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M. JOURDA I N. Voyez l'impertinente, de parler de la sorte 102 Mamamonchi.

Me. JOURDAIN. Comment donc

M. JOURDA I N. Ouy, il me faut porter du resped maintenant, l'on vient de me faire Mamamoucbi.

Me. JOURDA I N. Que voulez-vous dire avec votre Mamamouki?

M. JOURDA I N. Mamamonchi, vous dis-je. Je suis Mamamoschi

Me. JOURDA I N. Quelle bêre eft-ce-là ?

M. JOURDA I N. Mamamonchi, c'est-à dire en nôtre langue, Pake din,

Me. JOURDA I N.
Baladin ! Eftes-vous en âge de dancer des Balles

M. JOURDAI N. Quelleignorante!Je dis Paladin; c'eft une Nigrite dont on vient de me faire la cérémonie.

Me. JOURDA I N.
Quelle cérémonie donc?

M. JOURDA I N.
Mahameta per Jordina,

Me. JOUR DA I N.
Qu'est-ce que cela

veut dire ?

M. JOURDAIN.
Ferdina, c'est-a-dire Jourdain.

Me. JOURDA I N.
Hé bien quoy, Jourdain ?

M. JOURDA I N.
Voler far un Paladina de Jordina.

Me. JOURDA I N.
Comment ?

M. JOURDA I N.
Dar turbanta con galera.

Me. JOURDA I N,
Qu'eft-ce à dire cela?

M. JOURDAIN.
Per deffender Palefrina.

Mc. JOUR

Me. JOUR DA I N. Que voulez-vous donc dire?

M. JOUR DA I N. Dara dara bastonnara.

Me. JOUR DAI N. Qu'est-ce donc que ce jargon-là:

M. JOURDAIN. Nor tener honta questa star l'ultima affronta.

Me. JOUR D A IN. Qu'est-ce que c'est donc que tout cela ?

M. JOURDAIN, dance & chante, Hon laba, ba lachou, ba laba, ba la da.

Me. JOUR D A I N. Helas! mon Dieu, mon mary est devenu fou. '

M. JOURDAIN, fortant. Paix, insolente, portez respect à Monsieur le Mrs amouchi.

Me. JOUR D A IN, Où est ce qu'il a donc perdu l'esprit? Courons empêcher de sortir. Ah, ah, voici justement le

îte de notre écu. Je ne voy que chagrin de tous is côtez. Elle fort.

S C Ε Ν Ε ΙΙ.

DORANTE, DOR I ME N E.

DORAN TE. Jui, Madame , vous verrez la plus plaisante

chose qu'on puisse voir; & je ne croy pas que dans tout le monde il soit possible de trouver encore un homme aussi fou que celuy-là : Et puis, Aladanie, il faut tâcher de servir l'amour de Cleonte, & d'appuyer toute la mascarade. C'est un fort galant homme, & qui mérite que l'on s'interesse pour luy.

DORIM E N E. J'en fais beaucoup de cas, & il est digne d'une bonne fortune.

DO R A N T E. Outre cela , nous avons ici, Madame, un ballet qui nous revient , que nous ne devons pas laisier perdre, & il faut bien voir li mon idee pourra reüflir. Tome lll.

Ooo

DO.

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DORIM E N E. J'ay veu là des apprêts magnifiques, & ce sont des done choses, Dorante, que je ne puis plus souffrir. Oci, je veux enfin vous empêcher vos profusions ; & pouca rompre le cours à toutes les dépenses que je vous vois faire pour moy, j'ay résolu de me marier promptement avec vous. C'en est le vray secret , & contes ces choses finissent avec le mariage.

D O R A N T E.
Ah! Madame, est-il posible que vous aşez pi
prendre pour moy une si douce resolution?

DORIM E N E.
Ce n'est que pour vous empêcher de vous ruïner

. & sans cela je vois bien qu'avant qu'il fût peu, vous n'auriez pas un sou.

DORANT E. Que j'ay d'obligation, Madame , aux foins que vous avez de conserver mon bien ! Il eft entieremer

autli bien que mon coeur, & vous en ufera de la façon qu'il vous plaira.

DORIM E N E. J'useray bien de tous les deux. Mais voici votre hoinme ; la figure en est admirable.

à vous,

SCENE III.
MONSIEUR JOURDAIN, DORANTE,

DORIMENE,

D O R A N T E. Monsieur, nous venons rendre hommage, Mode

me, & moy , à votre nouvelle Dignite , & n038 rejouir avec vous du mariage que vous faites de vou tre Fille avec le Fils du grand Turc.

M, JOURDAIN, aprés avoir fait

les reverences à la Turque. Monsieur, je vous souhaite la force des Serpens, & la prudence des Lions,

D O R I M E N E. J’ay été bien aile d'etre des premieres , Monsieut, à venir vous feliciter du haut degré de gloire où vous etes monté.

M.

M. JOUR D A I N. Madame , je vous souhaite toute l'année votre Kolier fleury; je vous suis infiniment obligé de prenire part aux honneurs qui m'arrivent, & j'ay:beauoup de joye de vous voir revenuë ici pour vous faire es trés-humbles excuses de l'extravagance de ma emme.

DORIM E N E. Cela n'est rien, j'excuse en elle un pareil mouveaent; vôtre cæur luy doit être précieux, & il n'est as étrange que la poflession d'un homme comme Tous puifle inspirer quelques allarmes.

M. JOUR D A I N. La possession de mon cæur est une chose qui vous Eft toute acquise.

DO R A N T E. Vous voyez, Madame, que Monsieur Jourdain i'est pas de ces gens que les prosperitez aveuglent, * qu'il (çait dans sa grandeur connoitre encore ses

DORI MEN E. E. C'est la marque d'une ame tout-à-fait geneeuse.

D O R A N T E. Où est donc Son Altesse Turque ? Nous voudrions bien, comme vos amis, luy rendre nos devoirs.

M. JOUR D A I N. Le voilà qui-vient, & j'ay envoyé querir ma Fille pour luy donner la main.

mis.

S CE NE I V.
CLEONTE habillé en Turc, COVIELLE,

MONSIEUR JOURDAIN, &c.

D O R A N T E. Monsieur, nous venons faire la reverence à Vô

tre: Altesse, comme amis de Monsieur vôtre Beau-Pere, & l'assurer avec respect de nos trés-humbles services,

M. JOURDAIN. Où est le Truchement, pour luy dire: qui vous 000 2

étes ,

M.

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étes, & luy faire entendre ce que vous dites ? Vous avk peut so
verrez qu'il vous répondra, & il parle Turc à mere
veille. Hola, où diantre est-il allé? A Cl. Strorf,
Sirif. strof, ftraf. Monsieur est un grande Segnore,gran- 5 mon Pe
de Segnore, grande Segnore; & Madame une grands
Dama, granda Dama. Ahi Monsieur, luy Mams iki 1905 , alio
moucht François , & Madame Mamamonchie Fran. Sagence au Cie
çoite. Je ne puis pas parler plus clairement. Bon,
voici l'interprete. Où allez-vous donc ? Nous ne *reux point
sçaurious rien dire sans vous. Dites-luy un peu que
Montieur & Madame sont des personnes de grande
qualice, qui luy viennent faire la reverence, comme
mes amis , & l'assurer de leurs services. Vous allez aferay rie
voir comine il va répondre.

M.
COV I E L L E.
Alabala crociam acciboram alabamen.

CLE O N T E.
Catalequi tubal ourin fotor amalouchan.

M. JOUR DA I N.
Voyez-vous ?

CO VIELL E.
Il dit que la pluye des prosperitez arrole en tout
temps le jardin de vôtre famille.

M. JOUR DA I N.
Je vous l'avois bien dit , qu'il parle Turc

D O R A N T E.
Cela est admirable.

debruit

mon Per si que me

* Cleonte estremite

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M.

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S CEN E V.
LUCILE, MONSIEUR JOURDAIN,DORANTE,

DORIMENE, &c.

SCE

LDAME 1C

DA

ME

Conmenta de que vou Fun Caren

M. JOUR DAIN.
V Enez, ma Fille, approchez-vous, & venez dor-

ner votre main à Monsieur, qui vous fait l’honneur de vous demander en mariage.

LUCILE.
Comment , mon Pere, comme vous voilà fait?
Est-ce une Comedie que vous jouez?

M. JOUR DA I N.
Non, non, ce n'est pas une Comedie, c'est une
affaire fort serieuse , & la plus pleine d'honneur pour

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