Aujourd'hui (1808); François Ier (1808); La tribunal de cercle de première classe, compte avec ses Mort d'Abel (1810); Antoine et Cléopâtre, ballet (1809); faubourgs 9,110 habitants. On y trouve un college de Pia Le Camp de Sobieski (1813); L'Oriflamme, en société avec ristes, trois belles églises, une école militaire et un magni- Méhulet Berton, etc. (1814); la Princesse de Babylone(1816); fique palais archiepiscopal, avec un vaste parc, une riche Les Deux Rivaux, en société avec Spontini, Persuis et Bere galerie de tableaux, un cabinet de physique, une collection de ton, etc. (1816); Le Carnaval de Venise, ballet, en société médailles, et une bibliothèque de 13,000 volumes. Kremsier avec Persuis ( 1816 ); La Servante justifiée, ballet (1818); devint en 1231 siége épiscopal ; et après avoir considérable. Clari, ballet (1820); Ipsiboé (1823); etc., etc. Il a aussi ment souffert pendant la guerre des hussites, il fut pris | arrangé la musique du ballet de Paul et Virginie, dont il d'assaut et brûlé, en 1643, par les Suédois aux ordres de a tiré les principaux matériaux de son opéra. Torstenson. Reconstruit complétement en 1690, incendié en KREUTZER (CONRADIN), compositeur dislingué, né 1752, et rebati encore une fois alors, le palais archiepisco en 1782, à Mæskirch, dans le pays de Bade, mort en Russie, pal de Kremsier servit en 1848 aux séances de la première en 1849, fonda sa réputation par les charmantes mélodies diète autrichienne après qu'on l'y eut transférée. Ouverte le 15 qu'il composa pour les Chants de Voyage et de Printemps novembre 1848, cette assemblée fut dissoute le 7 mars 1849. d'Uhland , ainsi que par 'ses airs pour voix d'homme. Il fit

KRETAI et PLETHI, c'est-à-dire bourreaux et de nombreux voyages artistiques comme pianiste, et écrivit coureurs. Ainsi s'appelaient les gardes du corps du roi David, plusieurs concertos pour clavecin, des sonates, etc., ainsi que commandait Benaža , fils d'loïada. Des commentateurs qu'un oratorio, Moise, et plusieurs autres compositions relimodernes prétendent, sans autorités suffisantes , ne voir la gieuses, jusqu'au moment où il s'appliqua exclusivement que les noms propres des Philistins du sud et du midi, à la composition des opéras. Il fut tour à tour chef d'orqui auraient fait à la cour du roi David un service militaire chestre à Sluttgard, à Donaueschingen, à Vienne, et en analogue à celui que les Suisses acceptaient encore tout ré dernier lieu à Riga, où il termina ses jours. Ses opéras cemment dans diverses cours. Ce qui milite en faveur de la n'ont pas tous obtenu la même popularité; ceux qui réuspremière interprétation, c'est l'antique usage des cours d'O. sirent le plus généralement sont Liboussa et Le Camp de rient, et qui s'est perpétué jusqu'à nos jours en Perse et Grenade. Le texte de son opéra de Mélusine, représenté en Turquie, d'après lequel les krethi servent à l'exécution pour la première fois à Berlin, en 1833, a été écrit par Grilldes condamnations capitales, et les plethi sont employés parzer, qui dans le principe le destinait à Beethowen. Un comme courriers.

opéra inédit qu'il laissait en mourant, Aurelia, a été représ KREUTZER (RODOLPHE), compositeur et violoniste senté avec assez de succès sur différents théâtres d'alle. justement célèbre, naquit à Versailles, le 17 novembre 1776, magne. d'un père allemand d'origine, attaché à la chapelle du roi. KREUZER, nom d'une petite monnaie ayant cours en Elève de Stamitz et de Viotti, il développa et agrandit la Allemagne, et qui dérive de la croix (kreuz), dont elle méthode de ce dernier, et devint l'un des membres les plus porte l'empreinte. On a frappe des kreuzer en argent et en distingués de cette grande école de violon qui, fondée en cuivre; et ils circulaient dans tous les pays où l'on comptait Italie par Tartini et Pugnani, continuée en France par Bail. par florins. On comptait 60 kreuzer au sorin, et 90 au thaler. lot, Kreutzer et Rode, atteignit en Allemagne son apogée On n'en frappe plus aujourd'hui qu'au sud de l'Allemagne, avec Spohr, et dont la clarté pleine de finesse, l'harmonie et ils portent toujours les armoiries de la puissance qui les grandiose et la brillante habileté dans le maniement de l'ar émet. Dans les États du sud qui font partie du Zollverein, chet ne seront jamais effacées par les qualités, plus éblouis on frappe des kreuzer et des fractions de kreuzer (le plus santes que brillantes, des successeurs de Paganini. En 1790 souvent des 1/2 et des 1/4 de kreuzer) en cuivre et des Krentzer, premier violon au Théâtre-Italien, fut chargé par pièces de trois et de six kreuzer, comme monnaie de billon. Desforges de composer la musique d'un drame historique En Autriche il y a des pièces d'argent de 20, de 10, de 5 et sur Jeanne d'Arc. Quelques jours seulement lui suffirent pour de 3 kreuzer, et des pièces de cuivre d'un kreutzer, d'un achever cette partition, dont le succès fut tel, que d'autres 1/2 et d'un 1/4 de kreuzer, auteurs n'hésiterent pas à lui confier leurs ouvrages. Le 15 KREUZNACH, ville du cercle de l'arrondissement de janvier 1791, Kreutzer fit représenter sur le même theatre Coblentz, dans la province du Rhin ( Prusse), sur la Nahe, Paul et Virginie, et au mois d'août suivant Lodoiska, et sur le chemin de fer de Bingen à Trèves, avec 12,000 haopéra-comique, dont l'ouverture est à bon droit restée po bitants, dans une charmante contrée, est surtout célèbre pulairo, quoique comme partition il soit inférieur à Paul | par ses eaux minérales, qui y attirent chaque année un et Virginie, composition à laquelle on ne rendit pas toute grand nombre de baigneurs. Cette fort ancienne cité, dont la justice qu'elle méritait; car les connaisseurs n'hésitent font mention des documents remontant à l'an 819, est située pas à la regarder comme ravissanle d'effet et pleine de dans une ravissante contrée, à 130 mètres au-dessus du chaleur, d'élégance et de naïveté.

niveau de la mer. Ses sources, découvertes déjà vers la fin Kreutzer avait une assez singulière façon de composer : du quinzième siècle, n'ont été utilisées par la médecine que c'était en marchant à grands pas dans sa chambre, en chan- dans ces derniers temps. Celles dont on se sert le plus ortant ses mélodies et en les accompagnant sur son violon. ' dinairement sont la source d'Elice (60 R.), le Karlsham

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KREUZNACH KRUDENER mer (139 R.), et le Munster-am-Stein (23° R.). On les entre les deux époux, et en 1791 madame de Krüdener re. emploie comme boisson et pour bains dans les affections vint habiter la maison paternelle à Riga, où elle fut recherchée scrofuleuses, les maladies de la peau et au début de la pbti- avec empressement à titre de jolie femme. Cependant, elle sie pulmonaire. Consultez Engelmann, Kreuznach (1843). eut bientot assez de la vie paisible mais monotone de Riga,

KRISS, poignard malais, porté par les habitants de tout et s'en alla alors résider alternativement à Paris et à Saintl'archipel. On en fabrique de plusieurs formes différentes, Pétersbourg. Dans ces deux capitales, son ardeur au plaisir courts et longs, droits et recourbés. La poignée et le four- lui attira encore quelques désagréments, et à Paris le beau reau sont en général travaillés et couverts d'ornements. chanteur Garat passa généralement pour son amant. Des hommes de tous rangs portent le kriss, il y en a même | Quoi qu'il en ait pu étre, la publication du roman intitulé qui en habit de cérémonie en ont trois ou quatre à leur Valérie, ou lettres de Gustave de Linar à Ernest de G. ceinture.

(2. vol., Paris, 1804), ouvrage dans lequel elle décrivait KRONSTADT. Voyez CRONSTADT.

des situations par où elle avait passé, des sentiments qu'elle KRUCKOWIECKI (JEAN, comte), général polonais, né avait éprouvés, produisit dans cette capitale une vive sensavers 1770, entra fort jeune au service, et fit la campagne de tion, et lui assigna un rang distingué dans le monde lille1796 contre la France en qualité d'aide de camp de Wurmser. raire. En 1806 elle faisait partie de la société intime de la En 1806, l'appel qu'adressa Napoléon aux Polonais le décida belle reine Louise de Prusse ; et déjà à cette époque elle à entrer au service du grand-duché de Varsovie, et il fit les donnait dans le piétisme et le mysticisme. Plus tard, elle recampagnes de 1807 à 1813 avec assez de distinction pour vint encore à Paris. En 1812 on la trouve à Genève, et en etre promu au grade de général de brigade. Il commandait 1813 en Allemagne. C'est à ce moment qu'elle se crut apune division d'infanterie dans l'armée polonaise lorsque pelée par Dieu à précher l'Évangile aux pauvres. Née luthééclata la révolution de novembre 1830. Il se mit alors, rienne, elle se disait catholique, et prétendait avoir des mais inutilement, sur les rangs pour l'élection d'un géné- révélations habituelles de la part de Dieu, ainsi que des reral en chef de l'armée nationale. On lui contia bien le com- lations fréquentes avec Jésus-Christ et la sainle Vierge. Remandement d'une division d'infanterie; mais ennemi per- venue à Paris en 1814, elle tenait dans sa maison des assemsonnel de Skrzynecki, il ne fut pas admis à faire partie blées religieuses, fréquentées par les personnages les plus de l'armée active. Appelé aux fonctions de gouverneur importants. Elle décrivit alors, sous le titre de: Le Camp des de Varsovie, il sut y maintenir l'ordre, ct déploya beaucoup Vertus, la grande fete militaire célébrée dans les plaines d'activité dans la construction des fortifications de la capi- de Chalons par l'armée russe. En 1815 elle exerça un tale, sans pour cela obtenir la confiance publique. Ayant grand crédit sur l'esprit de l'empereur Alexandre, quand insulté le général Skrzynecki à son retour de la bataille ce prince eut reconnu la justesse d'une prédiction qu'elle d'Ostrolenka, il dut dopper sa démission, et il fut même un lui avait faite l'année précédente, à savoir que Napoléon instant question de le traduire devant un conseil de guerre. s'échapperait de l'ile d'Elbe et tenterait encore de bouleOn l'accuse aussi de n'avoir point été étranger aux scènes verser l'Europe. Ce fut donc, à la lettre, sous les auspices sanglantes qui éclatèrent à Varsovie en août. Tout aussitot de madame de Krüdener qu'un nouveau ministère remplaça après, il fut de nouveau nommé gouverneur de la capitale, chez nous, en septembre 1815, celui dont M. de Talleyrand et réussit à y rétablir l'ordre. Son crédit croissant à mesure avait été le président. Il parait que c'est elle encore qui que diminuait celui dont avaient joui jusque alors Skrzynecki inspira à Alexandre l'idée de la sainte-alliance, laquelle, et Dembinski, il devint tout à fait l'homme de la situation, dans sa pensée, n'avait pour objet que le bonheur des homet le 17 août les députés, quoique bon nombre d'entre eux mes; et elle prétendait y intéresser les souverains en les liant se défiassent de lui, lui déférèrent la présidence du gouver- par un acte religieux. C'est alors que commença son bizarre nement. C'est ainsi que lorsque Paskewitsch vint attaquer apostolat, qui fit tant parler d'elle, et qu'elle se mit à anla capitale, le pouvoir suprême se trouvait aux mains de poncer la prochaine venue du règne de Jésus-Christ sur Kruckowiecki, qui n'avait ni la capacité nécessaire pour la terre. diriger les opérations militaires, ni le courage de mourir, et A Bale, où elle alla s'établir à la fin de 1815, elle prit qui, tout au contraire, à l'effet de se ménager les bonnes pour acolyte un jeune ecclésiatique da Genève, appelé Em. grâces de l'empereur, négligea, dit-on, d'employer les peytaz (voyez MOMIERS), qui essaya un instant de jouer le moyens les plus propres à assurer la défense de Varsovie. role de Fénelon auprès de cette autre madame Guyon; mais Après une conférence avec Paskewitsch, Kruckowiecki si- les désordres publics et la désunion dans les familles causés par gna l'acte de soumission de la capitale, et se livra ensuite ses prédications la forcèrent de s'éloigner de cette ville. entre les mains du vainqueur, qui ne le traita pas aussi gé- Les mêmes faits se reproduisirent à Lærrach, à Aarau et néreusement qu'il l'avait espéré, et qui le relégua dans l'in- dans d'autres localités. Devenue dès lors suspecte à toutes lérieur de la Russie. Il est mort à Varsovie, en 1850. les polices, parce que ses prédications et son ardent prosely

KRÜDENER (JULIANE, baronne DE), célèbre par ses tisme provoquaient partout des troubles, et les gouvernetendances mystiques, naquit à Riga, le 11 novembre 1766, ments autrichien et français lui ayant interdit l'entrée de et fut élevée avec soin dans la maison de son père, le ba- leurs frontières respectives, elle alla avec sa fille et sa suite ron de Vietinglioli, l'un des plus riches propriétaires de la passer quelque temps à Leipzig, d'où on finit, en 1818, par Courlande. Elle était encore toute jeune enfant quand elle la reconduire sous bonne escorte jusqu'à la frontière russe. arriva à Paris avec ses parents, dont la maison était un En y arrivant, elle fut prévenue qu'il lui était également rendez-vous pour les beaux esprits. On admirait l'esprit et interdit d'aller à Saint-Pétersbourg et à Moscou. Elle se diles connaissances de cette jeune fille, qui plaisait moins en- rigea donc sur Riga, où elle ne fut pas plus tot arrivée qu'elle core par sa beauté que par les graces et les charmes de se mit à prêcher de plus belle, car elle était plus persuadée toute sa personne. Mais dès cette époque elle annonçait que jamais de sa mission divine; et le ton de conviction une tendance marquée à la reverie et à la mélancolie. A profonde et même d'autorité dont elle en parlait lui faisait l'âge de quatorze ans, on la maria au baron de Krüdener force prosélytes, comme il ne manque jamais au reste (né en 1744), gentilhomme livonien, aussi distingué par d'arriver aux résormateurs religieux , dupes ou fripons. Les l'élévation de ses sentiments que par l'étendue de ses con- conversions gagnant de proche en proche, madame de Krünaissances , qu'elle suivit à Copenhague, puis à Venise, où dener parvint à faire lever le véto qui lui interdisait le séil remplit longtemps les fonctions d'envoyé russe, et à qui jour de Saint-Pétersbourg. Elle y revit l'empereur Alexandre, elle donna un fils et une fille. Mais, entrainée par la vivacité qui s'était toujours senti un faible pour ses doctrines romande son caractère et par les séductions du monde, elle com- tico-religieuses, et dont l'esprit, visiblement affaibli, donnait mit de nonıbreuses imprudences, qui détruisirent irrépara- maintenant plus que jamais dans le mysticisme. Il la viblement son bonheur domestique. Une séparation intervint sitait souvent; mais il ne voulut pourtant jamais lui per

KRŮDENER KRYLOFF

9 mettre de prêcher publiquement ; l'empereur comprenait en KRUSENSTERN ( ADAM-JEAN DE ), célèbre navigaeffet que risquer de se mettre à dos son clergé orthodoxe teur russe, naquit en Esthonie, en 1770. Dès 1793 il servit sur en raison de la tolérance publique qu'il accorderait à une la flotte anglaise, et en 1798 et 1799 il alla aux Indes orienpropagande bérétique serait jouer gros jen. Bientot meme tales et poussa jusqu'à Canton. A cette époque il adressa au il se brouilla décidément avec madame de Krüdener, qui gouvernement russe sur la possibilité d'ouvrir dans ces cons'était vivement éprise pour la cause des Grecs et qui dans trées des débouchés avantageux au commerce de pelleteries ses divagations politico-mystiques ne se gênait pas pour de la Compagnie Russo-Américaine, des mémoires que le divulguer quelques confidences que l'empereur lui avait gouvernement de Paul jer ne prit point en considération. faites dans le temps au sujet de la politique des czars en En revanche, Alexandre témoigna le plus vil intérêt pour Orient. Madame de Krüdener reçut donc un jour de la direc- la réalisation de ses plans ; et Krusenstern ne tarda point tion de la police l'ordre formel d'avoir à quitter Saint-Pé. à etre chargé d'une expédition ayant à la fois pour but tersbourg. C'était à la fin de 1822, et elle s'en reviut en d'explorer avec plus de soin qu'elles ne l'avaient encore Livonie, où elle passa encore dix-huit mois, continuant été les cotes de l'Amérique russe, et de renouer avec l'emsa mission apostolique dans les salons de Riga, à défaut de pire du Japon des relations de commerce qui venaient temples ou d'églises. Puis en juin 1824, avee sa fille et son d'etre interrompues. Deux vaisseaux furent mis à sa disgendre, elle se rendit en Crimée, dans l'intention d'y fonder position ; et le 7 avat 1803 il mit à la voile du port de une colonie qui se composerait de ses adeptes, une nouvelle Cronstadt, où il était de retour le 19 aout 1806 , sans avoir Sion. La colonie à fonder, on le sait, est de nos jours perdu un seul homme de ses équipages. Ce premier voyage Ja dernière ressource, l'ultima ratio, ou, à bien dire, le de circumnavigation effectué par la marine russe fut insuicide final de l'homme ou de la femme de génie incom- contestablement l'un des plus importants dont fasse menpris. Madame de Krüdener, elle toute la première, eut re- tion l'histoire des voyages, en raison des nombreuses décours à ce moyen héroïque. Le gouvernement russe cette couvertes qui la signalèrent et des renseignements positifs fois la laissa faire; et là, toujours incorrigible, on la vit encore qu'il fit acquérir sur des contrées jusque alors mal connues. precher, tantôt en français, tantôt en allemand, ces bra- Une foule de rectifications importantes relatives à la géo. ves Tatares, qui ne pouvaient deviner à qui elle en voulait, graphie et à l'hydrographie, les travaux curieux des natupuisque les langues dont elle se servait pour les ramener à la ralistes adjoints à l'expédition et de Krusenstern lui-même vraie foi étaient pour eux comme du grec ou de l'hébreu. sur des questions de physique, d'histoire naturelle , d'ethnoC'est au milieu de ces travaux apostoliques que la mort vint graphie et de linguistique, complètent les richessses scien. surprendre madame de Krüdener, à Karasou bazar, le 15 dé- tifiques recueillies pendant cette mémorable expédition, cembre 1824, six mois à peine après son arrivée en Crimée. dont Krusenstern a publié l'histoire sous le titre de Voyage Consultez Eynard, Viede madame de Krüdener (Paris, 1849). autour du Monde, dans les années 1803-1806 ( 3. vol.

( C'était chose vraiment curieuse que de voir une femme in-4°, Saint-Pétersbourg, 1810-1812). Ce livre, écrit en alélégante, accoutumée au luxe et d'une haute naissance, lensand, ne tarda pas à etre traduit dans toutes les lan. embrasser, malgré la faiblesse de sa complexion, la vie gues de l'Europe. faut encore compter parmi les résultats errante et rude des plus intrépides missionnaires, répandre de cet important voyage les Essais sur l'hydrographie du de riches aumônes et se tout refuser ; voyager à pied, grand Océan ( Leipzig, 1819), par Krusenstern; son Atlas supporter avec résignation la fatigue et des avanies con- de l'océan Pacifique ( 2 vol., Saint-Pétersbourg, 1824-1827); tinuelles; chassée de partout, ne se rebuter de rien; se son Recueil de Mémoires hydrographiques, pour servir plaindre quelquefois, mais avec douceur, et en vue du d'analyse et d'explication à l'Atlas de l'océan Pacifi. bonheur de l'humanité, auquel elle croyait contribuer : son que (2 vol., 1824-1827); enfin, ses Supplements au Recueil véritable culte, c'était la charité dans toute sa persection. de Mémoires hydrographiques (1835). Krusenstern fut L'on préta à ses çuvres des intentions politiques : c'était secondé dans son expédition par les capitaines russes la peu connaitre; car la politique lui semblait vile , et toute Belligshausen et Otto Kotzebue. Il est mort le 12 août duplicité lui inspirait une profonde horreur. En 1817 elle 1846, dans son domaine d'Ass, en Esthonie. écrivait au ministre de Bade : « C'est au Seigneur à ordonner, KRYLOFF (JWAN-ANDREEWITSCH), célèbre fabuliste et à la créature à obéir. C'est lui qui expliquera pourquoi russe, né en 1768, à Moscou, était le fils d'un officier sans la faible voix d'un femme a retenti devant les peuples, a fait fortune, que les nécessités du service forcèrent à aller s'étaployer les genoux au nom de Jésus-Christ, arrêté le bras

blir avec sa famille à Orenbourg, en 1771, à la suite des des scélérats, fait pleurer l'aride désespoir, demandé et troubles provoqués par Pugatscheff. Quand ils eurent été obtenu de quoi nourrir des millions d'affamés..... Il fallait compriinés , le père de Kryloff obtint un emploi civil à Twer, une mère pour avoir soin des orphelins et pleurer avec les où il continua de résider jusqu'à sa mort, arrivée en 1780. mères....., une femme élevée dans les douceurs du luxe, Un Français, précepteur des enfants du gouverneur de Twer, pour dire aux pauvres qu'elle était bien plus heureuse sur initia le jeune Kryloff à la connaissance de notre langue et un banc de pierre en les servant...; une femme simple, pour de notre littérature. Les quelques livres qu'il trouva dans la confondre les sages...; une femme courageuse qui, ayant tout succession paternelle, Kryloff les lut sans choix et avec avipossédé, put dire, même aux reines, que tout n'est rien... » dité, en s'abandonnant ensuite aux rêves de son imagination. La vie toute d'abnégation, toute de bienfaisance, de mon C'étaient les pièces de théâtre qui l'avaient le plus vivement excellente mais un peu folle cousine, attirait autour d'elle impressionné. Aussi dès l'âge de quinze ans composa-t-il nombre de vrais ou faux néophytes, dont la masse esfrayait un petit opéra, La Diseuse de bonne aventure au moyen du les gouvernants; mais je puis affirmer que tout fut vérité, marc de café, qu'un libraire lui acheta 60 roubles ; et avec charité, candeur, chez cette femme, si spirituelle dans les cet argent-là Kryloff se procura bien vite les auvres de écarts de son imagination, si respectable en dépit d'erreurs, Racine, de Molière et de Boileau. L'étude de ces deux derqui n'eurent constamment pour objet que la félicité pré- niers écrivains développa ses tendances satiriques. Un an sente et future de l'homme. C'est l'esprit qui égare le caur après la mort de son père, il obtint une place dans les buchez la plupart d'entre nous: chez madame de Krüdener, reaux de l'administration civile de Twer. En 1786 il terc'était, selon l'expression du duc de La Rochefoucault, l'es- mina une tragédie, Philomèle, qui n'a point été représentée, prit qui était la dupe du caur ; et ceux qui ont connu mais qu'on a insérée dans le Théâtre Russe, et passa alors la consciencieuse exaltation de son âme sentent qu'elle s'était dans l'administration des finances. Il venait de perdre sa exactement peinte elle-même par cette phrase : « L'on ne rémère, objet de toute sa tendresse, lorsqu'en 1788 il fut atsiste guère à l'envie de communiquer aux autres ce qui nous taché au cabinet de l'empereur, poste que deux ans plus a profondément ému nous-même. »

tard il quitta avec le rang de secrétaire provincial. Pour Cle Armand D'ALLONVILLE. I pouvoir se consacrer en toute liberté à la culture des lettres,

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