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BRUXELLES,
A LA LIBRAIRIE PARISIENNE,

FRANÇAISE ET ÉTRANGÈRE ,
RUE DE LA MADELAINE , SECTION 8, n.o 438.

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NOTE

SUR LA VIE ET LES ÉCRITS

DE PAUL-LOUIS COURIER.

COURIER (Paul-Louis), né en 1773, à Paris , mort assassiné à Véretz en 1825, a été sans contredit l'un des écrivains les plus remarquables de son temps; et quoiqu'il n'ait pas

été l'un des moins remarqués, on doit avouer cependant que sa réputation est restée jusqu'ici au-dessous de son immense mérite. Cela vient sans doute de ce que, sur les matières toutes sérieuses qui l'ont occupé, Courier ne composa jamais aucun ouvrage considérable , aucun traité ex professo, mais seulement des opuscules en littérature, en politique des pamphlets. Pour que l'écrivain soit remis à sa place, que faut-il? réunir ces pamphlets et ces opuscules , et en donner un recueil complet. Quant à l'homme, au citoyen, il n'a pas besoin non plus d'autre chose pour être apprécié ce qu'il valait. Si nous faisons précéder le recueil des écrits de Courier de quelques lignes d'introduction, c'est (6) donc bien moins pour essayer son éloge, absolument inutile à qui les lira , que pour apprendre au lecteur à quelle occasion chacun de ces écrits fut publié. L'histoire de leur publication est en même temps celle de sa vie ; l'histoire de sa vie, le plus beau panegyrique de son caractère.

Fils de Jean-Paul Courier , propriétaire du fief de Méré, en Touraine , Paul-Louis fut baptisé sous ce nom de terre, qu'il ne porta jamais, de peur qu'on ne le crût gentilhomme. Son père, homme d'esprit et d'un esprit cultivé, dirigea lui-même son éducation , et sans autre maître, le jeune Courier savait déjà le grec à l'âge de quinze ans. Il étudia aussi les mathématiques; il y devint habile de bonne heure, puis embrassa la carrière militaire; et tout en continuant à se livrer avec ardeur à ses études, particulièrement à celle du grec qui fut toujours son étude favorite ( l'Éloge d'Hélène date de l'an XI), il montra tant d'activité, d'intelligence et de bravoure dans les différentes campagnes qu'il fit en Allemagne et en Italie, que du grade d'officier subalterne d'artillerie, auquel il avait été nommé en 1792, il atteignit rapidement celui de chef d'escadron. Mais l'independance naturelle de son caractère ne tarda pas à lui faire prendre en dégoût un métier où l'obéissance aveugle est le premier devoir; et ce dégoût devint extrême, lorsqu'un homme voulul employer au service de son ambition personnelle tous les

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