Cinna, ou La clémence d'Auguste: tragédie en cinq actes

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Lib. Hachette & Cie., 1893 - 70 pages
 

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Page 39 - Punissons l'assassin, proscrivons les complices. Mais quoi ! toujours du sang, et toujours des supplices! Ma cruauté se lasse, et ne peut s'arrêter ; Je veux me faire, craindre, et ne fais qu'irriter. Rome a pour ma ruine une hydre trop fertile, Une tête coupée en fait renaître mille ; Et le sang répandu de mille conjurés Rend mes jours plus maudits et non plus assurés.
Page 8 - Plût aux dieux que vous-même eussiez vu de quel zèle Cette troupe entreprend une action si belle! Au seul nom de César, d'Auguste, et d'empereur, Vous eussiez vu leurs yeux s'enflammer de fureur, Et dans un même instant, par un effet contraire, Leur front pâlir d'horreur et rougir de colère. « Amis, leur ai-je dit, voici le jour heureux...
Page 48 - Prends un siège, Cinna, prends, et sur toute chose Observe exactement la loi que je t'impose ; Prête, sans me troubler, l'oreille à mes discours ; D'aucun mot, d'aucun cri, n'en interromps le...
Page 53 - Tous ces crimes d'État qu'on fait pour la couronne, Le ciel nous en absout alors qu'il nous la donne, 1610 Et dans le sacré rang où sa faveur l'a mis, Le passé devient juste et l'avenir permis.
Page 49 - Ce sang qui t'avait fait du contraire parti Autant que tu l'as pu, les effets l'ont suivie. Je ne m'en suis vengé qu'en te donnant la vie; Je te fis prisonnier pour te combler de biens ; Ma cour fut ta prison, mes faveurs tes liens...
Page 17 - Moins pour l'avoir conquis que pour l'avoir quitté. Le bonheur peut conduire à la grandeur suprême, Mais pour y renoncer il faut la vertu même; Et peu de généreux vont jusqu'à dédaigner, Après un sceptre acquis, la douceur de régner.
Page 9 - Rome entière noyée au sang de ses enfants : Les uns assassinés dans les places publiques, Les autres dans le sein de leurs dieux domestiques : Le méchant par le prix au crime encouragé, Le mari par sa femme en son lit égorgé ; Le fils tout dégouttant du meurtre de son père, Et, sa tête à la main, demandant son salaire, Sans pouvoir exprimer par tant d'horribles traits Qu'un crayon imparfait de leur sanglante paix.
Page 39 - Toi, dont la trahison me force à retenir Ce pouvoir souverain dont tu me veux punir, Me traite en criminel, et fait seule mon crime, Relève, pour l'abattre, un trône illégitime, Et, d'un zèle effronté couvrant son attentat, 1 Pour dans le sien.
Page 21 - N'en délibérons plus, cette pitié l'emporte. Mon repos m'est bien cher, mais Rome est la plus forte; Et quelque grand malheur qui m'en puisse arriver, Je consens à me perdre afin de la sauver. Pour ma tranquillité mon cœur en vain soupire: Cinna, par vos conseils je retiendrai l'empire-. Mais je le retiendrai pour vous en faire part.
Page 14 - Point de plaisir sans trouble, et jamais de repos. Sylla m'a précédé dans ce pouvoir suprême ; Le grand César mon père en a joui de même : D'un œil si différent tous deux l'ont regardé, Que l'un s'en est démis, et l'autre l'a gardé : Mais l'un cruel, barbare, est mort aime, tranquille, Comme un bon citoyen dans le sein de sa ville ; L'autre tout débonnaire, au milieu du sénat, A vu trancher ses jours par un assassinat.

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