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toujours ordurières, même lorsque le sujet semblait appeler d'au. tres idées et d'autres expressions :

On ne reverra, de cent lustres,
Ce que de notre temps nous a fait voir Ninon,

Qui s'est mise, en dépit.....,
Au nombre des hommes illustres.

(Recueil de chansons historiques, mss. de

la Biblioth. nationale, vol. III, p. 551.) Page 117, lig. 22: A un bon mot de Ninon sur la comtesse de Choiseul.

Le passage de madame de Sévigné est ainsi : « La Choiseul ressemblait , comme dit Ninon, à un printemps d'hôtellerie. La comparaison est excellente. »

Ce passage de la lettre de madame de Sévigné a été mal compris. On a cru qu'il s'agissait de mauvais tableaux représentant le Printemps, exposés dans les cabarets. Nullement. D'assez bons artistes de cette époque avaient fait graver des têtes de femmes d'une beauté

que la beauté peut revêtir; ils désignaient ces têtes par un titre qui indiquait leurs intentions allégoriques : c'était la Langueur, le Désir, la Dévotion, les Muses, les Grâces, le Printemps, l'Été, etc. Des copistes imitèrent ces gravures d'une manière grossière, et les enluminèrent de couleurs fortes, pour les cabarets, les hôtelleries de passage et les gens du peuple; et c'étaient là les seules gravures qu'on y voyait, comme aujourd'hui des Bonaparte et des scènes de la révolution. Comparer une femme à l'élégante et gracieuse figure nommée le Printemps était en faire un grand éloge et dire qu'elle était fort belle ; mais dire qu'elle ressemblait à la caricature de cette gravure, beaucoup plus connue que l'original, c'était la rendre ridicule, c'était exciter le rire, et faire, comme dit madame de Sévigné, une excellente comparaison. »

CHAPITRE V. Page 123, ligne 16 : On ouvrit à Cologne des conférences. Charles-Albert, dit d’Ailly , duc de Chaulnes, conduisait ces conférences. Dans le Recueil de chansons historiques (mss. de la Bibl. nationale, 1673, vol. IV, p. 73), on trouve une chanson qui prouve que le sérieux des négociations n'empêchait pas les intrigues amoureu

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ses des personnages français réunis à Cologne. Elisabeth Férou, femme du duc de Chaulnes, avait avec elle, comme demoiselle de compagnie, une très-belle personne nommée mademoiselle Auffroy, qu'on appelait par plaisanterie la Princesse. Elle fut aimée de Berthault et par Anne Tristan de la Baume; mais, selon l'annotateur de la chanson, un certain abbé de Suze parvint à supplanter tous ses rivaux.

Page 124, ligne 10: La duchesse de Verneuil.

La duchesse de Verneuil était cette Charlotte Seguier, fille du chancelier Seguier, qui, d'abord duchesse de Sully, avait épousé en secondes noces Henri, duc de Verneuil, fils naturel de Henri IV et d'Henriette de Balzac, comtesse d'Entragues. Par ce mariage, les Segaier avaient l'honneur de se trouver alliés à une princesse du sang. Quand la duchesse de Verneuil mourut en 1704, Louis XIV, qui voulait élever à un haut rang ses enfants naturels, porta quinze jours le deuil, comme pour une princesse du sang. (SAINT-SIMON , Mémoires, t. IV, p. 311.) Elle était , par son premier mariage, la mère du duc de Sully et de la princesse de Lude. (SÉVIGNÉ, Lettres, 3 et 9 février 1672, 26 mars 1680, t. I, p. 311;t. II, p. 372;t. VỊ, p. 416; t. IX, p. 295, edit. G.; t. I, p. 236; t. II, p. 311; t. VI, p. 210 ; t. VIII, p. 457, édit. M.)

Page 124, ligne 14 : Et Barillon.

Barillon, qui joua comme ambassadeur un si malheureux role en Angleterre , était petit, vif, empressé auprès des femines. Fort riche, il n'épargnait pas l'argent pour réussir auprès d'elles : c'est ce que nous apprend une des plus intéressantes historiettes de Tallemant des Réaux , qui nous fait connaitre une madame de Marguenat. Cette madame de Courcelles-Marguenat était une coquette aussi ba. bile et aussi séduisante que Ninon et qui aurait pu être aussi céIdbre, « puisqn'on disait qu'elle avait Brancas pour brave, le chevalier de Gramont pour plaisant, Charleval et le petit Barillon pour payeurs. » Brancas et Gramont sont bien connus des lecteurs de madame de Sévigné et d'Hamilton; Charleval l'est par ses poésies, et Barillon par l'histoire et divers mémoires. Assurément cette femme, qui finit par se faire épouser par Bachaumont, son dernier amant', savait se bien pourvoir.

* TALLEMANT DES RÝM Ux, Historieltes, t. VI, p. 152, édit. in-12 ; t. IV, p. 236, edit. in-8.

Page 126, ligne 11: Sa tante de la Troche. Cette dame était amie et non tante de madame de Sévigné; et dans la 3e partie, 2e édition de ces Mémoires, p. 376, ligne 9, il y a une faute de copiste, et, au lieu de la Troche, il faut lire la Trousse.

Page 130, ligne 28 : En s'adressant à sa fille. Je m'étonne que les éditeurs de madame de Sévigné ne se soient pas aperçus que ce paragraphe avait été transposé, et à tort intercalé dans le post-scriptum du comte de Grignan, qui, après ces mots, ne vient pas de moi, doit continuer par ceux-ci : vous avez fait faire à ma fille le plus beau voyage.

Le comte de Grignan savait la musique, puisque madame de Sévigné lui envoya des motets; mais son âge et sa position prouvent assez que ce qu'elle dit ici ne peut s'appliquer à lui.

Page 133, lignes 5 et 12 : La comtesse de Saint-Géran.

L'annotateur des Chansons historiques dit que la comtesse de Saint-Géran (1673) passait sa vie aux Feuillants. Sa liaison avec Seignelay est postérieure à cette époque.

Page 134, ligne 3 : Le marquis d'Harcourt.

Le marquis Henri d'Harcourt était colonel du régiment de Picardie. L'annotateur des Chansons historiques, selon son usage, ajoute à cette liste des amants de la duchesse de Brissac et lui donne pour amant payant un riche financier nommé Louis Béchameil, secrétaire du roi.

Page 139, ligne 13 : Était due à sa jeune et jolie femme.

C'est ici le lieu de rectifier une faute de copiste qui s'est glissée dans la 3e partie de ces Mémoires, 2e édition (p. 213, lig. 11). Il faut substituer dans cette ligne la princesse de Soubise à la duchesse de Sully. Jamais l'on n'accusa celle-ci d'intrigues galantes avec Louis XIV ni avec aucun autre.

Page 140, ligne 7: Un propos sort graveleux du prince d'Orange. Bussy lui écrit : « Et sur cela, madame, il faut que je vous dise

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ce que M. de Turenne m'a conté avoir ouï dire au frère du prince d'Orange, Guillaume : que les jeunes filles croyaient que les hommes étaient toujours en état, et que les moines croyaient que les gens de guerre avaient toujours, à l'armée, l'épée à la main. » A quoi madame de Sévigné répond fort gaillardement : Votre conte du prince d'Orange m'a réjouie. Je crois, ma foi, qu'il disait vrai, et que la plupart des filles se flattent. Pour les moines, je ne pensais pas tout à fait comme eux; mais il ne s'en fallait guère. Vous m'avez fait plaisir de me désabuser. »

Page 143, ligne 12 : Le Genitoy est un château , etc., etc.

Sur quelques cartes des environs de Paris, ce lieu est écrit le Genitoire; il est situé entre Bussy-Saint-George et Jossigny, à deux kilomètres de l'un et de l'autre (voyez la feuille 11 des environs de

Paris, de dom Coutans); le Dictionnaire universel de la France *(1804, in-4°, t. II, p. 549 ) place ce château dans la commune de

Jossigny; et le Dictionnaire de la poste aux lettres, publié par l'administration des postes, 1837, in-solio, dans la commune de Bussy-Saint-George, dont il est plus éloigné. Avant la révolution, il était de cette dernière paroisse. Le vrai nom est Genestay; et l'abbé le Boeuf donne l'histoire de cette seigneurie sans interruption, depuis Aubert de Genestay, miles, mort le 30 septembre 1246. Lorsque l'abbé le Bæuf écrivait (en 1754), la maison de Livry était encore en possession de cette terre. L'abbé le Bæus termine en disant : « L'antiquité du nom de Genestay me dispense de réfuter ceux qui s'étaient imaginé que le vrai nom est Génitoire, qui lui serait venu, selon eux, de l'accouchement d'une dame d'importance. » (LE BOEUF, Histoire du diocèse de Paris, t. XV, p. 97 à 99.)

Les éditeurs de madame de Sévigné ont ignoré ce qu'avait écrit l'abbé le Beuf sur le Genitoy; et l'un d'eux a cru que madame de Sévigné faisait un calembour sur le mot italien Genitorio ou Genitoio, et qu'aucune maison ou château de ce nom n'existait. (MONMERQUÉ, édit. de Sévigné, 1820, in-8°, t. II, p. 419; GAULT DE SAINT-GERMAIN, t. II, p. 4 et 5; GROUVELLE, édit. in-12, 1812, t. III, p. 83.). . .

CHAPITRE VI. Page 147, ligne 4 du texte : Sa mère, etc. Elle vivait encore lorsque Sidonia était en prison à la Conciergerie, et peut-être lui a-t-elle survécu; elle avait épousé un nommé Bunel , dont on ne sait rien.

Page 152, ligne 27 : S'introduisit subitement dans sa chambre.

Par le moyen d'une fille d'honneur de la princesse de Carignan, qui se nommait madame Dessontaines et depuis fut madame Stoup et non Stoute, comme il est écrit dans la Vie de madame de Courcelles.

Page 154, ligne 8 : A peine âgée de seize ans. Le mariage de la marquise de Courcelles a dû avoir lieu lors du premier voyage de Louvois en Flandre, à la fin de 1666 ou au commencement de 1667. Gregorio Leti dit qu'elle s'est mariée à treize ans, ce qui n'est pas, puisqu'elle-même dit qu'elle avait treize ou quatorze ans lorsqu'elle sortit du couvent. Il faut bien accorder deux ans pour les démarches interventives faites pour la marier d'abord avec Maulevrier, alors en Espagne, et ensuite avec Courcelles, qui voyageait en pays étranger quand on forma le projet de le marier avec Sidonia : morte en décembre 1685, à l'âge de trente-quatre ans, madame de Courcelles, qui avait seize ans à la fin de 1666, était donc née en 1650, et non en 1659, comme il est dit à son article dans la Biographie universelle. (Vie de madame de Courcelles, p. 14.) Page 156, lig. 17 : La marquise de la Baume, cette maitresse de Bussy.

Au volume III, page 67 du Recueil de chansons historiques, on trouve un couplet intitulé « Sur la.... femme de HOSTUN, marquis DE LA BAUME. » Ce couplet commence par ce vers :

« La Baume, maigre beauté; » et à la suite du couplet se trouve, sur madame de la Baume, la note suivante :

« Elle était grande, friponne, espionne, rediseuse, aimant à brouiller tout le monde et ses plus proches pour le seul plaisir de faire du mal. D'ailleurs infidèle et fourbe à ses amants, qu'elle n'aimait que par lubricité, en ayant toujours plusieurs à la fois , qu'elle jouait et desquels elle se souciait peu. »

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