Page images
PDF
EPUB
[ocr errors][merged small][merged small][merged small]

Les lecteurs sont prévenus que tous les mots espacés dans le texte courant (par exemple : Transsubstantiation, Immortalité, César) sont l'objet d'articles spéciaux dans le Dictionnaire, et constituent dès lors autant de renvois à consulter.

1070583-190

DICTIONNAIRE

DE

LA CONVERSATION

ET DE LA LECTURE.

KOTZEBUE (AUCUSTE-FRÉDÉRIC-FERDINAND DE), un en France ne put adoucir cette susceptibilité farouche. Ses de ces hommes dont la réputation éclate et disparait, et qui Souvenirs de Paris sont pleins de jugements iniques et préfèrent la vogue fugitive qui escompte l'avenir à la gloire cruels , de portraits satiriques et outrés, d'anecdotes hasarchèrement achetée; dramaturge célèbre, écrivain nomade, dées, d'outrages d'autant plus odieux, qu'il trahissait les polémiste ardent, poëte médiocre, romancier fécond, il a saintes lois de l'hospitalité. Au surplus, il ne traita pas mieux laissé dans la littérature de son pays les traces d'une faci. les Italiens dans ses Souvenirs de Rome et de Naples. Vers lité mal employée. Il naquit le 3 mai 1761, à Weimar, où la fin de 1813, Kotzebue et Merkel publièrent le Freymüson père était conseiller de légation. Poëte å seize ans, il se thige (Le Sincère), journal dirigé spécialement contre Nalivra ensuite à l'étude du droit, et l'on pensa que de bril poléon. Kotzebue ne resta pas longtemps d'accord avec lants succès dans cette carrière lui seraient réservés; mais la Merkel, qui, conservant la rédaction du Sincère, y révéla destinée ne le voulut pas. Le comte de Gærtz, ministre de les bassesses et la vénalité de son collaborateur. Alors Prusse en Russie, appela à Saint-Pétersbourg Kotzebue, Kotzebue se livra tout entier aux intrigues et aux pamphlets agé de vingt ans : il s'y rendit avec le titre de secrétaire de politiques, rédigea les notes, proclamations et pièces diM. de Bauer, général du génie. De Bauer meurt, et recom plomatiques du cabinet de Saint-Pétersbourg, et suivit le mande , par son testament, son secrétaire à l'impératrice, tsar dans la campagne de 1813, comme écrivain politique legs qui fut fidèlement exécuté : nommé conseiller titulaire, de l'armée. On le nomma ensuite consul général de Russie puis, en 1783, assesseur au premier tribunal, et enfin à Kænigsberg, et on le rappela à Saint-Pétersbourg, en président du gouvernement, le jeune Kotzebue occupa pen 1816, pour l'attacher aux affaires étrangères. dant dix ans cette place avec le grade de lieutenant-colonel. En 1817 il revint en Allemagne, moins pour revoir son On ne sait pourquoi il reçut, en 1795, sa démission. Il s'était pays que pour l'observer. Sa correspondance littéraire avec marié à une jeune Russe, qui lui avait apporté en dot une l'empereur, correspondance qui lui valait 15,000 roubles de petite propriété, à quarante-huit verstes de Narva. Dans cette traitement, n'était qu'un voile transparent qui dissimulait à retraite, il composa plusieurs æuvres dramatiques. Déjà peine ses véritables fonctions. Au surplus, on ne pouvait il avait pressenti sa vocation pour le théâtre en faisant re choisir un observateur moins sagace. La passion l'entralnait présenter à Saint-Pétersbourg plusieurs drames, que l'impéra sans cesse : il ne décrivait pas, il diffamait; il ne jugeait pas, trice avait applaudis. En 1792, on le chargea de la direction il outrait la satire, se plaisant à travestir les doctrines et à du théatre de Vienne, situation qu'il conserva peu de temps. dénaturer les jdées; versant le fiel et la bile sur la jeunesse, Il partit pour Weimar. Sa femme était restée à Saint-Pé. sur les amis de la liberté, sur ses ennemis littéraires, sur les tersbourg avec deux fils, qu'on élevait dans le corps des étudiants des universités. Malheureusement pour Kotzebue, cadets russes. Elle supplia son mari de revenir; il se mit en quelques fragments de cette correspondance, à la fois si seroute, et fut arrêté sur les frontières de l'empire. Paul fer crète et si imprudente, s'égarèrent. On la publia, et tout le le soupçonnait de l'avoir attaqué personnellement dans des monde put voir à nu l'indigne bassesse, la haine du pays, la pamphlets révolutionnaires : le malheureux écrivain fut fureur envieuse et les laches outrages de l'espion politique. déporté à Kurgau en Sibérie. Traité avec une extrême du Un jeune étudiant nommé Sand se rendit à Manheim, où reté, il fit plusieurs tentatives pour échapper à ses sbires, Kotzebue demeurait depuis quelque temps, et, le 23 mars courut de grands dangers, et subit des privations de toutes 1819, s'introduisit dans son cabinet, où il le frappa de trois espèces, qu'il a racontées et ornées d'un vernis poétique coups de poignard. Kotzebue mourut sur-le-champ, et on dans l'ouvrage, fort intéressant d'ailleurs, intitulé : L'Année l'enterra le surlendemain. Il laissait quatorze enfants. la plus remarquable de ma vie. S'il faut l'en croire, Telle fut la triste et honteuse vie de cet homme, doué Paul Ier le rappela, et il lui fit des excuses, en lui confiant d'imagination et de facilité, qu'on ne peut ranger ni parmi la direction du théâtre de Saint-Pétersbourg. Bientot il les hommes estimables ni parmi les écrivains sans mérite. donna sa démission, et ne put la faire agréer qu'après la Il n'avait pas de principes; et le coloris faux de ses euvres mort de Paul lor.

correspond avec l'immoralité de sa conduite. Une fausse et Au printemps de 1801, Kotzebue partit pour Weimar, y maladive sensibilité, imitée de Rousseau ,'a remplacé dans trouva Geethe et les Schlegel, se brouilla avec eux, et re ses œuvres la sensibilité vraie. Ne pouvant atteindre le partit pour Paris. L'humeur sanguine, présomptueuse, cu pathétique vrai, il a mis en ouvre le pathétiquo factice, le pid'e, violente, soupçonneuse et ingrate qui le dominait lui genre larmoyant. D'ailleurs, les trois cents pièces de théâtre créa partout des ennemis, et l'accueil hospitalier qu'il reçut publiées sous son nom ne lui appartiennent pas toutes. I

1

DICT, DE LA CONVERS, - T. XII

KOTZEBUE KOURDISTAN avait fondé une sorte de bureau ou d'agence littéraire, et il , des terres, les moulins à eau et à vent, les exploitations des achetait à des étudiants leurs manuscrits, qu'il se contentait carrières pour les constructions d'Alger, donnent une grande de retoucher. Plusieurs de ses drames sont empruntés aux activité à cette commune, forte de 3,158 habitants. Le grand theatres français et anglais. Mais cette spéculation ne doit séminaire d'Alger y est établi. pas nous empêcher de reconnaitre son originalité réelle. KOUBAN, fleuve qui prend sa source à l'extrémité Gustave Vasa, Octavie, La Prétresse du Soleil, Les Hus nord du Caucase, sur le versant de l'Elbrouz, traverse d'a

sites, Les Espagnols au Pérou, Hugo Grotius, n'appar- bord le pays de montagnes proprement dit, puis forme, sur | Liennent qu'à lui. Il est le seul aut des Deux Frères, de une longueur d'environ 60 inyriamètres, les limites entre la

Misanthropie et Repentir, 'drames fort applaudis en province russe du Caucase, les steppes des Kosaks TscherFrance, et qui le méritent à certains égards. Faire triompher nomori et le pays de montagnes proprement dit. Il compte l'émotion, remplacer le devoir par la sensation, excuser un sur ses rives une multitude de forteresses-frontières, telles crime par une métaphore, et une faute par de grandes plira que Saint-Nicolaï, Grégorigol, Kavkask, et surtout lékaté. ses; prouver que l'on peut racheter tous les défauts par rinodar, ainsi que plusieurs bourgades de colons militaires, des paroles, voilà le malheureux but du théâtre de Kotzebue. puis, se divisant vers son embouchure en deux bras princiL'Allemagne et même l'Europe ont accepté quelque temps paux, déverse à la fois ses eaux dans la mer d'Azor et dans ce système, qu'elles ont enfin répudié.

la mer Noire. Entre ces deux embouchures du Kouban est Kotzebue romancier mérite peu d'estime. Les Malheurs située I'lle ou presqu'ile de Taman, qui forme un véritable de la famille d'Orthenberg ont eu cependant quelque suc delta et présente de nombreuses traces volcaniques. Plusieurs cès. Nous ne parlons pas de l'Histoire de l'ancienne Prusse combats ont eu lieu sur les rives du Kouban depuis l'ouet de l'Histoire de l'Empire d'Allemagne, ouvrages em verture des liostilités contre la Russie. Pour ce qu'on appelle preints d'injustice et remplis d'inexactitudes. Libelliste ano les Tatares du Kouban, consultez l'article Nogais. nyme, ennemi secret des littérateurs les plus estimés, injuste KOUBLAÏ. Voyez DJINGHIZ-KUANIDES. envers tous, présomptueux et rempli de lui-même, calomnia. KOUBO ou DJOGOUN, titre qu'on donne quelquefois teur de ses amis comme de ses rivaux, ainsi le représentent à l'empereur du Japon. la plupart des écrivains allemands de son époque. Le por KOUJAVIE, très-fertile contrée, située sur la rive trait qu'ils ont tracé a quelque chose de si odieux que l'on gauche de la Vistule, et dépendant aujourd'hui en grande ajine à le croire exagéré dans quelques parties. Il est certain partie du grand-duché de Posen, avec les villes d'Inoflaque dans L'Abeille et La Feuille populaire il écrivit en raslaf et de Brzesc, qui avant d'appartenir à la Pologne faveur de l'indépendance de sa patrie. On l'accusa de n'é formait une principauté indépendante. L'évêque de Koujavie crire que dans l'intérêt des princes qui le salariaient. Mais qui réside à Wlodavek, sur la Vistule, avait le privilege il faut ajouter que l'intéret des nations septentrionales était pendant la vacance de l'archevêché de Gnesen de couronner aussi celui des rois devant lesquels Kotzebue s'était pros les rois de Pologne ainsi que de convoquer les diètes. Il terné. Quelques ouvrages dramatiques d'un genre faux, prenait alors le titre d'inter-rex. d'une sensibilité déclamatoire, mais bien conduits et pleins KOULI-KIIAN (TIAMASP). Voyez NADIR-Chan. d'intérêt, plusieurs relations de voyages, partiales mais KOULIS. Voyez Coulies. amusantes, conserveront le souvenir de cet homme, envers KOULOUGLIS. Voyez CouloucLIS. lequel on a peut-être dépassé la mesure du mépris légitime. KOUMA, rivière sortant des plateaux du versant du

Philarèle CHASLES. Caucase, et qui, après avoir traversé la province russe du KOTZEBUE (OTTO DE), célèbre voyageur russe, fils cadet Caucase et baigné en route les murs de l'importante fortedu précédent, né le 19 décembre 1787, à Reval, mort dans resse de Georgiewsk, se perd dans les sables avant d'arriver la même ville, le 5 février 1846, entreprit pour la première à la mer Caspienne. Autour de ces sables errent de nomfois, à l'âge de dix-sept ans, le tour du monde avec Krusens breuses hordes de Kalmouks. Les différents cours d'eau tern, et était de retour en 1806. Neuf ans plus tard on lui dont il se grossit successivement, ralentis faute de pente confia le commandement du vaisseau Le Rourik, à l'effet de suffisante, forment plusieurs grands lacs désignés sous le s'assurer s'il y avait possibilité de naviguer au nord-ouest nom de lacs du Kouma. du détroit de Behring, expédition dans laquelle il fut ac KOUMANIE (Grande et Petite. ). Voyez CUMANS. compagné par quelques savants et littérateurs allemands, KOUMANS ou KOMANS. Voyez CUMANS. entre autres par Chamisso. Le 30 juillet 1815 il mit à KOUMISS, nom d'une boisson dont les Kalmo u ks la voile de Kronstadt. Il découyrit dans la mer du Sud font leurs délices, et qui se compose de lait de jument diverses lles, et en 1816, au sud-est du détroit de Behring, aigri et préalablement soumis à un procédé de fermentation. un autre détroit, auquel il imposa son nom. Après une na Le koumiss a un goût suret assez agréable. C'est une vigation de trois années, une maladie de poitrine l'obligea à boisson rafraîchissante et en même temps enivrante. Il y a revenir en Europe, et le 3 août 1818 il était de retour à aussi une eau-de-vie de koumiss, appelée par les Kalmouks Saint-Pétersbourg. Il a publié la relation de son expédition, wina ou racky , et que l'on obtient par la distillation du sous le titre de Voyage de découvertes dans la mer du koumiss. Les Tatars lui donnent encore le nom d'ariki. Sud et au détroit de Behring, à la recherche d'un pas

KOUR (le Cyrus des anciens), fleuve situé en deçà du sage au nord-ouest, dans les années 1815-1818 (3 vol., Caucase, dans le gouvernenient russe de Grusie, prend sa Weimar, 1821). Promu alors au grade de capitaine de vais source dans les montagnes, ramifications du mont Ararat. seau dans la marine impériale, il entreprit encore en 1823, Son cours est d'environ 170 myriamètres, et, après s'etre par ordre de l'empereur Alexandre, un troisième voyage de grossi en route des eaux de l'Aras (l'Araxes des anciens ), circumnavigation, et revint à Kronstadt le 16 juillet 1826. rivière venant de l'Arménie, il va se jeler dans la mer CasIl a publié également le récit de cette expédition, sous le pienne, entre Bakou et Lenkorán. Il forme à son emboutitre de Nouveau Voyage autour du Monde, etc. (2 vol., chure un immense delta, composé de plusieurs bras du Weimar, 1830). Ces deux voyages ont beaucoup contribué fleuve, de nombreuses petites lles et de la baie de Lenko. aux progrès de l'hydrographie, notamment de celle de la rån, golfe de plusieurs myriamètres d'étendue. Une foule mer du Sud.

de traditions intéressantes, ayant plus particulièrement trait KOUANG-TON. Voyez KANTON.

à l'histoire biblique et à l'histoire de la Perse, se rattachent KOUBA, village du fa hs d'Alger, dans une belle position, au Kour et aux contrées qu'il arrose. à 3 kilomètres de l'Harach, entouré de redoutes, ne comptait KOURDES. Voyez KOURDISTAN. encore en 1842 que 22 maisons et 393 habitants, plus des KOURDISTÂN, c'est-à-dire (Pays des Kourdes), con. froupes d'infanterie et de cavalerie. On y a fait des planta trée dont les limites sont encore assez mal déterminées et tions considérables d'oliviers et de mariers. Outre la culture qui s'étend sur le versant sud-est du plateau d'Arménie et

KOURDISTAN KOURSK

3 le versant nord-ouest du mont Zagros, dans l'espace com. langue a pu parvenir à étre une langue écrile, et il n'y a que pris entre ces deux montagnes et le Tigris , environ par leurs mollahs qui s'en occupent. 36° 30' et 39° 30' de latitude septentrionaie, et 59° 66', KOURILT ou KOURILES (Iles). On a 'pelic ainsi de longitude orientale. La plus grande partie en est très- un groupe composé de vingt-deux îles, en general inédiomontagneuse, et devient plus sauvage à mesure qu'elle crement peuplées, s'étendant depuis l'extrémité méridionale atteint une plus grande altitude. Il n'y a que la partie bai- du Kamtschatka jusqu'au Japon, et dont la plus grande gnée par le Tigris, au sud du pays, qui soit plate et unie; moitié, comprenant seulement les lles les plus petites, ap. mais en été la sécheresse et la chaleur y sont excessives, partient à la Russie, tandis que la moindre moitié, formeo et on n'y voit de verdure qu'à l'époque de la saison des par quelques grandes iles, dépend du Japon. pluies.

Paramouschir, avec un volcan en ignition, située imméLes Kourdes sont un peuple nomade et adonné au bri- diatement en face du cap Lopatka, est la plus grande des gandage, professant l'islamisme, et de race indo-germani- Kouriles russes. Itouroup, ou l'ile des Etats, comprenant que, qui depuis un temps immémorial a constamment mené

une superficie d'environ 46 myriamètres carrés, avec un le même genre de vie et habité ces régions, et qui était volcan, est la plus grande des Kouriles japonaises. A Ouroup connu des anciens sous le nom de Karduchi et de Gordiæi. ou Ile d'Alexandre, la partie la plus méridionale des KouIls se divisent en tribus nombreuses, obéissant chacune à des riles russes, existe le fort de Kourilo-Rossi, où se trouve chefs particuliers. C'est une race aussi sauvage et indisci- un comptoir de la Société commerciale russo-américaine. plinée que passionnée pour son indépendance, qui ne reste Itouroup et Kounaschir ont des garnisons japonaises. tranquille qu'autant que les contrées voisines sont gouver- Toutes ces iles sont, comme le Japon et le Kamtschatka nées par des mains vigoureuses, mais qui les envahit, les pille même, dont elles semblent la continuation, d'origine volcaet s'y répand au loin, pour peu qu'elles appartiennent à des nique. On y compte plus de dix volcans encore en ignition, princes faibles et non aguerris. C'est là ce qui explique com- et de nombreuses sources thermales et sulfureuses. D'ailment on les trouve souvent à une si grande distance de leur leurs ces iles, presque constamment couvertes de brouilpays originel, notamment en Arménie et en Mésopotamie. Iards, entourées de courants dangereux et exposées à de perCependant les Kourdes errent aussi parfois comme ber- péluels tremblements de terre, sont mal pourvues d'eau, pargers, comme conducteurs de caravanes ou comme brigands, semées de rochers et stériles. Il n'y en a qu'un petit nombre jusque sous les murs de Tokat et de Siwas en Asie Mineure; où l'on rencontre des forêts de melèzes, de cèdres et d'aulnes, et en Orient on en trouve jusque dans les montagnes servant et des pâturages; cependant les plus méridionales produisent de délimitation à la Perse et au Turkestån. Il n'y a qu'un le bambou et même la vigne. Les principaux produits du règne très-petit nombre de leurs tribus qui aient des demeures animal sont les renards blancs, rouges et noirs, la martre-zifixes; la plupart errent en été avec leurs troupeaux dans les beline, l'ours, le castor, et la loutre, vivement recherchée froides montagnes, et en hiver dans les plaines arrosées à cause sa fourrure. On y rencontre aussi des daims, des par le Tigris et par l’Euphrate. Le brigandage constitue, loups, ainsi que des lions et des chiens de mer. Le règne avec un peu d'agriculture et d'élève de bétail, la grande mineral fournit de l'argent, du cuivre, du soufre et du sel ressource des Kourdes, et avec une hospitalité douteuse ammoniac. forme le trait principal de leur caractère. C'est une nation Parmi les habitants on distingue plus particulièrement de cavaliers, demeurée au degré le plus infime de la civi- les Kouriles, dont le nombre s'élève à 1,000 tout au plus, lisation et étrangère à toute espèce de lien social. Quoiqu'ils qui ont beaucoup d'affinité de meurs et de langage avec reconnaissent quelques princes indigènes, ceux-ci n'ont les Kamtschadales, et descendent sans doute de réfugiés qui qu'une autorité aussi faible que précaire; et quand ils par- auront fui devant les Russes quand ceux-ci firent la conviennent à l'accroître, ils n'en sont redevables qu'à leur cou. quête du Kamtschatka. Il est incontestable qu'ils appartienrage personnel. Leur territoire est, à la vérité, soumis no- nent à la même famille que les autres habitants de la cole minalement à la Porte et à la Perse, c'est-à-dire au nord, et nord-est de l'Asie, les Korièkes, les Youkaghires et les pour sa plus grande partie (qui comprend les éyalets de Tschoukschi, tant sous le rapport de la race que sous celui Van et de Schehresour, avec les principautés kourdes d'A- de la langue. madia, de Djésireh, de Djoulamérik, de Karadjolån, de Koi, Ces lles furent découvertes dès le dix-septième siècle, par de Konrån, de Sindian, de Soran et de Souléimanieh), à la les Hollandais; mais on ne les connait bien que depuis les première de ces puissances; et dans sa moindre, au sud, à la

voyages de Krusenstern et de Wrangel. Les efforts faits par seconde. Mais la Porte n'est pas plus en état que la Perse le clergé russe pour propager le christianisme parmi ces de faire respecter son droit de souveraineté par ces bordes

populations n'ont rencontré que peu d'obstacles, en raison sauvages. Bitlis, ville fortifiée et siége d'un pacha, avec de la douceur de leur caractére. Krusenstern loue surtout environ 20,000 habitants, est la localité la plus importante sous ce rapport les Aïnos, qu'on rencontre aussi au Japon, du Kourdistan turc; Kermanschah, avec près de 40,000 à Jesso et Sagalin, et qui sont durement opprimés par les ames, celle du Kourdistan persan. Indépendamment des

Japonais. Il est vrai de dire qu'ils sont encore au dernier Kourdes, on trouve encore dans le Kourdistàn quelques degré de l'échelle intellectuelle, qu'ils ne savent rien en autres peuplades turques dans la partie dépendant de la fait d'agriculture, qu'à l'exception des chiens, dont la peau Porte, et persanes dans la partie dépendant de la Perse. On leur sert à faire des vēlements, ils n'ont pas d'animaux y rencontre aussi quelques hordes de Bedouins, surtout

domestiques; enfin, qu'ils sont malpropres et horriblement des Nestoriens.

laids, et qu'ils ajoutent encore à leur laideur naturelle par La langue kourde appartient, pour ce qui est de sa for- la couleur bleue dont eux et leurs femmes ont l'habitude de mation et de sa grammaire, à la famille des langues médo- se teindre les lèvres, en même temps qu'ils sont descendre perses. Elle a de nombreuses affinités avec le persan mo- leurs cheveux fort avant sur leur visage. derne, mais est plus corrompue, de même qu'elle a été KOURISCHE-HAFF. Voyez Haff. moins cultivée et moins développée comme langue écrite. KOURSK, l'un des plus fertiles et l'un des plus beaux La plupart des Kourdes, les seigneurs notamment, et sur- gouvernements de la Russie d'Europe, borné au nord par tout à l'est, parlent aussi tous le persan, et à l'ouest le tarc; celui d'Orel, à l'est par celui de Woronesch, au sud par et pour les transactions écrites, ils n'emploient même celui de Charkof, et à l'ouest par celui de Tschernigor, jamais que l'une ou l'autre de ces langues. On en rencontre compte, sur une superficie de 566 myriamètres carrés, une aussi qui comprennent l'arménien. Dans le petit nombre population de 1,811,972 habitants, et est par conséquent l'un d'écoles qu'ils possèdent, on enseigne le persan et l'arabe, des plus peuplés de la Russie. Le sol en est onduleux, par. mais pas du tout le kourde. Il n'existe point d'écriture ni faitement cultivé, et p'a pas besoin d'engrais, à cause de de littérature kourdes; c'est à grand'peine en effet si leur la couche grasse sur laquelle il est superposé. Le climat en

1.

4

KOURSK KOUTOUSOFF est si doux, que les arbou siers et les melons y croissent en succès remportés par le prince Galyzin firent germer dans pleine terre, et que la culture de la vigne y donne d'excel- l'esprit de l'ambitieuse Catherine les plus vastes desseins; lents produits. La pêche y est peu importante; car on n'y elle se crut appelée à renverser l'empire des Osmanlis et à trouve qu'un petit nombre de cours d'eau, alluents du rejeter en Asie a ces barbares qui souillaient l'Europe », Don et du Dnieper, dont la plupart se desséchent en été. comme le lui écrivait Voltaire. Comptant sur les sympathies L'élève des bestiaux y est très-productive, et des haras de toutes les populations chrétiennes, elle appela la Grèce parfaitement organisés fournissent d'excellents chevaux de aux armes et à la liberté. En même temps une escadre , parcavalerie. L'éducation des abeilles y forme aussi une branche tie de l'embouchure de la Néva, et franchissant le detroit de importante de l'industrie agricole. En fait de gibier, nous Gibraltar vint menacer Constantinople et détruire la flotte citerons plus particulièrement l'outarde et la caille, qu'on turque à Tchesmeh; Romanzoff battit les Othomans sur envoie de là dans toutes les provinces de l'empire. Les le Danube; Dolgorouki s'empara de toute la Crimée; enfin, la lièvres aussi sont nombreux; mais la grande bete y est campagne de 1774 termina la guerre. Romanzoff, par de saassez rare. La population, composée en grande partie de vantes manæuvres, réussit à enfermer l'ennemi dans son Grands et de Petits-Russes (ces derniers prennent volontiers camp de Choumla. Le grand-vizir Mouchin-Zadeh-Mohamla dénomination de Kosaks et de Tscherkesses), auxquels il med-Pacha, séparé de ses magasins, qui se trouvaient à Varna, faut ajouter un petit nombre de Bohémiens et d'autres se vit abondonné de presque toute son armée, qui se déétrangers, est très-industrieuse, et fabrique beaucoup de banda. Ne pouvant ni se retirer, ni combattre, ni recevoir de savon, de bougies, de drap et d'eau-de-vie.

secours, il dut accepter la paix aux conditions que lui fit le KOURSK, chef-lieu du gouvernement, båti au confluent vainqueur. de la Koura dans la Touskara, sur une hauteur, avec une

Les préliminaires en furent signés à Koutchouk-Kaïnariji, population de 34,000 âmes, présente l'aspect le plus gra

sur un tambour, dans la tente même de Romanzoff. Par cieux avec son beau palais du gouverneur, ses vingt églises,

ce traité, si souvent invoqué depuis, la Porte reconnaissait ses deux couvents et ses remparts transformés en prome

l'indépendance de la Crimée, ce qui lui enlevait l'appui du nade publique. Les habitants sont un commerce actif avec

khan, son ancien et utile allié; accordait aux Russes la Moscou et les provinces avoisinantes. Koursk et Bjelgorod libre navigation dans toutes les mers de l'Empire Othoman, sont les deux principales places commerciales; mais c'est

ouvrant ainsi la route de Constantinople; cédait à la czarine à Korennaïa-Puslina que se tient la grande fcire , la se

les places d'Azof, de Kilbouroun, de Kerich et de Ténikaconde de l'empire. On trouve aussi à Koursk un collége, un

leh, et enfin reconnaissait le partage de la Pologne comme séminaire et un hôtel des invalides.

un fait accompli. Catherine, en compensation, restituait aux Cette ville est reliée par des chemins de fer à Moscou,

Turcs la Bessarabie , la Moldavie, la Valachie et les iles de à Kief et à Charkof.

l'Archipel. Cette modéralion de la Russie n'était qu'appaKOUSSO, plante de la famille des rosacées (brayera rente. Quelque temps après, Catherine déclara qu'elle ne anthelmintica), originaire de l’Abyssinie et rapportée vers

considérait la paix de Koutchouk-Kainardji que comme une 1840 par le voyageur Rochet (d'Héricourt). Elle jouit de

trêve. En 1783 elle la déchira en réunissant la Crimée à propriétés souveraines et énergiques contre le plus grand

son empire.

W.-A. DUCKETT. et le plus incommode des vers parasites de l'intestin, le

KOUTOUSOFF (MIKITAEL-LAURIONOVITCH-GOLENITStania, qu'elle expulse encore vivant. On n'emploie en Eu.

CHEF), prince Smolenskoï, feld-maréchal russe, né en 1745, rope que les sommités fleuries ; la saveur en est fade, muci

et élevé à Strasbourg, entra au service russe en 1758. Il avait lagineuse, puis âcre; l'odeur est celle des fleurs de sureau.

déjà fait la guerre en Pologne et en Turquie, quand en CriKOUTAHIA, ville de la Turquie d'Asie, chef-lieu d'un mée il reçut cette blessure qui, sans le défigurer, le rendit eyalet, au nord-ouest de l'Asie Mineure, sur le versant et borgne : c'était une balle entrée par la tempe gauche, et au pied du Mourad-Dagh, et sur les bords du Poursouk, l’un ressortie près de l'æil droit; une autre pensa plus tard lui des affluents du Sakaria, à environ 1 myriamètre au sud-est faire perdre entièrement la vue, en traversant de l'une de ses de Constantinople, est une cité considérable, avec un grand joues à la nuque. Autant il avait montré de zèle et de valeur nombre de mosquées, de caravanserails et de bains publics,

à la guerre, autant il manifestait de finesse d'esprit et de entourée de jardins, de vignes et de promenades. On y

souplesse de caractère; aussi obtint-il la faveur du prince compte 56,000 habitants, en grande partie arméniens et Potemkin, et fut-il bien accueilli durant ses voyages en Algrecs, qui fabriquent des étoffes de laine et des tétes de pipe lemagne, en France, en Angleterre, et par le grand Frédéen argile blanche, et font un commerce assez considérable ric, et par les militaires les plus distingués. À son retour en coton, poil de chèvre, noix de galle et fruits secs. C'est de Constantinople, où il avait été ambassadeur, il devint à Koutahia que, le 4 mai 1833, le pacha d'Egypte, Méhémet

successivement lieutenant général, commandant des troupes Ali, conclut la paix avec la Porte. C'est aussi dans cette ville de Finlande, directeur du corps des cadets, général d'inque Kossuth et ses compagnons restèrent internés depuis

fanterie sous Paul ler, général gouverneur de Saint-Pétersle 13 août 1850 jusqu'au 7 septembre 1851.

bourg à l'avénement d'Alexandre; puis, en 1805, commanKOUTAÏS ou KOUTAIKI, chef-lieu du gouvernement

dant en chef de l'armée envoyée au secours de l'Autriche. russe du même nom en Transcaucasie, et de la province d'Imé

Obligé, après la capitulation d'Ulm, à une longue retraite, rétbi ou de Mélitanie, comprise autrefois dans la Géorgie

elle fut terminée par la défaite d'Austerlitz, où il fut ou la Grusie, sur les bords du Rhioni, appelé aussi Fachs, ne

blessé. De 1806 à 1811 il remplit les fonctions de gouvercompte plus aujourd'hui que 4000 habitants, tandis que sous

neur général de la Lithuanie et de Kieff. Appelé en 1811, la domination turque elle en avait 14,000. Elle est le siége par suite de la mort du comte Kamenski, à prendre le comd'un métropolitain grec, et possède une belle cathédrale

mandement de l'armée qui faisait la guerre aux Turcs, il cher. russe. Sa population se compose d'un mélange de Géorgiens,

cha a prolonger cette guerre, dans laquelle il acquérait une de Russes, d'Arméniens, de Turcs, de Grecs et de Juifs. C'est gloire facile, mais que le tsar avait un pressant intérêt à ferlà qu'était située dans l'antiquité Kytaia ou Kutalisium,

miner; il tomba donc à cette occasion dans la disgrace de la capitale de la Colchide, sur les bords du Phase. Aux

son maitre, et fut remplacé par l'amiral Tchitchagoff

. environs on trouve beaucoup de faisans, espèce d'oiseaux

Cependant, la campagne à jamais fameuse de 1812 était qu'on regarde comme originaire de l'Iméréthi.

commencée; une retraite combinée s'exécutait sous les KOUTCHOUK-KAINARDJI, village du sandjakat

ordres de Barclay de Tolly, le meilleur des généraux que turc de Silistrie, célèbre par la paix que Catherine II y con

possédat la Russie ; mais la vanité nationale s'indignait

de cette marche rétrograde, dont le vulgaire ne pénétrait clut avec la Porte Ottomane le 21 juillet 1774. La confédération de B ar avait eu pour résultat d'allumer

pas l'intention et ne présageait pas les résultats. Le cri la guerre entre la Turquie et la Russie dès l'année 1768 Les

public désignait Koutousoff comme le général qu'il fallait

« PreviousContinue »