Le spectateur français au XIXme siècle, ou Variétés religieuses, morales, politiques, scientifiques et littéraires, en une série d'articles neufs ou recueillis des meilleurs écrits périodiques, Volume 9

Front Cover
J. J. Blaise, 1810
 

What people are saying - Write a review

We haven't found any reviews in the usual places.

Contents

Other editions - View all

Common terms and phrases

Popular passages

Page 257 - Surtout , qu'en vos écrits la langue révérée Dans vos plus grands excès vous soit toujours sacrée. En vain vous me frappez d'un son mélodieux, Si le terme est impropre ou le tour vicieux. Mon esprit n'admet point un pompeux barbarisme, Ni d'un vers ampoulé l'orgueilleux solécisme.
Page 316 - É quoi ! vous êtes étonnée Qu'au bout de quatre-vingts hivers Ma muse faible et surannée Puisse encor fredonner des vers? Quelquefois un peu de verdure Rit sous les glaçons de nos champs; Elle console la nature, Mais elle sèche en peu de temps. Un oiseau peut se faire entendre Après la saison des beaux jours ; Mais sa voix n'a plus rien de tendre ; II ne chante plus ses amours. Ainsi je touche encor ma lyre, Qui n'obéit plus à mes doigts; Ainsi j'essaye encor ma voix Au moment même qu'elle...
Page 163 - Un dessein plein de gloire, et qui sera vanté Chez tous les beaux esprits de la postérité; C'est le retranchement de ces syllabes sales, Qui dans les plus beaux mots produisent des scandales: Ces jouets éternels des sots de tous les temps; Ces fades lieux communs de nos méchants plaisants; Ces sources d'un amas d'équivoques infâmes, Dont on vient faire insulte à la pudeur des femmes.
Page 308 - Restait cette redoutable infanterie de l'armée d'Espagne, dont les gros bataillons serrés, semblables à autant de tours, mais à des tours qui sauraient réparer leurs brèches, demeuraient inébranlables au milieu de tout le reste en déroute, et lançaient des feux de toutes parts.
Page 308 - A la nuit, qu'il fallut passer en présence des ennemis, comme un vigilant capitaine, il reposa le dernier, mais jamais il ne reposa plus paisiblement. A la veille d'un si grand jour, et dès la première bataille, il est tranquille , tant il se trouve dans son naturel : et on sait que le lendemain, à l'heure marquée, il fallut réveiller d'un profond sommeil cet autre Alexandre.
Page 34 - Un jour à venir, la France estimera votre art; mais alors il n'y aura plus de Baron, plus de Lecouvreur plus de Dangeville. Si vous voulez renoncer à votre projet, je vous prêterai dix mille francs pour commencer votre établissement, et vous me les rendrez quand vous pourrez. Allez, mon ami ; revenez me voir sur la fin de la semaine, faites bien vos réflexions et donnez-moi une réponse positive. » » Étourdi, confus, et pénétré jusqu'aux larmes, des bontés et des offres généreuses de...
Page 117 - ... obtenu l'enthousiasme. Souvent les clameurs de ses ennemis parlèrent plus haut que le bruit de ses succès et de sa renommée : mais à l'aspect de ce tombeau, tous les ennemis sont désarmés. Ici les haines finissent , et la vérité seule demeure. Les...
Page 309 - ... le combat. Pendant qu'avec un air assuré il s'avance pour recevoir la parole de ces braves gens, ceux-ci, toujours en garde, craignent la surprise de quelque nouvelle attaque; leur effroyable décharge met les nôtres en furie; on ne voit plus que carnage; le sang enivre le soldat, jusqu'à ce que le grand prince, qui ne put voir égorger ces lions comme de timides brebis, calma les courages émus, et joignit au plaisir de vaincre celui de pardonner.
Page 202 - Ne voyez-vous pas que je meurs de tristesse dans une fortune qu'on aurait eu peine à imaginer, et qu'il n'ya que le secours de Dieu qui m'empêche d'y succomber ? J'ai été jeune et jolie, j'ai goûté des plaisirs, j'ai été aimée partout ; dans un âge...
Page 245 - C'est mon père, dit-elle, arrêtez, inhumains !" Elle tombe à leurs pieds, elle baise leurs mains, Leurs mains teintes de sang! C'est peu ; forte d'audace, Tantôt elle retient un bras qui le menace, Et tantôt, s'offrant seule à l'homicide acier, De son corps étendu le couvre tout entier. Elle dispute aux coups ce vieillard qu'elle adore ; Elle le prend, le perd, et le reprend encore. A ses pleurs, à ses cris, à ce grand dévoûment...

Bibliographic information