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« ses, tant de trésors, que ton Neuve coule des raïm l'Ancien, arrière-petit-neveu d'Adam. « flots de miel; que Dieu te fertilise, inonde Nacrâouech régna cent quatre-vingts ans. « tes mamelles de lait, tes campagnes de ver- A l'époque où Énoch fut enlevé au ciel, « dure et de moissons, tes habitants de béné. Ycám régnait en Égypte. Ce fut lui qui, par « dictions. Ton bonheur se perpétuera tant que sa profonde sagesse, prévit l'arrivée du dé. « tu resteras sans orgueil et sans injustice; luge, et, dans la crainte que cette catastrophe « mais du jour où tu seras tyrannique et or- n'arrivât sous son règne, se fit construire, pour

gueilleuse, le malheur tombera sur toi comme refuge, un palais au delà des monts de Coumr « un ennemi, et ton bien-être sera perdu. » (monts de la Lune), situés par le 11° 30' au

On connait assez l'Égypte et son histoire sud de l'équateur, c'est-à-dire, à la limite du pour voir ce qui s'est accompli de ces veux et monde habitable et habité. Il dicta ses derde ces prédictions; on sait qu'au-dessous du nières volontés à son fils Arbâc, et se retira Mocattam, près du Caire, sont répandus un dans ce palais, d'où il ne revint plus. grand nombre de tombeaux, ceux des khalifes Ycâm, qui avait prévu le déluge, n'en avait ou princes d'Égypte, celui du saint imam, pas prévu l'époque; car ce ne fut qu'au Chafey, et de beaucoup d'autres saints musul- douzième règne après le sien, c'est-à-dire sous mans; car, dès que Amr eut commencé la Pharán, que le cataclysme universel s’accomconquête de l'Égypte, ce terrain fut consacré plit. C'est à Pharán que les Coptes attribuent à la sépulture des fidèles.

leur djefr, livre des annales primitives où sont Conformément à la destinée fixée pour l'É- consignés tous les grands événements qui doi. gypte, la vallée du Nil s'illustra de bonne vent survenir dans ce monde jusqu'à la fin des heure : dès avant le déluge, elle eut des tem- siècles. ples, des tombeaux, des palais, des statues, des oratoires, des tours, des castels, lout cou.

S II. L'Égypte après le déluge. Nayçar;

Misr et ses frères. Du nom de Kibt verts d'hiéroglyphes ou telsem, c'est-à-dire de figures magiques. Ces figures, dont l'invention

ou Coptes. remonte au delà de Noé, sont appelées par les sa- Le prophète Noé demanda à Dieu d'accorvants arabes l'écriture inconnue. Heureuse. der à ses quatre fils, Sam, Ham, Yåfith el. ment que tout cela avait été représenté en Yakhtoum, et à leurs descendants, toute sorte creux ou en relief, non en couleur, sur des de biens et de prospérités; et Dieu promil pierres dures; autrement les eaux diluviennes d'exaucer ses veux. auraient tout détruil. Et plus heureusement Un matin, avant l'aube, Noé appela ses encore, un prêtre ou sage égyptien, que les fils encore endormis. Sâm (Sem) répondit savants arabes appellent Calymoun, fut ins- d'abord seul à son père; Sâm appela en même piré du ciel et alla trouver Noé assez à temps temps ses fils, et Arfaxad seul vint à lui. Ils pour pouvoir être reçu dans l'arche et sauvé se rendirent tous deux auprès de Noé, et le de l'inondation générale.

vieux prophète, posant sa main droite sur Sâm Après le déluge, ce sage revint en Égypte et sa main gauche sur Arfaxad, pria Dieu de avec le chef de la colonie qui, après la sortie de répandre ses bénédictions sur Sâm, et d'accorl'arche, vint repeupler la vallée du Nil; il ex- der à la postérité d'Arfaxad la puissance et le pliqua aux colons les mystères des telsem; et don de prophétie. la science hiéroglyphique, toute la science pri- Puis, Noé appela Hâm ( Châm ). Hâm se remordiale de l'Égypte, fut sauvée des eaux. Ce tourna dans son lit, sur l'une et l'autre oreille, Calymoun épousa une fille de Nayçar ou Bay- et ne répondit pas. Les deux autres fils de çar, le plus jeune des quatre fils de Cham, fils Noé firent de même. Alors le vieux prophète de Noé, et il en eut un fils appelé Misr ou Mis- pria Dieu d'humilier ces fils indociles et de les raïm, comme le fils ainé de Nayçar. Les pos. soumettre à l'autorité de Sâm, leur frère. térités de ces deux Mesraïm se mêlèrent et Cependant Misr, fils de Nayçar, était aufurent l'origine proprement dite des Égyptiens près de son grand-père Hâm; ayant entendu ou Coptes, qui aboutissent ainsi, par deux le veu que venait de prononcer Noé contre branches collatérales très-rapprochées, à Ham et les enfants de Ham, il dit au proNayçar comme souche première.

phète : « Mon père, me voilà ! j'accours et me Avant le déluge, disent encore les légendes « rends à ta voix. Puisque mon-grand père ni arabes , le siége des rois d'Égypte était à « aucun de ses fils ne t'a répondu, adresse à Oumsous, la première ville qui ait été bâtie « Dieu pour moi les væux que tu voulais dans le pays du Nil, et dont le cataclysme a faire pour eux. » effaça jusqu'au moindre vestige. A une très- Noé fut transporté de joie, et étendant la haute antiquiié, l'Égypte porta aussi le nom main sur la tête de Misr : « Entends mes d'Oumsous, en même temps que celui de « veux, dit-il, Seigneur; bénis cet enfant et sa Misr. Le premier roi qui s'établit dans cette postérité; donne à Misr pour demeure une ville fut Nacrdouech le Terrible, fils de Mis- « terre de bonheur, la mère des terres du

(C

« monde, le trésor des biens de tes serviteurs, du midi, de manière à avoir aussi une étendue « la terre dont le fleuve est le plus noble et le de pays d'un mois de trajet. Bah fut le père « plus généreux des fleuves; répands sur ce sol des Coptes de l'Irac. a tes plus bienfaisantes faveurs; soumets Ensuite Misr donna à chacun de ses fils une « ses campagnes à la discrétion et aux désirs division de l'Égypte :: Kibt fut assigné le ter« de Misr et de ses descendants; établis-les ritoire appelé plus tard Coptos, c'est-à-dire « forts et puissants dans cette vallée de grå- depuis Assouan jusqu'au territoire d'Achmoûn, « ces. »

des deux côtés du Nil. Achmuan eut tout Kanaán était lainé des fils de Ham. Déjà l'espace suivant, au sud, jusqu'à Menf, à Hâm, gourmandé dans l'arche, par son père, l'est et à l'ouest du Nil; et il donna son nom pour avoir cohabité avec sa femme, était de- à cet espace. Atrib reçut pour lot l'étendue venu noir, en punition de sa désobéissance à des terres comprises entre Meuf et le territoire l'ordre du prophète; il fut le père des Nègres de Sa ou Saïs. Enfin Så eut en partage la poret des Éthiopiens. Son fils Koúch fut le père lion inférieure de l'Égypte, depuis et y comdes Sind et des Indiens; Coût, frère de Koùch, pris le territoire de Saïs jusqu'à Racoudeh, qui fut le père des Berbères ; enfin, Nayçar, le fut par la suite Alexandrie. plus jeune des trois, fut, comme nous l'avons Ainsi l'Égypte fut divisée originairement en dit, la souche des Coptes ou Égyptiens. quatre provinces, deux pour la Haute-Égyple,

Lorsque les familles humaines se disper- et deux pour la Mestrée ou Basse-Égypte. sèrent après le déluge, Nayçar vint se fixer Misr mourut peu de temps après avoir paren Égypte avec vingt-six personnes et ses qua- tagé l'Égypte à ses fils. Il fut inhumé à Deir. tre fils, Misr, Fdrek, Badj et Mådj, tous Abou-Hermès (chapelle ou celle du père mariés. Ce fut ce qu'on appela les Mdfeh, mot d'Hermès ). égyptien qui signifie les Trente.

Ses quatre fils Kibt, Achmoûn, Atrib et så Cette petite colonie s'établit d'abord au pied se rendirent alors de Menf auprès des Pyradu Mocattam et s'y creusa des retraites sou. mides, et là ils convinrent que celui d'entre eux terraines. Quelque temps après, Misr ou Mis- qui serait vainqueur serait reconnu souveraiin fonda la première ville qui, depuis le dé. rain. La lutte commença entre Achmoun et luge, s'éleva sur la terre d'Égypte : ce fut Atrib. Achmodn, vainqueur d'abord, fut enMenf (Memphis). Il avait alors succédé à son suite vaincu par sa. Sa le fut à son tour par père, et il donna une seconde fois à tout le Kibt, le plus jeune des quatre. Celui-ci fut pays le nom de Misr, qui fut conservé (1). Mis- en conséquence proclamé roi, et rentra en raïm habita Menf avec ses quatre fils, Kibt, triomphe à Menf. Achmoun, Alrib etsa. Kibt est encore C'est le nom de ce Kibt que les Arabes donappelé Kibtim, Kiftim , Kobt et Koft. nent pour origine à celui des Coples. Malgré

Dès que Nayçar fut mort, Fårek, Mab et l'opposition de plusieurs savants, il pourrait Bah dirent à leur frère ainé : « Nous re- bien en etre ainsi, et les Grecs auraient fort « connaissons que tu nous es supérieur et que bien pu former de ce nom leur mot ALYUTTTOS, a la terre de Misr ( l'Égypte ) i'a été donnée dont les Latins ont fait Ægyptus, et nous, « par notre aïeul Noé; mais nos familles sont Égypte. « maintenant nombreuses, et nous ne pouvons D'ailleurs, ce nom, écrit en lettres arabes,

plus guère rester ici sans te devenir à charge. et qu'on articule généralement en Égypte, « Veuille nous bénir et nous désigner pour de- au Maghreb et en Syrie, par le son que re« meures des terres qui nous sultisent à nous présentent les lettres françaises Kibt, se pro« et à nos enfants. » « Volontiers, répon- nonçait par les Arabes Hidjaziens, qui conqui« dit Misraïm. Mais restez aussi près de nous rent l'Égypte , par le son Guibt; c'est encore « qu'il sera possible. » Et Misraïm se désigna, aujourd'hui la vraie prononciation dans lout pour domaine, l'espace compris depuis El- le Hedjaz, et elle se retrouve très souvent Arich jusqu'à Assouan, en longueur, et de- aussi en Égypte et en Barbarie. puis le Barcah jusqu'à Aïlah , en largeur. Få- La majorité des savants qui ont examiné rek prit pour séjour le Barcah jusqu'aux limi- cette question d'étymologie estiment que le tes occidentales de l'ancienne Africa, ce qui nom de Copte n’a commencé à être employé comprenait une élendue d'un mois de voyage. pour désigner les chrétiens d'Égypte que dans Mah choisit l'espace qui s'étend depuis les fron- les premiers temps de l'invasion musulmane. tières syriennes de l'Égypte jusque vers la Ba- Cela est vrai si on veut considérer ce nom bylonie, c'est-à-dire une étendue aussi d'un comme la corruption du mot Alyurtos, faite mois de voyage; Mâh fut ainsi le père des Kibt ou au moins vulgarisée par les Arabes. Touou Coptes syriens. Bâh eut les terres au delà du tefois, Mahomet lui-même, comme nous le fleuve de la Babylonie, du côté de l'orient et dirons bientôt, aurait fait entendre le pre

mier aux Arabes le nom de Guibt, bien avant (1) De là aussi le nom de Mesrée, ou Mestrée. la conquête de l'Égypte, lorsqu'il prédit à ses musulmans (si véritablement sa prédiction est des grandes pyramides de Gizeh, on avait, authentique ) qu'ils deviendraient maitres de dès avant le déluge, placé une idole appel'Égypte, et que les Guibt seraient leur res- lée Belhouyeh, ou, selon d'autres, Belhyt, source et leur appui.

dont la puissance talismanique arrêtait égaleQuant aux Coptes Jacobites proprement

ment l'invasion des sables sur les terres ladits, les auteurs arabes les distinguent par le bourables de toute la contrée environnante (1). nom correspondant Yacoubiin. Les Coptes Adym gouverna l'Égypte pendant cent qua. prétendus orthodoxes sont désignés par le rante ans, et mourut à l'âge de sept cent terme de Mélikites, en arabe Mélikiin, c'est-à. trente ans. dire Royaux. Le nom de Kibt , Guibt, chez Cheddat ou Chezzab, son fils, båtit aussi les Arabes, est général et embrasse les uns et plusieurs villes, et y éleva de merveilleuses les autres, les Égyptiens anciens et les Égyp- idoles que des génies gardaient et faisaient agir. tiens modernes, avant ou après le christia- Moutéfdhech, autre pharaon, se rendit nisme et l'islamisme. En outre, le nom de Copte également célèbre par ses idoles enchantées; est, pour les Arabes, un nom de réprouvé, et mais celui qui acquit le plus de renom par sa aujourd'hui comme autrefois, c'est le synonyme science et ses cuvres de magie, fut Kelken, de chrétien. Toutefois les Kibt du Saïd ou de fils de Mandwech. Il construisit dans le déla Thébaïde, d'après Macryzy, se nommaient sert, du côté de l'ouest, la ville de Cantar, où il autrefois Mérys, et ceux de la Mestrée ou bâtit un temple à quatre portes, dont les mon · Basse-Égypte, se nommaient Byma. La déno- tants se continuaient en colonnes dépassant mination Mérys désignait aussi le tiers septen- la hauteur générale du temple, et portant chatrional de la Nubie, à partir de l'ile de Philé cune une figure d'homme. Ces figures converinclusivement.

saient entre elles deux à deux, et prédisaient.

les événements du jour. Audessus de chaque S III. Conversion de l'antique Égypte.

porte était l'inage d'un prêtre , tenant à la main Quelques pharaons.

un traité de science. Déjà à l'époque où Abraham était en Égypte Marcoúnis fut encore un des plus célèbres nombre de Guibt ou Égyptiens crurent au pharaons. Il aimait l'astronomie, l'astrologie, vrai Dieu et à la puissance souveraine et in. les sciences et la sagesse. Mais le plus vanté finie de ce Dieu, c'est-à-dire à l'islamisme. Les pour son savoir magique fut ce Kelken dont @uvres et les paroles de Joseph amenèrent nous venons déjà de citer le nom. Il gourverd'autres conversions encore; enfin, par les pro- nait l'Égypte lorsque Nemrod gouvernait la diges de la baguette de Moïse, des prêtres, Babylonie. Nemrod pria Kelken de venir le une foule immense de peuple, 'et cent qua. voir. Le pharaon partit. Il arriva chez le Barante mille deux cent cinquante-deux magi. | bylonien avec un cortege de figures fantasciens et sorciers du pharaon Zhalma, se con. magoriques effrayantes, monté sur quatre vertirent aussi; et, malgré les menaces et les chevaux ailés entourés de feux. Kelken avait supplices, pas un d'entre eux ne renonça à sa en bandoulière un gros serpent qui se continouvelle foi.

nuait en ceinture autour des flancs de sa Ma. Cependant les conséquences de ces con- jesté, Le terrible reptile se tenait la gueule versions furent sans durée. L'idolâtrie resta; béante; le roi avait à la main une baguette elle avait, depuis les premiers règnes qui sui- de myrte vert; et si le serpent s'avisait de revirent celui de Misr, établi son siége dans l'an. muer la tête, le pharaon lui donnait un coup tique Menf ou Menouf (Memphis), et l'étude, de baguette sur le nez. les progrès de la magie aidèrent encore à la A l'aspect de ce singulier appareil , Nemrod perte de la vraie foi. Cette science avait été parut effrayé et fit compliment au pharaon de apportée du ciel, sous le pharaon Adym. sa puissance et de son savoir magique.

Cet Adym, de gigantesque stature, était fils Les Kibt racontent, dans leurs livres, que de Boudsyr, fils de Kaftarim, fils de Kibt. Kelken s'enlevait dans les airs, se posait sur De son temps, il y avait en Égypte deux anges la pyramide de l'ouest, y restait plusieurs descendus du ciel, qui habitaient le puits jours sans boire ni manger. Enfin une fois il d'Iftâwah et enseignaient la magie. Adym fut disparut pendant assez longtemps. On le leur élève, et devint d'une science et d'une crut mort. Alors un certain Sådoum, roi du habileté magique extraordinaires.

Maghreb, marcha en armes contre l'Égypte Il bâtit quatre grandes villes, qu'il enri- et vint camper dans la vallée du Natron. Kelchit d'auvres merveilleuses , et où il déposa ken fit élever un grand nuage ardent sur les d'immenses trésors, qu'il mit sous la garde de génies. Au delà des limites orientales de l’É

(1) On sait que l'idée indiquée ici par les auteurs gypte, il éleva une tour sur laquelle il dressa arabes comme tradition reçue des Coptes a été déune statue dont la main étendue ordonnait veloppée scientifiquement dans le curieux ouvrage

de M. de Persigny sur la destination des pyraaux sables de s'arrêter là. Déjà, au pied mides.

Maghrébins , et pendant plusieurs jours ils ne la démotique, l'hiératique, et la royale ou surent plus où ils étaient. Kelken reparut dans hiéroglyphique. sa capitale, ordonna au peuple d'aller à la re- La première étude des prêtres était l'astrocherche de l'ennemi. La foule partit et trouva nomie. C'était des astres 'qu'ils prétendaient tout mort, hommes, chevaux et bétes de recevoir leurs inspirations, leur savoir, leur charge. Pour rendre hominage à une si science de l'avenir, la puissance talismahaute science, on écrivit le nom de Kelken nique, la connaissance des mystères et des sur lous les temples de l’Égypte.

lois de l'univers. Ils élevèrent d'immenses moLes Arabes parlent aussi des deux Hermès, numents et gravèrent sur leurs murs les prinle grand et le petit, et leur rapportent les cipes de leurs sciences. Ce furent eux encore principes de toutes les sciences et de tous qui imaginèrent ces constructions talismaniles arts qui illustrèrent l’Égypte ancienne. ques, dont la vertu merveilleuse protégeait Ils parlent encore des hypogées, des temples, le pays contre les armes et l'ambition des où, soit en réalité, soit en figures tracées, on nations ennemies, contre les éléments euxretrouve, disent-ils, une foule d'ustensiles et mêmes. d'instruments : des appareils à porphyriser , à Ils avaient le secret de l'alchimie, et obbroyer, à piler, à distiller, à décomposer et tenaient l'or par le moyen du soufre rouge, composer les corps; car l'alchimie, ou le substance, hélas! depuis longtemps perdue. grand-euvre, faisait partie des possessions Si l'on en croit les écrits des musulmans, on a scientifiques des vieilles époques pharaonien- trouvé d'immenses trésors d'or, et souvent de nes. Les magiciens, prêtres ou rois, fabri- l'or ensorcelé, c'est-à-dire , habité, pénétré, quaient lor en masses et à discrétion. La par des lutins, des génies ou des diables. Les preuve en est dans le nombre extraordinaire récits de ces trouvailles sont nombreux, et une de statues, de figures, d'ornemenls sacrés ou foule d'avides amateurs ont payé de leur vie profanes, qu'ils fabriquaient en or plein ou en leurs recherches. or creux, en pierre ou en bois doré. Ils Jadis l'Égypte était divisée en 85 districts, avaient même un or noir , sorte de composé 45 pour la Mestrée et 40 pour la Thébaïde ; précieux dont le secret est perdu.

chaque district avait son Grand-Prêtre, chef

des autres prêtres ou devins de la circonS IV. Culle, sciences des anciens Kibt.

scription. Prétres, devins, conseillers.

Celui qui s'appliquait pendant sept années Les Kibt donnaient environ 36,000 ans d'âge à l'étude contemplative des sept planèles reau monde. Mais après leur conversion au chris. cevait le titre d'Excellent ou Pontife; celui tianisme, ils se fixèrent une ère nouvelle et la qui passait quarante-neuf ans à cette contem. coinmencèrent à l'époque de Dioclélien, comme plation, à cette étude recueillie et pieuse, sept époque rattachée à la terrible persécution qui ans par planète, recevait le titre de Distillant prit le nom de cet empereur, et qui fut la ou Grand-Hiérophante. dixième grande persécution dirigée par le pa- Chaque matin, le Grand-Hiérophante allait ganisme de Rome contre les sectateurs de chez le roi. Dès qu'il entrait, le roi se levait Jésus.

par respect, et le faisait asseoir près de Les Kibt étaient primitivement idolâtres. Ils lui. Les prêtres qui composaient le sacré adoraient les astres, leur offraient des sacrifices, collége de l’Hiérophante le suivaient au paleur élevaient des statues. Ce fut sous Kastarim, lais, accompagnés de leurs acolytes, devins fils de Kibtim, et quatrième arrière-petit-fils de et hommes d'arts. Ces prêtres étaient consaNoé, que l'idolâtrie s'établit en Égypte. Ledia. crés au culte et à la contemplation, les uns ble lui-même déterra et montra anx Égyptiens d'une planète, les autres d'une autre; et, à les idoles qu'avait englouties le déluge, et leur cause de cela, ils étaient désignés, d'après la conseilla de les adorer. Le premier qui se dé- planète à laquelle ils étaient dévoués , par les clara prêtre et devin fut Boudsyr, fils de noms de : serviteurs de la Lune, serviteurs de Kaftarim. Quelque temps après lui,Méndouech, Mercure, serviteurs de Vénus, serviteurs du fils de Mencãouech, établit le culte du bouf. Soleil, serviteurs de Mars, de Jupiter, de Sa

Les dieux et les idoles se multiplièrent rapi- turne. dement, et des contrées éloignées on amuait L'Hiérophante, en présence du roi, interen pèlerinage aux temples de l’Egypte. Les rogeait sou collége. Un pretre de chaque série sages, les philosophes, les savants des na- était questionné à tour de rôle sur la position tions étrangères, venaient y consulter et ad- et l'état de sa planète; et d'après les réponses mirer la science des prêtres, étudier l'architec- faites, l'Hiérophante raisonnait et combinait les ture, l'astronomie, la divination, la médecine, avis et les conseils qu'il avait à donner au roi les mathématiques, la physique, l'alchimie, la pour tous les actes du jour, même les actes les cosmogonie.

plus minulieux. Un secrétaire lenait note de Les Egyptiens avaient trois sortes d'écriture: toutes les prescriptions.

Ensuite l'Hiérophante emmenait tous ses grec et le latin, écrivit son évangile en latin, hommes au laboratoire des études, et leur douze ans après la disparition de Jésus; faisait exécuter les travaux conformes aux Marc était alors à Rome avec saint Paul. En. indications d'influences favorables des planè- suite il alla précher en Égypte, en Nubie et tes pour ce jour-là. On en consignait par écrit en Abyssinie, et sa parole fut féconde en conles résultats, et l'on en déposait le procès-ver- versions. A son retour à Alexandrie, en 65 bal dans les archives royales.

de l'ère chrétienne, il y fonda un patriarcat Lorsque le prince avait projeté quelque entre- et le confia à Handnya. Marc lui adjoignit un prise, quelque acte d'importance, il consultait chapitre composé de douze pretres, et établit le collége pour l'exécution. Alors les membres comme règle que lorsque le patriarche mourdu collége se rassemblaient hors de Menf, rait son successeur ne serait choisi que dans puis lous, à cheval et en grande pompe, ce chapitre, et que le prêtre devenu patriarche rentraient dans la ville et se rendaient au pa. serait immédiatement remplacé au chapitre lais. Le roi leur communiquait son projet; on par un chrétien. Ce clergé alexandrin fut délibérait, discutait, examinait, jusqu'à con- porté par la suite jusqu'à 328 prêtres. Le clusion définitive.

patriarcat d'Alexandrie fut un des quatre Cet état de choses dura jusqu'à l'époque grands siéges chrétiens ou patriarcats, avec de l'invasion et de la conquête de l’Egypte ceux de Rome, d'Antioche et de Jérusalem. par les Amalécites (probablement par les Dès le principe, le patriarche d'Alexan. Perses de Cambyse). De ce moment, l’Egypte, drie , appelé Pápa, fut le chef de tous les toujours de plus en plus agitée, perdit peu à peu chrétiens d'Égypte. Ce ne fut que sous Déméson antique savoir et sa splendeur première, trius, le douzième patriarche, que les évêjusqu'au temps où elle adopta la religion chré- ques furent créés; ils ne se multiplièrent en tienne.

Egypte que sous le patriarcat d'Héraclius. Je ne parlerai pas de l'époque de la domina- Les évêques donnèrent d'abord au patriartion des Plolémées et de la domination ro- che le titre de Père; ensuite la foule des maine. Les Arabes n'ont que peu de données chrétiens appliqua plus spécialement ce tisur ces deux phases de l'histoire des Kibt. Seu. tre aux évéques, et réserva exclusivement au lement ils ont gardé en profonde vénération patriarche d'Alexandrie celui de Papa, le nom de Batleymous (Ptolémée), comme ré. c'est-à-dire Père des pères. sumant en lui toute la science de la période Hananya ou Anyánous gouverna l’Église des successeurs d'Alexandre en Égypte. Vient d'Égypte pendant vingt-deux ans, et mouruten ensuite, à la fin de cette période, le nom de 87 de l'ère chrétienne. Il eut pour successeur Cléobátra ( Cléopâtre ), représentant l'art Miniou (Euménius), qui fut chargé du paqui donna à Alexandrie plusieurs monuments triarcat pendant douze ans et neuf mois. Ce fut et accomplit de grands travaux. La domination pendant cet intervalle que les Juifs, touromaine n'est guère racontée dans cette histoire jours selon les récits arabes, persécutèrent que comme une époque de transition, dont les les chrétiens et les chassèrent de Jérusalem : Arabes ont peu de souvenirs écrits.

peu après , Jérusalem fut ruinée par Titus.

Le christianisme avait déjà fait de grands § V. Apparition du christianisme en progrès en Égypte, lorsque sévirent, au com

Égypte. - Patriarcat d'Alexandrie. mencement du deuxième siècle de l'Église , Persécutions. - Ère copte.

les persécutions de Trajan et de Marc-Aurèle.

A celle de Marc-Aurèle, qui fut la quatrième Jésus-Christ avait quitté la terre; suivant grande persécution, le siége patriarcal d’Alexan. les récits arabes, il avait été entrainé par les drie était occupé par Clotianous (ClaudiaJuifs sur le calvaire ; mais au moment où on nus ). A ce dernier succéda Youliánous, qui l'avait approché de la croix, Dieu l'avait enlevé cut pour successeur Démétrious, paysan au ciel, en laissant entre les mains des Juifs un ignorant, ne sachant ni lire ni écrire. Du temps homme parfaitement semblable à lui. C'é- de celui-ci, sévit la cinquième grande perséculait à la sixième heure du jour, le vendredi tion, ordonnée par l'empereur Sévère. Sévère 15 yanáris (janvier) correspondant au 19 vint en Égypte, fit égorger un grand nombre de barmahât, mois copte, 15 azar, mois grec, et chrétiens, ruina les églises, et construisit à 17 żou-l-kadeh, mois arabe.

Alexandrie un temple aux idoles païennes. De Les apôtres allèrent faire leur pèlerinage à plus, il fit enlever des temples kibt tout ce la Mekke : car le christianisme, d'après les qu'il y trouva de livres sur les sciences ocdires musulmans, n'est que l'islamisme impar- cultes. fait; puis ils se dispersèrent et allèrent chez Sous le patriarcat de Théoclée, éclata la les différentes nations prêcher la révélation de sixième grande persécution, celle de Maximin. Jésus.

L'empereur Philippe laissa quelque repos aux L'apôtre saint Marc, qui savait l'hébreu, le chrétiens. Ce fut sous son règne que saint

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