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Page 191, ligne 2 : Un Virgile, non pas travaillé, mais dans toute

la majesté du latin et de l'italien.

L'abbé Faydit nous a conservé un fragment de lettres de Ménage qui prouve bien que madame de Sévigné n'était pas indigne de la majesté du latin, si ce passage ( extrait des Remarques sur Virgile et sur Homère, et sur le style poétique de l'Écriture sainte; Paris, 1705, in-8°, p. 168, S III) est authentique.

« M. Ménage écrivant à madame la marquise de Sévigné, en cour, pendant un carnaval où l'on se divertit beaucoup et où il y eut de grandes fêtes et quantité de bals et de mascarades, lui dit : « Ce sont des jeux et des bourdonnements d'abeilles que tous ces grands mouvements que vous vous donnez dans le carnaval. Un peu de poussière jetée sur la tête des abeilles fait cesser tous leurs combats, et les oblige de se retirer dans leurs trous. Je vous attends au mercredi des Cendres. Celles que l'on vous mettra sur la tête et sur celle de vos jeunes seigneurs feront cesser tous les divertissements de la cour, et vous ramèneront ici, selon la prophétie de Virgile, liv. IV, v. 86:

Hi motus animorum atque hæc certamina tanta
Pulveris exigui jactu compressa quiescunt. »

Cette application des vers de Virgile au jour des Cendres se trouve dans le Ménagiana , mais sans aucune mention de madame de Sévigné ni de la lettre que lui a adressée Ménage ; et cependant la Monnoye, qui a fort allongé cet article du Ménagiana , cite l'ouvrage de Faydit sans faire non plus mention du fragment de lettres. S'il ne croyait pas à son authenticité, il fallait le dire; s'il y croyait, il devait transcrire le fragment de Ménage. (Ménagiana , 3e édit., 1715, t. II, p. 308.)

Page 191, ligne 13 : Dans le beau château de Montjeu.

La terre et la seigneurie de Montjeu est une ancienne baronnie, que Charlotte Jeannin, fille du célèbre Pierre Jeannin , président à mortier au parlement de Bourgogne, apporta en mariage, avec celle de Dracy et de Chailly, à Pierre de Castille, contrôleur et intendant des finances, ambassadeur en Suisse, décédé en 1629. Le fils de ce dernier, Nicolas, joignit à son nom le nom plus illustre de sa mère,

et se nomma Nicolas Jeannin de Castille, et le plus souvent Jeannin. Il obtint, ainsi que je l'ai dit dans le texte, que sa baronnie serait érigée en marquisat, ce qui se fit par lettres patentes en 1655, registrées à la chambre des comptes de Dijon le 30 mars 1656. Il ne prit pas le titre de marquis de Montjeu, qui lui appartenait; son fils fut ainsi nommé, et le marquisat de Montjeu appartint au prince d'Harcourt, qui avait épousé la fille unique du fils de Jeannin. Les biens du prince d'Harcourt et de Guise sur Moselle ayant été mis en direction, la présidente d’Aligre acheta, en 1748, le marquisat de Montjeu. En 1734, lorsque Garreau publiait sa seconde édition de la Description de la Bourgogne, Montjeu appartenait encore à madame Jeannin de Castille, princesse de Guise. Il y a une vue de ce château dans le Voyage pittoresque de Bourgogne , in-fol., 1835, feuille 7, no 25.

Page 193, ligne 12 : Auprès de la comtesse d'Olonne, et note 2.

Je cite deux éditions du célèbre libelle de Bussy, qui sont peu connues, que je possède, et que je n'ai pas encore eu occasion de mentionner. La première est un in-18 de 258 pages, qui offre au frontispice une gravure finement exécutée, où il a trois hommes et trois femmes sur le premier plan, et un homme et une femme sur le second plan, dont on ne voit que les têtes : en haut, sont deux Amours lançant des flèches. Au bas de cette gravure-frontispice sont écrits ces mots : HISTOIRE AMOUREUSE DES GAULES, P. M. De Bussy S" (Salon ?) de la Bastille ; mais l'intitulé de la page 1 porte : HISTOIRE AMOUREUSE DE FRANCE. Les noms, loin d'être déguisés , sont en toutes lettres; ainsi Jeannin, qui se nomme Castillante dans les éditions ordinaires, est nommé ici Jeannin. Les Maximes d'amour et la lettre de Bussy au duc de Saint-Aignan (p. 239 et 247) s'y trouvent; lc fameux Cantique est à la page 196 ; l'Histoire de madame de Sévigny, à la page 200; celle de madame de Monglas et de Bussy, p. 218. L'autre édition est intitulée Recueil des histoires galantes ; à Cologne, chez Jean le Blanc, sans date. Ce volume in-18, carré, a 545 pages paginées, et de plus trois pages non paginées ; j'en ai déjà parlé.

Je dirai , à l'occasion de ces libelles, que, dans la 3e partie de ces Mémoires, p. 9, ch. 1, on lit ; « Deux femmes d'un haut rang étaient diffamées. » Il fallait ajouter en note, comme citation, VILLEFORT, Vie de madame de Longueville ; Amsterdam, 1729, in-12, t. II, p. 161, ou Paris, 1738, p. 169.

Le passage est important, et confirme par un témoignage si formel ce que nous avons dit de Bussy et de son libelle que nous allons le transcrire d'après l'édition de Hollande, où le nom du comte de Bussy-Rabutin est en toutes lettres, landis qu'il n'y a que les initiales (C. de B. R.) dans l'édition de Paris.

« Le comte de Bussy-Rabutin , dans son ouvrage satirique contre tout ce qu'il y avait à la cour de personnes distinguées par leur mérite, avait osé s'attaquer à M. le Prince, lequel, indigné de son insoJence, en témoigna publiquement sa surprise. Un gentilhomme, plein de zèle pour son maitre, proposa de le venger, et fit armer tous les bas domestiques de l'hôtel de Condé, dans le dessein de se mettre à leur tête pour aller assommer Bussy. Madame de Longueville, qu'il n'avait pas plus épargnée dans son libelle, fortuitement avertie de cette conspiration, vint en hâte trouver son frère, et se jeta à ses genoux, et, les larmes aux yeux, le conjura de sauver la vie au coupable. »

Page 195, ligne 19 : Son fils possédait la terre d'Alonne.

Bussy nous apprend qu'il s'était marié avec Gabrielle de Toulongeon, à la terre d'Alonne, près d'Autun, le 28 avril 1643. (Bussy, Mémoires , édit. 1721, p. 93.) Elle mourut le 26 décembre 1646 : il cn eut trois filles : Diane, Charlotte et Louis-Françoise. Ainsi, dans l'espace de trois ans et huit mois, il eut trois enfants de sa première femme; aussi dit-il que l'ainé n'avait que deux ans lorsqu'il perdit sa femme. (Bussy, Mémoires, t. I, p. 125, édit. d'Amsterdam, 1721.)

Page 195, ligne 22 : Toulongeon. - Page 196, ligne 1 : Chazeul.

Chazeul ou Chazeu fut acquis en 1641, par le comte Roger de Rabutin, de Catherine de Chissey (voyez GIRAULT, Détails historiques, dans les Lettres inédites de modame de Sévigné, 1819, in-12, p. LIV). Garreau, dans sa 2e édition seulement, dit : « Chazeul , dans la paroisse de Laizy, seigneurie du bailliage d'Autun. »

Lors de la première édition de l'ouvrage de Garreau (Dijon, 1717, in-12, p. 320), Toulongeon appartenait encore à un Toulongeon.

Lors de la 2e édition de ce livre, in-8°, 1734, p. 641, cette terre était la propriété de inadame de Longlial, épouse du marquis de Dampierre.

Page 197, ligne 20 : Elle n'arriva, le jour suivant , qu'à six beures

du soir.

L'exactitude de ces détails résulte de la lettre même de madame de Sévigné et du mode de voyager pratiqué encore en 1833, quoiqu'il y eût déjà un bateau à vapeur. A neuf heures du soir, les patrons de la diligence (coches d'eau ) appelaient les voyageurs après que les paquets, chevaux, voitures, bestiaux avaient été embarqués. Le bateau était trainé par des chevaux, et ne faisait qu'une lieue et demie à l'heure : cela était bien lent. A cette mème époque de 1833, nous fimes ce trajet avec des chevaux de poste beaucoup plus rapidement; mais madame de Sévigné voyageait avec ses chevaux, et, en suivant la marche ordinaire de onze lieues par jour, elle eût mis trois jours.

Page 198, ligne 1: Je soupai chez eux. On voit , par la satire in de Boileau , que l'on dinait alors entre midi et une heure, immédiatemeni après la messe; le souper devait etre de six à sept heures du soir.

J'y cours, midi sonnant, au sortir de la messe,

..................
Le couvert était mis dans ce lieu de plaisance...
........ Cependant on apporte un potage.

(Satire du sieur D**, 1666, in-12, p. 20.)

Page 198, ligne 25 : Il n'en est pas de même d'un monsieur M.

Une autre maison qu'on admirait alors à Lyon, bâtie sur la place de Bellecour par un architecte italien, était celle de M. Cazes. — Madame Deshoulières a adressé plusieurs pièces de vers à ce M. Cazes, avec lequel elle avait sans doute fait connaissance lorsqu'au printemps de l'année 1672, et environ six mois avant le voyage de madame de Sévigné, cette femme poëte fit un voyage à Lyon. C'est dans cette an. née que furent aussi imprimés ses premiers vers, dans le tome I du Mercure galant. (Voyez l'Éloge historique de madame Deshoulières, t. I, p. xix des Euvres, édit. 1764, in-12.) Elle se rendit dans le Forez, et ensuite en Dauphiné, et après chez la marquise de la Charce, près de la ville de Nyons, où elle séjourna trois ans. La première édition de ses poésies parut en 1668, en un rol. in-8°, chez Sébastien Cramoisy. On y trouve, p. 33, des vers adressés à mademoiselle de la Charce (Philis de la Tour du Pin de la Charce, qui combattit vaillamment, le pistolet au poing, sous les ordres de Catinat), pour la fontaine de Vaucluse. Mais les vers à M. Cazes et les ré. ponses de celui-ci ne parurent que dans la seconde édition des Poésies de madame Deshoulières, en deux volumes, 1693, in-8°, avec un beau portrait dessiné par mademoiselle Chéron et gravé par Van Schuppen. Les vers de M. Cazes à madame Deshoulières et les réponses de celle-ci sont dans le t. II, p. 257 à 266, de cette édition. Dans une autre édition il y a une lettre de M. Cazes, datée de Boisle-Vicomte le 24 octobre 1689, dans laquelle on dit qu'on célèbre en ce jour la fête de madame d'Hervart. Il en résulte que ce M. Cazes, qui faisait facilement des vers, a aussi connu la Fontaine, et a dû se trouver avec lui à Bois-le-Vicomte et avec le poëte Vergier. Les stances que fit madame Deshoulières après la mort de M. Cazes et qui commencent ainsi,

J'ai perdu ce que j'aime, et je respire encor prouvent, ainsi que d'autres pièces imprimées dans la dernière édition, que la liaison de madame Deshoulières avec M. Cazes fut trèsintime et de longue durée.

CHAPITRE VIJI.

Pages 205, note 1. La France galante, ou Histoire amoureuse de la cour; nouvelle édition, augmentée de pièces curieuses, chez Pierre Marteau, 1695. Ce n'est pas la première édition de ce recueil impur, qu'il faut lire malgré soi.

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