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Page 161, ligne dernière : L'abbé d'Effiat. L'abbé d'Effiat possédait l'abbaye Saint-Germain de Toulouse et celle de Trois-Fontaines.

· Page 166, ligne 19 : Avec la comtesse de Castelnau. La comtesse de Castelnau était devenue veuve du maréchal de Castelnau en 1658, et mourut le 16 juillet 1696, âgée de quatre-vingts ans. (Voyez Dangeau.) Elle fut du nombre de ces femmes qui acquirent une scandaleuse célébrité par leurs intrigues galantes. Elle eut pour amants Villarceaux, le marquis de Tavannes, Jeannin de Castille.

Page 168, ligne 8 : M. de Marsan. Peut-être cette aventure de bal avec Charles de Lorraine, comte de Marsan, que madame de Sévigné, dans ses Lettres, nomme le petit Marsan, contribua-t-elle, quelques années plus tard , à la rupture de son mariage avec la maréchale d'Aumont, qui eut lieu par l'opposition du chancelier le Tellier, père de Louvois. (Voyez SÉVIGNÉ, Lettres, 24 novembre 1675, t. IV, p. 113,édit. G.; t. IV, p. 97, édit. M.) Page 168, ligne 19 : La.marquise de Courcelles se lia avec la duchesse

de Mazarin. On composa dans ce temps plusieurs couplets sur la duchesse de Mazarin et la marquise de Courcelles : nous nous contenterons de citer celui sur Hortense Mancini , duchesse de Mazarin , et madame de Marolles, marquise de Courcelles, que le duc de Mazarin avait fait enfermer dans un couvent pour leurs galanteries :

Mazarin et Courcelles
Sont dedans un couvent;
Mais elles sont trop belles
Pour y rester longtemps.
Si l'on ne les retire,
On ne verra plus rire

De dame assurément.
Page 175, ligne 4 : S'enferme dans le château d'Athée, près d'Auxonne.

Athée, petit hameau de 500 âmes , est dans le département de la Cote-d'Or, arrondissement de Dijon, canton d'Auxonne, à 11 kilo. mètres de Saint-Jean de Loos. C'est un lieu fort ancien , dont il est fait mention en 880 dans le cartulaire de Saint-Bénigne de Dijon, sous le nom d'Atéias ; il était du diocèse de Châlon et de l'archidiaconé d'Oscheret. ( Voyez J. Garnier, Charles bourguignonnes, p. 69 et 70.)

Page 175, ligne 23 : De M. le comte d'Hona. L'auteur de la lettre qui est dans le manuscrit de M. Aubenas avait un oncle dans les bureaux de la chancellerie, sous le ministre le Tellier ; il donne une relation très-détaillée de ce qui concerne le rasement du château d'Orange. Sa lettre (p. 239 du manuscrit) est intitulée Lettre écrite d'Orange, le 25 juillet 1712, à M. le baron de Roays, pour M. l'abbé de ***, chanoine de la cathédrale; puis après est une seconde lettre du même au même, datée du 3 aout.

Dans la première (p. 250), il fait du comte d'Hona le portrait sui. vant : 31 était de belle taille ; il avait le visage en ovale , le nez aquilin, les joues couvertes d'une petite rougeur naturelle, le teint blanc, les cheveux noirs, les yeux de la même couleur, bien fendus. Il avait encore de très-belles qualités de corps, beaucoup d'esprit , robuste, infatigable, sage, assez éloquent à bien parler, bon ami, assez libéral, magnifique quand il donnait à manger. Il était beaucoup aimé des catholiques et des huguenots de la ville et de toute cette principauté, ce qui aurait fait le comble de toutes ces belles vertus qu'il possédait , n'eût été l'hérésie de Calvin qu'il professait. » Le comte Frédéric d'Hona eut Bayle pour gouverneur de son fils, et il résidait alors à Copet. La célèbre aventurière dont il est fait mention dans la lettre de Bayle à M. Minutoli, datée de Copet le 8 mars 1674 (Lettres choisies de M. Bayle; Rotterdam, 1714, t. I, p. 30), est la marquise de Courcelles, dont Bayle ignorait alors le nom.

Page 177, ligne 21 : C'est de ce lieu qu'il a écrit à Manicamp.

Longueval de Manicamp, dont parle ici madame de Sévigne, était cousin germain de Bussy (voyez la lettre de Corbinelli, du 10 février 1652, t. I, p. 230, édit. Amst., 1721), et par conséquent aussi parent de madame de Sévigné. Il est souvent fait mention de lui dans l'Histoire amoureuse des Gaules de Bussy; nous y voyons que Manicamp était du nombre de ceux qui firent la fameuse partie de débauche au chåteau de Roissy. C'est Manicamp qui, dans l'Histoire amoureuse des Gaules , introduit , par les questions qu'il fait à Bussy, l'histoire de

madame ce Sévigné. « Je m'étonne, dit Manicamp, que vous parliez comme vous faites, et que madame de Sévigny ne vous ait pas rebuté d'aimer les femmes. » (Recueil des histoires galantes ; à Cologne, chez Jean le Blanc, p. 180.) Je cite ce livre de préférence, parce qu'il contient une édition de l'Histoire amoureuse de France, dont je n'ai point encore parlé. Ce volume sans date a 545 pages numérotées et 4 pages non numérotées; il est ancien, et en mauvais type elzévirien ; il contient: 1° l'Histoire amoureuse de France; 2° Recueil de quelques pièces curieuses, servant d'éclaircissement à l'histoire de la vie de la reine Christine; 3° l'Histoire du Palais-Royal;4° l'Histoire galante de M. le comte G. (Guiche] et de M. (Madame, duchesse d'Orléans]; 5° la Relation de la cour de Savoye ou des Amours de Madame Royale ; 6o Comédie galante de M. de Bussy; 7o la Déroute et l'Adieu des filles de joye de la ville et des fauxbourgs de Paris.

La sixième pièce, la Comédie galante de M. de Bussy, est la plus curieuse du volume. C'est une pièce infâme, semblable au fameux Cantique qu'on a si faussement attribué à Bussy : elle est écrite dans un style ordurier et stupide, tel que celui de portiers ou de domestiques de mauvais lieux; avec cette différence que le nom de Bussy qu'on lit en tête de cette composition, écrit en toutes lettres ainsi que les mots obscènes, ne se retrouve plus dans ce volume comme auteur des autres pièces, pas inême à l'Histoire amoureuse de France. Le Cantique, dans cette édition, est à la page 178; l'Histoire de madame de Sévigny commence à la page 182, celle de madame de Monglas à la page 198.

Page 181, ligne 2 : Entre les bras d'un homme. En marge d'une copie des Mémoires de la marquise de Courcelles, M. Monmerqué a trouvé, à côté du billet qui est à la page 153, ces mots en italien, qui sont probablement de Gregorio Leti : « Lei s'era imbertonata d'un palafreniere inglese , col quale venne sorpresa dal Boulay. » Page 181, ligne 24 : Le mal que vous m'avez fait à l'avenir m'em

pêchera , etc. Il y a là une forte ellipse, mais l'on en saisit bien la raison et le sens; la phrase est claire pour celui qui sait lire. Les grammairiens et le prote, ou peut-être Chardon de la Rochette lui-même, n'ont pas compris cette phrase, et, pour la rendre plus régulière et plus claire, ils ont corrigé ainsi : « Le mal que vous me ferez à l'ave. nir, » sans s'apercevoir qu'ils changeaient un reproche en injure. Page 182, ligne 17 : La marquise de Courcelles se retira en Savoie,

et y resta cachée. Je crois que la marquise de Courcelles rejoignit à Chambéry la duchesse de Mazarin, qui y tenait une petite cour, et s'occupait à dicter ses Mémoires à l'abbé de Saint-Réal; et que ce fut sous la protection de cette duchesse qu'elle y résida. Mais je n'ai rien trouvé de positif à cet égard. (Voyez SAINT-ÉVREMOND, Euvres, t. VIII, p. 249, édit. 1753, petit in-12; t. IV, p. 272, édit. 1739.) Page 185, note 1, ligne 2 : A la suite du Voyage de MM. de Ba.

chaumont et Chapelle. Une de ces pièces fut composée lors de la première phase du procès, pendant le temps de la première captivité de madame de Courcelles et lorsque son mari vivait. Dans cette pièce, on la suppose aux pieds de ses juges, et on lui fait dire :

Pour un crime d'amour, donl je ne suis coupable
Que pour avoir le cour trop sensible et trop doux,
Dois-je prendre un tyran sous le nom d'un époux ?
Arbitres souverains de mon sort déplorable,

.....................................

Ah! consultez , de grâce, et vos yeux et vos cours;
Ils vous inspireront d'être mes protecteurs.
Tout ce que l'amour fait n'est-il pas légitime ?
Et vous qui tempérez la sévère Thémis,
Pourrez-vous vous résoudre à châtier un crime

Que la plupart de vous voudrait avoir commis?
Ce sonnet sur madame de Courcelles fut envoyé à Bussy par le
comte de L*** (Limoges ?), et Bussy le trouva fort beau. (Bussy,
Lettres, 3 mars 1673; t. IV, p. 38, édit. 1738.)

Je remarque qu'il y a dans ce singulier Recueil de 1698 cité dans la note , qui fut imprimé en France et non en Hollande, le Chapelain décoiffé (p. 60-63), qui n'est point attribué à Boileau dans ce livre. – Ce volume, qui porte une sphère sur le frontispice, a 161 pages, et se termine par des Centuries du style de Nostradamus, faites par monseigneur le duc et envoyées à madame de la Fayette. qui les a expliquées.

CHAPITRE VII.

Pages 190, ligne dernière : Un père et une sæur.

Je transcrirai le couplet qui se trouve dans les chansons curieuses, avec le préambule et les notes qui l'accompagnent.

Chansons historiques (1673), vol. IV, p. 61.

Sur l'air : Amants, ainsi vos chaines.

« Chanson dans laquelle l'auteur fait parler Philippe de Coulanges, inaltre des requêtes, sur toute la famille.

« Cette chanson fut faite par de Guilleragues, secrétaire du cabinet du roi , lequel était à l'abbaye de Livry avec le sieur de Coulanges, Elle fut cause de la ruine de Coulanges, parce que Michel le Tellier, chancelier de France, crut que cette chanson était de lui, et qu'il s'opposa toujours à ce qu'il obtint une intendance. » (Cela est peu vraisemblable. Ce fut l'éloignement de Coulanges pour les affaires qui l'empêcha de pouvoir obtenir aucun emploi. ]

« J'aime mon beau-frère
Le comte de Sanzei',
J'aime ma belle-mère ?,
Mon beau-père du Gué 3,

Mon cousin de la Trousse ",
· Mon frère de la Mousse

Mon oncle le Tellier 6;
Mais j'aime mieux Gautier 7. »

1 « Turpin de Crissé, comte de Sanzei, colonel d'un régiment de cavalerie ; il avait épousé de Coulanges, seur de Philippe-Emmanuel de Coulangcs.

2 « Turpin du Gué, femme de François du Gué, lors maître des requêtes et intendant à Lyon, »

3 « Francois du Gué, maître des requêtes et intendant à Lyon, père de madame de Coulanges. »

4 « Philippe le Hardy, marquis de la Trousse, capitaine lieutenant des gendarmos de monseigneur le Dauphin, cousin germain de madame de Coulanges,

Mon frère de la Mousse : c'était un trère båtard de madame de Coulanges, qui était prêtre. »

6 « Michel le Tellier, qui avait épousć Élisabeth Turpin, sæur de madame du Gué. »

7 « Marchand de Paris, avec lequel M. de Coulanges avait diné dans une maison auprès de Livry le jour que cette chanson fut faite. »

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