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même, l'eau dans un vaiffeau à part, & quand elle eft finie, on en prépare d'au tre qu'on jette fur la même limaille; car à la différence du plâtre, elle peut fer vir autant de fois que l'on veut.

L'eau de fuye de cheminée se prépare autrement; On prend une once de fuye de la plus luifante, & à une cheminée où n'ait été brûlé que du bois neuf, on la partage en plufieurs morceaux, & OR l'agite pendant quelques minutes, avec un blanc d'œuf, dans une livre d'eau ; puis on laiffe repofer le tout une nuit ou environ, après quoi on verfe l'eau doucement dans un vaiffeau à part, pour s'en rinfer la bouche; la même fuye ne fert qu'une fois. Il ne faut point employer ces eaux ensemble, mais s'en tenir à l'une des trois; & les faire un peu tiédir pour s'en fervir. Elles ont une grande vertu pour entretenir la beauté de la bouche.

Un peu d'efprit de fel dulcifié, mêlé dans un verre d'eau commune, eft un prompt moyen pour blanchir les dents lorfqu'on les en frotte avec un linge mais auffi-tôt après il faut les laver avec de l'eau de mauve ou guimauve : fans quoi elles jauniffent enfuite, & outre cela deviennent caffantes; mais en les Tome II. lavant

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lavant avec l'eau que je dis, qui n'est qu'une légere décoction de racine de mauve ou guimauve, on prévient cet inconvénient, & on a de très-belles dents, La dofe de l'efprit de fel ne doit pas paffer deux goûtes. Au refte il n'y faut recourir que très-rarement.

Mâcher quelquefois du maftic, eft encore un bon moyen de conferver les dents & de les embellir. On en a un exemple dans les habitans de l'Ifle de Chio d'où le mastic tire fon origi ne, lefquels en mâchent foir & matin, & ont tous de très-belles dents, nonobftant l'air de la mer.

Se rafer fouvent la tête, diffipe une férofité qui fe jetteroit fur les dents. La production des cheveux, & la tran1piration en deviennent plus abondantes ce qui foulage confidérablement les gen cives, & fait par conféquent un grand bien aux dents; mais il faut fe faire rafer dans un lieu clos, & fitôt qu'on eft rasé, avoir foin de fe bien couvrir la tête.

Quand les dents branlent, on les affermit avec un gros de racine de biftorte, un gros & demi de roses rouges, un gros de balauftes, & deux fcrupules d'alun brûlé, le tout reduit en poudre, & infufé dans un peu de vin blanc, l'ef

pace

pace d'environ cinq ou fix heures, on fe frotte les gencives avec un linge trempé dans cette infufion, un peu tiéde.

Lorfqu'une dent eft creufe, il en faut remplir le vuide avec de la cire toute fimple, fans recourir ni aux feüilles de plomb, ni aux feuilles d'argent, comme l'on fait ordinairement la feule cire ; vaut mieux pour défendre le creux de la dent, contre l'entrée de l'air.

La premiere fois que l'on fent de la douleur à une dent, l'on doit compter que cette dent, quelque belle, & bien conditionnée qu'elle puiffe être à l'extérieur, ne durera pas long-temps, fi l'on ne fonge dès le moment à la préferver du danger qui la menace. Ce préfervatif eft le bain des pieds dans de l'eau chaude; moyennant cette précaution dont il faut user diverfes fois, jufqu'à ce que la douleur foit entierement diffipée, & qu'il faut même réïterer de tems en tems lorf qu'elle eft paffée, on garantit non feulement la dent malade, mais les autres pourvû qu'on ne faffe d'ailleurs aucune des fautes qui peuvent leur nuire, & dont nous avons fuffifamment parlé ci-devant.

Il y a des perfonnes qui ont les dents naturellement noires. L'efprit de fel, & tous les autres moyens que nous avons V2 mar

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marqués ci-deffus pour conferver, pour rendre les dents blanches, font alors abfolument inutiles. La blancheur dont il s'agit, fait un grand ornement de la bouche, pourvû que ce foit une blancheur de perle ou de lait. Les chiens ont les dents blanches, & ce n'eft pas ainfi qu'on les doit avoir pour les avoir belles. Mais y a-t-il des moyens pour leur procurer ce blanc de lait, ou ce blanc de perle? Je n'en fçache aucun. Il y en a feulement pour le leur conser-` ver quand elles l'ont, & pour le leur rendre quand il s'eft perdu par quelque mucofité amaffée fur les dents; moyens font ceux que nous avons indiqués ci-deffus.

ces

La noirceur des dents quand elle eft naturelle, fait ce qu'on appelle bouche de jais, ou bouche noire, on a beau les laver, les frotter, la bouche eft toûjours noire, & c'eft de celle-là que parle Martial dans fon Epigramme à Zoïle, quand il lui dit. Ayant, comme tu as, les cheveux rouges, La bouche noire, les pieds bots, les yeux de travers, c'eft grande merveille fi tu vaux quelque chose. *

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* Crine ruber, niger ore, brevis pede, lumme

lafus,

Rem magnam praftas, Zoile, fi bonus es Martial. Epigr. Lib.xı. Epigram. LIV,

En faifant mention des fourcils joints, pag. 47. 48. & 49. j'ai rapporté le fen timent des Phyfionomiftes qui préten dent que de tels fourcils font une mar que de méchanceté, & j'ai traité d'erreur ridicule ce fentiment; je dis ici la même chofe de la penfée de Martial, qui veut faire croire qu'avec des che veux rouges, une bouche noire des pieds bots, & des yeux de travers, il n'eft pas poffible de valoir quelque cho fe. Les défauts du corps font au contraire fouvent compenfés d'ailleurs, & abondamment. On remarque, par exem ple, que les boffus ont la plupart beau coup d'efprit. Si l'on veut parcourir les autres difformités du corps, on trouvera que cette compenfation n'eft pas particuliere aux boffus. Du refte, com bien tous les jours, voit-on de gens faits. à peindre, qui font ftupides, mauvais & fans aucun mérite?.

Dents remplacées.

Nous ne croyons pas devoir finir cet article des dents fans dire un mot de ce qui concerne la maniere de les rem placer, quand elles font mauvaises, qu'el les déparent la bouche, ou qu'elles man3 **** Les `

quent

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