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geances contre leurs jaloux. Il a fait voir à notre siècle le fruit qu'on peut espérer de la morale du théâtre, qui n'attaque que le ridicule du monde, en lui laissant cependant toute sa corruption. »

CHAPITRE IX.

Page 300, ligne 19 : Le temps de ses métamorphoses en jeune et jolie

fille était passé.

Dans l'Histoire de la comtesse des Barres, Choisy nous apprend que ce fut madame de la Fayette qui lui donna l'idée de se déguiser en semme (p. 12-14).

« Je n'étais donc contraint par personne, et je m'abandonnai à mon penchant. Il arriva même que madame de la Fayette, que je voyais fort souvent, me voyant toujours fort ajusté avec des pendants d'oreille et des mouches, me dit, en bonne amie, que ce n'était point la mode pour les hommes, et que je ferais bien mieux de m'habiller tout à fait en femme. Sur une si grande autorité, je me fis couper les cheveux, pour être mieux coiffé. J'en avais prodigieusement; il en fallait beaucoup en ce temps-là, quand on ne voulait rien emprunter. On portait sur le front de petites boucles, de grosses aux deux côtés du visage, et tout autour de la tête un gros bourrelet de cheveux cordonné avec des rubans ou des perles , qui en avait. J'avais assez d'habits de femme : je pris le plus beau, et j'allai rendre visite à madame de la Fayette avec mes pendants d'oreille, ma croix de diarnants et mes bagues, et dix ou douze mouches. Elle s'écria en me voyant : « Ah! la belle femme! Vous avez donc suivi mon avis? u et vous avez bien fait. Demandez plutôt à M. de la Rochefoucauld. » Il était alors dans sa chambre. Ils me tournèrent et retournerent, et furent contents. Les femmes aiment qu'on suive leur avis; et madame de la Fayette se crut engagée à faire approuver dans le monde ce qu'elle m'avait conseillé peut-être un peu légèrement. Cela me donna courage, et je continuai, pendant deux mois, à m'habiller tous les jours en femme. J'allai partout faire des visites, à l'église, au sermon , à l'Opéra, à la Comédie, et il me semblait qu'on s'y était accoutumé. Je me faisais nommer, par mes laquais, madame de Sanzy. Je me fis peindre par Ferdinand , fameux peintre italien, qui fit de moi un portrait qu'on allait voir. Enfin, je contentai pleine

ment mon goût. J'allais à la cour d'un grand prince.... Il eût bien souhaité s'habiller aussi en femme. » Ce grand prince était le duc d'Orléans, le frère de Louis XIV, alors fort jeune.

Page 312, ligne dernière : L'avis de l'abbé de Coulanges, et la

note 6.

Outre la date, qui est différente dans le manuscrit de l'Institut et dans les imprimés, et la généalogie des Rabutin, qui ne se trouve pas dans ces imprimés, je remarque aussi une différence dans la rédaction entre ce manuscrit et les imprimés, pour les premières phrases de cette lettre. Ce texte, dans le manuscrit , est plus semblable à l'édition de 1735, et doit, je crois, être préféré à celui des éditions modernes, comme étant conforme à ce qu'avait écrit Bussy.

Page 325, ligne 15 : Ma grand'nıère.

Comme Jean de la Croix, Françoise Fremyot de Chantal fut seulement béatifiée du vivant de madame de Sévigné, et ne fut canonisée que longtemps après la mort de sa petite-fille.

Page 328, ligne 23 : Sa jeunesse, les plus belles années de sa vie.

J'ai essayé, dans les chapitres ni à xvi de la première partie de cet ouvrage, de retracer ces temps de la brillante jeunesse de madame de Sévigné. Malgré la disette de renseignements historiques pour ce qui la concerne, on a pu voir, par les extraits de la Gazelle de Loret, du Dictionnaire des Précieuses, des Miscellanea de Ménage (1652, p. 105), que sa réputation de femme d'esprit, belle , aimable, gracieuse était grande et bien établie, non-seulement dans la société, mais dans le public, puisqu'elle était l'objet des éloges donnés par les écrivains de ce temps dans des ouvrages imprimés et alors fort répandus. Il en est un de ce genre que je n'ai pas cité, parce qu'alors je ne le connaissais pas. C'est celui d'un sieur DE SAINT-GABRIEL, conseiller du roi et ci-devant avocat à la cour des aides de Normandie, qui , dans un livre bizarre destiné, comme le Dictionnaire des Précieuses , à célébrer toutes les beautés de l'époque (LE MÉRITE DES DAMES; Paris, 1660, in-12), surpasse tous les autres auteurs par

l'excès de son admiration pour maqam de Sévigné. Voici la trans- . cription du court article qu'il lui a consacré :

Page 310 de la 3e édition, article 85 : « MADAME DE SÉVIGNY LA SUBLIME, UNE ANGE EN TEKRE, LA GLOIRE DU MONDE. »

D'après une note manuscrite mise à un exemplaire de ce livre de Saint-Gabriel, la scconde édition porterait la date de 1657. Je n'ai aucun renseignement sur la date de la première ; lors de la seconde, madame de Sévigné avait vingt-huit à vingt-neuf ans.

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TABLE SOMMAIRE

DES CHAPITRES DE CE VOLUME.

CHAPITRE PREMIER. - 1671. .

Pages, Voyage de madame de Sévigné à sa terre des Rochers. -- Son

séjour. - Ses occupations dans ce lieu. – Visites qu'elle y reçoit. — Détails sur Pomenars, Tonquedec, Montigny, etc. 1

CHAPITRE II. – 1671.

ne................

43

Détails sur madame de Grignan et la famille de Grignan pen

dant le séjour de madame de Sévigné aux Rochers. – La Bohémienne.

............ CHAPITRE III. — 1671-1672. Madame de Sévigné retourne à Paris. - Louis XIV se prépare

à la guerre. — Publications littéraires. - Les Femmes savantes de Molière. — Détails sur madame Scarron et madame de Montespan......

CHAPITRE IV. - 1671-1672.

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Inclinations du marquisde Sévigné. ---Ses intrigues amoureuses

avec la Champmeslé, avec Ninon. - La guerre contre la Hollande est déclarée. - Sévigné part pour l'armée......

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CHAPITRE V. – 1672.
Des commencements et de la fin de la guerre de Louis XIV con-

tre la Hollande. — Préparatifs de Louvois. — Passage du

Pages Rhin. - Mort du comte de Saint-Paul. -- De la société que fréquentait alors madame de Sévigné. — Détails sur la Vallière et Montespan. – Nécessité de faire connaitre les dangers qui assiégeaient alors les femmes jeunes et belles de la cour. 120

CHAPITRE VI. – 1672.

Histoire de la marquise de Courcelles (1651-1685). ......... 146

CHAPITRE VII. - 1672.

Madame de Sévigné part pour aller en Provence. — Détails.

sur son voyage. -Sur Jeannin de Castille, - sur Bussy,sur la famille de Dugué-Bagnols....

188

CHAPITRE VIJI. – 1672.

Séjour de madame de Sévigné à Lyon. — Lettres que lui adresse madame de Coulanges. — Détails qu'elle donne sur les intrigues amoureuses de Villeroi. - Quelle était la personne qu'elle désigne sous le nom d'Alcine. — Détails sur Vardes, Barillon, etc.....

.........................

202

CHAPITRE IX. - 1673.

Madame de Sévigné en Provence.- Histoire des états de Pro

vence. - Assemblée des communautés. – Rivalité de M. de Grignan et de l'archevêque de Marseille. — Madame de Sé. vigné va à Lambesc et à Marseille..........

226

CHAPITRE X. — 1673.

Continuation du séjour de madame de Sévigné en Provence.

Nouvelles qu'elle reçoit de Paris et de l'armée. – Prise de Charleroi. – L'abbé de Choisy en Bourgogne. — Prise de Maëstricht. — Détails sur les cours de Louis XIV et de Charles II. -Sur le marquis d'Ambres et le titre de monseigneur. - Sur madame de la Fayette et la Rochefoucauld. - Sur Corneille et Racine. — Mort de Molière... ........

264

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