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2.° Gensives avec excroiffances.

Il vient fouvent aux jeunes perfonnes, des excroiffances fur les gencives, ces excroiffances font molles, indolentes, & tiennent à un petit pédicule comme une fraife. Le mal n'eft nullement dangereux; mais il caufe une grande difformité: Il fait avancer les lévies d'une maniere-fort défagréable, & empêche, comme les gencives en bourlets * de parler facilement. Il n'y a pour y remédier; qu'à ferier fortement avec un fil de foye, le pédicule où tient l'excroiffance, & laiffer ce fil pendant trois jours, en le ferr.nt un peu plus chaque jour, elle tombe alors d'elle-même faute de nourriture. Puis, quand elle eft tombée, met fur l'endroit où elle tenoit, un peu d'efprit de vitriol, ou de fouphre; après quoi on lave l'endroit avec de l'eau de plantain un peu tiede.

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Des Dents.

on

Il ne nous refte plus, pour finir ce

quatriéme

* Voyez cy-deffus pages 196. & 197. ce que nous avons dit de l'obftacle que les gencives en bour lets apportent à la parole,

quatriéme & dernier Livre des nôtre Or thopédie, qu'à venir à l'article des dents & à celui de la langue, comme nous allons faire.ky

"Les dents, pour avoir leur perfection entiere, demandent de grandes attentions. Il faut pour la leur procurer, s'y prendre dès qu'elles commencent à pour fer aux enfans, & felfouvenir que s'il fe préfente alors quelque obftacle à leur fortie, & qu'on n'ait pas foin de la faciliter, il ne faut pas efpérer que ni fés dents devancieres, ni les dents fecondaires aufquelles elles préparent la place, foient jamais belles. Mais comment faciliter cette fortie enforte que ces dents devancieres puiffent éclore aifément? C'eft de quoi nous allons propofer les "moyens.

Moyens d'aider les Dents devancieres à

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s Les dents devancieres

l'avons remarqué ailleurs **

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comme nous

& qu'il eft à propos de le répeter ici, ont peine Tome II.

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S

*Les dents devancieres font les dents de lais 2.& les fecondaires, celles qui leur fuccedent. [::)** Examen ode divers points d'Anatomie & de Chirurgie, de Phyfique, de Medecine, &c. Paris chez Chaubert, Quay des Aueußins,

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Mogens de prévenir & corriger pouffer, ou parce que le fuc nourris cier dont elles ont befoin pour prendre prompt accroiffement, & divifer, fans lenteur, la gencivé qu'elles doivent per cer, ne leur eft pas porté avec affez de force, ou parce que le corps de la dent eft d'une confiftance trop molle, pour pouvoir faire aifément cette divifion ou enfin, parce que les fibres des gen cives étant trop flafques, & prêtant plus qu'il ne faut, s'étendent par l'effort de la dent, au lieu de fe rompre. Ces trois caufes concourent quelquefois enfemble; quelquefois il n'y en a que deux & quelquefois il ne s'en trouve qu'une. Mais foit qu'il n'y en ait qu'un qu'il y en ait plufieurs, il réfulte toujours de-là un tiraillement des genci ves, qui doit exciter des douleurs cruelles aux enfans, & qui prolonge quelquefois leur fupplice des femaines entieres; ce qui réduit un enfant à paffer les jours & les nuits fans repos. Ces douleurs accompagnées de veilles, empêchent le lait qu'ils fuccent de fe digerer; ce lait non digeré fe tourne en férofités piquanres qui agacent les inteftins, excitent des tranchées, accompagnées de cours de ventre, & caufent même quelquefois, des Convulfions par l'irritation violente qui

Ou

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fe fait dans le genre nerveux. Le peu de fuc nourricier qui fe produit, & qui devroit entrer dans les vaiffeaux lactés, eft dérobé par le cours de ventre & le corps fruftré de nourriture, tombe dans un defféchement, ou que la mort fuit de près, ou qui met les dents hors d'é tat d'acquerir la force néceffaire pour fortir fans peine, or dans ce dernier cas, il eft difficile qu'elles puiffent parvenir à être bien formées, bien arrangées, & d'une belle venue; elles préparent ce pendant la place à celles qui doivent leur fucceder; & c'eft de cette place bien préparée que dépend l'arrangement des dents fecondaires qui doivent refter tou te la vie.

-Ce que je dis de la caufes qui nuit à la fortie des dents devancieres, eft un peu différent de ce qu'on entend dire d'ordinaire là-deffus aux Gardes, aux Sages-femmes & aux Nourrices qui croyent que pour faciliter l'iffue des dents, il faut toûjours recourir à des émolliens, & qui employent dans ce deffein, la cervelle de liévre, le fang de crête de coq, & autres chofes auffi bi zarres, s'imaginant que cette cervelle & ce fang, appliqués fur les gencives, les ramolliffent.

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C'eft

C'est une chofe certaine que les émolliens, à moins que les gencives ne foient attaquées d'inflammation, nes peuvent 1. que relâcher l'action des petits ra meaux d'arteres qui portent la nourritu re aux dents, 20. empêcher ces mêmes 220. dents de fe durcir au point qu'il faut pour devenir perçantes, 3. relâcher les fibres déja trop lâches des gencives, & retarder par ces trois effets, dont un feul fuffit pour faire beaucoup de tort la fortie même qu'on a intention de procurer. Loin donc qu'il faille toûjours recourir à des émolliens pour faciliter la fortie des dents, il faut au contraire, felen le principe mécanique & certain que je viens de pofer, recourir ordinai sement à des moyens qui puiffent, augmenter l'action des petites arteres qui portent la nourriture aux dents, 2°, mettre la gencive plus en état de fe caffer, enforte qu'au premier heure, ou choc de la dent, elle foit comme obligée de fe rompre femblable en cela à un fil bien tendu, qui caffe facilement au moin dre effort, & qui réfifte au contraire, à plufieurs coups redoublés, même plus violens, s'il eft lâche, is

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Loin donc d'ici, toutes les cervelles de Liévre, ou de quelque autre animal $50

que

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